| ENGAGEMENT
TOTAL DE CALEB
Compte
tenu de la particularité de cet évènement
biblique et de sa nombreuse représentation iconographique,
nous avons pensé que le texte ci dessous pouvait
éclairer les personnes intéressées
par ce récit.
Texte
écrit par Philippe Favre
Lorsque
nous nous penchons sur la vie de Caleb, une phrase revient
sept fois, courte, mais chargée de signification
: "Il a pleinement suivi ma voie" (Nom 14.24;
Nom 32.11 et 12; Deut 1.36; Jos 14.8 et 9; Jos 14.14). Si
le Saint-Esprit a répété sept fois
cette phrase au sujet de Caleb, c'est pour mettre l'accent
sur la qualité de sa foi, comprenant l'obéissance
complète à Dieu et le don total de soi. Qui
était Caleb ? Un homme de Dieu dont l'énergie,
la fraîcheur, l'ardeur ne se sont jamais démenties.
A l'âge de quatre-vingt-cinq ans, il pouvait dire
qu'il avait la même force qu'au temps de sa jeunesse.
Il apparaît dans la Bible à l'âge de
quarante ans, à un moment crucial de l'histoire d'Israël,
et d'emblée il se montre comme quelqu'un sur qui
Dieu peut compter entièrement.
Traduite
ailleurs par «il m'a suivi constamment», «il
m'a obéi fidèlement», ou encore «il
m'a parfaitement obéi», cette phrase est un
certificat de haute valeur. Caleb n'a été
ni serviteur de Moïse ni général, comme
Josué, mais il a rempli fidèlement deux missions
importantes : d'abord celle d'explorer le pays de Canaan
puis plus tard, celle de le partager. C'était un
homme du peuple, simple comme vous et moi, mais un modèle
de vie abondante, d'élan dans le combat et de disponibilité
pour le service.
Que
signifie pratiquement «suivre pleinement la voie de
Dieu» ? Lisons attentivement le récit et nous
aurons la réponse. Nous découvrons Caleb en
trois circonstances : premièrement, à Kadès-Barnéa,
près du pays de Canaan, prêt à y entrer.
Deuxièmement, dans le désert, pendant trente-huit
ans, attendant d'entrer dans le pays. Troisièmement,
dans le pays de Canaan, désirant posséder
le pays complètement. Nous pouvons résumer
l'attitude de Caleb par les trois points suivants :
1.
Avancer quand les autres reculent
A
Kadès-Barnéa, tout le peuple est sur le point
d'entrer dans le pays promis. Moïse a décidé
d'envoyer douze espions pour se rendre compte de la configuration
du terrain. Choix solennel décrit en Nom 13.1 à
16. Ces douze hommes montent dans le pays, explorent les
vallées et reviennent avec des fruits et une grappe
de raisin si grosse qu'ils sont deux à la porter
(Nom 13.23). Dans leur rapport, dix de ces hommes font ressortir
lourdement les côtés négatifs de la
région visitée, alors que deux autres, Caleb
et Josué, réagissent positivement. Lecteurs,
comment réagissez-vous devant les côtés
négatifs de vos situations ? Les bénédictions
divines sont souvent accompagnées d'épreuves
et il n'y a pas de vie chrétienne sans combat.
Reprenons
le récit : à l'ouïe de ces nouvelles,
le peuple murmure et s'emporte contre Moïse. Caleb
fait taire le peuple et s'écrie : «Montons,
emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs» (Nom
13.30). Voilà un homme sur qui Dieu peut compter,
car sa foi l'emporte et lui permet d'aller contre le courant
qui est très fort. Il est à remarquer que,
dans sa réplique, Caleb ne parle pas une seule fois
de la puissance deCanaan, des grandes villes fortifiées
et des géants. En revanche, il mentionne le pays
qu'il a parcouru avec Josué. Les deux hommes, «animés
d'un autre esprit» (Nom 14.24), voient le pays comme
Dieu le voit. Les obstacles ne les paralysent pas, ils avancent
quand les autres reculent et ils peuvent dire des Cananéens
: «lls nous serviront de pâture, ils n'ont plus
d'ombrage pour les couvrir» (Nom 14.9).
Ainsi
à Kadès, Caleb prend position pour Dieu au
risque d'être lapidé par le peuple. Il accepte
le pays tel qu'il est, avec ses fruits et ses géants,
avec ses avantages et ses inconvénients. Et agissant
ainsi, il met Dieu au premier plan, car il connaît
celui qui les a fait sortir d'Egypte et traverser la Mer
Rouge. Il sait qu'il demeure le même et qu'avec son
secours, les géants seront vaincus. Beaucoup de chrétiens
s'arrêtent, reculent, se figent même devant
des situations semblables. Où en êtes-vous
personnellement ? Caleb nous donne l'exemple à suivre
: avancer quand les autres reculent, à cause de leur
incrédulité, devant l'impossible. Ce qui s'est
passé Kadès-Barnéa n'est pas nouveau
: nous sommes assaillis par des problèmes, tous les
jours, dans notre monde moderne. Y a-t-il un géant
qui vous empêche d'avancer ? Y a-t-il une ville fortifiée
qui vous barre le chemin ? Certains courants ou certaines
influences vous paralysent-ils ? N'imitez pas les dix qui
ont flanché avec leur cœur partagé; ayez
comme Caleb un cœur entier pour Dieu. La vie de foi
comprend des décisions hardies à des moments
stratégiques.
2.
Persévérer quand les autres tombent
Une
page s'est tournée pour Israël. car Dieu est
intervenu avec sévérité en décrétant
que "tous ceux qui sont sorti d'Egypte ne rentreront
point en Canaan, excepté Caleb et Josué"
(Nom 14.29 et 30). Pendant trente-huit ans, Dieu va attendre
que toute la première génération meure
dans le désert et qu'une autre se lève pour
entrer en Canaan. Bien que la Bible ne mentionne pas Caleb
durant ce long pèlerinage, il est pourtant là
! Il fait partie de la nation et il suit ses marches dans
le désert. Ainsi Caleb voit son entrée dans
le pays retardée de trente-huit ans à cause
d'un jugement de Dieu sur une collectivité désobéissante.
Y avez-vous songé ? Alors qu'il était physiquement
et spirituellement prêt à s'emparer du pays,
par la faute d'une race incrédule et rebelle (Deut
1.32) lui et Josué doivent tourner en rond pendant
trente-huit ans.
Comment
vous seriez-vous comportés dans ce cas ? Auriez-vous
murmuré, tempêté, en disant : ce n'est
pas juste ! C'est du temps perdu ! A quoi cela sert-il ?
Caleb
ne s'est pas laissé aller; au contraire, pendant
toutes ces années «où les cadavres de
ceux qui péchaient tombèrent dans le désert»
(Héb 3.17) il a supporté encore une pareille
situation avec la force de Dieu. Plus encore, en homme de
foi, il a fait des expériences uniques malgré
l'adversité. Quelle leçon de persévérance
pour nous ! Nous sommes dans des temps difficiles, où
les valeurs morales sont balayées, où l'iniquité
abonde, où l'Eglise elle-même est secouée
et reçoit des coups violents de l'adversaire. L'attitude
de Caleb est un appel à ne pas tomber avec les autres,
mais à conserver toute notre vigueur dans la communion
avec Dieu et dans la vision de sa gloire. C'est pourquoi
Caleb a pu dire à Josué, à l'âge
de quatre-vingt-cinq ans, à propos de ces années
: "L'Eternel m'a fait vivre" (Jos 14.10). Cette
énergie divine a permis à ce conquérant
de tourner en rond dans le désert sans s'affaiblir
et sans perdre de temps. Il a certainement saisi toutes
les occasions d'aider, d'encourager, d'exhorter ses compagnons
de route qui mouraient à côté de lui.
D'autre
part, le souvenir de la terre de Canaan qu'il avait foulée
et la promesse que Dieu avait faite à son sujet :
"il verra le pays" (Deut 1.36) demeuraient dans
son cœur. En foulant le sable du désert, Caleb
avait à la semelle la terre de Canaan! Il y était
allé, il l'avait parcourue, il avait goûté
ce don de Dieu et cela ne l'avait plus jamais quitté.
En est-il ainsi de nous quant à la parole de Dieu
? Est-elle attachée à nos pieds ou n'est-elle
qu'enfermée dans notre tête ? Si nous sommes
dans le cas de Caleb, nous tiendrons le coup et nous persévèrerons
lorsque nous traverserons nos déserts. Quant à
la promesse de voir le pays, quel puissant réconfort
pour supporter la chaleur accablante, et les événements
déprimants de ces trente-huit ans ! Finalement, ces
longues années ont été autant d'années
miraculeuses, puisque Caleb a conservé sa force intacte
pour la conquête de Canaan.
Où
en sommes-nous lorsque nous rencontrons des circonstances
analogues ? Vivre de foi, c'est s'appuyer sur les promesses
en faisant face au présent, en acceptant les retards
permis, et en se réjouissant de l'avenir.
3.
Achever quand les autres fléchissent
Tout
de suite, faisons un bond en avant de plusieurs années
! La première génération est morte
dans le désert, image des vocations qui ne s'épanouissent
pas. Cette génération disparue, la nouvelle
entre dans le pays de Canaan en traversant le Jourdain.
Caleb n'est pas mentionné, mais il fait partie de
l'armée qui a pris Jéricho et qui a vécu
la journée mémorable où le soleil ne
s'est pas couché pendant presque tout un jour (Jos
10.13). Josué est à la tête des troupes
et dirige les combats. Sept ans plus tard, lors du partage
du pays à l'occident du Jourdain, Caleb – représentant
de la tribu de Juda – s'avance vers Josué pour
réclamer l'héritage qui lui revient personnellement.
La
scène rapportée en Jos 14.6 à 14 est
unique, car personne d'autre n'a agi de cette façon.
Au contraire, les combattants qui ont pris tant de villes
et vaincu tant de rois (Jos 12.9 à 24) fléchissent
dans leur zèle et n'achèvent point la conquête
selon le plan de Dieu. Le triste refrain «ils ne chassèrent
point les Cananéens» du premier chapitre de
Juges explique l'état d'esprit du peuple : la lassitude
gagne du terrain, le travail n'est pas fait entièrement,
les combats cessent. C'est pourquoi la demande de Caleb,
formulée en ces termes fermes et précis :
"Donne-moi cette montagne" (Jos 14.12) témoigne
qu'il est toujours «animé d'un autre esprit».
Il est bien l'homme qui va jusqu'au bout et ne se contente
pas d'un à-peu-près. Il achève la tâche.
Caleb
est l'exemple d'un combattant qui ne se laisse pas arrêter
par les «pourquoi pas», les «peut-être»,
les «il paraît que» et les «on m'a
dit». Il s'empare de la montagne d'Hébron et
en chasse les fils d'Anak, des géants qui habitaient
là depuis fort longtemps, qui lui "servirent
de pâture", selon l'expression employée
quarante-cinq ans plus tôt ! Mais il y a plus encore;
sa fille lui fait cette requête : «Fais-moi
un présent, car tu m'as donné une terre du
midi; donne-moi aussi des sources d'eau», requête
aussitôt accordée : «Il lui donna les
sources supérieures et les sources inférieures»
(Jos 15.19). Grâce à cet ultime combat, Caleb
a découvert des sources pour sa postérité.
Quelle récompense pour ce vaillant guerrier !
Il
faut tout conquérir, même ce qui est le plus
difficile ! S'arrêter au pied de la montagne, c'est
laisser les géants en place et ignorer les sources
d'eau, c'est-à-dire appauvrir sa vie spirituelle.
Dieu recherche plus que jamais de vrais disciples parmi
les chrétiens : des hommes et des femmes qui suivent
pleinement la voie de l'Eternel, qui avancent quand les
autres reculent, qui persévèrent quand les
autres fléchissent.
Lisez
Nombres 13:30-33 et 32:12
retour
PROJET
|