Notules
sur les 120 saints
Les
Saints (lettre T)
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SAINT
THÉODULE 20 avril
Vins
du Valais
SAINT
THÉODULE PATRON DE LA CONFRÉRIE HELVÉTIQUE
ET VALAISANNE.
«
A la Saint Théodore, fleurit chaque bouton d’or
»
«
A la Saint Théodule, fleurit la belle férule
» (*)
Saint
Théodule ou Théodore , missionnaire venu d'Orient,
occupe à partir de l'an 349 le siège épiscopal
d' Octodure, transféré plus tard à Sion.
Nous sommes dans le Valais suisse. Il signe les actes du concile
d'Aquilée, relève les corps des Martyrs Thébéens
et construit en leur honneur la première basilique
d'Agaune.
Voilà
tout ce que savent les historiens du premier évêque
du Valais. Mais dans les mazots du coteau, que caresse le
Rhône, le vigneron raconte cette légende selon
laquelle, par mauvais temps, le Saint Patron Théodule
pressa une grappe bien mûre sur des tonneaux vides et,
d'un signe de croix, les remplit de vin généreux.
Il vous dira également qu'il fit apporter par le diable,
à travers le col de Saint-Théodule, une cloche
reçue du Pape, et que le chant du coq marqua la déroute
de Satan.
Il
ajoutera enfin que le Malin ne le lui a jamais pardonné,
et que depuis lors, le vignoble valaisan est chaque année
l'enjeu de leur querelle.
Depuis,
la légende est portée par les vignerons- encaveurs
locaux qui en ont fait la référence de leur
Confrérie créée récemment le 17
mai 2000.
Notons
aussi que Saint Théodule, grand thaumaturge est reconnu
pour ses pouvoirs de guérisons sur toutes les maladies
de la vigne.
(*)
création personnelle
SAINT
THIBAUT 8 Juillet
Inter
régions
SAINT
THIBAUT SE DECLINE A TOUS LES VINS
«
A la Saint Thibaut sème tes raves et arrache tes aux
»
«
A la Saint Thibaut aime ta cave et crache ton eau »
(*)
Que
l’on écrive Thibaut, Thiébaut, Théobald,
Thibault, Thibeaud…. C’est pour nous une seule
référence qui a pour trait commun la vigne et
le vin.
Saint
Thibaut
La
seule référence religieuse trouvée est
celle de Saint Thibaut, abbé des Vaux de Cernay qui
à la demande de Saint Louis, supplia la divinité
de rompre la stérilité du couple royal. On retrouve
dans ce fait les vertus providentielles dévolues à
la vigne source de fécondité. Vigne qui par
ailleurs est l’essence même du pouvoir divin.
Nous sommes au début du XIIème siècle.
Saint
Thiébaut
A
Thann ( Haut-Rhin ), la Vierge et Saint Thiébaut se
partageaient le patronage viticole. On a raconté que,
au Moyen Âge, à l’érection de la
chapelle de Saint-Thiébaut, la récolte du vin
fut tellement abondante qu’on se servit pour fabriquer
la chaux, de vin à la place d’eau et que Saint
Thiébaut, probablement à la suite de cette affaire,
fut invoqué comme patron des vignerons .
Saint
Théobald
Ce
nom soutenant le grand crû du Rangen ( sur les contreforts
de Thann ) fut donné par la cave de Bernard Schoffit,
vigneron à Colmar.
Ce
vin est référencé à juste titre
depuis de nombreuses années dans le Guide Hachette
des vins.
Saint-Thibault
Nom
donné à la première société
d’entraide de Bourgogne pour les vignerons en difficulté.
L’histoire
locale nous raconte que la première de ces sociétés
est née à Pommard en 1668 et qu’elle serait
la prolongation de la confrérie du Saint Sacrement
crée au XIIIe siècle.
Cette
société d’entraide fait obligation à
ses membres, vignerons d’une même commune, d’assurer
le travail des vignes d’un confrère malade ou
décédé dans l’année.
Entre
1882 et 1994, Pommard connut deux confréries pour cause
de querelle religieuse:
Saint-Thibault:
la catholique
L’Union
: la laïque
En
1969, un banquet commun réuni les deux sociétés.
Elles fusionnent en 1994. Cependant la nouvelle société
commune garde deux drapeaux, le bleu, blanc, rouge +RF ( pour
l’ex-Union ) et bordeaux + la croix ( pour l’ex-catholique
). Comme quoi toute fusion n’annihile jamais l’origine
culturelle ou confessionnelle.(110)
Thibeaud
Il
s’agit sous ce nom de nommer le château Thibeaud
Maillet géré par Andrée et Roger Duroux,
charmant couple rencontré au Salon des caves particulières
de la porte de Champerret en décembre 1995.
Un
Pomerol plus que recommandable !
(*)
création personnelle
SAINT
THIERRY 1er Juilllet
Vins
de Champagne
L’ABBAYE
DE SAINT-THIERRY ET LA NAISSANCE DU CHAMPAGNE
«
Si le premier juillet se trouve jour pluvieux, tout le reste
du mois sera douteux »
«
A la Saint-Thierry, aux champs jour et nuit. »
Hors
des sources classiques des historiens, un petit ouvrage écrit
par Fernand Woutaz avait attiré notre attention. Il
traitait de la véritable histoire du Champagne.
Dans
cet ouvrage on apprend l’existence de l’abbaye
de Saint-Thierry juchée sur le Mont d’Or à
côté de Reims.
Le
fondateur était Thierry dont la vie fut étroitement
liée à celle de Saint Rémi, évêque
de Reims.
Ce
dernier aida le jeune Thierry à sortir de l’emprise
d’une femme qui le harcelait sexuellement.
Même
si ses débuts dans la vie civile avaient été
peu recommandables, Thierry sut très vite , avec l’assistance
de Rémi, s’orienter vers une vie plus sacerdotale.
Ce
monastère, comme ses voisins, participa à la
croissance du vignoble champenois.
On
dit même que c’est dans son enceinte qu’un
moine serait à l’origine de la rédaction
en 1718 du fameux traité:
«
Manière de cultiver la vigne, de faire le vin en Champagne
»
C’est
à partir de ce fameux traité que le frère
Oudart et Dom Pérignon ( de l‘abbaye d‘Hautvillers
), ont été à l’origine des essais
fructueux de la champagnisation des vins locaux.
Mais
en 1778, afin de subvenir aux besoins de l’abbaye de
Saint-Rémi à Reims, l’archevêque
de Reims, obtint la démolition de l’abbaye de
Saint-Thierry.
Richement
documenté, l’ouvrage de Fernand Woutaz rétablit
les faits historiques et confirme que grâce à
ses confrères d’autrefois, depuis Saint Thierry
jusqu’au célèbre chanoine Godinot, Dom
Pérignon peut être considéré aujourd’hui
comme le plus grand bienfaiteur de l’humanité.
Qu’il
soit ici honoré au plus haut, car si Thierry a bénéficié
de la sanctification malgré une histoire personnelle
quelque peu répréhensible, Dom Pérignon,
méritait d’être nommé le Pape du
Champagne, en tous les cas le Nobel des vins pétillants
à moins que….. (Voir Saint
Sylvestre ).
Abbaye
de Saint-Thierry ( J.P.Bourreu )
SAINT
THOMAS D’AQUIN
28 Janvier ou
7 mars
Vins
et religion
LE
VIN SELON SAINT THOMAS D’AQUIN
Saint
Thomas d’Aquin, le grand théologien dominicain
marqua de ses œuvres scolastiques tous les siècles
après le XIII ème. Mais ce que l’on sait
moins, c’est qu’il est à l’origine
de nombre réflexions, d’écrits et de cours
sur le vin.
D’après
notre religieux philosophe, le fait de « déguster
(du vin ), fait penser » !
En
s’appuyant sur une étude de Michel Marie Dufeil,
on apprend que Thomas l’érudit parle du vin sous
trois aspects : le vin en tant que substance( principe de
la dégustation ), le vin en tant que mythe (principe
de l’écriture ), et le vin en tant que signe
( principe de la consécration).
Le
vin est d’abord une substance
issue de la fermentation du raisin et pour devenir «
consacrable », il doit subir le processus de vinification
selon une logique de soins particuliers. Il affirme également
que « le vin réchauffe et réjouit, et
à ce titre, il peut être administré aux
faibles pour les réconforter, mais pas aux malades
enfiévrés »
En
matière d’abus de consommation, il admet ceux
de « la délectation charnelle, de l’erreur
spirituelle et de la punition divine »
Et
notre auteur d’ajouter : « à quoi répondent
quatre saintes et belles ivresses : larmes de componction,
calice de passion, incendie d’amour et torrents de divines
délices. »
Le
vin en tant que mythe,
cause joie chaleureuse, d’après notre philosophe.
D’ailleurs, il affirme que « les hommes au poumon
vif et amateurs de vin sont plus audacieux, car cette chaleur
gonfle et grandit le cœur. »
On
nous précise, que la doctrine divine est semblable
au vin, « car elle presse en arguant, incendie en enflammant,
enivre en consolant. »
Le
vin demeure la figure suprême duplus sacré des
liquides, à savoir le sang, comme la marque du passage
du mythe de la vigueur ( lignage sanguin) à la mystique
de la rédemption ( sang divin).
Le
vin en tant que signe,
signifie pour le théologien Thomas l’essence
même du sang du Christ. Pour les spécialistes,
nous sommes dans la démonstration du phénomène
de transsubstantiation. Foi aux miracles du changement de
l’eau en vin, et du vin en sang. Et M.M. Dufeil de conclure
en ces termes :
«
La consécration du vin est sacrifice, faire secret
sacré, et sacrement, le sacré lui même,
pour effacer le désordre et participer à l’ordre
du Christ reconstitué, en le buvant. »
En
somme déguster l’intelligence de Saint Thomas,
ou un gouleyant vin de Bourgogne, c’est vouloir atteindre
le sacre de la vrai vie par la grâce du vin suprême.
www.thomas-d-aquin.com
SAINT
TROPEZ
17 Mai
Vins et Provence
COLETTE
A LA RENCONTRE DE SAINT- TROPEZ.
Nous
sommes au début du millénaire sous le règne
de Néron, Tropez se convertit au christianisme et fréquente
entre autres Saint Paul. Décapité, il devint
le saint patron de beaucoup d’églises du pourtour
méditerranéen.
Saint-Tropez
c’est aussi le nom de ce village devenu le plus célèbre
de la côte. L’église qui domine la cité
balnéaire lui est dédiée
Saint-Tropez
c’est aussi le nom d’un vignoble qui couvre le
pourtour du golfe. Des terres de
Ramatuelle,
jusqu’à la Croix-Valmer, en passant par Cogolin.
Ce sont d’innombrables parcelles de vignes qui sous
le soleil de la méditerranée viennent s’échoir
jusque vers l’étendue bleue de la mer.
La Treille Muscate où séjourna Colette
Comment
ne pas évoquer l’écrivain Colette qui
dans son long parcours initiatique des rencontres vinicoles
et gastronomiques jeta un jour son dévolu sur une petite
demeure de Saint-Tropez retirée sur les hauteurs et
au nom évocateur de Treille Muscate.
Dans
son extraordinaire bibliographie, on retiendra trois écrits
qui ont le plus exalter les plaisirs de la vigne et du vin
: la Treille muscate et les Vrilles de la Vigne.
Mais c’est sans doute dans son ouvrage intitulé
« Prisons et Paradis » que l’on
atteint le sommet de la référence œnologique.
Ci-dessous
quelques extraits pris au hasard:
«
A l’âge où l’on lit à peine,
j’épelai, goutte à goutte, des bordeaux
rouges anciens et légers, d’éblouissants
Yquem. »
«
J’ai tari le plus fin de la cave paternelle, godet à
godet, délicatement…Ma mère rebouchait
la bouteille entamée, et contemplait sur mes joues
la gloire des crus français. »
«
Le vin, c’est selon sa qualité et son terroir,
un tonique nécessaire, un luxe, l’honneur des
mets. »
«
Depuis l’enfance, je connais le vin français
et je le tutoie »
Colette,
dans son parcours des provinces françaises a eu les
plus larges occasions de s’initier aux ressources gastronomiques
dont bien sûr les productions viticoles. De la Bourgogne
( Saint-Sauveur-en Puisaye ) , la Franche-Comté ( les
Monts Boucons ) en passant par le Sud -Ouest ( Castel Novel
), et La Provence ( La Treille Muscate ), Colette termina
son tour de France à Paris au Palais-Royal. Comble
de la référence, elle occupa un logement situé
au 9 rue du Beaujolais, à deux pas
du Grand Véfour.
SAINTE
THERESE D’AVILA 15 Octobre
Religion
L’IVRESSE
OU L’EXTASE DE SAINTE THÉRÈSE.
En
ce jour de la fête de Sainte Thérèse d’Avila,
dite la sœur du Mont Carmel, cette vierge mystique mais
aussi docteur de l’Église, nous a légué
quelques textes très originaux.
Née
en 1515, outre sa dévotion et son parcours religieux,
elle consacra une grande partie de ses retraites à
écrire. Et nous découvrons que Sainte Thérèse
savait parler du vin et de l’ivresse comme éléments
de transcendance divine.
Extase de Sainte Thérèse de Sébastiano
Ricci 1727
Église
San Marco, Vicence
On
retiendra deux extraits;
Celui
de son ouvrage « le Château de l’âme
» qu’elle compare à un cellier:
«
Je considère le centre de nostre âme comme un
cellier dans lequel Dieu nous fait entrer quand il luy plaist
et comme il luy plaist par cette admirable union, afin de
nous y enyvrer saintement de ce vin si délicieux de
sa grâce, sans que nous y puissions rien contribuer
que par l’entière soumission de nostre volonté
à la sienne, nos autres puissances et tous nos sens
demeurant à la porte comme endormis. »
Et
celui des « Pensées pour l’amour
de Dieu » où elle invite l’époux
à boire pour découvrir l’ivresse de l’amour
:
«
En disant que son Époux le fait entrer dans ce cellier
tout remply d’un vin céleste, elle montre qu’il
luy permet d’en boire jusques à tomber dans une
heureuse et sainte yvresse. Car ce grand Roy n’honore
pas une âme d’une si extrême faveur pour
la luy rendre inutile. Il lui permet d’en boire autant
qu’elle veut de ces vins délicieux, et de s’enivrer
de ces joyes inconcevables qui la ravissent dans l’admiration
de ses grandeurs. Ce saint transport l’élève
si fort au dessus de la faiblesse de la nature, qu’au
lieu d’appréhender de perdre la vie en servant
son divin époux, elle souhaiteroit de mourir dans ce
paradis de délices…
L’âme
en cet estat ne sçait pas seulement si elle aime, tant
elle est comme endormie et comme enivrée: mais qu’heureux
est ce sommeil! Que souhaitable est cette ivresse ! Son divin
Époux vient à son secours. Il fait que, dans
cet endormissement et cette espèce de mort de toutes
ces puissances, l’amour qu’elle luy porte est
si vivant, qu’encore elle ne comprend rien à
la manière dont il agit, il l’unit si intimement
à son Époux, qui est l’amour mesme et
son Dieu, qu’elle devient une mesme chose avec luy,
sans que ny les sens , ny l’ entendement, ny la mémoire
ne puisse y apporter d’obstacle et qu’il n’y
a que la volonté qui comprenne quelque chose à
ce qui se passe. »
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DES 120 SAINTS
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