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MOIS DE JUILLET

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182/1 Juillet

L’ABBAYE DE SAINT-THIERRY ET LA NAISSANCE DU CHAMPAGNE

Hors des sources classiques des historiens, un petit ouvrage écrit par Fernand Woutaz avait attiré mon attention. Il traitait de la véritable histoire du Champagne. (103)

Dans cet ouvrage on apprend l’existence de l’abbaye de Saint-Thierry juchée sur le Mont d’Or à côté de Reims.

Abbaye de Saint-Thierry ( J.P.Bourreu )

 

Le fondateur était Thierry dont la vie fut étroitement liée à celle de Saint Rémi, évêque de Reims.

Ce dernier aida le jeune Thierry à sortir de l’emprise d’une femme qui le harcelait sexuellement.

Même si ses débuts dans la vie civile avaient été peu recommandables, Thierry sut très vite , avec l’assistance de Rémi, s’orienter vers une vie plus sacerdotale.

Ce monastère, comme ses voisins, participa à la croissance du vignoble champenois.

On dit même que c’est dans son enceinte qu’un moine serait à l’origine de la rédaction en 1718 du fameux traité:

« Manière de cultiver la vigne, de faire le vin en Champagne »

C’est à partir de ce fameux traité que le frère Oudart et Dom Pérignon ( de l‘abbaye d‘Hautvillers ), ont été à l’origine des essais fructueux de la champagnisation des vins locaux.

Mais en 1778, afin de subvenir aux besoins de l’abbaye de Saint-Rémi à Reims, l’archevêque de Reims, obtint la démolition de l’abbaye de Saint-Thierry.

Richement documenté, l’ouvrage de Fernand Woutaz rétablit les faits historiques et confirme que grâce à ses confrères d’autrefois, depuis Saint Thierry jusqu’au célèbre chanoine Godinot, Dom Pérignon peut être considéré aujourd’hui comme le plus grand bienfaiteur de l’humanité.

Qu’il soit ici honoré au plus haut, car si Thierry a bénéficié de la sanctification malgré une histoire personnelle quelque peu répréhensible, Dom Pérignon, méritait d’être nommé le Pape du Champagne, en tous les cas le Nobel des vins pétillants à moins que….. (voir le 31 décembre ).


183/2 Juillet

LA CONSÉCRATION DU CHÂTEAU L’ANGÉLUS.

Cela devait se situer au tout début de l’été 1994 , nous nous trouvions à séjourner 24h dans la propriété des Boüard de Laforest , grâce à un ancien collègue professionnel, cousin de Hubert de Boüard.

Cette occasion inespérée nous plongea dans un univers des plus accueillants et des plus respectueux.

A l’époque, lors de la visite des chais, on attira notre attention sur les qualités d’exceptionnel expert qu’était Hubert, lequel venait de reprendre les rênes de la propriété. Il s’est intéressé tout spécialement aux procédés de fermentation. Son secret s’exprimait dans les chais et non dans les vignes. Robert Parker ne s‘y est pas trompé en parlant de l’Angélus, il annonçait à l’Angélus à cette époque un avenir prometteur.

Nous avons appris que de l’année catastrophique de 1992 l’Angélus s’est bien sorti, grâce à la ténacité du jeune propriétaire. Ne dit-on pas : « c’est dans les années médiocres, que l’on reconnaît le bon vigneron »

Au cours de la soirée, en présence des parents de Boüard, un simple dîner se déroulait en compagnie d’une série de bouteilles qui nous plongea ensuite dans un sommeil lourd et profond, d‘où l’on percevait dans l’ inconscient du moment le son lointain du carillon de l‘angélus.

Cette visite reste gravée dans notre mémoire d’où cette évocation le jour de la Visitation, fêtée le 2 juillet.

Depuis, l’Angélus a poursuivi son ascension, pour connaître la consécration suprême en 1996. Le Château Angélus est devenu un « premier cru classé B ».

Après 10 ans, pourra-t-on confirmer le classement de l’Angélus 2006 au sommet des Saint-Emilion ? C’est ce que nous lui souhaitons de tout coeur.

Hubert de Boüard de Forest

Photo: Revue des vins de France, janvier 1997



184/3 Juillet

VOLTAIRE ET L’AMOUR PARTAGE ENTRE CORTON ET LA BELLE.

Dans une lettre datée du 3 juillet 1759, Voltaire écrivait à Madame Le Bault pour rendre hommage au métier de vigneron en ces termes :

« Vous voudrez bien que je vous supplie de permettre que je paie les ceps et la peine de ceux qui les auront plantés. Il est bien doux de s’occuper de ces amusements, tandis qu’on s’égorge sur terre et sur mer, que l’Allemagne s’épuise de sang et la France d’argent. »

Cette évocation épistolaire est là pour nous rappeler que Voltaire était un fin dégustateur de vin.

Ne voilà-t-il pas qu’il s’amourache d’un cru bourguignon, en l’occurrence un Corton ?

C’est par le truchement de son médecin, Tronchin de Genève qu’il découvrit la propriété des Le Bault au Château de Corton Grancey. Aussitôt Voltaire de s’exprimer: « Je ne puis souffrir d’autres vins que le vôtre », en s’adressant à Madame Le Bault qu’il surnommait « Madame la Belle ». En réalité, voilà Voltaire doublement amoureux.

La beauté de la dame ne fait pas de doute comme le démontre le portrait peint par Greuse en août 1755 .

Mme Le Bault , pastel de Greuze ( dans Corton, Claude Chapuis, Grand Bernard )

Voltaire n’a pas eu auprès de « La Belle » le succès escompté. Il dut donc se contenter des produits de sa vigne qu’elle lui prodiguait à raison de quatre pièces de vin par an..

Voltaire nous confie par ailleurs qu’il aimait servir à ses convives à Ferney surtout des Beaujolais, et préférait boire en cachette les Bourgognes dont le Corton en particulier.

Et nous conclurons cette évocation par un constat qu’il est plus facile d’être philosophe que vigneron.

« Vous faites de moi un petit Noé. Grâce à vos bontés, je plante des vignes dans ma vieillesse » écrivait-il à Mme Le Bault et d’ajouter : « Je sais bien qu’il est ridicule de planter à mon âge, mais quelqu’un boira un jour le vin de mes vignes et cela me suffit ». (104)



185/4 Juillet

LES VINS D’ANJOU ET SAINT FLORENT.

Même si l’évocation de Saint Florent, notre saint du jour nous conduit à Cahors, dont il fut le premier évêque au IVe siècle, c’est sur les bords de la Loire que nous allons nous arrêter. Et ce pour deux raisons.

D’abord pour découvrir le merveilleux village de Saint-Florent sur la route entre Tours et Nantes.

L’origine de ce lieu, érigé sur le mont Glone remonte aux celtes. Puis fut construite une abbaye sous l’égide de Charlemagne, dirigée ensuite par un certain Florent disciple de l’évêque de Tours, Saint Martin.

Saint-Florent produit aujourd’hui ce mono-cépage incontournable pour le secteur, à savoir le Cabernet.

Le 4 juillet 1937 ( il y a 70 ans ), avait lieu la fête nationale des vins de France à Angers.

A cette occasion, le Président Albert Lebrun se déplaça en personne en Anjou. Il visita entre autres le fameux coteau du Layon ainsi que les vignes de Savennières. Il lui fut donné l’occasion de vanter naturellement les vins de Loire dont ceux d’Anjou, qui allaient désormais rayonner dans le monde entier. C’est ainsi que les vins de Loire connurent grâce à cette foire prestigieuse et grâce au soutien présidentiel une réputation universelle.

Guy Jacquemont nous précise dans son « Grand livre des vins de Loire, (105) « au même moment, avait lieu à Paris, en présence du célèbre gastronome Curnonsky, le 152e dîner du vin d’Anjou »

Saint-Hilaire sur les bords de la Loire



186/5 Juillet

DE LA TENTATION D’ANTOINE A LA GUÉRISON.

Ci dessous une reproduction du tableau de Jérôme Bosch exposé au musée de Lisbonne, représentant Saint Antoine et la coupe de vin,

Mais il y a aussi Saint Antoine le guérisseur, celui à qui l’on attribue la guérison d’un porcelet dépourvu d’yeux et de pattes. On dit qu’il avait le don de guérir les gens atteints de la maladie du pain de seigle ergoté qui conduisait au dessèchement des extrémités des membres ( on appelait également cette affection, le feu sacré ou feu de Saint-Antoine )

Le remède proposé était de se frictionner avec de la graisse de porc mélangée à du vin. Cette association ne pouvait convenir que dans la sphère chrétienne des croyants de l’époque.

Lorsque aujourd’hui, on évoque encore Saint Antoine, c’est pour ne pas être victime de tel ou tel oubli, surtout lorsque le vin est un peu trop monté à la tête.

( anniversaire officiel du 5 juillet : Antoine Marie de Zaccaria, fondateur de l’ordre de Barnabites )

Saint Antoine soigne ses frères malades. Chapelle Saint- Antoine-de-Clans (Alpes Maritimes) Photo Michel Graniou


187/6 Juillet

LE VIGNOBLE VICTIME AUSSI DE MALADIES.

Une nature aussi précieuse et aussi nourricière n’échappe pas aux attaques maléfiques et parfois destructrices. Là où se développe le beau et le bien, le mal n’est pas loin. A l’homme de consacrer toute son énergie de génération en génération pour combattre les maladies de l’homme bien sûr, mais aussi celles des plantes.

En l’occurrence, la vigne connaît un nombre impressionnant de destructeurs, y compris ces virus qui gagnent soit le cep, soit les feuilles, soit le fruit lui même.

Des livres spécialisés proposent aux vignerons les explications et les remèdes qui peuvent être administrés par leurs propres soins, mais il y a aussi la possibilité de faire appel à des campagnes nationales ou régionales comme ce fut le cas lors de la grande crise phylloxérique de 1870 à 1900,

( une guerre de trente ans que Gilbert Garrier a analysé dans un excellent ouvrage )(106)

On distingue plusieurs catégories de maladies:

Les maladies cryptogamiques ( oïdium, mildiou, anthracnose, black rot, rot blanc, pourridié, mélanose et cotis )

Les maladies causées par les insectes (hannetons, charançons, chrysomèles, sgribouris, altises, grands rongeurs, criquets voyageurs, cochenilles, bombyx, noctuelles, pyrale,s cochylis, calories ), et la plus connue: le phylloxéra

Les maladies causées par les arachnides et les mollusques ( ergonomes, escargots des vignes, limaces rouges) ,

Les maladies ou accidents climatiques ( chlorose, broussin, gelée, grêle, vents violents, coulure, millerandage, échaudage, pourriture… )

Publicité datant de 1912

Les vignerons ont donc recours à des procédés multiples pour se préserver de tels malheurs….

Procédés qui font appel à des techniques agricoles de traitement par pulvérisation surtout, par engrais protecteurs, par adaptation des cépages aux terrains.

Procédés plus confidentiels qui relèvent des transmissions généalogiques

Procédés enfin plus surnaturels qui font appel à des opérations d’incantation, d’appel à protection divine, ou de mise sous la protection d’un saint local ou plus universel.

Aujourd’hui le viticulteur s’en remet surtout à ses connaissances techniques et à ses assureurs.

Les annales officielles viticoles, les récits locaux, les archives des contrées viticoles nous fournissent une profusion d’exemples et d’évènements qui illustrent parfaitement la fragilité de la vigne et les risques qu’elle doit affronter pour donner naissance à un raisin des plus sains.

Citons à titre d’exemple l’apparition survenue le 6 juillet 1873, dans un petit village de l’Hérault, appelé Saint-Bauzille. La Vierge serait apparue à un jeune vigneron de 32 ans, Auguste Arnaud , annonçant l’arrivée du phylloxéra et regrettant que les vignerons aient abandonné Saint Bauzille. S’en suivirent, processions et fêtes votives, jusqu’au moment ou malheureusement tout le vignoble fut tout de même envahi par le prédateur.

Vigne abandonnée, raisins disséminés!

Raisin sain, saint vin !



188/7 Juillet

RAOUL ET LA POÉSIE, RAOUL ET LA PEINTURE, POUR TOUT LEUR SAOUL.

L’évocation de deux célébrités qui comme beaucoup de créateurs artistiques, ne purent s’empêcher d’honorer le vin a soulevé notre attention sur le prénom de Raoul.

Les dates qui se succèdent nous apportent de nombreux exemples, et notre calendrier tient à honorer ces célébrités du monde des arts.

Littérature, et peinture entre autres.

C’est ce que nous avons voulu illustrer avec nos deux personnages prénommés Raoul:

L’écrivain Pochon et le peintre Dufy.

Pour souligner leur dévotion bachique, nous avons retenu deux créations.

Celle de l’écriture par cette magnifique ode au vin intitulée: « l’Or du Vin » que l’on découvre dans le truculent et unique ouvrage de Raoul Ponchon, « la Muse au cabaret » (108)

Quant à la peinture, et spécialement à Raoul Dufy illustrateur d’un ouvrage consacré à la santé par le vin (145) , nous garderons le souvenir de cette magnifique aquarelle conservée au Musée des Beaux Arts de Nice représentant une scène des vendanges

Les vendanges, par Raoul Dufy 1877-1953


189/8 Juillet

Où SONT LES VINS DE SAINT THIBAUT ?

Que l’on écrive Thibaut, Thiébaut, Théobald, Thibault, Thibeaud…. C’est pour nous une seule référence qui a pour trait commun la vigne et le vin.

Saint Thibaut

La seule référence religieuse trouvée est celle de Saint Thibaut, abbé des Vaux de Cernay qui à la demande de Saint Louis, supplia la divinité de rompre la stérilité du couple royal. On retrouve dans ce fait les vertus providentielles dévolues à la vigne source de fécondité. Vigne qui par ailleurs est l’essence même du pouvoir divin. Nous sommes au début du XIIème siècle.

Saint Thiébaut

A Thann ( Haut-Rhin ), la Vierge et Saint Thiébaut se partageaient le patronage viticole. On a raconté que, au Moyen Âge, à l’érection de la chapelle de Saint-Thiébaut, la récolte du vin fut tellement abondante qu’on se servit pour fabriquer la chaux, de vin à la place d’eau et que Saint Thiébaut, probablement à la suite de cette affaire, fut invoqué comme patron des vignerons . ( 109 ).

Saint Théobald

Ce nom soutenant le grand crû du Rangen ( sur les contreforts de Thann ) fut donné par la cave de Bernard Schoffit, vigneron à Colmar.

Ce vin est référencé à juste titre depuis de nombreuses années dans le Guide Hachette des vins.

Saint-Thibault

Nom donné à la première société d’entraide de Bourgogne pour les vignerons en difficulté.

L’histoire locale nous raconte que la première de ces sociétés est née à Pommard en 1668 et qu’elle serait la prolongation de la confrérie du Saint Sacrement crée au XIIIe siècle.

Cette société d’entraide fait obligation à ses membres, vignerons d’une même commune, d’assurer le travail des vignes d’un confrère malade ou décédé dans l’année.

Entre 1882 et 1994, Pommard connut deux confréries pour cause de querelle religieuse:

Saint-Thibault: la catholique

L’Union : la laïque

En 1969, un banquet commun réuni les deux sociétés. Elles fusionnent en 1994. Cependant la nouvelle société commune garde deux drapeaux, le bleu, blanc, rouge +RF ( pour l’ex-Union ) et bordeaux + la croix ( pour l’ex-catholique ). Comme quoi toute fusion n’annihile jamais l’origine culturelle ou confessionnelle.(110)

Thibeaud

Il s’agit sous ce nom de nommer le château Thibeaud Maillet géré par Andrée et Roger Duroux, charmant couple rencontré au Salon des caves particulières de la porte de Champerret en décembre 1995.

Un Pomerol plus que recommandable !

Thibaut

Le prénom de notre fils à qui est dédié cette journée chaleureuse en proposant un verre de vin du Berry originaire de Saint-Thibault

Village de Saint-Thibaut en Côte d’Or (photo M. Heimermann)



190/9 Juillet

LA FORMATION VITICOLE AU CHÂTEAU.

On comprend que la communauté des vignerons se plie à la nécessité de garder un niveau de connaissances et donc de compétences pour faire face à la technicité évolutive et de la viticulture et de la viniculture. Comme pour tout métier, il faut à l’évidence se former et donc assister à des stages, cours , conférences ou journées techniques organisés par divers organismes.

Que cela soit à l’initiative d’un syndicat viticole, ou d’une grande Maison de vin, voire de l’université, le vigneron ne peut se contenter de sa seule expérience.

Pour exemple, ce programme très orienté sur les phytosanitaires présenté par une entreprise qui par son enseignement tente d’apporter les informations nécessaires à l’exercice du métier de vigneron, mais aussi à profiter de l’occasion de ces rencontres pour démarcher commercialement leurs interlocuteurs en proposant qui des produits, qui du matériel, qui de l’assistance technique.

Tel fut le but de la :

7ème Journée PHYTOMIEUX

Qui s’est déroulée au

Château Grand Rigaud
Puisseguin 33

le 9 juillet 2004

Le programme de cette journée comportait les thèmes suivants :


Comment bien utiliser son pulvérisateur?
Comment éviter que les produits de traitement ne dérivent dans l'eau, le sol ou l’atmosphère ?
Que faire des fonds de cuve et des déchets phytosanitaires ?
Quels sont les risques pour les utilisateurs et comment s'en protéger ?
Quelles sont les évolutions de la réglementation ?

Les différents thèmes étaient illustrés par des exercices pratiques.


191/10 Juillet

EN DIRECTION DE SAINT ULRICH EN PASSANT PAR LES VIGNES.

C’est aussi la fête de Sainte Félicité qui marque le meilleur jour de l’été !

Saint Ulrich ancien révérend de l’abbaye de Cluny a surtout vécu en Allemagne.

On trouve également en France des lieux portant son nom, et plus particulièrement en Alsace .

On peut citer tout particulièrement la petite vallée de Saint-Ulrich qui débouche sur les magnifiques vignobles du Kirchberg et de l’Altenberg, deux grands crûs qui font la renommée de la capitale des vins d‘Alsace du Bas-Rhin, Barr.

Il y a également le Château Saint-Ulrich, l’un des trois châteaux de Ribeauvillé. On y accède par le sentier du GR5 en traversant encore une fois deux autres célèbres vignobles grands crûs : le Geisberg et le Kirchberg.( Haut Rhin )

La jeune fille au verre de vin. Braunschweig, Herzog Anton Ulrich Museum . 78 x 67 cm. v.1662.


192/11 Juillet

LA RÈGLE DE SAINT BENOÎT ET LES VINS.

Vie de Saint Benoît par Saint Grégoire, Pape.

Chapitre XVIII : Le recel de la fiasque de vin.

« A une certaine époque, notre brave Exhilaratus (c.à.d. "Réjoui"), que tu as connu après sa conversion, avait été envoyé par son maître afin d'apporter du vin à l'homme de Dieu pour le monastère : il y en avait, pleins, deux de ces petits récipients en bois qu'on appelle plus communément fiasques. Il en apporta un, mais il cacha le second en cours de route. Quant à l'homme de Dieu à qui l'on ne pouvait dissimuler les faits commis en son absence, il reçut le premier avec action de grâce et il lança cet avertissement au garçon qui s'éloignait : « Regarde bien, fils, ne bois pas tout de suite de ce flacon que tu as caché, mais penche-le avec prudence, et tu trouves ce qu'il y a dedans. » Couvert de confusion, il sortit de chez l'homme de Dieu et, revenu à cet endroit, voulant vérifier ce qu'il avait entendu, comme il penchait la fiasque, il en sortit aussitôt un serpent. Alors ce jeune Exhilaratus, impressionné par ce qu'il découvrit dans le vin, fut effrayé du mal qu'il avait commis ».

Dans la fameuse Règle de Saint Benoît on peut relever les différents extraits suivants:

Règle10

Le lecteur de semaine boit du vin mélangé avec de l’eau, avant de commencer la lecture. Il fait ainsi à cause de la sainte communion, et pour que le jeûne ne soit pas trop fatigant.

Règle 40. La boisson

1 « Chacun reçoit de Dieu un don particulier : l'un celui-ci, et l'autre celui-là » (1 Corinthiens 7, 7).

2 C'est pourquoi nous hésitons un peu à fixer la quantité de nourriture et de boisson pour les autres.

3 Pourtant, à cause de l'infirmité de ceux qui sont faibles, nous pensons qu'une hémine de vin suffit à chaque frère pour la journée.

4 Mais, à certains, Dieu donne la force de s'en priver. Ceux-là doivent le savoir, ils recevront pour cela une récompense spéciale.
5 Quand on a besoin de boire davantage de vin à cause de l'endroit où l'on est, à cause du travail ou de la chaleur de l'été, le supérieur décide d'en donner plus. Mais, en tout cas, il fait attention à ceci : les moines ne boiront pas trop de vin et ils ne deviendront jamais ivres.

6 Pourtant, voici ce que nous lisons : « Le vin n'est absolument pas fait pour les moines. » Mais, aujourd'hui, on ne peut pas les convaincre de cette vérité. Alors, mettons-nous d'accord au moins pour dire : il ne faut pas en boire trop, mais avec mesure.

7 En effet, « à cause du vin, même les sages peuvent abandonner Dieu » (Siracide 19, 2).

8 Quelquefois, l'endroit est tellement pauvre qu'on ne peut même pas trouver la quantité de vin fixée plus haut. On en trouve beaucoup moins ou pas du tout. Alors les moines qui vivent là, béniront Dieu au lieu de murmurer.

9 Oui, avant tout, voici ce que nous recommandons : que les moines ne murmurent jamais !

Ma modeste recommandation, pour vous consommateurs avertis, ne s’éloignera pas beaucoup de la règle de Saint Benoît, à savoir:

Le vin est d’abord fait pour tous ceux qui l’apprécient parce que jamais ils n’en abuseront.


193/12 Juillet

LE CHÂTEAU OLIVIER OU LE CHÂTEAU DES OLIVIERS.

Château Olivier est un grand cru classé des Graves et sans doute parmi les meilleurs blancs.

Ce château est une histoire de famille qui a commencé au XIIè siècle avec la visite régulière du Prince Noir.

Mais c’est en 1663, que Marie de Lasserre, fille du seigneur d’Olivier, épouse Pierre Pernel, baron de la Brède, et lui apporte Olivier en dot. Sa fille unique épousa messire Jacques de Secondat, baron de Montesquieu.

Depuis 1886, le domaine appartient à une vieille famille bordelaise, la famille de Bethmann qui exploite le célèbre vignoble du château Olivier.

 

En 1994, la famille de Bethmann eut l’idée d’un second vin blanc qu’il nomma « Histoire d’O ». Vin aussi appréciable que celui du Château Olivier.

Cette histoire d’O nous permet de faire la transition avec une autre histoire objet d’une saga télévisée

qui s’intitulait : Le château des Oliviers et dont la synopsis du feuilleton se résume ainsi:

« Cet été, comme tous les étés, Estelle ( Brigitte Fossey ) retrouve la vieille maison et les siens pour fêter l'arrivée de la belle saison. Mais cet été, elle a décidé de rendre aux Oliviers l'honneur et la splendeur d'autrefois. Elle veut refaire le vin qui fut jadis la gloire des Laborie. Elle ne sait pas que la destruction du domaine vient d'être programmée. Le Château sera rasé puis englouti sous les eaux d'un lac artificiel. Ce qu'elle prend d'abord pour une opération immobilière est en réalité une vengeance longuement mûrie. Le passé va remonter à la surface, bouleversant Estelle, mais aussi la révélant à elle-même. Aidée par l'amour de la terre, par l'amour des siens et par l'amour d'un homme, Estelle va-t-elle gagner en défendant ses racines contre l'argent, le pouvoir et le béton ? ».

Vin et Olivier font bon ménage si l’eau ne les noie pas .


194/13 Juillet

HENRI LE SORCIER DES VIGNES ET DU VIN FOU.

Notre histoire de France et celle de nos vins furent marquées à plusieurs reprises par d’agréables associations entre certains personnages au prénom d’ Henri et le monde du vin.

Il fallait choisir entre plusieurs Henri: Henri d’Angelli et sa Bataille des vins ou Henri IV ou Henri Vincenot l’écrivain du terroir bourguignon etc… Nous avons retenu Henri Maire.

Ce personnage haut en couleur, a marqué le monde viticole par le succès de son rayonnement commercial; Henri Maire est devenu un leader régional comme d’autres :

En Bordelais : la Maison Magrez

En Bourgogne : la Maison Boisset

En Beaujolais : la Maison Dubeuf .

Henri Maire c’est l’histoire du vin, celle du Jura, celle d’Arbois, celle du Vin Fou, celle des deux tonneaux. C’est le pionnier de l’intégration globale (de la vigne au consommateur).

Voilà ce que nous relate la présentation de Sa Maison:

1632 : un document officiel atteste qu'un MAIRE possède une vigne et une cave en Arbois.

Ces quelques arpents se transmettent de génération en génération et, trois siècles plus tard, en 1939, le jeune Henri MAIRE reçoit en héritage la modeste propriété familiale.

Il a 22 ans. Passionné par les vins du Jura, il décide de les faire connaître à la France entière. Et pour s'en donner les moyens, il accroît ses propriétés, jusqu'à devenir avec 300 ha en production le plus important propriétaire du Jura et même l'un des plus importants de France.

En 1954, il fait construire à Boichailles, au coeur même de ses domaines, des installations modernes et fonctionnelles : tout y est regroupé, de la réception des vendanges à l'expédition des bouteilles.

Aujourd'hui, HENRI MAIRE compte 800 000 clients, 350 Conseillers qui sur toute la France rencontrent leurs clients à domicile ou les reçoivent en Foire, près de 200 personnes travaillant à Boichailles, dont environ 50 cavistes et autant de vignerons.

C'est aussi une gamme magnifique et des vins régulièrement primés dans les concours régionaux, nationaux et internationaux - plus de 200 médailles d'or à ce jour.

Et c'est enfin toujours une entreprise familiale dont les enfants d'Henri MAIRE, Henri-Michel et Marie-Christine, assurent la pérennité.

En 1984, date à laquelle commença ma rencontre approfondie avec le vin, Henri Maire publiait sa première lettre :

« Henri Maire Les nouvelles ».

Il utilisait en avant première tous les leviers commerciaux possibles (VPC, Foires, Commerciaux,...) Si le Jura connut un développement viticole, il le doit à Henri Maire.


195/14 Juillet

QUAND LE VIN PRIT LA BASTILLE.

Il n’y a pas que la version classique des manuels d’histoire (la révolution du peuple contre l’absolutisme royal) pour nous relater le 14 juillet 1789 et le soulèvement de Paris et la prise de la Bastille.

Il y a aussi une version plus mercantile, celle de l’émeute des cabaretiers et pinardiers contre l’oppression fiscale.

On sait que la région parisienne était à cette époque une grande productrice de vins aux débouchés prometteurs. L’Etat y trouvait là un moyen de s’enrichir grâce à la mise en place des barrières fiscales, sous la forme de guérites placées aux entrées principales de la capitale. Malheureusement, avec une infrastructure vieillissante et un agrandissement rapide des limites de Paris, ces postes de contrôles douaniers devenaient de plus en plus vulnérables et en tous les cas, étaient le prétexte de tous les contournements et fraudes possibles. A titre d’exemple, on a vu s’ériger ou s’équiper le long de la dite « frontière » des guinguettes et des tavernes sur la limite interne de Paris ( zone exonérée de taxe sur les vins ) pour bénéficier des approvisionnements de proximité, que ce soit « sous le manteau » par les airs

(Ballons !) ou sous terre ( tuyaux !).

Devant cette débauche d’incivilité, le roi Louis XVI ordonna en 1784 de reculer les barrières et d’en matérialiser le tracé par une véritable enceinte appelé « le mur des Fermiers Généraux ».

Les travaux commençaient à s’achever lorsqu’en janvier 1789, un nombre important de débitants de vin, se constituèrent en force d’opposition et ce devant notaire, pour faire comprendre à la Cour que l’on se dirigeait vers la ruine de la profession des marchands de vin.

« Le mur murant Paris rend Paris murmurant » nous rapporte l’histoire. Des attaques en règle contre les agents du fisc, des révoltes de quartier commençaient à se multiplier ajoutant à la situation catastrophique dans laquelle vivait le peuple de Paris.

Citoyens chantant « l’hymne du Marseillais » des frères Lesueur (Lauros Giraud)

Le 11 juillet 1789 un dénommé Monnier, marchand de vin et fraudeur notoire, prit la tête d’une bande armée et incendia la barrière Blanche, située vers la Gare Saint-Lazare. Puis les jours suivants, l’émeute gagna les quartiers du nord et de l’est de la capitale. La rumeur indiquait que des armes étaient accessibles à la Bastille et c’est ainsi que le 14 juillet 1789, le peuple prit d’assaut la Bastille, massacra la garnison. La tête du gouverneur de Launay fut brandie à bout de lance et c’est aux cris de « Révolution » et le tout fortement arrosé de piquette rouge ( couleur de circonstance ) que Paris s’embrasa de joie et s’enivra de vins.

PS: A l’initiative du citoyen Bettane, la revue du vin de France publia en 1989, pour le bicentenaire: « La déclaration des droits du Vin, du Buveur, du Vigneron et de la Presse. »! (Voir annexe)


196/15 Juillet

DE LA MONTAGNE AU VIGNOBLE

La Corrèze n’occupe pas une place particulière dans la liste des contrées viticoles. Et pourtant, dans cette région montagneuse, on a pu assister à une conversion étonnante des habitants de la Haute- Corrèze, (région de Meymac), qui, depuis le XIXe siècle ont trouvé l’hiver du travail dans le Libournais ou le Bordelais au sein de diverses propriétés viticoles.

Au cours des années qui suivirent ces activités liées à la vigne furent en réelle régression et certains de ces migrants limousins eurent l’heureuse initiative de se convertir en commis voyageurs en vins de Bordeaux.

Ils sillonnèrent ainsi toutes les régions du nord de la France ainsi que l’est, allant même jusqu’en Belgique. Parmi ces simples courtiers de l’époque, certains purent acquérir des vignobles dont ils s’étaient faits les ambassadeurs émérites.

Le document daté du 15 juillet 1976 reproduit ci-dessus témoigne de cette aventure originale. (111)

C’est aussi la rencontre du châtaigner et du verre de vin de Bordeaux qui symbolise de façon imagée et en chanson les fondements du « Groupement amical des Corréziens de Bordeaux et de la Région », à la Maison du Terroir, 42 allée d’Orléans, 33000 Bordeaux.



197/16 Juillet

CAPUS REVIENS, L’INAO NE VA PAS BIEN !

Il y a 60 ans, le 16 juillet 1947, naissait l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine) l’institut phare de la viticulture française.

C’est grâce aux initiatives respectives du baron Leroy de Boiseaumarié en 1929 (voir 28 juin), puis du sénateur Joseph Capus qui institua le Comité national des vins de France en juillet 1935, qu’apparurent les premières AOC à partir de 1936.

Nul ne contestera la légitimité d’un tel organisme pour encadrer les éventuelles dérives des productions locales de vin.

Cet organisme avant l’heure labellisait les vins qui pouvaient être reconnus comme devant répondre « aux normes de l’Institut » et ainsi bénéficier d’un contrôle de qualité. Or, il s’agissait plus d’un contrôle de la production en volume et en surface, que d’un contrôle du produit lui-même qui était laissé à la sagacité (*) très subjective de juges souvent partiaux.

C’est Guy Renvoisé , le premier qui nous donna l’occasion de mettre derrière ce sigle de quatre lettres les éléments de compréhension de cet organisme qui n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie .

Dans son tout dernier ouvrage (112), il nous refait le point, sans complaisance, de ce qu’il appelle les vicissitudes de cet organisme passablement décrié malgré la bonne volonté de ses derniers dirigeants.

Rappelons que pour bénéficier de l’AOC, les vins qui méritent l’appellation d’origine doivent répondre à un certain nombre de critères:

  • Être issus d’une zone délimitée constituée par un ensemble de terroirs situés à l’intérieur d’une zone géographique.
  • Provenir d’un encépagement spécifique
  • Ne pas dépasser le rendement maximal imposé
  • Titrer avant tout enrichissement, un degré maximal et degré minimal
  • Provenir de vignes taillées selon un mode obligatoire
  • Être élaborés en se conformant aux modes de vinification imposés….

 

Derrière Guy Renvoisé, Michel Dovaz, Michel Bettanne et Chantal Lecouty, experts en vin et œnologues se demandent encore si l’INAO est destiné à défendre les producteurs, et donc les grandes corporations vigneronnes ou tout simplement les consommateurs qui demandent des produits de qualité échappant à toute facilité commerciale.

Aujourd’hui malheureusement cette noble institution que beaucoup de pays nous envient, se bureaucratise, et n’accompagne plus suffisamment les évolutions des terroirs. Elle se perd dans les lourdeurs de sa réglementation…

Puisse l’INAO entamer sa révolution ou en tous les cas son adaptation à la nécessaire évolution du monde viticole.

(*) Sagacité vient du mot « sagax » qui signifie : a l’odorat subtil !



198/17 Juillet

LA BOURGEOISE CAROLINE TOUTE CRU (E).

Extrait de la note mensuelle du Savour Club N° 202. Année 1995

Caroline encartonnée en 3 magnums était proposée pour 297 F ! (45€)


199/18 Juillet

FRÉDÉRIC ET LE ROSSIGNOL DES VIGNES.

Ci dessous la reproduction de la chanson écrite par Frédéric Mistral intitulée « Lou grippo Roussignou » (113)


200/19 juillet

UNE CAVE IDEALE AUX DEUX CENT BOUTEILLES

Du fait de lieux de résidences successifs, nous n’avons jamais eu de véritable cave permettant de stocker, voire de collectionner dans les meilleures conditions des vins dégustés au cours de périples dans les vignobles français. C’est peut être pour cette raison que nous nous sommes orientés vers la collection, non pas des bouteilles de vin mais des livres sur le vin.

Vouloir déguster régulièrement de bons vins suppose quatre conditions majeures : posséder un local enterré adéquat , s’approvisionner directement chez le producteur, avoir quelques moyens financiers, et savoir connaître et apprécier personnellement le vin.

Ne pouvant répondre dans sa globalité à ce postulat, nous vous proposons de réaliser la cave idéale.

En s’appuyant sur le principe de notre calendrier et tenant compte de la date de ce jour, 200 bouteilles ( car nous sommes le 200ème jour ) ont été sélectionnées dans les quatre types de vin: rouge, blanc, rosé et champagne

( jeudi, quatrième jour de la semaine ).

Nous avons retenu 19 caves ( nous sommes le 19 juillet ) et 7 grands vins ( juillet le 7ème mois )

Le tableau ci dessous donne la composition de cette cave, dont le choix des vins répond à nos goûts et se veut représentatif d’un bon rapport qualité/prix, avec une couverture des principales régions viticoles, et des bouteilles en quantités suffisantes pour être bues sur un cycle annuel. Les 19 vins ont été répartis par cartons de 12 ou 6 soit 183 bouteilles à consommer à raison de 3,5 bouteilles en moyenne par semaine sur 52 semaines auxquelles s’ajoutent les 15 bouteilles exceptionnelles à partager aux 5 grandes occasions et deux bouteilles rares pour l’événement surprise. Pour un coût total de 2007 € (comme l’année 2007 ! )

Région
Type de vin
Coordonnées
nbr
Alsace
Gewurtztraminer
Henri Gsell à EGUISHEIM
12
100
Jura
Etoile
Château de Quintigny , Cartaux Bougaud
6
40
Bourgogne
Saint Aubin
Saint Aubin 1er crû Jean Pierre Ponavoy à St Aubin
12
120
Bourgogne
Givry
Domaine Ragot à Givry Poncet 71640
12
85
Mâcon
Saint Véran
Triboulet Hubert et fils à Prissé 71960
6
40
Côtes du Rhône
Rochegude
Cave coopérative de Rochegude, Crû Docteur Bardet
12
75
Côtes du Rhône
Cairanne
Domaine Marcel Richaud
12
80
Provence
Côtes du Ventoux
Cave Saint Marc à Caromb 84330
12
70
Provence
Côtes de Provence
Château de Berne Marc Pétrequin à Lorgues 83510
6
55
Languedoc
Minervois
Château la Livinière grand terroir 34210
6
   
Cahors
Carte noire
Château Saint Didier , Maison Rigal à Parnac4 6140
12
100
Gaillac
Rosé
Vignoble le Payssel , Louis Brun à Frauseilles 81170
12
85
Bordeaux
Graves
Château la Tour Bicheau, Yves Daubas à Portets 33640
12
110
Bordeaux
Médoc
Château Lafon , Lafon-Fauchey à Prignac 33340
12
150
Bordeaux
Pomerol
Château Belles-Graves , succ Théalet à Néac 33500
9
120
Loire
Sancerre
Lucien Crochet à Bué
6
50
Loire
Chinon
Côteaux de Sonnay Bernard Baudry à Cravant 37500
6
30
Beaujolais
Chiroubles
Domaine E.Cheysson, Clos les Farges Chiroubles 69115
6
45
Champagne
Bouzy
Bouzy rouge de Paul Louis Martin Bouzy 51150
6
75
Saint- Emilion
Château Angélus
1er crû Château Angélus Saint Emilion
3
150
Bourgogne
Puligny Montrachet
Puligny-Montrachet 1er crû de GeorgesMeney
3
150
Alsace
Tokay pinot gris
Clos Saint Théobald Rangen Bernard Schoffit Colmar 68000
3
70
Champagne
Perrier Jouët
Millésime 2001 à Epernay 51206
3
90
Côte Rôtie
Hermitage
Marcel Guigal à Ampuis 69200
3
60
Jura