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MOIS DE NOVEMBRE

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305/ 1er Novembre

LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS ET DE TOUS LES VINS.

C’est le jour de la consécration de toutes les communes, châteaux, clos, domaines, caves du monde viticole qui ont adopté un nom de saint, mais dont le nom n’est pas dédié à une journée du calendrier « des Saints et des Vins ». Et ils sont très nombreux. Nous ne citerons qu’un certain nombre d’entre eux dont l’évocation religieuse demeure singulière, en espérant ne pas froisser ceux qui échappent à l’énumération.

(par ordre alphabétique)

Saint-Aigulin canton de Montguyon, Charente Cognac

Saint-Auriol Château Corbières

Saint-Baldoph région Revermont Jura

Saint- Boil vins de Buxy Bourgogne

Saint-Chef * région de La- Tour-du-Pin Dauphiné

Saint-Cybard canton de Montmoreau Cognac

Saint-Ferme pays de Sauveterre Bordeaux

Saint-Forgeux Bourgogne

Saint-Gein canton de Villeneuve-de-Marsan Armagnac

Saint-Géréon région de Saint-Florent-le-Vieil Muscadet

Saint- Gondon région de Montargis Loire

Saint-Huruge Charolais Macon

Sainte-Hune clos à Hunawihr Alsace

Saint-Imer clos à Gueberschwihr Alsace

Saint-Landelin clos de la vallée Noble Alsace

Saint-Mihiel Région de Commercy Meuse

Saint-Ost région de Mirande Armagnac

Saint- Polycarpe vers Saint-Hilaire Languedoc

Saint- Racho Bourgogne

Saint-Trélody Bordeaux

Saint-Viatre dans le Blaisois Loire et Cher

Saint Ythaire Charolais Macon

Dans le calendrier viticole, le 1er novembre c’est le premier jour de la mise en cuve.

Le temps végétal de la vigne est derrière nous. Place au travail du vigneron et à l’élaboration du vin.

Cet hymne à tous les saints, c’est la fête de tous les vins. Ceux qui vont naître de la vinification mystérieuse pour ensuite être contenus, rangés, déposés et empilés au plus profond des caves, là où le repos s’impose. La nuit tombe sur le royaume des vins, mais ce n’est que pour leur permettre de mieux exploser à la lumière future de la dégustation.


* Vignoble de Saint-Chef (3 8) photo Marc Heimermann



306/ 2 Novembre

LA MORT DU VIN

Photo Philippe Lutz

On a vu qu’après les vendanges, les grappes sont pressées ou transformées pour donner ce précieux liquide qui va par la fermentation donner le vin.

Le raisin est donc mis en cuve un mois après la vendange, après avoir subi sa mise à mort par l’opération du foulage. Aujourd’hui, le pressurage est opéré mécaniquement.

La phase du pressoir revêt une importance très forte dans les coutumes vigneronnes. Comme nous l’avons évoqué le 11 avril avec le pressoir mystique, la vigne entre dans son propre temps de passion. C’est la mutilation de la grappe, qui sera pressurée et d’où jaillira le sang qu’on déversera dans le tombeau ( la cave ) pour renaître quelques semaines plus tard « en vin nouveau ». (157)

La mort du vin, c’est la mort de Bacchus. Le vin a toujours été associé à la mort, parce qu’il a la couleur du sang versé. Chez Homère, on procède au lavement des ossements par le vin, comme à la mort de Patrocle, où les libations se font au vin. Sang et vin c’est aussi l’invulnérabilité. Nous savons qu’aux cours des IIe et IIIe siècle, les Romains utilisaient beaucoup les « lenoi » sortes de sarcophages en forme de cuves à fouler la vendange (158). Le défunt enfermé dans la cuve est censé baigner dans l’ivresse de l’immortalité.

Le vin substrat social, religieux, culturel et économique transcende la vie politique d’une nation, voire d’une civilisation. Les vins sont au sommet de leur épanouissement quand la nation prospère mais ils peuvent sombrer ou disparaître avec le déclin d’une civilisation. C’est ce que nous enseigne l’histoire.

Il y eut le vin des Egyptiens, le vin des Perses, le vin des Grecs, le vin des Juifs, le vin des Romains, le vin des Celtes, le vin des Français d’Afrique du Nord etc….

Ce que nous confirme l’actualité viticole mondiale de ce début de troisième millénaire.

Des grands experts en vin ont souligné cet état de fait et tiré la sonnette d’alarme, ce qui est particulièrement le cas pour la France. Les Français pensent pouvoir vivre indéfiniment grâce au poids culturel de leurs vins, mais c’est sans compter sur la concurrence mondiale. (Voir aussi le jour suivant 3 novembre avec Mondovino )

Dès 1976, Raymond Dumay publiait un ouvrage intitulé « la mort du vin » et en 2004 Guy Renvoisé publie « Le monde du vin a-t-il perdu la raison? »

La grandeur et la décadence des vins dépendent de la situation économique, culturelle et sociale du pays.

Et pour conclure, reprenons le refrain de cette chanson bourguignonne:

« Si je meurs, je veux que l’on m’enterre dans une cave où y a du bon vin. »




307/ 3 Novembre

LE VIN SE FAIT DU CINÉMA

Présenté au festival de Cannes en mai 2004, le film documentaire de Jonathan Nossiter : MONDOVINO est sorti sur les écrans français le 3 novembre 2004. Ce fut d’emblée le succès, et les titres de la presse se gargarisaient de ce cru original soulevant la vindicte des puissants du commerce mondial des vins (américains, toscans ou bordelais ….) contre ce film qui prenait la défense des petits propriétaires vignerons (bourguignons, languedociens ou sardes ….).

Les titres de presse demeurent éloquents : « la fin de l’exception française »le Monde 2, « la guerre du vin » le Nouvel Observateur, « Vins / 20 » le Journal du Dimanche, « du rififi chez Bacchus » Télérama, « les raisins de la colère » Epok-Fnac, « Mondovino, fort en bouche » Libération, etc…

Ce film, édité en DVD, doit faire partie de toute collection privée d’amateur et de défenseur de la civilisation du vin.

En effet, il résume avec un étonnant cri de vérité ce que représente la révolution économique du monde du vin.

Une sorte de guerre des goûts qui oppose d’une part, les partisans de la loi du marché et de toutes les conséquences de la globalisation, et d’autre part, les défenseurs de la civilisation assise sur les savoirs antiques.

Ce film met en scène des vignerons et des stars du vin. Ils s’expriment face à la caméra investigatrice. Défilent entre autres: le vigneron poète, résistant du Languedoc ( Aimé Guibert ), le Mazarin œnologue, conseiller des grandes propriétés ( Michel Rolland), le sage vigneron, défenseur de Sardaigne ( Batisto Columbo), le philosophe vigneron de Volnay ou le « cave se rebiffe » ( Hubert de Montille ) le Dieu du vin, en charge du jugement annuel ( Robert Parker), les conquérants de l’Opus One ( les Mondavi Père et Fils ), l’importateur de Brooklyn ( Neel Rosenthal) et les princes de la Toscane ( les Frescobaldi ) etc…

Si le metteur en scène prend intelligemment parti par le biais de l’expression des uns et des autres, il soulève le débat entre les classiques et les modernes. Vaut-il mieux un vin qui fait la part belle au cépage, au goût sucré, vanillé et très rond en bouche et dont le goût est partagé universellement, ou bien au vin aux substances aromatiques complexes, long en bouche, faisant la part belle au terroir et dont le goût reste plus individuel et local ? Faut-il aimer ce que tout le monde aime, ou apprécier ce qui demeure une découverte intime?

Il s’agit bien de confronter les produits de « fabrication d’origine », ces vins qui naissent de la création imaginative du particulier et la production de masse pour grande surface et négociants envahisseurs. Quelle tendance pourra le mieux garantir l’avenir des bons vins?

Nous partageons l’avis de ceux qui estiment que le succès sera dans la création originale, avec la volonté de pédagogie, de respect et de proximité du consommateur, plutôt dans la recherche d’une standardisation du goût, et son uniformité mondiale.

Nous sommes persuadés, comme Hubert de Montille, que « là où il y a de la vigne, il y a de la civilisation. » Mais notre conviction est que notre civilisation ne perdurera que si le vin qu’elle produit demeure un produit fortement diversifié, noble, raffiné, de bon goût, éthique et abordable. Si le vin coca cola se répand dans toutes les caves et sur toutes les tables, alors ce sera le début du déclin de notre civilisation.

Merci à Jonathan Nossiter d’avoir réalisé un tel reportage-enquête. L‘internationale des coopératives et des vignerons indépendants, unissez vous contre le grand Capital des grandes Caves.

Pour citer Jacques Berthomeau, contrôleur général des Offices au ministère de l‘Agriculture: « Je suis pour l’exception culturelle à condition qu’elle tienne ses promesses ». A propos de sauvetage de l’exception française, Marc Parcé producteur de Banyuls confirme que « la course à l’agrément entraîne une standardisation des vins et l’élimination de produits excellents qui ont pour seul défaut de n’être pas assez typiques ». (159)



308/ 4 Novembre

DÉCOUVRIR LES VIGNOBLES DE PARIS

Il y a beaucoup de thèmes de circuits pour découvrir Paris. Il nous a semblé judicieux de découvrir Paris et ses lieux viticoles connus et moins connus. Huit arrondissements sont concernés. Dans l’ordre croissant, suivez le guide:

8ème arrondissement: Le Musée du Vin.

Pour démarrer, un peu d’histoire afin de découvrir comment la vigne s’est implantée d’abord à Lutèce puis au fil des temps sur les pentes exposées au ciel de Paris.

Ce musée a choisi le clin d’œil de la provocation, en s’installant rue des Eaux ! Mais en réalité, c’était pour bénéficier de la présence des caveaux insolites des anciens celliers de l’Abbaye de Passy. A l’époque, on cultivait la vigne sur les hauteurs de Chaillot près de la rue Vineuse. Dans ce musée, on peut observer entre autres de riches collections d’objets anciens de viticulture.

9ème arrondissement : rue Blanche.

En s’arrêtant à la hauteur de la caserne des pompiers de Paris, on peut admirer les treilles grimpant le long de la façade. Des grappes pour nuit blanche, à arroser comme car le lieu y invite !

11ème arrondissement : rue Léon Frot

C’est là que se situe le bistrot de Cristian Melac, président des vignerons de Paris et qui invite chaque année ses clients et amis à venir vendanger sa vigne trémière.

12ème arrondissement : Vigne du parc de Bercy.

La plantation remonte à 1996, et couvre une surface de 600m². Cette petite vigne à base de Sauvignon et de Chardonnay produit bon an mal an 250 litres;

On sait qu’à proximité, subsistent pour mémoire les derniers chais des anciennes Halles de Bercy ( voir aussi le 26 mars)

15ème arrondissement : Vigne du parc Georges Brassens.

Plus connu sous le nom de « Clos des Morillons » et « Clos des Périchot », le vignoble du 15ème est journellement visité par les adeptes du footing. Sur une surface de 1500m², 700 pieds de pinot noir ont été plantés en 1983.

La récolte est modeste avec une production de 200 à 600kg selon les années.

18ème arrondissement : Vigne de Montmartre.

C’est la plus ancienne, la plus célèbre, la plus visitée (Sacré Cœur oblige). Elle est réhabilitée depuis 1932 par la ville de Paris. C’est un musée des cépages avec près d’une trentaine de variétés qui peuvent produire jusqu’à une tonne de raisin sur une vendange. Il est recommandé de participer à la fête des vendanges qui se déroule un des premiers week-ends d’octobre.

19ème arrondissement : rue Lardenois et le parc La Vilette

Il s’agit de toutes petites plantations qui symbolisent le passé viticole de Paris.

20ème arrondissement : Vigne du parc de Belleville

Au XIXe siècle, la vigne céda la place aux champs de fleurs puis aux grands immeubles. Subsistent ces 250m² de vignes plantées en 1992 de Pinot et de Chardonnay Meunier. Belleville est un beau lieu, grâce à son petit vignoble.

Pour terminer ce petit circuit viticole, nous regrettons simplement que l’idée dionysiaque qu’ ont exprimée Christian Melac et ses amis un 4 novembre 1993 ne se soit toujours pas concrétisée, à savoir transformer la Tour Eiffel en treille. Des cépages de chacun des terroirs viticoles français seraient plantés au quatre piliers de la tour pour développer leurs rameaux dans les entretoises métalliques. L’alliance de deux grands symboles du génie français aurait son franc succès.


309/ 5 Novembre

C’EST LE PETIT VIN BLANC QUE L’ON BOIT SOUS LES DOLMENS.

Le 5 novembre 1977 décédait Goscinny, l’un des pères « d’ Astérix le Gaulois », le célèbre personnage de bande dessinée qui a fait le tour du monde des librairies. Fidèle lecteur dès la parution du premier album, je me demande à l’évocation du thème qui m’est cher, si le vin avait sa place dans les facéties de ce petit peuple confronté à l’occupant romain. En somme, est ce que nos auteurs ont accepté le fait que l’envahisseur romain avait dans ses bagages les cépages qui allaient rapidement abreuver les peuplades gauloises.

Des allusions certes, mais les références historiques restent limitées quant à la domination des boissons comme la bière, la cervoise ou toute autre potion (magique de surcroît).

Illustration par quelques extraits :


Dans Astérix et La Traviata :

« Mettez-moi cette outre à vinasse au frais dans une cave profonde ! Ça la bonifiera peut-être! »

On apprécie les jeux de mots que suscite la bulle de la page 11.

Dans Astérix chez les Bretons:

On parle de tonneau ( p 6) mais rempli de cervoise, ce qui n’attire pas la convoitise du romain Jolitorax !

Et plus loin à l’auberge le tenancier de poser la question ( p 20):

« Qu'est-ce que je vous sers pour arroser le sanglier bouilli ? De l'eau chaude, de la cervoise tiède, ou du vin rouge glacé ? » (Relax, La gauloise amphore) .

Dans Astérix chez Rahàzade

Karédas le marchand grec, a récupéré Kiçah qui est tombé dans une de ses amphores de vin

Dans Astérix et le bouclier Arverne:

Alambix: marchand de vin et de charbon, aide Astérix et Obélix dans leur recherche du bouclier Arverne

Dans Astérix aux Jeux Olympiques :

Les Romains chantent : « Ah, le petit vin blanc, qu'on boit sous les colonnes. »

Dans Astérix Gladiateur

Assurancetourix nous pousse la chansonnette :« C'est le petit vin blanc, qu'on boit sous les dolmens » -

Enfin, dans le Cadeau de César :

Le légionnaire Roméomontaigus a fait ses 20 ans de service complètement saoul. César donne des territoires à ses Romains qui ont fini leur service et il "donne" le village des fous à cet ivrogne. Ce dernier l'échange contre du vin à l'hôtel d'Orthopédix. Celui-ci vient s'installer dans le village et sa femme Angine a bien l'intention que son homme devienne le chef du village, semant la pagaille chez les Gaulois. Mais Roméomontaigus veut reprendre son bien et demande l'aide du centurion Tohubohus et de son ami, Bouilleurdecrus.

Plus récemment, la chronique VIP nous rapporte cette citation de Gérard Depardieu à la conquête des vins du Languedoc :

"Un village qui s'oppose à l'envahisseur, j'aime bien. Ca me rappelle les aventures d'Astérix et Obélix. A Aniane, je suis prêt à redevenir Obélix pour travailler la potion magique", A méditer !


310/6 Novembre

LE ROUGE DE SAINT-LÉONARD.

L’histoire alsacienne nous rapporte qu’autrefois se dressait sur le lieu-dit Saint-Léonard un monastère. Non contents des cépages blancs pré-existants, les moines de l’abbaye se rendirent à dos de mulets vers la Bourgogne. Ils en rapportèrent des plants de Pinot noir, mais surtout des tonnelets emplis de terre bourguignonne. C’est ainsi que « le rouge de Saint-Léonard »détient le privilège d’être à l’origine du vin rouge en Alsace.

Les rouges d’Ottrott, commune voisine de Saint-Léonard et Boersch, portent aujourd’hui l’originalité de l’appellation, celle d’un vin dont la dégustation nous fait effectivement penser aux rouges de Bourgogne.

Nous sommes à quelques kilomètres du Mont Sainte-Odile, les villages qui s’adossent en contrebas bénéficient de sa protection. On nous dit que le village de Boersch doit son nom à la légende dorée qui rappelle que la mère de Sainte Odile s’appelait Bereswinda. Mais Boersch peut aussi vouloir dire « perce de tonneau ». Les motivations linguistiques de cette localité pourraient trouver leur origine dans le culte astral de la nuit, où était célébré le culte bachique de la fécondité en rapport étroit avec Sainte Odile. ( 1 )

(Voir aussi 14 décembre ).

Pour la découverte des meilleurs rouges, quelques caves offrent de remarquables « rouges d’Ottrott » que nous baptiserons pour la circonstance « le Rouge de Saint-Léonard »

A noter:

Sabine et Ernest Schaetzel d’Ottrott

Eber de Bischoffsheim

Bernard Hummel de Saint-Léonard


311/ 7 Novembre

LE PATRIMOINE DE SAINT-FLORENT SE NOMME PATRIMONIO.

A flanc de la Conca d’Oro, face au golfe de Saint-Florent se trouve le vignoble de Patrimonio qui correspond à la contrée de Saint-Florent. (160)


Patrimonio, les vins de Saint-Florent. Photo:Jonathan Robertson

L'aire d'appellation Patrimonio occupe 200 ha sur les coteaux de Saint-Florent.
L'encépagement restrictif, le rendement de base limité à 50 hl/ha, et les sols calcaires bien exposés au soleil couchant, expliquent en partie la qualité de l'appellation.

Les vins se répartissent en au moins 40% de rosés, et 60% de rouges. Les cépages d'appoint sont le Sciacarello, le Grenache noir, le Vermentino et l'Ugni blanc .

Très colorés, assez lourds, les rouges présentent un bouquet de violette. Ces vins somptueux, persistant longuement en bouche, sont à boire vers 2 ou 3 ans et se conservent de 6 à 8 ans.

Il existe aussi des blancs qui doivent être faits avec des cépages Vermentino à 100%. Ces vins à la belle robe jaune pâle, secs et frais, aux arômes floraux et de pomme, sont à boire très jeunes.

Le rosé, généralement tenu pour le meilleur de Corse, est assez alcoolisé et corsé ( normal), mais aussi délicieusement parfumé.

.

A signaler quelques bonnes adresses parmi de nombreuses possibilités:

Domaine Gentile, à Saint-Florent,

Domaine Leccia, à Poggio d'Oletta
Antoine Arena, à Patrimonio .


312/ 8 Novembre

DE GEOFFROY AUX NOUVEAUX BOURGEOIS DU BIO.

Geoffroy, ou Godefroy, fut abbé du monastère de Nogent, en Champagne, avant de devenir évêque de Reims en 1104.
A cette époque qui vit l'émergence des villes modernes, il prit le parti des nouveaux bourgeois et des humbles en lutte contre les abus des seigneurs féodaux.

Cet exemple historique nous donne l’occasion d’aller à la rencontre des nouveaux bourgeois MP ( manipulateurs récoltants) et des humbles vignerons du pays rémois en lutte concurrentielle avec les grandes Maisons du Champagne. Leur arme: la culture bio !

Cette démarche remonte déjà à une trentaine d’années, mais prend de l’ampleur depuis les années 90.

Il faut savoir que ce pays froid et humide abrite des vignobles soumis à de rudes climats et pour les protéger, les vignerons ont recours à l’épandage des boues (interdites depuis 1995, car trop polluantes), au sulfatage des vignes, à l’adjonction de pesticides, à l’apport de soufre et de désherbants chimiques etc.

Aussi pour faire face aux prestigieuses marques de champagnes millésimés, des pionniers champenois se sont lancés, non sans risques et périls, dans la culture bio dynamique. Le souci de la protection de l’environnement doit se compenser par une production de champagne de qualité. C’est donc le retour aux labours, au désherbage, et à l’étalement de compost dans les vignes.

Travail difficile avec plus d’interventions en vigne, mais avec l’espoir d’une vinification plus stricte et donc plus proche d’un vin de grande qualité qui pourra se transformer au cours de la deuxième fermentation en champagne aux bulles épurées.

Ces fous de bio soulèvent le sarcasme de leurs collègues, qui les considèrent comme des réactionnaires et des forçats du travail. Il est vrai, que les vignes ainsi traitées exigent une présence constante car il faut réagir aussitôt en cas de nécessité.

Ces aventuriers et pionniers du Champagne peuvent petit à petit rivaliser avec les grands dans les foires et concours, mais la conquête reste exigeante.

D’Avize à Ambonnay ou de Perry à Vertus, les nouveaux MP proposent des bouteilles aux cuvées grands crus avec des signatures qui feront belles figures sur les grandes tables ou dans les bonnes caves.

Cuvée Rebelle (Catherine et Bruno Michel à Perry)

Brut Cuvée Terroirs (Pascal Agrapart à Avize)

Les Chèvres pierreuses (Maison Leclerc-Briant )

Cuvée des Caudales (De Sousa et fils à Avize)

Et bien d’autres considérés tous comme élaborant des vins d’artisan, à l’opposé des grandes cuvées d’exception. En résumé, les PME du champagne contre les grandes multinationales de la Champagne.


313/ 9 Novembre

UNE CONFRÉRIE HELVÉTIQUE ET VALAISANNE.

Saint Théodule ou Théodore , missionnaire venu d'Orient, occupe à partir de l'an 349 le siège épiscopal d' Octodure, transféré plus tard à Sion. Nous sommes dans le Valais suisse. Il signe les actes du concile d'Aquilée, relève les corps des Martyrs Thébéens et construit en leur honneur la première basilique d'Agaune.

Voilà tout ce que savent les historiens du premier évêque du Valais. Mais dans les mazots du coteau, que caresse le Rhône, le vigneron raconte cette légende selon laquelle, par mauvais temps, le Saint Patron Théodule pressa une grappe bien mûre sur des tonneaux vides et, d'un signe de croix, les remplit de vin généreux. Il vous dira également qu'il fit apporter par le diable, à travers le col de Saint-Théodule, une cloche reçue du Pape, et que le chant du coq marqua la déroute de Satan.

Il ajoutera enfin que le Malin ne le lui a jamais pardonné, et que depuis lors, le vignoble valaisan est chaque année l'enjeu de leur querelle.

Depuis, la légende est portée par les vignerons- encaveurs locaux qui en ont fait la référence de leur Confrérie créée récemment le 17 mai 2000.


 

314/ 10 Novembre

EVOQUONS LÉON CE SAINT NOM.

Le calendrier catholique situe au 10 novembre la fête de Léon le Grand élu Pape en 440.

C’est l’occasion de faire notre révérence à tous les « Léon » vignerons.

Un cépage

Associé à Millot (Président de la société vosgienne de viticulture), Léon est le nom d’un cépage hybride noir particulièrement cultivé sur les côtes est des Etats- Unis et autorisé en France dans le centre- ouest et le centre- est.

Un vignoble

En pleine Champagne, il existe à droite de la route qui mène de Damary à Aÿ, une vigne que l’on appelle

« Léon ». Les gens du pays prétendent qu’elle appartenait autrefois à Léon X.

Quelques recherches même furtives ne permettent pas de se faire une idée sur la vie de ce Pape qui régna au temps de la Réforme. Mais la ville de Reims n’a t-elle pas été au centre de tous les croisements des routes européennes du vin, au nombre desquelles la voie commerciale vers Rome était un axe majeur ?

Une commune viticole

Aux confins du sud- ouest entre Côtes du Marmandais et Côtes du Buzet , sur la route menant de Buzet- sur- Baïse à Casteljaloux, se situe la commune viticole de Saint- Léon.

Un Pape dans les vignes

.Le 17 juin 2002, Eguisheim célébrait les vins du Millénaire du Pape Saint Léon IX, illustre enfant du Pays qui participa grâce à ses nombreux voyages en Europe à la renommée des vins d’Alsace, et tout particulièrement ceux des grands crus Eichberg et Pfersigberg.


Statue Léon IX à Eguisheim, photo Marc Heimermann


315/ 11 Novembre

LES VINS DE LA SAINT MARTIN METTENT LE FEU.

« A la Saint Martin, le moût passe par vin »

« A la Saint Martin, bonhomme, bois de ton vin »

« A la Saint Martin, bonde ta barrique, et vigneron, fume ta pipe »

Saint Martin (11/ 11 ) est sans aucun doute le deuxième saint après Saint Vincent (22 / 01 )à voir diffuser son nom et sa mémoire dans le milieu de la vigne et des vins. Savez vous que 3600 églises paroissiales portent son nom et qu’il existe plus de 400 communes comportant le nom Saint-Martin? Nos recherches dénombrent environ plus d’une trentaine de cités viticoles, sans compter tous les Martin et Saint-Martin qui forment l’appellation d’un clos, d’un château ou d’un domaine.

Saint Martin doit sa célébrité à ses origines hongroises, à ses faits d’armes au sein de l’armée romaine, à sa conversion et ses miracles (la fontaine de vin de Marmoutier), au paratage de son manteau avec un pauvre, à son épiscopat au diocèse de Tours, mais c’est surtout au fait qu’on l’associe à la dernière période du soleil avant les ténèbres de l’hiver. « L’été de la Saint Martin » c’était l’occasion de libations le jour de l’anniversaire de sa mort, le 11 novembre. On mangeait l’oie et on goûtait le vin de la Saint Martin en dansant et en chantant comme pour mieux se préparer à affronter les grands froids.

Les récits anciens nous rapportent diverses anecdotes, par exemple:

Saint Martin aurait été le premier moine vigneron à Liguge près de Poitiers. Et c’est grâce à son âne épris de gourmandises que se sont révélés les bienfaits de la taille basse et courte des ceps.

On attribue aussi la naissance de la viticulture tourangelle à l’évêque Saint Martin, d’où la concentration de fêtes dédiées à Saint Martin dans toute la Touraine.

Si j’ai été baptisé par le vin en 1966 à Saint-Aubin (voir le 1er mars), j’ai été baptisé par l’eau en 1945 à la Collégiale Saint- Martin de Colmar.

En Alsace, précisément, c’est le 11 novembre que démarre, dit-on, la première phase de la fermentation du vin. De même , on dégustait autrefois le vin nouveau 40 jours avant Noël. Et quant aux vignerons de la région de Dôle, il leur était fait obligation de verser la dîme. En Valais, le 11 novembre marquait le début des vendanges tardives en Riesling.

Le 11 novembre est aussi la fête des vignerons à Dijon

Martin, un des noms les plus répandus en France a donné aussi des noms dérivés, comme:

« La martinée » qui est la dégustation du vin nouveau.

« Le mal de la Saint Martin » qui veut dire avoir abusé du vin.

« Il en tient une martinée » signifie être saoul .

L’espace nous manque pour citer des lieux-dits viticoles au nom de Saint-Martin. Cependant nous avons été séduit par

Le Château Saint-Martin situé à Saint-Martin- de- Loupiac et dont le propriétaire Bosviel se prénomme Martin! Saluons enfin, au passage cette sympathique cuvée de Provence.



316/ 12 Novembre

NUIT D’HORREUR, LES VIGNES ET LES VINS RAVAGES PAR LES EAUX.

On dit que l’eau est l’ennemi du vin. Les évènements de la nuit du 12 novembre 1999, dans la région des vins de Corbières, en ont fait la triste démonstration.

Il arrive que le monde serein des paysages viticoles puisse basculer brutalement dans le cataclysme par l’anéantissement en quelques heures d’ années de travail.

En souvenir des inondations et coulées de boue catastrophiques survenues sur une partie des Corbières et Hautes-Corbières, nous avons choisi de reproduire quelques informations d’un excellent reportage,

signé Olivier Vergnot et publié dans la revue « Terre de vins » du 2éme trimestre 2000.

L’article a cherché a démontrer qu’après l’abattement des propriétaires ou des artisans de la vigne, il y a eu aussitôt une volonté hors du commun de vouloir rebâtir, replanter, réhabiliter tout ce qui fait la vie de ces vignerons des Corbières.

Depuis, grâce aux aides, insuffisantes sans doute, les exploitants des rives de l’Orbieu, de la Berre, ou de la Niele, ont redonné l’image d’un vignoble capable de porter haut les couleurs et les saveurs du Languedoc.

Les illustrations photographiques sont de Eric Francesci.



 

317/ 13 Novembre

QUAND SAINT BRICE EST VENU…..

 

Si Saint Brice a succédé à Saint Martin, évêque de Tours, il n’eut absolument pas la même destinée apostolique, encore moins le même rayonnement national.


Tableau de Saint Brice. Eglise de Saint-Brice à Mareuil ( Fiefs Vendéens )

C’est pourquoi le nom de Brice reste totalement confidentiel et n’est guère répandu dans les milieux viticoles.

Cependant, on découvre son nom dans l’Entre-Deux-Mers. La commune de Saint-Brice produit des vins blancs caractéristiques de la région bordelaise. Ici, les vignobles flirtent avec l’estuaire et la mer.

C’est également le cas des vignobles de Gruissan dans les Corbières qui dominent légèrement le golfe de la Méditerranée.

Un domaine parmi d’autres porte le nom du jour, il s’agit du Château de Saint-Brice qui propose vins rouges, rosés et blancs en AOC Corbières.


318/ 14 Novembre

SOIXANTE-DIX ANS DE CONQUÊTE MONDIALE.

Naissance des AOC bordelais

En 1936 , le 14 novembre, était publié par le gouvernement socialiste Léon Blum le décret instituant l’appellation contrôlée pour une grande partie des vins de Bordeaux et ce un an après la promulgation de la loi du 30 juillet 1935.

Onze régions viticoles (*) obtenaient le label, qui allait propulser les bordeaux à travers le monde.

Le 16 novembre 1984 un autre gouvernement socialiste officialisait la loi portant modification de la loi de 1935 pour préciser que les décisions de l’INAO se prenaient sous forme de décret.

Veillée d’armes dans le Beaujolais.

En ce jour du 14 novembre, c’est un peu la veillée d’armes dans tout le Beaujolais, ainsi que dans tous les restaurants, bars, échoppes, magasins, supermarchés, caves, bref, tous lieux de la planète qui pourront offrir ou commercialiser le beaujolais nouveau à partir du jeudi 15 novembre .

La tradition veut que l’on retienne le troisième jeudi du mois de novembre depuis 1984, année où je me suis lancé dans l‘aventure du calendrier sur les vins.

Ainsi entre 1987 et 2007, sur les 20 dernières sorties du Beaujolais Nouveau, 3 ont eu lieu un jeudi 15 et 3 un jeudi 16. Sachant que le 3ème jeudi de novembre peut tomber entre le 15 et le 21, comme notre calendrier commence fictivement le lundi 1er janvier (année 1900, 1990, 2001et 2007), nous retenons la date du jeudi 15 janvier pour fêter le Beaujolais nouveau. CQFD.


Veillée d’armes sur l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry

(*) Bordeaux rouges, Bordeaux blancs, Médoc, Haut-Médoc, Saint-Emilion, Lussac-Saint-Emilion,

Montagne-Saint-Emilion, Puisseguin-Saint-Emilion, Saint-Georges-Saint-Emilion, Pauillac, Saint-Estèphe, et Saint-Julien.


319/ jeudi/ 15 Novembre

LA GRAND’ MESSE DE SA SAINTETÉ LE BEAUJOLAIS NOUVEAU

Dans l’histoire biblique, il y a eu l’ancien Testament, puis le nouveau Testament. Aujourd’hui, il y a l’ancien Beaujolais puis le nouveau Beaujolais.

C’est le jour de la Saint Albert. Professeur à la Sorbonne, il eut entre autres pour élève Saint Thomas d’Aquin (voir 7 mars). Saint Albert est connu pour son célèbre texte intitulé « Supériorité du vin démontrée par l’Ecriture et par la raison. » et dénigrant toutes les autres boissons pour préférer louer les bienfaits du vin. Est-ce pour cela qu’il fut nommé Saint Albert-le-Grand ?

Mais quel lien entre Saint Albert et le lancement du Beaujolais nouveau ? La coïncidence du calendrier.
Tel l’enfant qui vient de naître, le voici démultiplié sous la forme de plusieurs millions de bouteilles qui vont emprunter les voies des airs, des mers et des terres et ainsi baptiser tous les amateurs assoiffés d’un jour.

La journée du Beaujolais Nouveau correspond à une véritable révolution commerciale qui a pris naissance à la période des mouvements de mai 68, et ce sous la houlette du maître vigneron négociant des lieux: Georges Duboeuf. Avec son collègue régional Paul Bocuse, ils sont partis tels les apôtres de la gastronomie française évangéliser toutes les nations pour qu’elle découvrent le goût de la France et donc le paradis sur terre.

Ainsi , y a-t-il deux dates qui font le calendrier officiel des vins de la France à l’étranger : le 14 juillet où le Champagne coule à flot dans toutes les ambassades du monde et le 3ème jeudi de novembre avec la célébration-dégustation du Beaujolais;

Il y a les adeptes et les sceptiques du Beaujolais. Les adeptes y voient une démarche singulière à l’égard d’un vin simple et gouleyant qui ne cible pas la clientèle classique des vrais Beaujolais. Cette opération commerciale de grande envergure est unique au monde. Il faut aller voir le tarmac de l’aéroport de Lyon début octobre, pour y croire. Cela ressemble à une énorme opération de secours pour des populations semblant se retrouver dans l’indigence totale, qui au Japon, qui dans les pays de l’Est, à Moscou, en Amérique du Sud et même aux Etats-Unis. En réalité, la soixantaine de gros porteurs mobilisés par Air France va aller déverser les cargaisons de palettes, de caisses et de cartons pour satisfaire l’excentricité des Anglais, la folie des Allemands, le snobisme des Américains ou la curiosité des Emirats voire la mode lancée dans quelques restaurants chics de Rio ou de Vilnius. Les plus gros importateurs restent les Japonais. Normal, il ne connaissent rien en vin et l’évitent à cause du risque d’alcoolémie trop rapide. Alors avec le Beaujolais une fois n’est pas coutume. ( CA du Beaujolais : 86 million € en 2003 ! )

En France, la journée prend des allures de sortie entre amis et tous les restaurants de l’hexagone en profitent pour pavoiser leur vitrine avec la célèbre affichette « le Beaujolais nouveau est arrivé ».

C’est alors, selon, les années que s’exprime la plus grande manifestation de dégustation œnologique, permettant de découvrir la palette de tous les parfums de fleurs que peuvent produire nos jardins et de tous les arômes de fruits que proposent nos meilleurs maraîchers.

C’est ainsi que la grand’ messe se poursuit, tard dans la nuit, au chaud, ou dans les premiers frimas de l’hiver avec ses dévotions, ses litanies, ses communions et ses pénitences, en étant persuadé d’avoir participé à un événement mondial. Assurément tous les buveurs de Beaujolais du Monde tiennent bien tous le verre à la main, mais pour boire à la santé de qui ?

« Le verre de Beaujolais » : Photo Etienne Heimermann



320/ 16 Novembre

SAINTE MARGUERITE POSSEDE LES VINS QU’ELLE MÉRITE.

Entre le jeudi du Beaujolais Nouveau et le week-end des Trois Glorieuses (samedi 17, dimanche 18 et lundi 19 novembre ), vient se glisser Sainte Marguerite.

Sainte martyre, elle vécut entre le IIIe et IVe siècle. Elle est la protectrice des femmes enceintes qui la vénéraient grandement au Moyen Age.

Certaines légendes associent le gros ventre de la femme enceinte à la barrique. Les tonneliers donnent également le nom de « marguerite » à la forme du tonneau, et ce, à un certain stade de sa fabrication comme le montre la photo:

Tonnellerie du Châteaux Margaux, photo: Jean-Pierre Godeaut

Cette image du tonneau correspond- elle à la forme des pétales de la marguerite?

Pourquoi pas ne pas citer, Jean Dorat, poète et illustrateur du XVème siècle qui mit en scène avec de nombreux symboles bachiques toute une figuration allégorique de l’heureuse destinée du couple royal Charles IX et Marguerite d’Autriche.

Claude Chapuis nous rapporte l’histoire des antonins de Sainte-Marguerite , qui fondèrent sur le coteau de Corton en Bourogne, un vaste domaine viticole au lieu-dit les Boutières. Mais cette aventure ne perdurera pas suite à la mise à sac du domaine par les Grandes Compagnies.

Seul vestige de cette époque, les ruines de Sainte-Marguerite à Bouilland.

Effeuillons enfin quelques adresses de « Sainte-Marguerite »:

Château Sainte-Marguerite en Provence

Autour de la cave, les vignes de Sainte Marguerite sont installées en « restanques » dans un sol aride et rocailleux.
L’encépagement de ce site est très diversifié, il se compose de Grenache Noir, Cabernet-Sauvignon, Cinsault, Syrah, Mourvèdre, entre autres.

Cave à vin du sommelier Sean Basset à Champlain, Sainte Marguerite-Estérel

On y trouve près de 45 000 bouteilles et plus de 4500 références, dont 170 mathusalems (6litres) de la Romanée Conti

Domaine de la Source Sainte-Marguerite (La Londe-les-Maures)

Domaine Sainte Marguerite en AOC Côtes du Roussillon

Voir aussi le 20 juillet : le Domaine de Sainte Marguerite à La Londe.


321/ samedi/ 17 Novembre

LES TROIS GLORIEUSES: LE CHAPITRE DU CLOS-DE-VOUGEOT.

Nous allons consacrer ces trois jours aux fêtes prestigieuses appelées « Les Trois Glorieuses » qui se déroulent le troisième week-end de novembre.

Aujourd’hui samedi, c’est le Chapitre Solennel de la Confrérie du Clos-de-Vougeot.

De la longue histoire du Clos-de-Vougeot, nous retiendrons la rencontre entre le caveau nuiton de Nuits-Saint-Georges berceau de la confrérie des chevaliers du Tastevin et le château du Clos-de-Vougeot autrefois possession abbatiale du fondateur de l’abbaye de Cîteaux, Dom Robert.

Le château du Clos-de-Vougeot est dorénavant le siège de la Confrérie.

Et c’est le 3ème samedi de novembre que se tient le chapitre solennel de la Confrérie.

On compte environ 17 chapitres par an, qui reçoivent jusqu’à 9000 convives pour 600 intronisations!

Il s’agit là d’une véritable institution nationale et internationale.

Mais Clos-de-Vougeot, c’est aussi un domaine de 50ha que se partagent 85 propriétaires sur 95 parcelles. Un échiquier hors du commun qui met sur le marché une soixantaine de signatures différentes.

Il est intéressant de consulter le cadastre officiel du Clos-de-Vougeot qui donne la répartition des parcelles et leur propriétaire (voir en annexe)

Enfermé dans une clôture de pierres, le domaine du Clos-de-Vougeot produit essentiellement le Pinot noir que vendangeaient autrefois les moines à la bure blanche. On y trouve trois sols différents et donc trois types de vins différents. La sainte trinité bourguignonne! En haut, vers Musigny on aurait le haut de gamme ; sur la bosse du milieu appelée « Rognon » se cacherait l’âme du Vougeot ; et en bas, terrain trop humide, il donnerait de trop gros rendements. Aussi, année après année, c’est le débat permanent pour désigner le meilleur, que seuls les dégustateurs savent distinguer en dernier ressort.


Enveloppe philatélique 1er Jour en date du 17 novembre 1951

Le Clos de Vougeot de par son passé, a fait l’objet de nombreuses études en lien avec l’histoire de l’abbaye de Cîteaux et celle de la confrérie bourguignonne, ce que confirme le nombre important d’ouvrages consacrés à cet illustre domaine ( voir bibliographie)


322/dimanche/ 18 Novembre

LES TROIS GLORIEUSES: LA VENTE DES HOSPICES DE BEAUNE.


Vente dans les Halles de Beaune

1457-2007, soit 550 ans de ventes au service des pauvres et des malades;

Tout a commencé avec Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, qui fait de l’Hôtel-dieu une œuvre au secours des plus démunis et c’est à partir de 1457 que les premiers legs d’arpents de vignes commencent à se faire au profit de l’Institution. Ainsi, au milieu du XVII siècle, on dénombre plus de 30 ha de vignes. Avec les donations plus récentes (1994) du Mâconnais et du Pouilly- Fuissé, l’ensemble du patrimoine viticole des Hospices comprend 61 ha et une trentaine d’appellations différentes qui font le succès des ventes annuelles. Une vingtaine de vignerons travaillent dans ce contexte original.

La vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune se fait par tonneaux de 228 litres (ce qui représente environ 300 bouteilles). Une vente peut comprendre un lot de plusieurs tonneaux.

Chaque année, Beaune connaît l’effervescence des grands rassemblements qui vont donner la tendance commerciale du rapport qualité/prix des vins vendangés depuis à peine un mois.

Sous le regard du monde entier, la cérémonie présidée toujours par une ou plusieurs célébrités va déterminer le prix de la pièce de vin rouge ou blanc selon la provenance du Clos.

A cela on ajoute les frais propres aux ventes aux enchères, le coût du fût, ainsi que le coût de l’élevage chez le négociant caviste.

Le CA de la vente annuelle varie à la hausse ou à la baisse d’une année sur l’autre sans qu’on puisse mathématiquement expliquer les fluctuations.

En 1984, le produit de la vente s’est élevé à 30 millions F ( un record ) alors que 10 ans plus tard, en 1994 le montant des ventes n’atteignait que 12 millions de F ( 180 000€).

En 1999, 139ème vente, le montant des enchères a rapporté 31 millions F ( 470 000€)

Et pour sa 144ème vente en 2004, le CA s’est élevé à plus de 3 millions € !

Donnons-nous rendez vous en 2018 pour la 158ème vente qui aura lieu également le dimanche 18 novembre.


323/lundi/ 19 Novembre

LES TROIS GLORIEUSES: LA PAULEE DE MEURSAULT.

A deux reprises déjà nous avons évoqué la coutume de la « paulée » qui clôture dans la liesse la fin des vendanges (voir Sainte- Paule le 26 janvier, et Saint Bacchus le 7 octobre).

Aujourd’hui, il s’agit de la troisième journée des « Trois Glorieuses », et c’est la commune de Meursault qui est à l’honneur. Ou plus exactement le Château de Meursault.


site meursault

C’est le 29 septembre 1923 que débuta la première manifestation de la « paulée » à l’instigation du Comte Lafon qui voulut promouvoir les vins blancs de Meursault auprès de restaurateurs belges en visite en Bourgogne. Il s’inspira de la paulée classique pour organiser un banquet où étaient invités patrons et ouvriers. Chaque viticulteur apportait la bouteille de sa cuvée pour faire partager les flacons de tables en tables.

Cette tradition perdura, et devant le succès croissant, les organisateurs durent régulièrement changer de lieu.

A l’origine c’était la cuverie du Clos de la Barre

Puis l’hôtel restaurant du Chevreuil de la Mère Daugier, connue pour sa célèbre terrine chaude.

Cette rencontre conviviale prit le train des fêtes de la Confrérie du Clos-de-Vougeot et de la vente de Beaune pour s’installer ensuite dans le Caveau Saint-Vincent de Meursault. (200 invités en 1960)

Le nombre des convives grandissant toujours, le banquet eut alors lieu dans la cuverie et les dépendances du Château de Meursault. (600 invités)

Il faut noter que la paulée de Meursault est aussi l’occasion de décerner un prix littéraire. Par exemple en l’an 2000, le prix fut attribué conjointement à Jean Philippe Lecat, historien et Jacques Puisais, œnologue.

Le succès ne s’estompe pas puisque s’est adjointe une deuxième fête « La Banée ». C’est la fête de l’ouverture des vendanges (le ban) qui fait pendant à la fermeture (la paulée). Par commodité de calendrier, cette fête a lieu le troisième week- end de mars, précédée de la « Trinquée ». Une façon subtile de répondre à l’offre croissante des amateurs de vins blancs de Bourgogne.

PS: L’Hôtel de ville de Meursault reste dans les mémoires de tous les cinéphiles, avec le tournage du Film de Gérard Oury, « la Grande Vadrouille ».


324/ 20 Novembre

LA CUVÉE EDMOND

Edmond est un prénom qui ne court pas les rues, encore moins les vignes et les domaines. On connaît cependant le célèbre Edmond de Rothschild et ses vins de Bordeaux (voir 11 mai).

Nous ciblons aujourd’hui sur un petit domaine du Sancerre que nous n’avions pas cité dans notre journée du 23 janvier, faute de consonance linguistique. Le Domaine d’Alphonse Mellot trouve son actualité grâce au père d’Alphonse qui se prénommait Edmond. Voilà ce qu’il en dit:

« Ce que je sais, je le tiens de mon père, qui le tenait de son père...
Dans le grand chaos du modernisme, dans le triomphe de la médiocrité collective, j'avais, je l'avoue, un peu égaré tout cela.
Mes racines, comme un mauvais rhumatisme sont venues me tirer l'oreille. Et l'enfant que j'étais s'est réveillé.
Toutes les odeurs m'ont assailli.
Les gestes, les bruits, les angoisses, les désirs, la naïveté aussi.

J'avais oublié de vous dire, mon père s'appelait Edmond...

Pour lui, pour moi et pour Vous j'ai créé, j'ai travaillé tel un compagnon peaufinant son chef-d'œuvre, cette cuvée qui porte son nom.
Toute une Histoire. »


Texte de Jean-Pierre Lédé,
ami, Oenophage et écrit-vin.

Alphonse MELLOT
Domaine La Moussière
Rue Porte César
18300 Sancerre

La cuvée Edmond, un Sancerre blanc, issu de 60 ha de vielles vignes de Sauvignon blanc


325/ 21 Novembre

VINS DU BRUHLOIS, VINS BRÛLES OU VINS NOIRS.

Ce petit vin de pays, qui fait face à Agen et qui couvre la partie gauche de la Garonne, est appelé Côtes du Bruhlois.

Coincés entre les vins de Lavallière à l’est et les vins du Buzet à l’ouest, les Côtes du Bruhlois sont aussi appelés les vins du Haut-Pays. Ils ont par la ténacité de leur producteur gagné en noblesse, et grâce à leur AOC, ils peuvent largement rivaliser avec les Côtes du Buzet.

On s’est interrogé sur l’origine du nom. L’explication commune et courante est liée à la caractéristique du cépage qui produit des raisins très noirs (Merlot noir), d’où leur vient la couleur rouge sombre du vin (tel le jus des cerises noires) mais aussi à l’ensoleillement exceptionnel du lieu, qui aurait tendance à brûler les grappes de raisins et à leur donner cet aspect de pruneaux noirs flétris et grillés.

Les Côtes du Bruhlois (VDQS depuis le 21 novembre 1984) comprend près de 200 ha de vignes étalés sur des coteaux ou en terrasses très caillouteux. La production représente près de 10 000 hl dont la particularité est d’offrir des arômes de fruits rouges et noirs. Ce sont des vins charnus et généreux. Ils sont excellents en accompagnement de la cuisine traditionnelle de la Gascogne.

Pour compléter ce tableau « statistico-gustatif, » disons que les Côtes du Bruhlois comprennent 15 commune viticoles dans le Tarn-et-Garonne, 23 dans le Lot-et-Garonne et 42 dans le Gers.



326/ 22 Novembre

SAINTE CECILE CHANTE LES VIGNES.

J’ai toujours gardé un faible pour le secteur des Côtes du Rhône que forme le triangle Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes et Suze-la-Rousse. D’abord d’accès facile, sur des axes de routes qui privilégient le ravitaillement privé en bonnes bouteilles, ce secteur ne laisse pas indifférents les amateurs de vins et tout particulièrement les amateurs de Côtes du Rhône Villages.

Ce secteur est celui que j’affectionne le plus après l’Alsace.

Sainte Cécile dont la fête coïncide avec le 22 novembre, symbolise la virginité malgré ses épousailles avec Valérien qu’elle convertit dès sa première nuit de noce. Décapitée, elle fut très vénérée au Moyen Age où on l’associait à la musique et à la chanson. Patronne des musiciens et des choristes, elle fut choisie pour donner son nom à l’église paroissiale de Sainte -Cécile ainsi qu’à la commune.

Les vins de Sainte-Cécile et des communes proches se présentent comme des vins simples, corsés, pleins de rondeur. La gamme des rosés, des blancs et surtout des rouges exprime la typicité des Côtes du Rhône Villages.

Vignerons particuliers ou coopératives très puissantes en ces lieux, rivalisent de trophées.

Pour notre part, nous avons jeté notre dévolu sur les vins de la cave de Rochegude.

Mais Sainte Cécile c’est la musique. Aussi, la cité viticole n’échappe-t-elle pas à l’organisation du festival « de la musique dans les vignes » qui se déroule chaque été et qui fait pendant au festival des choralies de Vaison -la-Romaine.


Clocher de l’église Sainte Cécile à Sainte-Cécile-les-Vignes (83)

Est-ce parce qu’en chant musical, il faut avoir la voix cristalline, que Sainte-Cécile-les-Vignes produit des eaux minérales appelées « Cristaline ». Le mariage du vin et de l’eau, sans miracle!


327/ 23 Novembre

UN REPAS SAIN AU SAINT - CLÉMENT.

Le cadre était cossu mais non prétentieux. C’était un midi de week-end, aux environs de Paris.

Le Restaurant se nommait Saint-Clément. Il arborait une carte dont le menu principal révélait un thème conducteur, et une carte des vins qui se voulait être de connivence.

Nous n’avions aucune raison de fêter la Saint Clément. Personne dans notre proche entourage ne portait ce prénom Clément. Pourtant Clément allait être présent tout au long de ce repas.

Les tables étaient dressées avec un service en faïence originaire de Saint - Clément, près de Lunéville.

Le menu choisi, nous étions assurés que le repas allait se dérouler sous des auspices fort cléments.

En entrée une poëlée de Saint-Jacques au Saint -Clément allait ouvrir l’appétit Pour le vin, nous avions le choix entre le Domaine de Trépalou originaire de Saint -Clément à côté de Sommières dans l’Hérault, ou un blanc du Domaine Puech de Saint-Clément-de-Rivière. Notre choix se porta sur le deuxième.

Et parce que nous avions choisi pour la suite un Saint-Pierre, il nous a semblé intéressant d’associer exceptionnellement un vin rouge. Ainsi, le mariage du Château Pape Clément avec Saint Pierre allait récompenser notre audacieuse imagination.

La ronde des fromages toute en odeur de sainteté, était composée d’une série de « saints » aux goûts puissants et odorants. Là, un vin rouge léger de Saint –Clément – sur - Valsonne originaire du Beaujolais s’est montré comme un parfait accompagnateur.

A noter que l’eau présente sur la table, provenait des sources Saint-Clément.

Et pour clore, ce repas, le dessert était composé d’un magnifique Saint-Clément, selon la recette de Clément Faugère, que nous avons dégusté avec un remarquable Gewurtztraminer, cuvée Saint-Clément de chez Weinzorn de Niedermorschwihr.

Et pour clore cet excellent repas, une corbeille de clémentines confites accompagnait les cafés.

C’était une façon originale de déjeuner sous le saut de Saint-Clément.

En quittant le restaurant Saint-Clément, nous avons soupçonné le garçon de salle de s’appeler Clément.


328/ 24 Novembre

LE PLANT DES ABYMES.

C’est de l’écroulement du Mont Granier le 24 novembre 1248, que naquit quelques siècles plus tard, sur les éboulis de cette catastrophe géologique, qui ensevelit 5 villages et près de 5000 habitants,

le vignoble des Abymes et son voisin l’Apremont. Cette contrée fut longtemps laissée à l’abandon à cause de son état chaotique, au milieu des éboulis et des étangs. La région, aujourd’hui, présente un paysage fait de petits mamelons sur lesquels s’adossent les vignobles à base de Jacquère, le principal cépage qui donne ce fameux goût de pierre à fusil.

Trois villages viticoles constituent le secteur particulier appelé Abyme de Myans, il s’agit de Myans, les Marches et Chapareillan. Cela ne représente que 200ha de vins blancs AOC. . Ici le crû des Abymes exprime sa vengeance à Dame nature. Il propose des vins savoyards clairs et frais dont l’odeur de pierre rappelle immanquablement le sol jurassique recouvert des marnes de l’éboulis géant.

Le Plant des Abymes, le Chignin et l’Apremont forment des vins au fruité subtil et à la robe transparente. Ces vins gouleyants à souhait respirent la fraîcheur des montagnes et sont consommés avec frénésie par les touristes l’hiver, le soir après les activités de neige; et l’été, à la tombée de la nuit pour se rafraîchir de la journée.


Le Mont Graneir et les vignes des Abymes. André Combaz (161)

Si vous hésitez entre les vins cousins que sont Abymes et Apremont, goûtez- les. Le premier est tendre et épouse une légère rondeur, grâce à un meilleur ensoleillement, alors que le second est vif, plus agressif sur la langue , conséquence d’une situation beaucoup plus ombragée.



329/ 25 Novembre

SAINTE-CATHERINE A LA COTE.

Il existait, il y a fort longtemps des vins en Normandie. Et les plus connus se développaient à la Côte Sainte-Catherine sur les hauteurs de Rouen.

Certains historiens font coïncider l'arrivée de la vigne dans la vallée de la Seine supérieure avec l'invasion romaine. Mais on ne saurait dire si les Gaulois ne cultivaient pas déjà la vigne. Comme pour d’autres régions, c’est le rayonnement des abbayes et des lieux religieux qui donna naissance aux vignobles dont ceux de Normandie.

On en trouvait vers Evreux, aux Andelys, à Orival, et bien sûr à Rouen... la vigne semblait prendre racine malgré de nombreuses difficultés à produire des vins de qualité.

La vigne fut cultivée sur la Côte Sainte-Catherine jusqu'à l'arrivée du roi Henri IV. La culture se poursuivit dans la vallée de la Seine jusqu'à la Révolution.

Fêtée le 25 novembre, Sainte Catherine d’Alexandrie patronne des philosophes et des vierges est aussi honorées par les jeunes files non mariées que l’on surnomme les « catherinettes ».


330/ 26 Novembre

POUR CHASSER LES VINS DE LOIRE.

Il nous a été donné de travailler professionnellement quelques années dans ce magnifique pays des bords de Loire entre Gien et Cosne-sur-Loire.

Non loin des nombreux bras d’eau qui se croisent (dont le fameux canal de Briare qui enjambe la Loire) s’allongent sur quelques dizaines de kilomètres en amont du fleuve, face au soleil couchant, de petits vignobles dont les vins méritent une halte.

Les chasseurs de la forêt de Sologne ne s’y trompent pas. Ils séjournent, le temps d’un week-end, dans les beaux relais des coteaux du Giennois, pour aller ensuite chasser sur l’autre rive dans les profondeurs de la Sologne et revenir le soir, boire les petits vins qui « montent » et que produisent avec des règles strictes les vignerons de ce secteur adorable.

Ces VDQS sont officialisés depuis le 26 novembre 1954, et aspirent à atteindre les niveaux de qualité de leur voisin de Sancerre ou Pouilly-sur-Loire.

Ici, on cultive du Gamay noir à jus blanc et du Pinot noir à jus rouge pour les rouges, ainsi que du Sauvignon pour les blancs. Cela représente presque 8000 hl chaque année pour 16 communes entre Nièvre et Loiret.

Nous avions découvert dans les années 1990, un vigneron à Villemoison à côté de Cosne-sur-Loire. Les vins d’Alain Paulat avaient marqué notre souvenir gustatif, grâce à la culture bio. Ils se caractérisent comme soyeux et parfumés à souhait. Sa cave était distante de quelques mètres de la Commanderie des Templiers.


Si vos déplacements vous conduisent ( si possible entre mai et juin), dans cette partie de la France, ce sera un moment de bonheur de découvrir outre les vignobles du Giennois, le petit village de Ousson-sur- Loire posé sur les bords de la Loire. Le cachet suranné des petites maisons de vignerons, de chasseurs et de pêcheurs à la fois, donne à rêver.



331/ 27 Novembre

LES DAMES DU FLOC DE GASCOGNE.

A l’instar d’autres régions viticoles, la Gascogne voulait commercialiser une liqueur à base de vin mélangé à de l’eau-de-vie, qui serait servi en apéritif. Il y avait le Pineau des Charentes (voir 12 octobre) le ratafia de Bourgogne ou de Champagne, le Carthagène du Languedoc.

D’abord appelé « Pineau de Gascogne », il fut baptisé par ses promoteurs « lou floc de nouste » ( fleur de chez nous ». Avec un nom si poétique, ce breuvage ne pouvait être issu que des vignes de la « fine fleur » gasconnaise. La première apparition officielle date de 1954, puis furent obtenues en 1977 les autorisations ministérielles et enfin la consécration de l’AOC le 27 novembre 1997.

Cette boisson racée et qui vigoureusement réchauffe le cœur fut cependant promue par des femmes, particulièrement persévérantes dans la consommation raisonnée de ce parfait apéritif.

Les « femmes fleurs de Gascogne » se constituèrent en confrérie féminine : « Les Dames du Floc ».

Un bouquet de fleurs composé de blanc, de mauve et de rose est là pour rappeler les couleurs et les arômes originaux du floc, à savoir : la fleur de prunier, la violette du fond de verre et l’agréable parfum de rose. (162)

Un coup de floc avec du melon, ou bien frappé avec du foie gras, vous boirez en l’honneur de ces dames de Gascogne et au bonheur de toutes les dames.



332/ 28 Novembre

ÊTES-VOUS VINOPHILE ? TROUVEZ LES REPONSES AUX DOUZE QUESTIONS.

Il nous reste 33 jours avant la fin de l‘année, et pour fêter le 28 novembre, il nous a semblé intéressant de nous divertir et de vous soumettre un test de connaissance sur le monde des vins. Nous avons sélectionné 12 questions, dont chaque réponse se trouve dans l’un des douze mois. Seule la douzième question ( Q12) trouve sa réponse au mois de décembre, pas encore abordé.

Les réponses ne sont pas communiquées, mais se découvrent aisément au cours des 365 journées.

Q1 Le classement des Saint-Emilion est révisé tous les:

A) 10ans, B) 20ans, C) jamais ?

Q2 Saint Vernier est-il plus spécifiquement le saint protecteur des vignerons

A) de Savoie, B) du Jura, C) de Franche-Comté ?

Q3 Pour vous « derrière chez Edouard » c’est :

A)Un premier cru de l’appellation contrôlée Saint-Aubin, B)Une marque de Cognac, C)Un bistrot à vin dans le centre de Montpelier?

Q4 Quel est le ministre de l’agriculture, qui a signé l’arrêté classant Mouton-Rotschild, « premier crû classé »

A) Jacques Chirac, B) Edouard Duchêne-Marullaz, C) Michel Rocard?

Q5 A qui Madame Le Bault vendait son Château Corton Grancey dans les années 1750,

A) Voltaire, B) Diderot, C) Rousseau ?

Q6 L’emblème de la liqueur Bénédictine est:

A) Un L suivi d’un B, B) Le sigle VSOP, C)Les trois lettres DOM?

Q7 Quel personnage eut l’idée de faire pousser des vignes en faisant passer les ceps à travers un mur :

A) Le Père Cristal, B) le Père Chaptal, C) le Père Vidal ?

Q8 Quel village viticole porte le nom de la sainte patronne de la musique et des chorales :

A) Sainte Paule, B) Sainte Constance, C) Sainte Cécile ?

Q9 Le plus grand foudre fabriqué par Emile Gallé a -t-il une contenance de

A) 55 000 hl, B) 75 000hl, C) 100 000hl ?

Q10 Quel écrivain est l’auteur de cette phrase: « C’est Dieu qui créa l’eau, mais l’homme fit le vin :

A) Ernest Hemingway, B) Victor Hugo, C) Louis Pasteur ?

Q11Dans quel département les vins de Villars-sur-Var sont-ils exploités:

A) Alpes-Maritimes, B) Alpes- de- Haute-Provence, C) le Var ?

Q12 Quel est le cépage le plus important qui rentre dans la composition des vins de Cahors:

A) le Tanot, B) le Tanat, C) le Tanin ?


333/ 29 Novembre

SAINT-SATURNIN PARMI LES SAINTS LANGUEDOCIENS.

Aborder la contrée du Languedoc et du Roussillon pour un non initie, encore plus pour un non autochtone, relève du parcours sans boussole. Le découpage et les limites des zones viticoles demeurent un enchevêtrement que seul une bonne carte peut expliquer. Ainsi faut-il pour s’intéresser au vignoble de Saint-Saturnin, découvrir et jeter son regard vers les autres vignobles qui vont de Nîmes jusqu’à Béziers.

Saint-Saturnin est une appellation régionale des Coteaux du Languedoc, au même titre que les vins de Saint-Chinian plus au sud, et ceux de Saint-Christol ou Saint-Drézéry plus à l’est. Ces derniers firent d’ailleurs l’objet d’éloges appuyés par Jean-Jacques Rousseau dans une lettre à d’Alembert.

Ce sont les moines bénédictins qui sont à l’origine des vins de Saint-Saturnin, sachant que Saturnin devenu saint après son martyr fut le premier évêque de Toulouse.

Les vins rouges et blancs de Saint-Saturnin sont issus de sols peu acides et donnent des vins qui peuvent rivaliser avec les autres appellations locales, grâce à des raisins très matures.

A l’évidence, une visite à la Cave des vignerons de Saint-Saturnin s’impose.

Même si la dévotion aux vins de Saint-Saturnin est méritée, il ne faut pas hésiter à poursuivre le pèlerinage qui regorge de surprises tant par les curiosités du paysage, les nombreux édifices religieux, que par la multitude des crus que protège une légion de saints.

Pour ne citer que les plus connus, voire moins connus :

Saint-Félix-de-Lodz

Saint-Jean-de-Fos

Saint-Guilhem-le-Désert

Saint-Loup et son Pic (appellation régionale)

Saint- Mathieu-de-Trévier (appellation Pic Saint-Loup )

Saint-Drézéry

Saint-Christol (Coteaux de Saint-Christol)

Saint-Bauzille-de-Putois

Saint-Martin-de-Londres

Saint Sériès

Saint-Gilles (Costières du Gard)

Saint-Georges-d’Orques

Saint-Pargoire

Et le plus grand et le plus célèbre:

Saint-Chinian (appellation communale)

Il existe d’autres appellations plus profanes dans les Coteaux du Languedoc. Et leur nom accompagné de la célèbre croix cathare concourt à faire parler du Languedoc. Tous ces rouges, ces blancs, ces muscats, ces clairets, et ces rosés ont pour nom: Montperroux, Coteaux de la Méjanelle, Coteaux de Vérargues, Muscat de Lunel, Clairette de Bellegarde , Costières du Gard, Muscat de Mireval et de Frontignan, Picpoul de Pinet, Cabrières, Clairette du Languedoc, Faugères, Quatourze, la Clape.

En résumé, s’il fallait ranger dans sa cave une bouteille de chaque appellation des Coteaux du Languedoc citée ce jour 29 novembre, il faudrait emporter 29 bouteilles différentes !



334/ 30 Novembre

SAINT-ANDRÉ CROIT AUX VINS.

Saint André, frère de Saint Pierre alla comme les autres disciples de Jésus enseigner dans tout le bassin méditerranéen et le Proche-Orient. On peut affirmer que là où il évangélisa, il y eut également la culture de la vigne (Grèce, Péloponnèse, Crimée, Italie, Afrique du Nord, Espagne, à l’exception de l’Ecosse).

Saint André fut condamné à périr sur une croix en forme de X.

La croix de Saint André se retrouve sur les étiquettes du Champagne Castellane (Croix en X rouge, sur fond blanc).

L’intérêt de la fête de Saint André réside dans sa position dans le cercle zodiacal. Saint André représente la vigueur masculine (Andros) et occupe une position symétrique par rapport à la fête e la Sainte Famille (12 janvier). Edmond Outin souligne que Saint André forme un angle de 23° avec l’axe du solstice d’hiver, qui est le même angle d’inclinaison de la terre sur son propre axe. (Voir aussi 22 décembre)

Saint André revêt donc une position importante dans le calendrier zodiacale, ainsi que dans le calendrier des chrétiens. Ceci explique que comme Saint Pierre, comme Saint Martin ou Saint Jean, et autres saints fort connus, Saint André ait pu donner son nom à telle ou telle commune de France et donc à des lieux viticoles, quoique Saint André soit peu associé au milieu de la vigne.

Au cours des journées calendaires qui précèdent, nous avons évoqué des Saint- André gaillardement implantés sur les régions viticoles du Languedoc, de Champagne, de Savoie, de Provence, du Bordelais ou des Pays du Gard, et même d’Auvergne.

Mais pour célébrer la Croix de Saint André fêtée en ce 30 novembre, nous avons choisi un vin dont la typicité reste exceptionnelle: un Lalande Pomerol.

C’est à Néac, plus exactement, que Francis Carayon propose des vins extraordinaires. Cette découverte remonte à plus de 20 ans.

Aussi saluons ce Château La Croix Saint-André 1971, en hommage à son ancien client Arthur Rubinstein et à M. Malbranque, qui a gentiment offert cette bouteille millésimée pour clore nos travaux de relecture.

photo Marc Heimermann

 

 

....Copyright © 2006 Marc HEIMERMANN .