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MOIS
182/1
Juillet
L’ABBAYE
DE SAINT-THIERRY ET LA NAISSANCE DU CHAMPAGNE
Hors
des sources classiques des historiens, un petit ouvrage écrit
par Fernand Woutaz avait attiré mon attention. Il traitait
de la véritable histoire du Champagne. (103)
Dans
cet ouvrage on apprend l’existence de l’abbaye
de Saint-Thierry juchée sur le Mont d’Or à
côté de Reims.
Abbaye
de Saint-Thierry ( J.P.Bourreu )
Le
fondateur était Thierry dont la vie fut étroitement
liée à celle de Saint Rémi, évêque
de Reims.
Ce
dernier aida le jeune Thierry à sortir de l’emprise
d’une femme qui le harcelait sexuellement.
Même
si ses débuts dans la vie civile avaient été
peu recommandables, Thierry sut très vite , avec l’assistance
de Rémi, s’orienter vers une vie plus sacerdotale.
Ce
monastère, comme ses voisins, participa à la
croissance du vignoble champenois.
On
dit même que c’est dans son enceinte qu’un
moine serait à l’origine de la rédaction
en 1718 du fameux traité:
«
Manière de cultiver la vigne, de faire le vin en Champagne
»
C’est
à partir de ce fameux traité que le frère
Oudart et Dom Pérignon ( de l‘abbaye d‘Hautvillers
), ont été à l’origine des essais
fructueux de la champagnisation des vins locaux.
Mais
en 1778, afin de subvenir aux besoins de l’abbaye de
Saint-Rémi à Reims, l’archevêque
de Reims, obtint la démolition de l’abbaye de
Saint-Thierry.
Richement
documenté, l’ouvrage de Fernand Woutaz rétablit
les faits historiques et confirme que grâce à
ses confrères d’autrefois, depuis Saint Thierry
jusqu’au célèbre chanoine Godinot, Dom
Pérignon peut être considéré aujourd’hui
comme le plus grand bienfaiteur de l’humanité.
Qu’il
soit ici honoré au plus haut, car si Thierry a bénéficié
de la sanctification malgré une histoire personnelle
quelque peu répréhensible, Dom Pérignon,
méritait d’être nommé le Pape du
Champagne, en tous les cas le Nobel des vins pétillants
à moins que….. (voir le 31 décembre ).
183/2
Juillet
LA
CONSÉCRATION DU CHÂTEAU L’ANGÉLUS.
Cela
devait se situer au tout début de l’été
1994 , nous nous trouvions à séjourner 24h dans
la propriété des Boüard de Laforest , grâce
à un ancien collègue professionnel, cousin de
Hubert de Boüard.
Cette
occasion inespérée nous plongea dans un univers
des plus accueillants et des plus respectueux.
A
l’époque, lors de la visite des chais, on attira
notre attention sur les qualités d’exceptionnel
expert qu’était Hubert, lequel venait de reprendre
les rênes de la propriété. Il s’est
intéressé tout spécialement aux procédés
de fermentation. Son secret s’exprimait dans les chais
et non dans les vignes. Robert Parker ne s‘y est pas
trompé en parlant de l’Angélus, il annonçait
à l’Angélus à cette époque
un avenir prometteur.
Nous
avons appris que de l’année catastrophique de
1992 l’Angélus s’est bien sorti, grâce
à la ténacité du jeune propriétaire.
Ne dit-on pas : « c’est dans les années
médiocres, que l’on reconnaît le bon vigneron
»
Au
cours de la soirée, en présence des parents
de Boüard, un simple dîner se déroulait
en compagnie d’une série de bouteilles qui nous
plongea ensuite dans un sommeil lourd et profond, d‘où
l’on percevait dans l’ inconscient du moment le
son lointain du carillon de l‘angélus.
Cette
visite reste gravée dans notre mémoire d’où
cette évocation le jour de la Visitation, fêtée
le 2 juillet.
Depuis,
l’Angélus a poursuivi son ascension, pour connaître
la consécration suprême en 1996. Le Château
Angélus est devenu un « premier cru classé
B ».
Après
10 ans, pourra-t-on confirmer le classement de l’Angélus
2006 au sommet des Saint-Emilion ? C’est ce que nous
lui souhaitons de tout coeur.
Hubert
de Boüard de Forest
Photo:
Revue des vins de France, janvier 1997
184/3
Juillet
VOLTAIRE
ET L’AMOUR PARTAGE ENTRE CORTON ET LA BELLE.
Dans
une lettre datée du 3 juillet 1759, Voltaire écrivait
à Madame Le Bault pour rendre hommage au métier
de vigneron en ces termes :
«
Vous voudrez bien que je vous supplie de permettre que je
paie les ceps et la peine de ceux qui les auront plantés.
Il est bien doux de s’occuper de ces amusements, tandis
qu’on s’égorge sur terre et sur mer, que
l’Allemagne s’épuise de sang et la France
d’argent. »
Cette
évocation épistolaire est là pour nous
rappeler que Voltaire était un fin dégustateur
de vin.
Ne
voilà-t-il pas qu’il s’amourache d’un
cru bourguignon, en l’occurrence un Corton ?
C’est
par le truchement de son médecin, Tronchin de Genève
qu’il découvrit la propriété des
Le Bault au Château de Corton Grancey. Aussitôt
Voltaire de s’exprimer: « Je ne puis souffrir
d’autres vins que le vôtre », en s’adressant
à Madame Le Bault qu’il surnommait « Madame
la Belle ». En réalité, voilà Voltaire
doublement amoureux.
La
beauté de la dame ne fait pas de doute comme le démontre
le portrait peint par Greuse en août 1755 .

Mme
Le Bault , pastel de Greuze ( dans Corton, Claude Chapuis,
Grand Bernard )
Voltaire
n’a pas eu auprès de « La Belle »
le succès escompté. Il dut donc se contenter
des produits de sa vigne qu’elle lui prodiguait à
raison de quatre pièces de vin par an..
Voltaire
nous confie par ailleurs qu’il aimait servir à
ses convives à Ferney surtout des Beaujolais, et préférait
boire en cachette les Bourgognes dont le Corton en particulier.
Et
nous conclurons cette évocation par un constat qu’il
est plus facile d’être philosophe que vigneron.
«
Vous faites de moi un petit Noé. Grâce à
vos bontés, je plante des vignes dans ma vieillesse
» écrivait-il à Mme Le Bault et d’ajouter
: « Je sais bien qu’il est ridicule de planter
à mon âge, mais quelqu’un boira un jour
le vin de mes vignes et cela me suffit ». (104)
185/4 Juillet
LES
VINS D’ANJOU ET SAINT FLORENT.
Même
si l’évocation de Saint Florent, notre saint
du jour nous conduit à Cahors, dont il fut le premier
évêque au IVe siècle, c’est sur
les bords de la Loire que nous allons nous arrêter.
Et ce pour deux raisons.
D’abord
pour découvrir le merveilleux village de Saint-Florent
sur la route entre Tours et Nantes.
L’origine
de ce lieu, érigé sur le mont Glone remonte
aux celtes. Puis fut construite une abbaye sous l’égide
de Charlemagne, dirigée ensuite par un certain Florent
disciple de l’évêque de Tours, Saint Martin.
Saint-Florent
produit aujourd’hui ce mono-cépage incontournable
pour le secteur, à savoir le Cabernet.
Le
4 juillet 1937 ( il y a 70 ans ), avait lieu la fête
nationale des vins de France à Angers.
A
cette occasion, le Président Albert Lebrun se déplaça
en personne en Anjou. Il visita entre autres le fameux coteau
du Layon ainsi que les vignes de Savennières. Il lui
fut donné l’occasion de vanter naturellement
les vins de Loire dont ceux d’Anjou, qui allaient désormais
rayonner dans le monde entier. C’est ainsi que les vins
de Loire connurent grâce à cette foire prestigieuse
et grâce au soutien présidentiel une réputation
universelle.
Guy
Jacquemont nous précise dans son « Grand livre
des vins de Loire, (105) « au même moment,
avait lieu à Paris, en présence du célèbre
gastronome Curnonsky, le 152e dîner du vin d’Anjou
»
Saint-Hilaire
sur les bords de la Loire
186/5
Juillet
DE
LA TENTATION D’ANTOINE A LA GUÉRISON.
Ci
dessous une reproduction du tableau de Jérôme
Bosch exposé au musée de Lisbonne, représentant
Saint Antoine et la coupe de vin,
Mais
il y a aussi Saint Antoine le guérisseur, celui à
qui l’on attribue la guérison d’un porcelet
dépourvu d’yeux et de pattes. On dit qu’il
avait le don de guérir les gens atteints de la maladie
du pain de seigle ergoté qui conduisait au dessèchement
des extrémités des membres ( on appelait également
cette affection, le feu sacré ou feu de Saint-Antoine
)
Le
remède proposé était de se frictionner
avec de la graisse de porc mélangée à
du vin. Cette association ne pouvait convenir que dans la
sphère chrétienne des croyants de l’époque.
Lorsque
aujourd’hui, on évoque encore Saint Antoine,
c’est pour ne pas être victime de tel ou tel oubli,
surtout lorsque le vin est un peu trop monté à
la tête.
(
anniversaire officiel du 5 juillet : Antoine Marie de Zaccaria,
fondateur de l’ordre de Barnabites )
Saint
Antoine soigne ses frères malades. Chapelle Saint-
Antoine-de-Clans (Alpes Maritimes) Photo Michel Graniou
187/6
Juillet
LE
VIGNOBLE VICTIME AUSSI DE MALADIES.
Une
nature aussi précieuse et aussi nourricière
n’échappe pas aux attaques maléfiques
et parfois destructrices. Là où se développe
le beau et le bien, le mal n’est pas loin. A l’homme
de consacrer toute son énergie de génération
en génération pour combattre les maladies de
l’homme bien sûr, mais aussi celles des plantes.
En
l’occurrence, la vigne connaît un nombre impressionnant
de destructeurs, y compris ces virus qui gagnent soit le cep,
soit les feuilles, soit le fruit lui même.
Des
livres spécialisés proposent aux vignerons les
explications et les remèdes qui peuvent être
administrés par leurs propres soins, mais il y a aussi
la possibilité de faire appel à des campagnes
nationales ou régionales comme ce fut le cas lors de
la grande crise phylloxérique de 1870 à 1900,
(
une guerre de trente ans que Gilbert Garrier a analysé
dans un excellent ouvrage )(106)
On
distingue plusieurs catégories de maladies:
Les maladies cryptogamiques ( oïdium, mildiou, anthracnose,
black rot, rot blanc, pourridié, mélanose et
cotis )
Les maladies causées par les insectes (hannetons, charançons,
chrysomèles, sgribouris, altises, grands rongeurs,
criquets voyageurs, cochenilles, bombyx, noctuelles, pyrale,s
cochylis, calories ), et la plus connue: le phylloxéra
Les maladies causées par les arachnides et les mollusques
( ergonomes, escargots des vignes, limaces rouges) ,
Les maladies ou accidents climatiques ( chlorose, broussin,
gelée, grêle, vents violents, coulure, millerandage,
échaudage, pourriture… )
Publicité datant de 1912
Les
vignerons ont donc recours à des procédés
multiples pour se préserver de tels malheurs….
Procédés
qui font appel à des techniques agricoles de traitement
par pulvérisation surtout, par engrais protecteurs,
par adaptation des cépages aux terrains.
Procédés
plus confidentiels qui relèvent des transmissions généalogiques
Procédés
enfin plus surnaturels qui font appel à des opérations
d’incantation, d’appel à protection divine,
ou de mise sous la protection d’un saint local ou plus
universel.
Aujourd’hui
le viticulteur s’en remet surtout à ses connaissances
techniques et à ses assureurs.
Les
annales officielles viticoles, les récits locaux, les
archives des contrées viticoles nous fournissent une
profusion d’exemples et d’évènements
qui illustrent parfaitement la fragilité de la vigne
et les risques qu’elle doit affronter pour donner naissance
à un raisin des plus sains.
Citons
à titre d’exemple l’apparition survenue
le 6 juillet 1873, dans un petit village de l’Hérault,
appelé Saint-Bauzille. La Vierge serait apparue à
un jeune vigneron de 32 ans, Auguste Arnaud , annonçant
l’arrivée du phylloxéra et regrettant
que les vignerons aient abandonné Saint Bauzille. S’en
suivirent, processions et fêtes votives, jusqu’au
moment ou malheureusement tout le vignoble fut tout de même
envahi par le prédateur.
Vigne
abandonnée, raisins disséminés!
Raisin
sain, saint vin !
188/7
Juillet
RAOUL
ET LA POÉSIE, RAOUL ET LA PEINTURE, POUR TOUT LEUR
SAOUL.
L’évocation
de deux célébrités qui comme beaucoup
de créateurs artistiques, ne purent s’empêcher
d’honorer le vin a soulevé notre attention sur
le prénom de Raoul.
Les
dates qui se succèdent nous apportent de nombreux exemples,
et notre calendrier tient à honorer ces célébrités
du monde des arts.
Littérature,
et peinture entre autres.
C’est
ce que nous avons voulu illustrer avec nos deux personnages
prénommés Raoul:
L’écrivain
Pochon et le peintre Dufy.
Pour
souligner leur dévotion bachique, nous avons retenu
deux créations.
Celle
de l’écriture par cette magnifique ode au vin
intitulée: « l’Or du Vin » que l’on
découvre dans le truculent et unique ouvrage de Raoul
Ponchon, « la Muse au cabaret » (108)
Quant
à la peinture, et spécialement à Raoul
Dufy illustrateur d’un ouvrage consacré à
la santé par le vin (145) , nous garderons le souvenir
de cette magnifique aquarelle conservée au Musée
des Beaux Arts de Nice représentant une scène
des vendanges
Les vendanges, par Raoul Dufy 1877-1953
189/8
Juillet
Où
SONT LES VINS DE SAINT THIBAUT ?
Que
l’on écrive Thibaut, Thiébaut, Théobald,
Thibault, Thibeaud…. C’est pour nous une seule
référence qui a pour trait commun la vigne et
le vin.
Saint
Thibaut
La
seule référence religieuse trouvée est
celle de Saint Thibaut, abbé des Vaux de Cernay qui
à la demande de Saint Louis, supplia la divinité
de rompre la stérilité du couple royal. On retrouve
dans ce fait les vertus providentielles dévolues à
la vigne source de fécondité. Vigne qui par
ailleurs est l’essence même du pouvoir divin.
Nous sommes au début du XIIème siècle.
Saint
Thiébaut
A
Thann ( Haut-Rhin ), la Vierge et Saint Thiébaut se
partageaient le patronage viticole. On a raconté que,
au Moyen Âge, à l’érection de la
chapelle de Saint-Thiébaut, la récolte du vin
fut tellement abondante qu’on se servit pour fabriquer
la chaux, de vin à la place d’eau et que Saint
Thiébaut, probablement à la suite de cette affaire,
fut invoqué comme patron des vignerons . ( 109 ).
Saint
Théobald
Ce
nom soutenant le grand crû du Rangen ( sur les contreforts
de Thann ) fut donné par la cave de Bernard Schoffit,
vigneron à Colmar.
Ce
vin est référencé à juste titre
depuis de nombreuses années dans le Guide Hachette
des vins.
Saint-Thibault
Nom
donné à la première société
d’entraide de Bourgogne pour les vignerons en difficulté.
L’histoire
locale nous raconte que la première de ces sociétés
est née à Pommard en 1668 et qu’elle serait
la prolongation de la confrérie du Saint Sacrement
crée au XIIIe siècle.
Cette
société d’entraide fait obligation à
ses membres, vignerons d’une même commune, d’assurer
le travail des vignes d’un confrère malade ou
décédé dans l’année.
Entre
1882 et 1994, Pommard connut deux confréries pour cause
de querelle religieuse:
Saint-Thibault:
la catholique
L’Union
: la laïque
En
1969, un banquet commun réuni les deux sociétés.
Elles fusionnent en 1994. Cependant la nouvelle société
commune garde deux drapeaux, le bleu, blanc, rouge +RF ( pour
l’ex-Union ) et bordeaux + la croix ( pour l’ex-catholique
). Comme quoi toute fusion n’annihile jamais l’origine
culturelle ou confessionnelle.(110)
Thibeaud
Il
s’agit sous ce nom de nommer le château Thibeaud
Maillet géré par Andrée et Roger Duroux,
charmant couple rencontré au Salon des caves particulières
de la porte de Champerret en décembre 1995.
Un
Pomerol plus que recommandable !
Thibaut
Le
prénom de notre fils à qui est dédié
cette journée chaleureuse en proposant un verre de
vin du Berry originaire de Saint-Thibault
Village
de Saint-Thibaut en Côte d’Or (photo M. Heimermann)
190/9
Juillet
LA
FORMATION VITICOLE AU CHÂTEAU.
On
comprend que la communauté des vignerons se plie à
la nécessité de garder un niveau de connaissances
et donc de compétences pour faire face à la
technicité évolutive et de la viticulture et
de la viniculture. Comme pour tout métier, il faut
à l’évidence se former et donc assister
à des stages, cours , conférences ou journées
techniques organisés par divers organismes.
Que
cela soit à l’initiative d’un syndicat
viticole, ou d’une grande Maison de vin, voire de l’université,
le vigneron ne peut se contenter de sa seule expérience.
Pour
exemple, ce programme très orienté sur les phytosanitaires
présenté par une entreprise qui par son enseignement
tente d’apporter les informations nécessaires
à l’exercice du métier de vigneron, mais
aussi à profiter de l’occasion de ces rencontres
pour démarcher commercialement leurs interlocuteurs
en proposant qui des produits, qui du matériel, qui
de l’assistance technique.
Tel
fut le but de la :
7ème
Journée PHYTOMIEUX
Qui
s’est déroulée au
Château
Grand Rigaud
Puisseguin 33
le
9 juillet 2004
Le
programme de cette journée comportait les thèmes
suivants :
Comment bien utiliser son pulvérisateur?
Comment éviter que les produits de traitement ne dérivent
dans l'eau, le sol ou l’atmosphère ?
Que faire des fonds de cuve et des déchets phytosanitaires
?
Quels sont les risques pour les utilisateurs et comment s'en
protéger ?
Quelles sont les évolutions de la réglementation
?
Les
différents thèmes étaient illustrés
par des exercices pratiques.
191/10
Juillet
EN
DIRECTION DE SAINT ULRICH EN PASSANT PAR LES VIGNES.
C’est
aussi la fête de Sainte Félicité
qui marque le meilleur jour de l’été !
Saint
Ulrich ancien révérend de l’abbaye de
Cluny a surtout vécu en Allemagne.
On
trouve également en France des lieux portant son nom,
et plus particulièrement en Alsace .
On
peut citer tout particulièrement la petite vallée
de Saint-Ulrich qui débouche sur les magnifiques vignobles
du Kirchberg et de l’Altenberg, deux grands crûs
qui font la renommée de la capitale des vins d‘Alsace
du Bas-Rhin, Barr.
Il
y a également le Château Saint-Ulrich, l’un
des trois châteaux de Ribeauvillé. On y accède
par le sentier du GR5 en traversant encore une fois deux autres
célèbres vignobles grands crûs : le Geisberg
et le Kirchberg.( Haut Rhin )
La
jeune fille au verre de vin. Braunschweig, Herzog Anton
Ulrich Museum . 78 x 67 cm. v.1662.
192/11
Juillet
LA
RÈGLE DE SAINT BENOÎT ET LES VINS.
Vie
de Saint Benoît par Saint Grégoire, Pape.
Chapitre
XVIII : Le recel de la fiasque de vin.
«
A une certaine époque, notre brave Exhilaratus (c.à.d.
"Réjoui"), que tu as connu après sa
conversion, avait été envoyé par son
maître afin d'apporter du vin à l'homme de Dieu
pour le monastère : il y en avait, pleins, deux de
ces petits récipients en bois qu'on appelle plus communément
fiasques. Il en apporta un, mais il cacha le second en cours
de route. Quant à l'homme de Dieu à qui l'on
ne pouvait dissimuler les faits commis en son absence, il
reçut le premier avec action de grâce et il lança
cet avertissement au garçon qui s'éloignait
: « Regarde bien, fils, ne bois pas tout de suite de
ce flacon que tu as caché, mais penche-le avec prudence,
et tu trouves ce qu'il y a dedans. » Couvert de confusion,
il sortit de chez l'homme de Dieu et, revenu à cet
endroit, voulant vérifier ce qu'il avait entendu, comme
il penchait la fiasque, il en sortit aussitôt un serpent.
Alors ce jeune Exhilaratus, impressionné par ce qu'il
découvrit dans le vin, fut effrayé du mal qu'il
avait commis ».

Dans
la fameuse Règle de Saint Benoît on peut relever
les différents extraits suivants:
Règle10
Le
lecteur de semaine boit du vin mélangé avec
de l’eau, avant de commencer la lecture. Il fait ainsi
à cause de la sainte communion, et pour que le jeûne
ne soit pas trop fatigant.
Règle
40.
La boisson
1
« Chacun reçoit de Dieu un don particulier :
l'un celui-ci, et l'autre celui-là » (1 Corinthiens
7, 7).
2
C'est pourquoi nous hésitons un peu à fixer
la quantité de nourriture et de boisson pour les autres.
3
Pourtant, à cause de l'infirmité de ceux qui
sont faibles, nous pensons qu'une hémine de vin suffit
à chaque frère pour la journée.
4
Mais, à certains, Dieu donne la force de s'en priver.
Ceux-là doivent le savoir, ils recevront pour cela
une récompense spéciale.
5 Quand on a besoin de boire davantage de vin à cause
de l'endroit où l'on est, à cause du travail
ou de la chaleur de l'été, le supérieur
décide d'en donner plus. Mais, en tout cas, il fait
attention à ceci : les moines ne boiront pas trop de
vin et ils ne deviendront jamais ivres.
6
Pourtant, voici ce que nous lisons : « Le vin n'est
absolument pas fait pour les moines. » Mais, aujourd'hui,
on ne peut pas les convaincre de cette vérité.
Alors, mettons-nous d'accord au moins pour dire : il ne faut
pas en boire trop, mais avec mesure.
7
En effet, « à cause du vin, même les sages
peuvent abandonner Dieu » (Siracide 19, 2).
8
Quelquefois, l'endroit est tellement pauvre qu'on ne peut
même pas trouver la quantité de vin fixée
plus haut. On en trouve beaucoup moins ou pas du tout. Alors
les moines qui vivent là, béniront Dieu au lieu
de murmurer.
9
Oui, avant tout, voici ce que nous recommandons : que les
moines ne murmurent jamais !
Ma
modeste recommandation, pour vous consommateurs avertis, ne
s’éloignera pas beaucoup de la règle de
Saint Benoît, à savoir:
Le
vin est d’abord fait pour tous ceux qui l’apprécient
parce que jamais ils n’en abuseront.
193/12
Juillet
LE
CHÂTEAU OLIVIER OU LE CHÂTEAU DES OLIVIERS.
Château
Olivier est un grand cru classé des Graves et sans
doute parmi les meilleurs blancs.
Ce
château est une histoire de famille qui a commencé
au XIIè siècle avec la visite régulière
du Prince Noir.
Mais
c’est en 1663, que Marie de Lasserre, fille du seigneur
d’Olivier, épouse Pierre Pernel, baron de la
Brède, et lui apporte Olivier en dot. Sa fille unique
épousa messire Jacques de Secondat, baron de Montesquieu.
Depuis
1886, le domaine appartient à une vieille famille bordelaise,
la famille de Bethmann qui exploite le célèbre
vignoble du château Olivier.

En
1994, la famille de Bethmann eut l’idée d’un
second vin blanc qu’il nomma « Histoire d’O
». Vin aussi appréciable que celui du Château
Olivier.
Cette
histoire d’O nous permet de faire la transition avec
une autre histoire objet d’une saga télévisée
qui
s’intitulait : Le château des Oliviers et dont
la synopsis du feuilleton se résume ainsi:
«
Cet été, comme tous les étés,
Estelle ( Brigitte Fossey ) retrouve la vieille maison et
les siens pour fêter l'arrivée de la belle saison.
Mais cet été, elle a décidé de
rendre aux Oliviers l'honneur et la splendeur d'autrefois.
Elle veut refaire le vin qui fut jadis la gloire des Laborie.
Elle ne sait pas que la destruction du domaine vient d'être
programmée. Le Château sera rasé puis
englouti sous les eaux d'un lac artificiel. Ce qu'elle prend
d'abord pour une opération immobilière est en
réalité une vengeance longuement mûrie.
Le passé va remonter à la surface, bouleversant
Estelle, mais aussi la révélant à elle-même.
Aidée par l'amour de la terre, par l'amour des siens
et par l'amour d'un homme, Estelle va-t-elle gagner en défendant
ses racines contre l'argent, le pouvoir et le béton
? ».
Vin
et Olivier font bon ménage si l’eau ne les noie
pas .
194/13
Juillet
HENRI
LE SORCIER DES VIGNES ET DU VIN FOU.
Notre
histoire de France et celle de nos vins furent marquées
à plusieurs reprises par d’agréables associations
entre certains personnages au prénom d’ Henri
et le monde du vin.
Il
fallait choisir entre plusieurs Henri: Henri d’Angelli
et sa Bataille des vins ou Henri IV ou Henri Vincenot l’écrivain
du terroir bourguignon etc… Nous avons retenu Henri
Maire.
Ce
personnage haut en couleur, a marqué le monde viticole
par le succès de son rayonnement commercial; Henri
Maire est devenu un leader régional comme d’autres
:
En
Bordelais : la Maison Magrez
En
Bourgogne : la Maison Boisset
En
Beaujolais : la Maison Dubeuf .
Henri
Maire c’est l’histoire du vin, celle du Jura,
celle d’Arbois, celle du Vin Fou, celle des deux tonneaux.
C’est le pionnier de l’intégration globale
(de la vigne au consommateur).
Voilà
ce que nous relate la présentation de Sa Maison:
1632
: un document officiel atteste qu'un MAIRE possède
une vigne et une cave en Arbois.
Ces
quelques arpents se transmettent de génération
en génération et, trois siècles plus
tard, en 1939, le jeune Henri MAIRE reçoit en héritage
la modeste propriété familiale.
Il
a 22 ans. Passionné par les vins du Jura, il décide
de les faire connaître à la France entière.
Et pour s'en donner les moyens, il accroît ses propriétés,
jusqu'à devenir avec 300 ha en production le plus important
propriétaire du Jura et même l'un des plus importants
de France.
En
1954, il fait construire à Boichailles, au coeur même
de ses domaines, des installations modernes et fonctionnelles
: tout y est regroupé, de la réception des vendanges
à l'expédition des bouteilles.
Aujourd'hui,
HENRI MAIRE compte 800 000 clients, 350 Conseillers qui sur
toute la France rencontrent leurs clients à domicile
ou les reçoivent en Foire, près de 200 personnes
travaillant à Boichailles, dont environ 50 cavistes
et autant de vignerons.
C'est
aussi une gamme magnifique et des vins régulièrement
primés dans les concours régionaux, nationaux
et internationaux - plus de 200 médailles d'or à
ce jour.
Et
c'est enfin toujours une entreprise familiale dont les enfants
d'Henri MAIRE, Henri-Michel et Marie-Christine, assurent la
pérennité.
En
1984, date à laquelle commença ma rencontre
approfondie avec le vin, Henri Maire publiait sa première
lettre :
« Henri Maire Les nouvelles ».

Il
utilisait en avant première tous les leviers commerciaux
possibles (VPC, Foires, Commerciaux,...) Si le Jura connut
un développement viticole, il le doit à Henri
Maire.
195/14
Juillet
QUAND
LE VIN PRIT LA BASTILLE.
Il
n’y a pas que la version classique des manuels d’histoire
(la révolution du peuple contre l’absolutisme
royal) pour nous relater le 14
juillet 1789 et le soulèvement de Paris
et la prise de la Bastille.
Il
y a aussi une version plus mercantile, celle de l’émeute
des cabaretiers et pinardiers contre l’oppression fiscale.
On
sait que la région parisienne était à
cette époque une grande productrice de vins aux débouchés
prometteurs. L’Etat y trouvait là un moyen de
s’enrichir grâce à la mise en place des
barrières fiscales, sous la forme de guérites
placées aux entrées principales de la capitale.
Malheureusement, avec une infrastructure vieillissante et
un agrandissement rapide des limites de Paris, ces postes
de contrôles douaniers devenaient de plus en plus vulnérables
et en tous les cas, étaient le prétexte de tous
les contournements et fraudes possibles. A titre d’exemple,
on a vu s’ériger ou s’équiper le
long de la dite « frontière » des guinguettes
et des tavernes sur la limite interne de Paris ( zone exonérée
de taxe sur les vins ) pour bénéficier des approvisionnements
de proximité, que ce soit « sous le manteau »
par les airs
(Ballons
!) ou sous terre ( tuyaux !).
Devant
cette débauche d’incivilité, le roi Louis
XVI ordonna en 1784 de reculer les barrières et d’en
matérialiser le tracé par une véritable
enceinte appelé « le mur des Fermiers Généraux
».
Les
travaux commençaient à s’achever lorsqu’en
janvier 1789, un nombre important de débitants de vin,
se constituèrent en force d’opposition et ce
devant notaire, pour faire comprendre à la Cour que
l’on se dirigeait vers la ruine de la profession des
marchands de vin.
«
Le mur murant Paris rend Paris murmurant » nous
rapporte l’histoire. Des attaques en règle contre
les agents du fisc, des révoltes de quartier commençaient
à se multiplier ajoutant à la situation catastrophique
dans laquelle vivait le peuple de Paris.
Citoyens
chantant « l’hymne du Marseillais » des
frères Lesueur (Lauros Giraud)
Le
11 juillet 1789 un dénommé Monnier, marchand
de vin et fraudeur notoire, prit la tête d’une
bande armée et incendia la barrière Blanche,
située vers la Gare Saint-Lazare. Puis les jours suivants,
l’émeute gagna les quartiers du nord et de l’est
de la capitale. La rumeur indiquait que des armes étaient
accessibles à la Bastille et c’est ainsi que
le 14 juillet 1789, le peuple prit d’assaut la Bastille,
massacra la garnison. La tête du gouverneur de Launay
fut brandie à bout de lance et c’est aux cris
de « Révolution » et le tout fortement
arrosé de piquette rouge ( couleur de circonstance
) que Paris s’embrasa de joie et s’enivra de vins.
PS:
A l’initiative du citoyen Bettane, la revue du vin de
France publia en 1989, pour le bicentenaire: « La déclaration
des droits du Vin, du Buveur, du Vigneron et de la Presse.
»! (Voir annexe)
196/15
Juillet
DE
LA MONTAGNE AU VIGNOBLE
La
Corrèze n’occupe pas une place particulière
dans la liste des contrées viticoles. Et pourtant,
dans cette région montagneuse, on a pu assister à
une conversion étonnante des habitants de la Haute-
Corrèze, (région de Meymac), qui, depuis le
XIXe siècle ont trouvé l’hiver du travail
dans le Libournais ou le Bordelais au sein de diverses propriétés
viticoles.
Au
cours des années qui suivirent ces activités
liées à la vigne furent en réelle régression
et certains de ces migrants limousins eurent l’heureuse
initiative de se convertir en commis voyageurs en vins de
Bordeaux.
Ils
sillonnèrent ainsi toutes les régions du nord
de la France ainsi que l’est, allant même jusqu’en
Belgique. Parmi ces simples courtiers de l’époque,
certains purent acquérir des vignobles dont ils s’étaient
faits les ambassadeurs émérites.
Le
document daté du 15 juillet 1976 reproduit ci-dessus
témoigne de cette aventure originale. (111)
C’est
aussi la rencontre du châtaigner et du verre de vin
de Bordeaux qui symbolise de façon imagée et
en chanson les fondements du « Groupement amical des
Corréziens de Bordeaux et de la Région »,
à la Maison du Terroir, 42 allée d’Orléans,
33000 Bordeaux.
197/16 Juillet
CAPUS
REVIENS, L’INAO NE VA PAS BIEN !
Il
y a 60 ans, le 16 juillet 1947, naissait l’INAO (Institut
National des Appellations d’Origine) l’institut
phare de la viticulture française.
C’est
grâce aux initiatives respectives du baron Leroy de
Boiseaumarié en 1929 (voir 28 juin), puis du sénateur
Joseph Capus qui institua le Comité national des vins
de France en juillet 1935, qu’apparurent les premières
AOC à partir de 1936.
Nul
ne contestera la légitimité d’un tel organisme
pour encadrer les éventuelles dérives des productions
locales de vin.
Cet
organisme avant l’heure labellisait les vins qui pouvaient
être reconnus comme devant répondre « aux
normes de l’Institut » et ainsi bénéficier
d’un contrôle de qualité. Or, il s’agissait
plus d’un contrôle de la production en volume
et en surface, que d’un contrôle du produit lui-même
qui était laissé à la sagacité
(*) très subjective de juges souvent partiaux.
C’est
Guy Renvoisé , le premier qui nous donna l’occasion
de mettre derrière ce sigle de quatre lettres les éléments
de compréhension de cet organisme qui n’a jamais
fait l’objet d’une étude approfondie .
Dans
son tout dernier ouvrage (112), il nous refait le point, sans
complaisance, de ce qu’il appelle les vicissitudes de
cet organisme passablement décrié malgré
la bonne volonté de ses derniers dirigeants.
Rappelons
que pour bénéficier de l’AOC, les vins
qui méritent l’appellation d’origine doivent
répondre à un certain nombre de critères:
- Être
issus d’une zone délimitée constituée
par un ensemble de terroirs situés à l’intérieur
d’une zone géographique.
-
Provenir d’un encépagement spécifique
- Ne
pas dépasser le rendement maximal imposé
- Titrer
avant tout enrichissement, un degré maximal et degré
minimal
- Provenir
de vignes taillées selon un mode obligatoire
- Être
élaborés en se conformant aux modes de vinification
imposés….
Derrière
Guy Renvoisé, Michel Dovaz, Michel Bettanne et Chantal
Lecouty, experts en vin et œnologues se demandent encore
si l’INAO est destiné à défendre
les producteurs, et donc les grandes corporations vigneronnes
ou tout simplement les consommateurs qui demandent des produits
de qualité échappant à toute facilité
commerciale.
Aujourd’hui
malheureusement cette noble institution que beaucoup de pays
nous envient, se bureaucratise, et n’accompagne plus
suffisamment les évolutions des terroirs. Elle se perd
dans les lourdeurs de sa réglementation…
Puisse
l’INAO entamer sa révolution ou en tous les cas
son adaptation à la nécessaire évolution
du monde viticole.
(*)
Sagacité vient du mot « sagax » qui signifie
: a l’odorat subtil !
198/17
Juillet
LA
BOURGEOISE CAROLINE TOUTE CRU (E).
Extrait
de la note mensuelle du Savour Club N° 202. Année
1995
Caroline
encartonnée en 3 magnums était proposée
pour 297 F ! (45€)
199/18
Juillet
FRÉDÉRIC
ET LE ROSSIGNOL DES VIGNES.
Ci dessous la reproduction de la chanson écrite par
Frédéric Mistral intitulée « Lou
grippo Roussignou » (113)
200/19
juillet
UNE
CAVE IDEALE AUX DEUX CENT BOUTEILLES
Du
fait de lieux de résidences successifs, nous n’avons
jamais eu de véritable cave permettant de stocker,
voire de collectionner dans les meilleures conditions des
vins dégustés au cours de périples dans
les vignobles français. C’est peut être
pour cette raison que nous nous sommes orientés vers
la collection, non pas des bouteilles de vin mais des livres
sur le vin.
Vouloir
déguster régulièrement de bons vins suppose
quatre conditions majeures : posséder un local enterré
adéquat , s’approvisionner directement chez le
producteur, avoir quelques moyens financiers, et savoir connaître
et apprécier personnellement le vin.
Ne
pouvant répondre dans sa globalité à
ce postulat, nous vous proposons de réaliser la cave
idéale.
En
s’appuyant sur le principe de notre calendrier et tenant
compte de la date de ce jour, 200 bouteilles
( car nous sommes le 200ème jour
) ont été sélectionnées
dans les quatre types de vin: rouge, blanc, rosé et
champagne
(
jeudi, quatrième jour de la semaine
).
Nous
avons retenu 19 caves ( nous sommes
le 19 juillet ) et 7 grands vins ( juillet le 7ème
mois )
Le
tableau ci dessous donne la composition de cette cave, dont
le choix des vins répond à nos goûts et
se veut représentatif d’un bon rapport qualité/prix,
avec une couverture des principales régions viticoles,
et des bouteilles en quantités suffisantes pour être
bues sur un cycle annuel. Les 19 vins ont été
répartis par cartons de 12 ou 6 soit 183 bouteilles
à consommer à raison de 3,5 bouteilles en moyenne
par semaine sur 52 semaines auxquelles s’ajoutent les
15 bouteilles exceptionnelles à partager aux 5 grandes
occasions et deux bouteilles rares pour l’événement
surprise. Pour un coût total de 2007
€ (comme l’année 2007 ! )
| Région |
Type
de vin |
Coordonnées |
nbr |
€ |
| Alsace |
Gewurtztraminer |
Henri
Gsell à EGUISHEIM |
12 |
100 |
| Jura |
Etoile |
Château
de Quintigny , Cartaux Bougaud |
6 |
40 |
| Bourgogne |
Saint
Aubin |
Saint
Aubin 1er crû Jean Pierre Ponavoy à St Aubin |
12 |
120 |
| Bourgogne |
Givry |
Domaine
Ragot à Givry Poncet 71640 |
12 |
85 |
| Mâcon |
Saint
Véran |
Triboulet
Hubert et fils à Prissé 71960 |
6 |
40 |
| Côtes
du Rhône |
Rochegude |
Cave
coopérative de Rochegude, Crû Docteur Bardet |
12 |
75 |
| Côtes
du Rhône |
Cairanne |
Domaine
Marcel Richaud |
12 |
80 |
| Provence |
Côtes
du Ventoux |
Cave
Saint Marc à Caromb 84330 |
12 |
70 |
| Provence |
Côtes
de Provence |
Château
de Berne Marc Pétrequin à Lorgues 83510 |
6 |
55 |
| |
|
|
|
|
| Languedoc |
Minervois |
Château
la Livinière grand terroir 34210 |
6 |
|
| |
|
|
|
|
| Cahors |
Carte
noire |
Château
Saint Didier , Maison Rigal à Parnac4 6140 |
12 |
100 |
| Gaillac |
Rosé |
Vignoble
le Payssel , Louis Brun à Frauseilles 81170 |
12 |
85 |
| Bordeaux |
Graves |
Château
la Tour Bicheau, Yves Daubas à Portets 33640 |
12 |
110 |
| Bordeaux |
Médoc |
Château
Lafon , Lafon-Fauchey à Prignac 33340 |
12 |
150 |
| Bordeaux |
Pomerol |
Château
Belles-Graves , succ Théalet à Néac 33500 |
9 |
120 |
| Loire |
Sancerre |
Lucien
Crochet à Bué |
6 |
50 |
| Loire |
Chinon |
Côteaux
de Sonnay Bernard Baudry à Cravant 37500 |
6 |
30 |
| Beaujolais |
Chiroubles |
Domaine
E.Cheysson, Clos les Farges Chiroubles 69115 |
6 |
45 |
| Champagne |
Bouzy |
Bouzy
rouge de Paul Louis Martin Bouzy 51150 |
6 |
75 |
| Saint-
Emilion |
Château
Angélus |
1er
crû Château Angélus Saint Emilion |
3 |
150 |
| Bourgogne |
Puligny
Montrachet |
Puligny-Montrachet
1er crû de GeorgesMeney |
3 |
150 |
| Alsace |
Tokay
pinot gris |
Clos
Saint Théobald Rangen Bernard Schoffit Colmar 68000 |
3 |
70 |
| Champagne |
Perrier
Jouët |
Millésime
2001 à Epernay 51206 |
3 |
90 |
| Côte
Rôtie |
Hermitage
|
Marcel
Guigal à Ampuis 69200 |
3 |
60 |
| Jura |
Château
Chalon |
Vin
de garde de Jean Macle à Château- Chalon 39210 |
1 |
30 |
| Loire |
Coulée
de Serrant |
Château
de la Roche aux Moines à Savennières 49170 |
1 |
26 |
| |
|
|
|
|
Cette sélection est bien entendu à renouveler
chaque année, sachant que nous avons retenu des millésimes
entre 2000/2004
201/20
Juillet
LE
BOUQUET DE SAINTE-MARGUERITE.
De
la conversion de Sainte Marguerite d’Antioche à
cette belle histoire d’une reconversion, il n’y
avait qu’à faire le saut symbolique
Combien
ont eu le coup de foudre de la vigne et ainsi abandonné
la grisaille du bureau ou de l’usine pour une belle
parcelle de vignes aux couleurs arc en ciel.
Jean
Pierre Fayard est un de ces reconvertis. Parti des collines
du Forez, il gagna subitement les fôrets des Maures.
Ayant
acquis en 1977 une quinzaine d’hectares, il transforma
le domaine de Sainte-Marguerite pour produire aujourd’hui
des perles de vin.
Sainte
Marguerite est vénérée pour avoir dompté
la baleine comme Jonas, mais aussi en tant que perle (ou Margaritifera
: l’exploitation des perles de coquillage).
Ce
petit domaine devenu grand (25 hectares) produit des vins
provençaux gorgés de soleil. Mourvèdre
et Syrah faisant bon ménage offrent aux clients exigeants
des vins rosés, rouges et blancs de garde ou à
boire aussitôt sous la tonnelle parfumée.
A
deux pas de la mer, à l’est d’Hyères,
le Domaine de Sainte-Marguerite se situe à La Londe
et avoisine le Parc des Oiseaux.
C’est
un enchantement.
Soyez
assuré que le patron des lieux, qui soigne ses vins
sous les conseils avisés de l’œnologue local
Richard Bertin, est un éleveur hors pair.
Porter
le nom de Marguerite pour un domaine viticole, en cette journée
d’été, c’est vouloir offrir des
bouteilles de Sainte-Marguerite comme on offre un bouquet
!
Photo
Marc Heimermann
202/21
Juillet
LA
COTE DE SAINT VICTOR OU SAINT- VICTOR- LA- COSTE.
Nous
sommes dans le Sud des Côtes du Rhône sur la rive
droite du grand fleuve. On quitte l’autoroute A7 pour
emprunter l’A9 pendant une dizaine de kilomètres.
Puis on quitte cette dernière après Rauquemaure
pour emprunter la N580 en direction du nord vers Bagnols-
sur -Cèze.
Nous
longeons successivement les deux grands crûs de cette
région que sont le Tavel et le Lirac pour atteindre
Saint-Laurent- des- Arbres (voir 10 août).
Ici,
la contrée vinicole n’a rien à voir avec
celle de la rive gauche du Rhône. Nous rencontrons des
secteurs rocailleux qui laissent peu d’espace à
la végétation hormis les nombreuses parcelles
de ceps noueux et sombres. Nous sommes dans le Gard et pourtant
les vins ne relèvent pas du Languedoc, ils se caractérisent
comme des Côtes du Rhône rouges à l‘exception
des appellations Tavel AOC rosé et Lirac AOC rouge.
Les
villages qui produisent d’excellents vins restent peu
connus et offrent des vins discrets et attractifs à
souhait. C’est le cas de notre petit village de Saint-Victor-la-Coste.
Loin des tumultes citadins, cette bourgade décline
des vins à l’instar de ceux de son aînée,
la commune de Laudun située à quelques 5 kilomètres
au nord. Les étiquettes des vins issus de la cave coopérative
de Saint-Victor portent d’ailleurs le nom de «
Côtes du Rhône villages, Laudun ».
Entre
Laudun, Orsan, Chusclan, Sabran, on s’y perd un peu.
Mais ce coin mérite d’être découvert
à pied pour mieux saisir le caractère paisible
de cette contrée éloignée des grands
axes de transhumance.
Une
découverte, ce sont les vins blancs qui peuvent prétendre
à la même cote que les blancs de Châteauneuf-du-Pape.
Afin
de découvrir un tel havre de paix et profiter de dégustations
victoriennes, une halte s’impose au Château de
Lascours; où de ravissantes chambres s’offrent
aux découvreurs assoiffés et fatigués.
Et pour les plaisirs de la table une subtile restauration
est proposée au restaurant des « Compagnons ».
203/22
Juillet
SAINTE
MADELEINE ENTRE ÉCRIVAINS ET VIGNERONS
Au
début des contreforts du Morvan se dresse sur la colline
éclairée, la célèbre basilique
Sainte-Madeleine-de-Vézelay.

Dans
ce deuxième lieu de pèlerinage de France, la
fête bat son plein en ce dimanche 22 juillet au sein
du petit village chargé d’une histoire à
la foi (s) religieuse, politique et culturelle.
Madeleine,
la pécheresse repentie quitta en barque la Terre Sainte
après avoir constaté la résurrection
du Christ. Elle débarqua à Marseille pour se
retirer nue dans une grotte du désert de la Sainte
Baume.
Ses
reliques furent ensuite transférées de la Sainte
Baume à la basilique de Saint- Maximin en Provence,
puis à Saint -Père- sous- Vézelay pour
enfin reposer en 878 dans la basilique éponyme, fondée
par les bénédictins.
La
colline de Vézelay inspire le pèlerin, l’écrivain
et le vigneron. Ici cohabitent dans une confrontation historique
nombre de célébrités.
Comment
ce lieu de forte dévotion pour Sainte Madeleine est-il
aujourd’hui le carrefour emblématique des chercheurs
d’inspiration, d’initiation, de dégustation,
de méditation, de réclusion voire de création
?
Sans
doute la géographie des lieux qui offre à la
fois : la retraite spirituelle aux croyants, les parcours
pédestres aux pèlerins, le repos calme aux écrivains,
et la terre généreuse aux vignerons. Vézelay
représente ainsi quatre domaines d‘attractivité:
La
Basilique Sainte-Madeleine.
C’est
du narthex en direction de la nef, que se découvre
la plénitude architecturale conciliant le roman de
l’entrée et le gothique du chœur. On aura
remarqué quelques rares allusions au vin et à
la vigne dans les nombreuses sculptures du tympan (taille
de la vigne, la vendange et un homme qui tient la coupe de
vin) et des chapiteaux du narthex (deux hommes mangeant du
raisin N°2 et grappe de Canaan N°14).
La
basilique de Sainte Madeleine a connu les rendez-vous célèbres
: Saint Bernard prêchant la croisade, Thomas Becket
priant avant son martyre, Philippe Auguste et Richard Cœur
de Lion pour rassembler leur troupes en partance pour Jérusalem,
le Roi Saint Louis et bien d’autres. (114)
Une
étape, vers Saint Jacques de Compostelle
Vézelay
c’est aussi l’un des quatre principaux points
de départ des sentiers de marche vers Saint- Jacques
de Compostelle, que l’on évoquera trois jours
plus tard le 25 juillet.
Ce
chemin, appelé via Lemovicensis emprunte tout particulièrement
les chemins des plus anciennes régions viticoles (Bourbonnais,
Sancerre, Berry, Bergerac, Montbazillac, Duras et Marmande,
en passant par Orthez et Saint Palais et Irouléguy)
pour ensuite franchir les Pyrénées. (115)
Un
village d’écrivains
Le
village de Vézelay c’est aussi le repos des guerriers
écrivains. Nombreux sont ceux qui ont choisi la montagne
éternelle pour reposer en paix. Sur cette colline inspirée,
le cimetière accueille au pied de la basilique : Max
Pol Fouchet, Georges Bataille, Maurice Clavel et le plus célèbre
du lieu : Jules Roy.
Ne
trouve-t-on pas aussi la plus petite maison d’édition
appelée « Or des étoiles » installée
depuis 1995 et animée par Laurent Hecquet. Vézelay
c’est la pensée littéraire, c’est
le monde imaginaire du livre rare ou élevé,
issu directement des anciens ouvrages mystiques et religieux.
Madeleine la Sainte, veille et inspire le souvenir.
Une
appellation viticole
Enfin
sur les pentes qui encerclent le lieu saint, des vignes ont
ressuscité à partir de 1975. Melon, Chardonnay
et Pinot noir donnent à ce lieu magique un label AOC
d’un bourgogne Vézelay aux notes acidulées
et fleuries.
C’est
à Asquin, commune voisine que l’élite
vigneronne s’exprime le mieux, sans omettre celle des
trois coteaux voisins que sont Saint-Père, Tharoiseau
et Vézelay. Au sein de celle ci, se distingue un jeune
couple viticulteur reconverti du livre au vin. Isabelle et
Patrick Georgelin, anciens libraires parisiens, qui gèrent
aujourd’hui le domaine des Faverelles.

vin Henri de Vezelay appelation
Saint-Père
Les
bouteilles bourguignonnes à la forme ventrue comme
la gourde du pèlerin, portent une étiquette
illustrée de la rose trémière, symbole
du pèlerinage de Saint Jacques.
La
messe est dite, le chemin est parcouru, le livre est refermé
et le vin est consommé. Madeleine laisse entrevoir
l’image de la facilité comme de la sérénité
et nous montre la direction de Saint Jacques.
Dans
ce lieu enchanteur et enchanté, il faut retenir que
vin et écriture exigent spiritualité et recueillement.
204/23
Juillet
SAINT
APOLLINAIRE, DE RAVENNE A PUYMERAS.
Nous
réservons la journée du 20 octobre à
Guillaume Apollinaire. Mais en ce 23 juillet, on célèbre
plus spécialement Saint Apollinaire évêque
de Ravenne où lui est consacrée une abbatiale
dans laquelle ont peut découvrir de splendides fresques
et mosaïques du VIe siècle.

Comment
ne pas souligner cette homonymie avec un domaine viticole
du sud -est de la France situé au pied du Mont Ventoux,
près de Vaison -la- Romaine.
Le
Domaine de Saint-Apollinaire étale
ses vignes sur la commune de Puyméras et produit des
Côtes du Rhône par culture dynamique et organique
qui donne aux vins une qualité exceptionnelle.
On
retiendra plus spécifiquement un vin blanc majestueux
issu de vieux cépages Viognier et également
la fameuse cuvée Apolline composée par tiers
des cépages Grenache, Cinsault et Syrah.
Pour
plus de curiosités, on s’adressera directement
au Domaine Saint-Apollinaire à Puyméras, 84110
Vaison- la- Romaine (Tél. 04 90 46 41 09)
205/24
Juillet
TOUT
SAVOIR SUR LES VINS DE BOURGOGNE.
Grâce
à la création du BIBV (Bureau interprofessionnel
des vins de Bourgogne) le 24 juillet 1989,
la
profession des vignerons de Bourgogne s’est dotée
d’un remarquable organisme dont le siège se situe
à Beaune au 12 boulevard Bretonnière.
Pour
en savoir plus, il suffit de se rendre sur le site www.vins-bourgogne.fr
et passer un agréable moment .Au vu d’une documentation
riche, colorée et bien actualisée, les amateurs
de vins ne s’y tromperont pas.
Ce
site nous rappelle que les vins de Bourgogne ont la place
qu’ils méritent. Ce site concourt à une
démarche commerciale au profit de l’ensemble
des organismes viticoles de la Bourgogne, de Chablis au nord
à Macon au sud.
Avec
près de 25 000 hectares de vignes en production, classées
en Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C)
et un volume de récolte d’environ 1 350 000 hectolitres
(180 millions de bouteilles), le vignoble de Bourgogne représente
environ 5% de la production française d’A.O.C
et occupe une place prépondérante dans l’économie
régionale.
Le
vignoble de Bourgogne s’étend sur 5 grandes régions-phares
de production. Du nord au sud :
- les vignobles de Chablis, de l’Auxerrois, de Tonnerre,
de Joigny et de Vézelay
- les vignobles de la Côte de Nuits, Hautes-Côtes
de Nuits et du Châtillonnais
- les vignobles de la Côte de Beaune et des Hautes-Côtes
de Beaune
- les vignobles de la Côte Chalonnaise et du Couchois
et enfin,
-
les vignobles du Mâconnais.
Citons
Pierre Poupon qui, dans l’un de ses
nombreux ouvrages, s’exprimait sur la Bourgogne en ces
termes:
«
Regarder la Bourgogne avec le plaisir qui comble déjà
les yeux de l’amateur lorsqu’il mire son vin à
la flamme d’une bougie.
Humer
la Bourgogne avec le raffinement d’un connaisseur lorsqu’il
veut analyser les senteurs d’un vin….
Goûter
la Bourgogne avec la joyeuse ferveur d’un gourmet qui
tourne et retourne sur sa langue et dans son palais une gorgée
de vin, de ce vin dont la robe brasille …
Voici
donc toute la Bourgogne, en chair et en os, en couleurs et
en reliefs, en poésie et en prose… Voici toute
la Bourgogne, en images, en odeurs et en saveurs, comme vue,
sentie et goûtée à travers ces pages qui
n’ont d’autre fonction que celle accordée
à un tâte-vin par rapport à la cuvée
de Bourgogne à juger: en recueillir quelques gouttes
dans sa coupelle d’argent, en laisser quelques traces
dans le creuset de vos mémoires » (116)
206/25 Juillet
VERS
SAINT-JACQUES- DE- COMPOSTELLE PAR LES VIGNOBLES
Il
y a trois jours, nous étions à Vézelay,
départ d’un des célèbres chemins
de pèlerinage vers Compostelle dédiée
à Saint Jacques le Majeur, protecteur de toute l’Espagne.
Jacques
symbolise dans toutes les religions, celui qui « poursuit
(son chemin), le passeur », il est associé au
pèlerin.
Muni
du bâton et de la gourde (eau ou vin), le pèlerin
va se diriger vers la sagesse, car Saint Jacques c’est
le chemin de la Transfiguration. Ce long parcours initiatique
est comme celui du vigneron qui de la vigne au vin va transformer
le fruit en breuvage mythique ou mystique;
Il
n’est donc pas incongru de développer l’image
de l’association des chemins de prières aux chemins
des vignes. Et le chemin le plus symbolique est celui qui
part de la Bourgogne vers la Galice à travers les plus
beaux vignobles de France.
Nous
avons retenu quelques étapes viniques.
Après
Vézelay, on entre dans les Côtes de Nuits et
c’est l’hommage à un premier crû
de Gevrey Chambertin « Le Clos
Saint Jacques ». Il occupe aujourd’hui
une place privilégiée en plein cœur de
la côte Saint-Jacques, après quelques déboires
au moment du classement des crûs en 1855, quand son
propriétaire royaliste de l’époque n’accepta
pas les règles républicaines.
Puis
un peu plus au sud, une rapide étape à Chagny
au « Clos Saint Jacques »,
avec un Rully du Domaine de la Folie. Ensuite arrêt
en Beaujolais à Romanèche- Thorins au Château
Saint-Jacques connu pour son Moulin à Vent.
Puis
on poursuit vers le Grand Sud- Ouest, par la via Lemovicensis
(Limousin), le chemin qui n’embrasse que les vignes
sous le regard complaisant de Jacques.
Jacques
apparaît ainsi dans de nombreuses églises et
chapelles et ce dans tout le Berry et le Périgord,
dont la place Saint-Jacques à
La Souterraine, et à la Coquille
( saint Jacques!) . Ensuite c’est le Bergeracois
avec l’église Saint-Jacques
de Bergerac, puis le Béarn et les contreforts des Pyrénées.
L’ouvrage
de Pierre Cazamayor (117) explique combien cette géographie
agraire et mystique fait du produit de la vigne un réconfort
terrestre pour un meilleur surpassement spirituel.
Arrivé
à Saint-Jacques de Compostelle, le haut lieu espagnol
du pèlerinage ( deuxième après Jérusalem
), le bonheur envahit enfin le marcheur. Il lui faudra respectueusement
entre deux dévotions il devra avoir une pensée
gourmande et respectueuse pour les vins espagnols de Ribeira
Sacra ou autres Rioja.
Né
un 25 juillet, et toujours épris
des écrits (comme St Marc voir 25
avril) étais-je prédestiné à
cette longue marche en quête des joies pédestres
et des heureuses découvertes œnologiques ? La
vie aujourd’hui me comble et c’est à votre
santé et à la mienne que je me désaltère
jour après jour dans ce voyage sans fin.

Photo
Marc Heimermann
207/26
Juillet
LE
VIN BIEN AIMÉ DE SAINTE ANNE
Quelques
illustrations, en images, associant Sainte Anne au vin.
Château
Sainte Anne Bandol

Champagne,
vers Troyes : un ermite y entreposait son vin
Sion/Moligon,
Valais Suisse, cave Ste Anne
Le baiser de saint Anne

Château Sainte Anne Pauillac
208/27
Juillet
LES
VIGNES DE SAINT PANTALÉON
Le
calendrier roman et religieux situe la fête de Saint
Pantaléon au 27 juillet, et depuis quelques jours les
saints évoqués nous cantonnent sur la partie
est et sud-est de la France. Il est vrai que cette sainte
et longue litanie égraine des lieux enchanteurs. C’est
aussi le cas de Saint- Pantaléon- les- vignes en Vaucluse.
Son
terroir est constitué de coteaux argilo-calcaires et
de dépressions sablonneuses. Ils donnent des vins rares,
à la fois généreux et très fins,
légèrement taniques, aptes à vieillir.
Côtes
du Rhône Villages Appellations communales:
"Saint- Pantaléon- les- Vignes et Rousset- les-
Vignes"
D'une
belle couleur rouge sombre, ces vins sont issus de cépages
Grenache et Syrah. Ils ont des parfums de fruits rouges avec
un corps bien structuré et des tanins souples présentant
une bonne longueur en bouche. Très équilibrés,
ils peuvent se garder de 5 et 8 ans. Ils accompagneront viandes
rouges et gibier.
A
citer aussi le village alsacien de Gueberschwir (Haut-Rhin)
dont le clocher roman de l’église Saint- Pantaléon
veille sur les coteaux du Golber.
Gueberschwihr,
église Saint-Pantaléon photo Marc Heimermann
Saint
Pantaléon confirme sa vocation religieuse de gardien
des vins pour ces deux sites viticoles.
209/28
Juillet
UN
LIVRE BLANC POUR LE VIN OU LA LOI EVIN SE MET AU BLANC
Le
mercredi 28 juillet 2004, cinq parlementaires ont présenté
au Premier ministre,J.P.Raffarin, un livre blanc sur le rôle
et la place du vin dans la société française.
Considérant que le vin est «injustement diabolisé»,
les auteurs proposent des actions d’information ciblées
pour améliorer, dans le respect de la politique de
santé publique, la connaissance des produits viticoles
français. Les auteurs préconisent notamment
que l’on fasse mieux connaître les valeurs que
peuvent présenter «la consommation modérée
et les apports bénéfiques du vin ».
La
loi Évin de 1991 encadre strictement les publicités
pour les boissons alcoolisées. Le livre blanc demande
son assouplissement afin que les grandes régions productrices,
telles que la Bourgogne et le Bordelais, puissent communiquer
sur «les spécificités qualitatives»
de leurs vins, concurrencés par des vins du «nouveau
monde», et que soit développé le dispositif
français de promotion sur les marchés extérieurs.
Concernant
le vote de l’amendement, le journal la Voix du Nord
titrait le 14 octobre 2004,, « La loi ( Evin
) met de l’eau dans son vin ! »
Suite
à cet amendement, Evin vire au blanc, et ivres sont
les imprudents.
Sachons
garder raisins…
(Voir
également la journée du 12
décembre. )
210/ 29
Juillet
L’HOSPITALITÉ
DE SAINTE MARTHE.
D’après
les Ecritures, Sainte Marthe aurait fréquenté
le Christ pour ensuite se dévouer à la cause
des plus démunis.
Largement
vénérée dans le pays d’Avignon,
elle est à l’origine de nombreuses congrégations
à travers le monde, et, plus particulièrement
à la communauté des sœurs de Sainte Marthe,
une communauté qui pris possession des hospices de
Beaune.
Puis
depuis Beaune, elles rayonnèrent vers 70 km au nord
de Dôle et 70 km au sud à Belleville en plein
Beaujolais.
La
caractéristique de ces communautés est de s’activer
entre les soins des malades et les soins des vins.
D’ailleurs
Sainte Marthe est chez les catholiques, la patronne des ménagères
( être toujours aux petits soins ), et des aubergistes
( offrir toujours ses petits vins ).
Dévouées
et attentionnées, ces petites sœurs à cornettes,
s’expriment le mieux près des autels et dans
les hôtels si possible dédiés à
Dieu.
Adeptes
du voile en toutes circonstances, elles concilient à
la fois et pour la foi les soins aux fourbus, fiévreux
et faibles dans les hauts lieux de l’hospitalité,
et les soins aux fûts, flasques et fioles dans les «
fonds bas » de l’hôpital. De la cave au
dortoir, nos petites nonettes s’épanouissent
dans la dévotion spirituelle et terrestre comme a su
nous l’illustrer de façon très humoristique,
le film de Gérard Oury,
«
La Grande Vadrouille ».
Sainte
Marthe veillait sur ces dames voilées qui savaient
déjouer l’occupant d’un territoire dont
les ressources devaient profiter prioritairement aux malades
et non aux envahisseurs guerriers .
A
signaler par ailleurs l’existence d’une célèbre
cantatrice des années 1900, qui s’appelait Chenal
et se prénommait Marthe. Le 11 septembre 1909, à
Bordeaux, comme il se doit, elle interpréta un poème
lyrique, sur une musique de Camille Erlanger intitulé
: « Bacchus triomphant ».
Comme
quoi, la présence féminine ne se dérobe
pas au monde du vin.
Marthe
Chenal
211/30
Juillet
LA
MAISON DU VIN DE BORDEAUX
Notez
bien l’adresse :
Maison
du Vin de Bordeaux,
Au
N° 1/3
Du
cours du 30 Juillet
33000 Bordeaux
C’est
là que se trouve entre autres le siège du Comité
Interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB
) dont on peut recommander le site internet . Il
est utile de rappeler que Bernard Ginestet, grande figure
du négoce bordelais, est à l’origine de
cet organisme. On lui doit par ailleurs la rédaction
de nombreux livres sur les vins de bordeaux dont la fameuse
collection « les Grands Bernards ».
Si
l’on compare avec le site du BIVB,
( voir 24 juillet ) on
est frappé de la différence de style.
En
effet, ces deux régions productrices des plus grands
vins de France souffrent de la comparaison tant est flagrante
la différence aux chapitres variés du goût,
de la production, ou typicité, terroir, conservation,
culture, géographie, art etc…
Bordeaux
c’est la capitale mondiale des vins. C’est le
berceau des plus grands vins, c’est la production de
vins la plus diversifiée ( 57 AOC ) et la plus enviée.
Un
nombre impressionnant d’ouvrages sur les vins de bordeaux
ne permet pas de résumer en un seul feuillet et donc
en une page de calendrier cette région, cette ville,
ses produits et ses châteaux.
Le
nom générique « bordeaux » possède
plusieurs acceptions :
Un
type de vin : le bordeaux
Un
type de bouteille: la bordelaise
Une
ville: Bordeaux
Une
AOC: Bordeaux AOC
Une
couleur: bordeaux etc…
Et
n’a rien à voir avec « bord d’eau
» le bord de l’eau !
Le
moteur de recherche Google répertorie avec le mot bordeaux
: 4 500 000 pages !!!
Affiche de Jean Dupas, 1937 (exposition universelle)
PS:
on aura noté que l’ INAO a été
crée le 30 juillet 1935.
212
/31 Juillet
ALBERT
LEBRUN ET LE ROSE DE TAVEL.
Tavel
est la seule appellation française à ne produire
que des vins rosés.
Premier
rosé de France, ce visage pâle est fait de Grenache,
mais les assemblages que comporte ce vin des Côtes du
Rhône font du Tavel un vin qui d’abord se regarde,
et se déguste ensuite.
Le
31 juillet 1938, Albert Lebrun, Président de la République,
se rend à la Cave coopérative des producteurs
de Tavel pour inaugurer les bâtiments flambant neufs.
De pur style provençal, la Cave des Vignerons de Tavel
(site Internet Tavel )
Tavel
c’est sans aucun doute le vin rosé le plus coté,
qui honore et qui enchante les grandes tables françaises
et étrangères. Rien à voir avec les classiques
rosés de Provence qui agrémentent les repas
champêtres et les délassements sous les tonnelles
de l’été.
Tavel
un vin de découverte que l’on peut se procurer
entre autres dans les caves qui ont retenu notre attention
:
Une
cave que l’on souhaiterait acquérir : le Château
d’Aquéria
Découvrir
un Tavel aux couleurs mordorées au Domaine de la Mordorée
Venir
se recueillir au Prieuré de Montézargues
Et
enfin vouloir trinquer au Château de Trinquevedel .
Tavel,
un label pour dégustateur qui veut voir la vie en rose!
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