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MOIS DE JUILLET

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182/1 Juillet

L’ABBAYE DE SAINT-THIERRY ET LA NAISSANCE DU CHAMPAGNE

Hors des sources classiques des historiens, un petit ouvrage écrit par Fernand Woutaz avait attiré mon attention. Il traitait de la véritable histoire du Champagne. (103)

Dans cet ouvrage on apprend l’existence de l’abbaye de Saint-Thierry juchée sur le Mont d’Or à côté de Reims.

Abbaye de Saint-Thierry ( J.P.Bourreu )

 

Le fondateur était Thierry dont la vie fut étroitement liée à celle de Saint Rémi, évêque de Reims.

Ce dernier aida le jeune Thierry à sortir de l’emprise d’une femme qui le harcelait sexuellement.

Même si ses débuts dans la vie civile avaient été peu recommandables, Thierry sut très vite , avec l’assistance de Rémi, s’orienter vers une vie plus sacerdotale.

Ce monastère, comme ses voisins, participa à la croissance du vignoble champenois.

On dit même que c’est dans son enceinte qu’un moine serait à l’origine de la rédaction en 1718 du fameux traité:

« Manière de cultiver la vigne, de faire le vin en Champagne »

C’est à partir de ce fameux traité que le frère Oudart et Dom Pérignon ( de l‘abbaye d‘Hautvillers ), ont été à l’origine des essais fructueux de la champagnisation des vins locaux.

Mais en 1778, afin de subvenir aux besoins de l’abbaye de Saint-Rémi à Reims, l’archevêque de Reims, obtint la démolition de l’abbaye de Saint-Thierry.

Richement documenté, l’ouvrage de Fernand Woutaz rétablit les faits historiques et confirme que grâce à ses confrères d’autrefois, depuis Saint Thierry jusqu’au célèbre chanoine Godinot, Dom Pérignon peut être considéré aujourd’hui comme le plus grand bienfaiteur de l’humanité.

Qu’il soit ici honoré au plus haut, car si Thierry a bénéficié de la sanctification malgré une histoire personnelle quelque peu répréhensible, Dom Pérignon, méritait d’être nommé le Pape du Champagne, en tous les cas le Nobel des vins pétillants à moins que….. (voir le 31 décembre ).


183/2 Juillet

LA CONSÉCRATION DU CHÂTEAU L’ANGÉLUS.

Cela devait se situer au tout début de l’été 1994 , nous nous trouvions à séjourner 24h dans la propriété des Boüard de Laforest , grâce à un ancien collègue professionnel, cousin de Hubert de Boüard.

Cette occasion inespérée nous plongea dans un univers des plus accueillants et des plus respectueux.

A l’époque, lors de la visite des chais, on attira notre attention sur les qualités d’exceptionnel expert qu’était Hubert, lequel venait de reprendre les rênes de la propriété. Il s’est intéressé tout spécialement aux procédés de fermentation. Son secret s’exprimait dans les chais et non dans les vignes. Robert Parker ne s‘y est pas trompé en parlant de l’Angélus, il annonçait à l’Angélus à cette époque un avenir prometteur.

Nous avons appris que de l’année catastrophique de 1992 l’Angélus s’est bien sorti, grâce à la ténacité du jeune propriétaire. Ne dit-on pas : « c’est dans les années médiocres, que l’on reconnaît le bon vigneron »

Au cours de la soirée, en présence des parents de Boüard, un simple dîner se déroulait en compagnie d’une série de bouteilles qui nous plongea ensuite dans un sommeil lourd et profond, d‘où l’on percevait dans l’ inconscient du moment le son lointain du carillon de l‘angélus.

Cette visite reste gravée dans notre mémoire d’où cette évocation le jour de la Visitation, fêtée le 2 juillet.

Depuis, l’Angélus a poursuivi son ascension, pour connaître la consécration suprême en 1996. Le Château Angélus est devenu un « premier cru classé B ».

Après 10 ans, pourra-t-on confirmer le classement de l’Angélus 2006 au sommet des Saint-Emilion ? C’est ce que nous lui souhaitons de tout coeur.

Hubert de Boüard de Forest

Photo: Revue des vins de France, janvier 1997



184/3 Juillet

VOLTAIRE ET L’AMOUR PARTAGE ENTRE CORTON ET LA BELLE.

Dans une lettre datée du 3 juillet 1759, Voltaire écrivait à Madame Le Bault pour rendre hommage au métier de vigneron en ces termes :

« Vous voudrez bien que je vous supplie de permettre que je paie les ceps et la peine de ceux qui les auront plantés. Il est bien doux de s’occuper de ces amusements, tandis qu’on s’égorge sur terre et sur mer, que l’Allemagne s’épuise de sang et la France d’argent. »

Cette évocation épistolaire est là pour nous rappeler que Voltaire était un fin dégustateur de vin.

Ne voilà-t-il pas qu’il s’amourache d’un cru bourguignon, en l’occurrence un Corton ?

C’est par le truchement de son médecin, Tronchin de Genève qu’il découvrit la propriété des Le Bault au Château de Corton Grancey. Aussitôt Voltaire de s’exprimer: « Je ne puis souffrir d’autres vins que le vôtre », en s’adressant à Madame Le Bault qu’il surnommait « Madame la Belle ». En réalité, voilà Voltaire doublement amoureux.

La beauté de la dame ne fait pas de doute comme le démontre le portrait peint par Greuse en août 1755 .

Mme Le Bault , pastel de Greuze ( dans Corton, Claude Chapuis, Grand Bernard )

Voltaire n’a pas eu auprès de « La Belle » le succès escompté. Il dut donc se contenter des produits de sa vigne qu’elle lui prodiguait à raison de quatre pièces de vin par an..

Voltaire nous confie par ailleurs qu’il aimait servir à ses convives à Ferney surtout des Beaujolais, et préférait boire en cachette les Bourgognes dont le Corton en particulier.

Et nous conclurons cette évocation par un constat qu’il est plus facile d’être philosophe que vigneron.

« Vous faites de moi un petit Noé. Grâce à vos bontés, je plante des vignes dans ma vieillesse » écrivait-il à Mme Le Bault et d’ajouter : « Je sais bien qu’il est ridicule de planter à mon âge, mais quelqu’un boira un jour le vin de mes vignes et cela me suffit ». (104)



185/4 Juillet

LES VINS D’ANJOU ET SAINT FLORENT.

Même si l’évocation de Saint Florent, notre saint du jour nous conduit à Cahors, dont il fut le premier évêque au IVe siècle, c’est sur les bords de la Loire que nous allons nous arrêter. Et ce pour deux raisons.

D’abord pour découvrir le merveilleux village de Saint-Florent sur la route entre Tours et Nantes.

L’origine de ce lieu, érigé sur le mont Glone remonte aux celtes. Puis fut construite une abbaye sous l’égide de Charlemagne, dirigée ensuite par un certain Florent disciple de l’évêque de Tours, Saint Martin.

Saint-Florent produit aujourd’hui ce mono-cépage incontournable pour le secteur, à savoir le Cabernet.

Le 4 juillet 1937 ( il y a 70 ans ), avait lieu la fête nationale des vins de France à Angers.

A cette occasion, le Président Albert Lebrun se déplaça en personne en Anjou. Il visita entre autres le fameux coteau du Layon ainsi que les vignes de Savennières. Il lui fut donné l’occasion de vanter naturellement les vins de Loire dont ceux d’Anjou, qui allaient désormais rayonner dans le monde entier. C’est ainsi que les vins de Loire connurent grâce à cette foire prestigieuse et grâce au soutien présidentiel une réputation universelle.

Guy Jacquemont nous précise dans son « Grand livre des vins de Loire, (105) « au même moment, avait lieu à Paris, en présence du célèbre gastronome Curnonsky, le 152e dîner du vin d’Anjou »

Saint-Hilaire sur les bords de la Loire



186/5 Juillet

DE LA TENTATION D’ANTOINE A LA GUÉRISON.

Ci dessous une reproduction du tableau de Jérôme Bosch exposé au musée de Lisbonne, représentant Saint Antoine et la coupe de vin,

Mais il y a aussi Saint Antoine le guérisseur, celui à qui l’on attribue la guérison d’un porcelet dépourvu d’yeux et de pattes. On dit qu’il avait le don de guérir les gens atteints de la maladie du pain de seigle ergoté qui conduisait au dessèchement des extrémités des membres ( on appelait également cette affection, le feu sacré ou feu de Saint-Antoine )

Le remède proposé était de se frictionner avec de la graisse de porc mélangée à du vin. Cette association ne pouvait convenir que dans la sphère chrétienne des croyants de l’époque.

Lorsque aujourd’hui, on évoque encore Saint Antoine, c’est pour ne pas être victime de tel ou tel oubli, surtout lorsque le vin est un peu trop monté à la tête.

( anniversaire officiel du 5 juillet : Antoine Marie de Zaccaria, fondateur de l’ordre de Barnabites )

Saint Antoine soigne ses frères malades. Chapelle Saint- Antoine-de-Clans (Alpes Maritimes) Photo Michel Graniou


187/6 Juillet

LE VIGNOBLE VICTIME AUSSI DE MALADIES.

Une nature aussi précieuse et aussi nourricière n’échappe pas aux attaques maléfiques et parfois destructrices. Là où se développe le beau et le bien, le mal n’est pas loin. A l’homme de consacrer toute son énergie de génération en génération pour combattre les maladies de l’homme bien sûr, mais aussi celles des plantes.

En l’occurrence, la vigne connaît un nombre impressionnant de destructeurs, y compris ces virus qui gagnent soit le cep, soit les feuilles, soit le fruit lui même.

Des livres spécialisés proposent aux vignerons les explications et les remèdes qui peuvent être administrés par leurs propres soins, mais il y a aussi la possibilité de faire appel à des campagnes nationales ou régionales comme ce fut le cas lors de la grande crise phylloxérique de 1870 à 1900,

( une guerre de trente ans que Gilbert Garrier a analysé dans un excellent ouvrage )(106)

On distingue plusieurs catégories de maladies:

Les maladies cryptogamiques ( oïdium, mildiou, anthracnose, black rot, rot blanc, pourridié, mélanose et cotis )

Les maladies causées par les insectes (hannetons, charançons, chrysomèles, sgribouris, altises, grands rongeurs, criquets voyageurs, cochenilles, bombyx, noctuelles, pyrale,s cochylis, calories ), et la plus connue: le phylloxéra

Les maladies causées par les arachnides et les mollusques ( ergonomes, escargots des vignes, limaces rouges) ,

Les maladies ou accidents climatiques ( chlorose, broussin, gelée, grêle, vents violents, coulure, millerandage, échaudage, pourriture… )

Publicité datant de 1912

Les vignerons ont donc recours à des procédés multiples pour se préserver de tels malheurs….

Procédés qui font appel à des techniques agricoles de traitement par pulvérisation surtout, par engrais protecteurs, par adaptation des cépages aux terrains.

Procédés plus confidentiels qui relèvent des transmissions généalogiques

Procédés enfin plus surnaturels qui font appel à des opérations d’incantation, d’appel à protection divine, ou de mise sous la protection d’un saint local ou plus universel.

Aujourd’hui le viticulteur s’en remet surtout à ses connaissances techniques et à ses assureurs.

Les annales officielles viticoles, les récits locaux, les archives des contrées viticoles nous fournissent une profusion d’exemples et d’évènements qui illustrent parfaitement la fragilité de la vigne et les risques qu’elle doit affronter pour donner naissance à un raisin des plus sains.

Citons à titre d’exemple l’apparition survenue le 6 juillet 1873, dans un petit village de l’Hérault, appelé Saint-Bauzille. La Vierge serait apparue à un jeune vigneron de 32 ans, Auguste Arnaud , annonçant l’arrivée du phylloxéra et regrettant que les vignerons aient abandonné Saint Bauzille. S’en suivirent, processions et fêtes votives, jusqu’au moment ou malheureusement tout le vignoble fut tout de même envahi par le prédateur.

Vigne abandonnée, raisins disséminés!

Raisin sain, saint vin !



188/7 Juillet

RAOUL ET LA POÉSIE, RAOUL ET LA PEINTURE, POUR TOUT LEUR SAOUL.

L’évocation de deux célébrités qui comme beaucoup de créateurs artistiques, ne purent s’empêcher d’honorer le vin a soulevé notre attention sur le prénom de Raoul.

Les dates qui se succèdent nous apportent de nombreux exemples, et notre calendrier tient à honorer ces célébrités du monde des arts.

Littérature, et peinture entre autres.

C’est ce que nous avons voulu illustrer avec nos deux personnages prénommés Raoul:

L’écrivain Pochon et le peintre Dufy.

Pour souligner leur dévotion bachique, nous avons retenu deux créations.

Celle de l’écriture par cette magnifique ode au vin intitulée: « l’Or du Vin » que l’on découvre dans le truculent et unique ouvrage de Raoul Ponchon, « la Muse au cabaret » (108)

Quant à la peinture, et spécialement à Raoul Dufy illustrateur d’un ouvrage consacré à la santé par le vin (145) , nous garderons le souvenir de cette magnifique aquarelle conservée au Musée des Beaux Arts de Nice représentant une scène des vendanges

Les vendanges, par Raoul Dufy 1877-1953


189/8 Juillet

Où SONT LES VINS DE SAINT THIBAUT ?

Que l’on écrive Thibaut, Thiébaut, Théobald, Thibault, Thibeaud…. C’est pour nous une seule référence qui a pour trait commun la vigne et le vin.

Saint Thibaut

La seule référence religieuse trouvée est celle de Saint Thibaut, abbé des Vaux de Cernay qui à la demande de Saint Louis, supplia la divinité de rompre la stérilité du couple royal. On retrouve dans ce fait les vertus providentielles dévolues à la vigne source de fécondité. Vigne qui par ailleurs est l’essence même du pouvoir divin. Nous sommes au début du XIIème siècle.

Saint Thiébaut

A Thann ( Haut-Rhin ), la Vierge et Saint Thiébaut se partageaient le patronage viticole. On a raconté que, au Moyen Âge, à l’érection de la chapelle de Saint-Thiébaut, la récolte du vin fut tellement abondante qu’on se servit pour fabriquer la chaux, de vin à la place d’eau et que Saint Thiébaut, probablement à la suite de cette affaire, fut invoqué comme patron des vignerons . ( 109 ).

Saint Théobald

Ce nom soutenant le grand crû du Rangen ( sur les contreforts de Thann ) fut donné par la cave de Bernard Schoffit, vigneron à Colmar.

Ce vin est référencé à juste titre depuis de nombreuses années dans le Guide Hachette des vins.

Saint-Thibault

Nom donné à la première société d’entraide de Bourgogne pour les vignerons en difficulté.

L’histoire locale nous raconte que la première de ces sociétés est née à Pommard en 1668 et qu’elle serait la prolongation de la confrérie du Saint Sacrement crée au XIIIe siècle.

Cette société d’entraide fait obligation à ses membres, vignerons d’une même commune, d’assurer le travail des vignes d’un confrère malade ou décédé dans l’année.

Entre 1882 et 1994, Pommard connut deux confréries pour cause de querelle religieuse:

Saint-Thibault: la catholique

L’Union : la laïque

En 1969, un banquet commun réuni les deux sociétés. Elles fusionnent en 1994. Cependant la nouvelle société commune garde deux drapeaux, le bleu, blanc, rouge +RF ( pour l’ex-Union ) et bordeaux + la croix ( pour l’ex-catholique ). Comme quoi toute fusion n’annihile jamais l’origine culturelle ou confessionnelle.(110)

Thibeaud

Il s’agit sous ce nom de nommer le château Thibeaud Maillet géré par Andrée et Roger Duroux, charmant couple rencontré au Salon des caves particulières de la porte de Champerret en décembre 1995.

Un Pomerol plus que recommandable !

Thibaut

Le prénom de notre fils à qui est dédié cette journée chaleureuse en proposant un verre de vin du Berry originaire de Saint-Thibault

Village de Saint-Thibaut en Côte d’Or (photo M. Heimermann)



190/9 Juillet

LA FORMATION VITICOLE AU CHÂTEAU.

On comprend que la communauté des vignerons se plie à la nécessité de garder un niveau de connaissances et donc de compétences pour faire face à la technicité évolutive et de la viticulture et de la viniculture. Comme pour tout métier, il faut à l’évidence se former et donc assister à des stages, cours , conférences ou journées techniques organisés par divers organismes.

Que cela soit à l’initiative d’un syndicat viticole, ou d’une grande Maison de vin, voire de l’université, le vigneron ne peut se contenter de sa seule expérience.

Pour exemple, ce programme très orienté sur les phytosanitaires présenté par une entreprise qui par son enseignement tente d’apporter les informations nécessaires à l’exercice du métier de vigneron, mais aussi à profiter de l’occasion de ces rencontres pour démarcher commercialement leurs interlocuteurs en proposant qui des produits, qui du matériel, qui de l’assistance technique.

Tel fut le but de la :

7ème Journée PHYTOMIEUX

Qui s’est déroulée au

Château Grand Rigaud
Puisseguin 33

le 9 juillet 2004

Le programme de cette journée comportait les thèmes suivants :


Comment bien utiliser son pulvérisateur?
Comment éviter que les produits de traitement ne dérivent dans l'eau, le sol ou l’atmosphère ?
Que faire des fonds de cuve et des déchets phytosanitaires ?
Quels sont les risques pour les utilisateurs et comment s'en protéger ?
Quelles sont les évolutions de la réglementation ?

Les différents thèmes étaient illustrés par des exercices pratiques.


191/10 Juillet

EN DIRECTION DE SAINT ULRICH EN PASSANT PAR LES VIGNES.

C’est aussi la fête de Sainte Félicité qui marque le meilleur jour de l’été !

Saint Ulrich ancien révérend de l’abbaye de Cluny a surtout vécu en Allemagne.

On trouve également en France des lieux portant son nom, et plus particulièrement en Alsace .

On peut citer tout particulièrement la petite vallée de Saint-Ulrich qui débouche sur les magnifiques vignobles du Kirchberg et de l’Altenberg, deux grands crûs qui font la renommée de la capitale des vins d‘Alsace du Bas-Rhin, Barr.

Il y a également le Château Saint-Ulrich, l’un des trois châteaux de Ribeauvillé. On y accède par le sentier du GR5 en traversant encore une fois deux autres célèbres vignobles grands crûs : le Geisberg et le Kirchberg.( Haut Rhin )

La jeune fille au verre de vin. Braunschweig, Herzog Anton Ulrich Museum . 78 x 67 cm. v.1662.


192/11 Juillet

LA RÈGLE DE SAINT BENOÎT ET LES VINS.

Vie de Saint Benoît par Saint Grégoire, Pape.

Chapitre XVIII : Le recel de la fiasque de vin.

« A une certaine époque, notre brave Exhilaratus (c.à.d. "Réjoui"), que tu as connu après sa conversion, avait été envoyé par son maître afin d'apporter du vin à l'homme de Dieu pour le monastère : il y en avait, pleins, deux de ces petits récipients en bois qu'on appelle plus communément fiasques. Il en apporta un, mais il cacha le second en cours de route. Quant à l'homme de Dieu à qui l'on ne pouvait dissimuler les faits commis en son absence, il reçut le premier avec action de grâce et il lança cet avertissement au garçon qui s'éloignait : « Regarde bien, fils, ne bois pas tout de suite de ce flacon que tu as caché, mais penche-le avec prudence, et tu trouves ce qu'il y a dedans. » Couvert de confusion, il sortit de chez l'homme de Dieu et, revenu à cet endroit, voulant vérifier ce qu'il avait entendu, comme il penchait la fiasque, il en sortit aussitôt un serpent. Alors ce jeune Exhilaratus, impressionné par ce qu'il découvrit dans le vin, fut effrayé du mal qu'il avait commis ».

Dans la fameuse Règle de Saint Benoît on peut relever les différents extraits suivants:

Règle10

Le lecteur de semaine boit du vin mélangé avec de l’eau, avant de commencer la lecture. Il fait ainsi à cause de la sainte communion, et pour que le jeûne ne soit pas trop fatigant.

Règle 40. La boisson

1 « Chacun reçoit de Dieu un don particulier : l'un celui-ci, et l'autre celui-là » (1 Corinthiens 7, 7).

2 C'est pourquoi nous hésitons un peu à fixer la quantité de nourriture et de boisson pour les autres.

3 Pourtant, à cause de l'infirmité de ceux qui sont faibles, nous pensons qu'une hémine de vin suffit à chaque frère pour la journée.

4 Mais, à certains, Dieu donne la force de s'en priver. Ceux-là doivent le savoir, ils recevront pour cela une récompense spéciale.
5 Quand on a besoin de boire davantage de vin à cause de l'endroit où l'on est, à cause du travail ou de la chaleur de l'été, le supérieur décide d'en donner plus. Mais, en tout cas, il fait attention à ceci : les moines ne boiront pas trop de vin et ils ne deviendront jamais ivres.

6 Pourtant, voici ce que nous lisons : « Le vin n'est absolument pas fait pour les moines. » Mais, aujourd'hui, on ne peut pas les convaincre de cette vérité. Alors, mettons-nous d'accord au moins pour dire : il ne faut pas en boire trop, mais avec mesure.

7 En effet, « à cause du vin, même les sages peuvent abandonner Dieu » (Siracide 19, 2).

8 Quelquefois, l'endroit est tellement pauvre qu'on ne peut même pas trouver la quantité de vin fixée plus haut. On en trouve beaucoup moins ou pas du tout. Alors les moines qui vivent là, béniront Dieu au lieu de murmurer.

9 Oui, avant tout, voici ce que nous recommandons : que les moines ne murmurent jamais !

Ma modeste recommandation, pour vous consommateurs avertis, ne s’éloignera pas beaucoup de la règle de Saint Benoît, à savoir:

Le vin est d’abord fait pour tous ceux qui l’apprécient parce que jamais ils n’en abuseront.


193/12 Juillet

LE CHÂTEAU OLIVIER OU LE CHÂTEAU DES OLIVIERS.

Château Olivier est un grand cru classé des Graves et sans doute parmi les meilleurs blancs.

Ce château est une histoire de famille qui a commencé au XIIè siècle avec la visite régulière du Prince Noir.

Mais c’est en 1663, que Marie de Lasserre, fille du seigneur d’Olivier, épouse Pierre Pernel, baron de la Brède, et lui apporte Olivier en dot. Sa fille unique épousa messire Jacques de Secondat, baron de Montesquieu.

Depuis 1886, le domaine appartient à une vieille famille bordelaise, la famille de Bethmann qui exploite le célèbre vignoble du château Olivier.

 

En 1994, la famille de Bethmann eut l’idée d’un second vin blanc qu’il nomma « Histoire d’O ». Vin aussi appréciable que celui du Château Olivier.

Cette histoire d’O nous permet de faire la transition avec une autre histoire objet d’une saga télévisée

qui s’intitulait : Le château des Oliviers et dont la synopsis du feuilleton se résume ainsi:

« Cet été, comme tous les étés, Estelle ( Brigitte Fossey ) retrouve la vieille maison et les siens pour fêter l'arrivée de la belle saison. Mais cet été, elle a décidé de rendre aux Oliviers l'honneur et la splendeur d'autrefois. Elle veut refaire le vin qui fut jadis la gloire des Laborie. Elle ne sait pas que la destruction du domaine vient d'être programmée. Le Château sera rasé puis englouti sous les eaux d'un lac artificiel. Ce qu'elle prend d'abord pour une opération immobilière est en réalité une vengeance longuement mûrie. Le passé va remonter à la surface, bouleversant Estelle, mais aussi la révélant à elle-même. Aidée par l'amour de la terre, par l'amour des siens et par l'amour d'un homme, Estelle va-t-elle gagner en défendant ses racines contre l'argent, le pouvoir et le béton ? ».

Vin et Olivier font bon ménage si l’eau ne les noie pas .


194/13 Juillet

HENRI LE SORCIER DES VIGNES ET DU VIN FOU.

Notre histoire de France et celle de nos vins furent marquées à plusieurs reprises par d’agréables associations entre certains personnages au prénom d’ Henri et le monde du vin.

Il fallait choisir entre plusieurs Henri: Henri d’Angelli et sa Bataille des vins ou Henri IV ou Henri Vincenot l’écrivain du terroir bourguignon etc… Nous avons retenu Henri Maire.

Ce personnage haut en couleur, a marqué le monde viticole par le succès de son rayonnement commercial; Henri Maire est devenu un leader régional comme d’autres :

En Bordelais : la Maison Magrez

En Bourgogne : la Maison Boisset

En Beaujolais : la Maison Dubeuf .

Henri Maire c’est l’histoire du vin, celle du Jura, celle d’Arbois, celle du Vin Fou, celle des deux tonneaux. C’est le pionnier de l’intégration globale (de la vigne au consommateur).

Voilà ce que nous relate la présentation de Sa Maison:

1632 : un document officiel atteste qu'un MAIRE possède une vigne et une cave en Arbois.

Ces quelques arpents se transmettent de génération en génération et, trois siècles plus tard, en 1939, le jeune Henri MAIRE reçoit en héritage la modeste propriété familiale.

Il a 22 ans. Passionné par les vins du Jura, il décide de les faire connaître à la France entière. Et pour s'en donner les moyens, il accroît ses propriétés, jusqu'à devenir avec 300 ha en production le plus important propriétaire du Jura et même l'un des plus importants de France.

En 1954, il fait construire à Boichailles, au coeur même de ses domaines, des installations modernes et fonctionnelles : tout y est regroupé, de la réception des vendanges à l'expédition des bouteilles.

Aujourd'hui, HENRI MAIRE compte 800 000 clients, 350 Conseillers qui sur toute la France rencontrent leurs clients à domicile ou les reçoivent en Foire, près de 200 personnes travaillant à Boichailles, dont environ 50 cavistes et autant de vignerons.

C'est aussi une gamme magnifique et des vins régulièrement primés dans les concours régionaux, nationaux et internationaux - plus de 200 médailles d'or à ce jour.

Et c'est enfin toujours une entreprise familiale dont les enfants d'Henri MAIRE, Henri-Michel et Marie-Christine, assurent la pérennité.

En 1984, date à laquelle commença ma rencontre approfondie avec le vin, Henri Maire publiait sa première lettre :

« Henri Maire Les nouvelles ».

Il utilisait en avant première tous les leviers commerciaux possibles (VPC, Foires, Commerciaux,...) Si le Jura connut un développement viticole, il le doit à Henri Maire.


195/14 Juillet

QUAND LE VIN PRIT LA BASTILLE.

Il n’y a pas que la version classique des manuels d’histoire (la révolution du peuple contre l’absolutisme royal) pour nous relater le 14 juillet 1789 et le soulèvement de Paris et la prise de la Bastille.

Il y a aussi une version plus mercantile, celle de l’émeute des cabaretiers et pinardiers contre l’oppression fiscale.

On sait que la région parisienne était à cette époque une grande productrice de vins aux débouchés prometteurs. L’Etat y trouvait là un moyen de s’enrichir grâce à la mise en place des barrières fiscales, sous la forme de guérites placées aux entrées principales de la capitale. Malheureusement, avec une infrastructure vieillissante et un agrandissement rapide des limites de Paris, ces postes de contrôles douaniers devenaient de plus en plus vulnérables et en tous les cas, étaient le prétexte de tous les contournements et fraudes possibles. A titre d’exemple, on a vu s’ériger ou s’équiper le long de la dite « frontière » des guinguettes et des tavernes sur la limite interne de Paris ( zone exonérée de taxe sur les vins ) pour bénéficier des approvisionnements de proximité, que ce soit « sous le manteau » par les airs

(Ballons !) ou sous terre ( tuyaux !).

Devant cette débauche d’incivilité, le roi Louis XVI ordonna en 1784 de reculer les barrières et d’en matérialiser le tracé par une véritable enceinte appelé « le mur des Fermiers Généraux ».

Les travaux commençaient à s’achever lorsqu’en janvier 1789, un nombre important de débitants de vin, se constituèrent en force d’opposition et ce devant notaire, pour faire comprendre à la Cour que l’on se dirigeait vers la ruine de la profession des marchands de vin.

« Le mur murant Paris rend Paris murmurant » nous rapporte l’histoire. Des attaques en règle contre les agents du fisc, des révoltes de quartier commençaient à se multiplier ajoutant à la situation catastrophique dans laquelle vivait le peuple de Paris.

Citoyens chantant « l’hymne du Marseillais » des frères Lesueur (Lauros Giraud)

Le 11 juillet 1789 un dénommé Monnier, marchand de vin et fraudeur notoire, prit la tête d’une bande armée et incendia la barrière Blanche, située vers la Gare Saint-Lazare. Puis les jours suivants, l’émeute gagna les quartiers du nord et de l’est de la capitale. La rumeur indiquait que des armes étaient accessibles à la Bastille et c’est ainsi que le 14 juillet 1789, le peuple prit d’assaut la Bastille, massacra la garnison. La tête du gouverneur de Launay fut brandie à bout de lance et c’est aux cris de « Révolution » et le tout fortement arrosé de piquette rouge ( couleur de circonstance ) que Paris s’embrasa de joie et s’enivra de vins.

PS: A l’initiative du citoyen Bettane, la revue du vin de France publia en 1989, pour le bicentenaire: « La déclaration des droits du Vin, du Buveur, du Vigneron et de la Presse. »! (Voir annexe)


196/15 Juillet

DE LA MONTAGNE AU VIGNOBLE

La Corrèze n’occupe pas une place particulière dans la liste des contrées viticoles. Et pourtant, dans cette région montagneuse, on a pu assister à une conversion étonnante des habitants de la Haute- Corrèze, (région de Meymac), qui, depuis le XIXe siècle ont trouvé l’hiver du travail dans le Libournais ou le Bordelais au sein de diverses propriétés viticoles.

Au cours des années qui suivirent ces activités liées à la vigne furent en réelle régression et certains de ces migrants limousins eurent l’heureuse initiative de se convertir en commis voyageurs en vins de Bordeaux.

Ils sillonnèrent ainsi toutes les régions du nord de la France ainsi que l’est, allant même jusqu’en Belgique. Parmi ces simples courtiers de l’époque, certains purent acquérir des vignobles dont ils s’étaient faits les ambassadeurs émérites.

Le document daté du 15 juillet 1976 reproduit ci-dessus témoigne de cette aventure originale. (111)

C’est aussi la rencontre du châtaigner et du verre de vin de Bordeaux qui symbolise de façon imagée et en chanson les fondements du « Groupement amical des Corréziens de Bordeaux et de la Région », à la Maison du Terroir, 42 allée d’Orléans, 33000 Bordeaux.



197/16 Juillet

CAPUS REVIENS, L’INAO NE VA PAS BIEN !

Il y a 60 ans, le 16 juillet 1947, naissait l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine) l’institut phare de la viticulture française.

C’est grâce aux initiatives respectives du baron Leroy de Boiseaumarié en 1929 (voir 28 juin), puis du sénateur Joseph Capus qui institua le Comité national des vins de France en juillet 1935, qu’apparurent les premières AOC à partir de 1936.

Nul ne contestera la légitimité d’un tel organisme pour encadrer les éventuelles dérives des productions locales de vin.

Cet organisme avant l’heure labellisait les vins qui pouvaient être reconnus comme devant répondre « aux normes de l’Institut » et ainsi bénéficier d’un contrôle de qualité. Or, il s’agissait plus d’un contrôle de la production en volume et en surface, que d’un contrôle du produit lui-même qui était laissé à la sagacité (*) très subjective de juges souvent partiaux.

C’est Guy Renvoisé , le premier qui nous donna l’occasion de mettre derrière ce sigle de quatre lettres les éléments de compréhension de cet organisme qui n’a jamais fait l’objet d’une étude approfondie .

Dans son tout dernier ouvrage (112), il nous refait le point, sans complaisance, de ce qu’il appelle les vicissitudes de cet organisme passablement décrié malgré la bonne volonté de ses derniers dirigeants.

Rappelons que pour bénéficier de l’AOC, les vins qui méritent l’appellation d’origine doivent répondre à un certain nombre de critères:

  • Être issus d’une zone délimitée constituée par un ensemble de terroirs situés à l’intérieur d’une zone géographique.
  • Provenir d’un encépagement spécifique
  • Ne pas dépasser le rendement maximal imposé
  • Titrer avant tout enrichissement, un degré maximal et degré minimal
  • Provenir de vignes taillées selon un mode obligatoire
  • Être élaborés en se conformant aux modes de vinification imposés….

 

Derrière Guy Renvoisé, Michel Dovaz, Michel Bettanne et Chantal Lecouty, experts en vin et œnologues se demandent encore si l’INAO est destiné à défendre les producteurs, et donc les grandes corporations vigneronnes ou tout simplement les consommateurs qui demandent des produits de qualité échappant à toute facilité commerciale.

Aujourd’hui malheureusement cette noble institution que beaucoup de pays nous envient, se bureaucratise, et n’accompagne plus suffisamment les évolutions des terroirs. Elle se perd dans les lourdeurs de sa réglementation…

Puisse l’INAO entamer sa révolution ou en tous les cas son adaptation à la nécessaire évolution du monde viticole.

(*) Sagacité vient du mot « sagax » qui signifie : a l’odorat subtil !



198/17 Juillet

LA BOURGEOISE CAROLINE TOUTE CRU (E).

Extrait de la note mensuelle du Savour Club N° 202. Année 1995

Caroline encartonnée en 3 magnums était proposée pour 297 F ! (45€)


199/18 Juillet

FRÉDÉRIC ET LE ROSSIGNOL DES VIGNES.

Ci dessous la reproduction de la chanson écrite par Frédéric Mistral intitulée « Lou grippo Roussignou » (113)


200/19 juillet

UNE CAVE IDEALE AUX DEUX CENT BOUTEILLES

Du fait de lieux de résidences successifs, nous n’avons jamais eu de véritable cave permettant de stocker, voire de collectionner dans les meilleures conditions des vins dégustés au cours de périples dans les vignobles français. C’est peut être pour cette raison que nous nous sommes orientés vers la collection, non pas des bouteilles de vin mais des livres sur le vin.

Vouloir déguster régulièrement de bons vins suppose quatre conditions majeures : posséder un local enterré adéquat , s’approvisionner directement chez le producteur, avoir quelques moyens financiers, et savoir connaître et apprécier personnellement le vin.

Ne pouvant répondre dans sa globalité à ce postulat, nous vous proposons de réaliser la cave idéale.

En s’appuyant sur le principe de notre calendrier et tenant compte de la date de ce jour, 200 bouteilles ( car nous sommes le 200ème jour ) ont été sélectionnées dans les quatre types de vin: rouge, blanc, rosé et champagne

( jeudi, quatrième jour de la semaine ).

Nous avons retenu 19 caves ( nous sommes le 19 juillet ) et 7 grands vins ( juillet le 7ème mois )

Le tableau ci dessous donne la composition de cette cave, dont le choix des vins répond à nos goûts et se veut représentatif d’un bon rapport qualité/prix, avec une couverture des principales régions viticoles, et des bouteilles en quantités suffisantes pour être bues sur un cycle annuel. Les 19 vins ont été répartis par cartons de 12 ou 6 soit 183 bouteilles à consommer à raison de 3,5 bouteilles en moyenne par semaine sur 52 semaines auxquelles s’ajoutent les 15 bouteilles exceptionnelles à partager aux 5 grandes occasions et deux bouteilles rares pour l’événement surprise. Pour un coût total de 2007 € (comme l’année 2007 ! )

Région
Type de vin
Coordonnées
nbr
Alsace
Gewurtztraminer
Henri Gsell à EGUISHEIM
12
100
Jura
Etoile
Château de Quintigny , Cartaux Bougaud
6
40
Bourgogne
Saint Aubin
Saint Aubin 1er crû Jean Pierre Ponavoy à St Aubin
12
120
Bourgogne
Givry
Domaine Ragot à Givry Poncet 71640
12
85
Mâcon
Saint Véran
Triboulet Hubert et fils à Prissé 71960
6
40
Côtes du Rhône
Rochegude
Cave coopérative de Rochegude, Crû Docteur Bardet
12
75
Côtes du Rhône
Cairanne
Domaine Marcel Richaud
12
80
Provence
Côtes du Ventoux
Cave Saint Marc à Caromb 84330
12
70
Provence
Côtes de Provence
Château de Berne Marc Pétrequin à Lorgues 83510
6
55
Languedoc
Minervois
Château la Livinière grand terroir 34210
6
   
Cahors
Carte noire
Château Saint Didier , Maison Rigal à Parnac4 6140
12
100
Gaillac
Rosé
Vignoble le Payssel , Louis Brun à Frauseilles 81170
12
85
Bordeaux
Graves
Château la Tour Bicheau, Yves Daubas à Portets 33640
12
110
Bordeaux
Médoc
Château Lafon , Lafon-Fauchey à Prignac 33340
12
150
Bordeaux
Pomerol
Château Belles-Graves , succ Théalet à Néac 33500
9
120
Loire
Sancerre
Lucien Crochet à Bué
6
50
Loire
Chinon
Côteaux de Sonnay Bernard Baudry à Cravant 37500
6
30
Beaujolais
Chiroubles
Domaine E.Cheysson, Clos les Farges Chiroubles 69115
6
45
Champagne
Bouzy
Bouzy rouge de Paul Louis Martin Bouzy 51150
6
75
Saint- Emilion
Château Angélus
1er crû Château Angélus Saint Emilion
3
150
Bourgogne
Puligny Montrachet
Puligny-Montrachet 1er crû de GeorgesMeney
3
150
Alsace
Tokay pinot gris
Clos Saint Théobald Rangen Bernard Schoffit Colmar 68000
3
70
Champagne
Perrier Jouët
Millésime 2001 à Epernay 51206
3
90
Côte Rôtie
Hermitage
Marcel Guigal à Ampuis 69200
3
60
Jura
Château Chalon
Vin de garde de Jean Macle à Château- Chalon 39210
1
30
Loire
Coulée de Serrant
Château de la Roche aux Moines à Savennières 49170
1
26

 

Cette sélection est bien entendu à renouveler chaque année, sachant que nous avons retenu des millésimes entre 2000/2004


201/20 Juillet

LE BOUQUET DE SAINTE-MARGUERITE.

De la conversion de Sainte Marguerite d’Antioche à cette belle histoire d’une reconversion, il n’y avait qu’à faire le saut symbolique

Combien ont eu le coup de foudre de la vigne et ainsi abandonné la grisaille du bureau ou de l’usine pour une belle parcelle de vignes aux couleurs arc en ciel.

Jean Pierre Fayard est un de ces reconvertis. Parti des collines du Forez, il gagna subitement les fôrets des Maures.

Ayant acquis en 1977 une quinzaine d’hectares, il transforma le domaine de Sainte-Marguerite pour produire aujourd’hui des perles de vin.

Sainte Marguerite est vénérée pour avoir dompté la baleine comme Jonas, mais aussi en tant que perle (ou Margaritifera : l’exploitation des perles de coquillage).

Ce petit domaine devenu grand (25 hectares) produit des vins provençaux gorgés de soleil. Mourvèdre et Syrah faisant bon ménage offrent aux clients exigeants des vins rosés, rouges et blancs de garde ou à boire aussitôt sous la tonnelle parfumée.

A deux pas de la mer, à l’est d’Hyères, le Domaine de Sainte-Marguerite se situe à La Londe et avoisine le Parc des Oiseaux.

C’est un enchantement.

Soyez assuré que le patron des lieux, qui soigne ses vins sous les conseils avisés de l’œnologue local Richard Bertin, est un éleveur hors pair.

Porter le nom de Marguerite pour un domaine viticole, en cette journée d’été, c’est vouloir offrir des bouteilles de Sainte-Marguerite comme on offre un bouquet !

Photo Marc Heimermann


202/21 Juillet

LA COTE DE SAINT VICTOR OU SAINT- VICTOR- LA- COSTE.

Nous sommes dans le Sud des Côtes du Rhône sur la rive droite du grand fleuve. On quitte l’autoroute A7 pour emprunter l’A9 pendant une dizaine de kilomètres. Puis on quitte cette dernière après Rauquemaure pour emprunter la N580 en direction du nord vers Bagnols- sur -Cèze.

Nous longeons successivement les deux grands crûs de cette région que sont le Tavel et le Lirac pour atteindre Saint-Laurent- des- Arbres (voir 10 août).

Ici, la contrée vinicole n’a rien à voir avec celle de la rive gauche du Rhône. Nous rencontrons des secteurs rocailleux qui laissent peu d’espace à la végétation hormis les nombreuses parcelles de ceps noueux et sombres. Nous sommes dans le Gard et pourtant les vins ne relèvent pas du Languedoc, ils se caractérisent comme des Côtes du Rhône rouges à l‘exception des appellations Tavel AOC rosé et Lirac AOC rouge.

Les villages qui produisent d’excellents vins restent peu connus et offrent des vins discrets et attractifs à souhait. C’est le cas de notre petit village de Saint-Victor-la-Coste. Loin des tumultes citadins, cette bourgade décline des vins à l’instar de ceux de son aînée, la commune de Laudun située à quelques 5 kilomètres au nord. Les étiquettes des vins issus de la cave coopérative de Saint-Victor portent d’ailleurs le nom de « Côtes du Rhône villages, Laudun ».

Entre Laudun, Orsan, Chusclan, Sabran, on s’y perd un peu. Mais ce coin mérite d’être découvert à pied pour mieux saisir le caractère paisible de cette contrée éloignée des grands axes de transhumance.

Une découverte, ce sont les vins blancs qui peuvent prétendre à la même cote que les blancs de Châteauneuf-du-Pape.

Afin de découvrir un tel havre de paix et profiter de dégustations victoriennes, une halte s’impose au Château de Lascours; où de ravissantes chambres s’offrent aux découvreurs assoiffés et fatigués. Et pour les plaisirs de la table une subtile restauration est proposée au restaurant des « Compagnons ».



203/22 Juillet

SAINTE MADELEINE ENTRE ÉCRIVAINS ET VIGNERONS

Au début des contreforts du Morvan se dresse sur la colline éclairée, la célèbre basilique Sainte-Madeleine-de-Vézelay.

 

Dans ce deuxième lieu de pèlerinage de France, la fête bat son plein en ce dimanche 22 juillet au sein du petit village chargé d’une histoire à la foi (s) religieuse, politique et culturelle.

Madeleine, la pécheresse repentie quitta en barque la Terre Sainte après avoir constaté la résurrection du Christ. Elle débarqua à Marseille pour se retirer nue dans une grotte du désert de la Sainte Baume.

Ses reliques furent ensuite transférées de la Sainte Baume à la basilique de Saint- Maximin en Provence, puis à Saint -Père- sous- Vézelay pour enfin reposer en 878 dans la basilique éponyme, fondée par les bénédictins.

La colline de Vézelay inspire le pèlerin, l’écrivain et le vigneron. Ici cohabitent dans une confrontation historique nombre de célébrités.

Comment ce lieu de forte dévotion pour Sainte Madeleine est-il aujourd’hui le carrefour emblématique des chercheurs d’inspiration, d’initiation, de dégustation, de méditation, de réclusion voire de création ?

Sans doute la géographie des lieux qui offre à la fois : la retraite spirituelle aux croyants, les parcours pédestres aux pèlerins, le repos calme aux écrivains, et la terre généreuse aux vignerons. Vézelay représente ainsi quatre domaines d‘attractivité:

La Basilique Sainte-Madeleine.

C’est du narthex en direction de la nef, que se découvre la plénitude architecturale conciliant le roman de l’entrée et le gothique du chœur. On aura remarqué quelques rares allusions au vin et à la vigne dans les nombreuses sculptures du tympan (taille de la vigne, la vendange et un homme qui tient la coupe de vin) et des chapiteaux du narthex (deux hommes mangeant du raisin N°2 et grappe de Canaan N°14).

La basilique de Sainte Madeleine a connu les rendez-vous célèbres : Saint Bernard prêchant la croisade, Thomas Becket priant avant son martyre, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion pour rassembler leur troupes en partance pour Jérusalem, le Roi Saint Louis et bien d’autres. (114)

Une étape, vers Saint Jacques de Compostelle

Vézelay c’est aussi l’un des quatre principaux points de départ des sentiers de marche vers Saint- Jacques de Compostelle, que l’on évoquera trois jours plus tard le 25 juillet.

Ce chemin, appelé via Lemovicensis emprunte tout particulièrement les chemins des plus anciennes régions viticoles (Bourbonnais, Sancerre, Berry, Bergerac, Montbazillac, Duras et Marmande, en passant par Orthez et Saint Palais et Irouléguy) pour ensuite franchir les Pyrénées. (115)

Un village d’écrivains

Le village de Vézelay c’est aussi le repos des guerriers écrivains. Nombreux sont ceux qui ont choisi la montagne éternelle pour reposer en paix. Sur cette colline inspirée, le cimetière accueille au pied de la basilique : Max Pol Fouchet, Georges Bataille, Maurice Clavel et le plus célèbre du lieu : Jules Roy.

Ne trouve-t-on pas aussi la plus petite maison d’édition appelée « Or des étoiles » installée depuis 1995 et animée par Laurent Hecquet. Vézelay c’est la pensée littéraire, c’est le monde imaginaire du livre rare ou élevé, issu directement des anciens ouvrages mystiques et religieux. Madeleine la Sainte, veille et inspire le souvenir.

Une appellation viticole

Enfin sur les pentes qui encerclent le lieu saint, des vignes ont ressuscité à partir de 1975. Melon, Chardonnay et Pinot noir donnent à ce lieu magique un label AOC d’un bourgogne Vézelay aux notes acidulées et fleuries.

C’est à Asquin, commune voisine que l’élite vigneronne s’exprime le mieux, sans omettre celle des trois coteaux voisins que sont Saint-Père, Tharoiseau et Vézelay. Au sein de celle ci, se distingue un jeune couple viticulteur reconverti du livre au vin. Isabelle et Patrick Georgelin, anciens libraires parisiens, qui gèrent aujourd’hui le domaine des Faverelles.

vin Henri de Vezelay appelation Saint-Père

Les bouteilles bourguignonnes à la forme ventrue comme la gourde du pèlerin, portent une étiquette illustrée de la rose trémière, symbole du pèlerinage de Saint Jacques.

La messe est dite, le chemin est parcouru, le livre est refermé et le vin est consommé. Madeleine laisse entrevoir l’image de la facilité comme de la sérénité et nous montre la direction de Saint Jacques.

Dans ce lieu enchanteur et enchanté, il faut retenir que vin et écriture exigent spiritualité et recueillement.


204/23 Juillet

SAINT APOLLINAIRE, DE RAVENNE A PUYMERAS.

Nous réservons la journée du 20 octobre à Guillaume Apollinaire. Mais en ce 23 juillet, on célèbre plus spécialement Saint Apollinaire évêque de Ravenne où lui est consacrée une abbatiale dans laquelle ont peut découvrir de splendides fresques et mosaïques du VIe siècle.

Comment ne pas souligner cette homonymie avec un domaine viticole du sud -est de la France situé au pied du Mont Ventoux, près de Vaison -la- Romaine.

Le Domaine de Saint-Apollinaire étale ses vignes sur la commune de Puyméras et produit des Côtes du Rhône par culture dynamique et organique qui donne aux vins une qualité exceptionnelle.

On retiendra plus spécifiquement un vin blanc majestueux issu de vieux cépages Viognier et également la fameuse cuvée Apolline composée par tiers des cépages Grenache, Cinsault et Syrah.

Pour plus de curiosités, on s’adressera directement au Domaine Saint-Apollinaire à Puyméras, 84110 Vaison- la- Romaine (Tél. 04 90 46 41 09)


205/24 Juillet

TOUT SAVOIR SUR LES VINS DE BOURGOGNE.

Grâce à la création du BIBV (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne) le 24 juillet 1989,

la profession des vignerons de Bourgogne s’est dotée d’un remarquable organisme dont le siège se situe à Beaune au 12 boulevard Bretonnière.

Pour en savoir plus, il suffit de se rendre sur le site www.vins-bourgogne.fr et passer un agréable moment .Au vu d’une documentation riche, colorée et bien actualisée, les amateurs de vins ne s’y tromperont pas.

Ce site nous rappelle que les vins de Bourgogne ont la place qu’ils méritent. Ce site concourt à une démarche commerciale au profit de l’ensemble des organismes viticoles de la Bourgogne, de Chablis au nord à Macon au sud.

Avec près de 25 000 hectares de vignes en production, classées en Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C) et un volume de récolte d’environ 1 350 000 hectolitres (180 millions de bouteilles), le vignoble de Bourgogne représente environ 5% de la production française d’A.O.C et occupe une place prépondérante dans l’économie régionale.

Le vignoble de Bourgogne s’étend sur 5 grandes régions-phares de production. Du nord au sud :


- les vignobles de Chablis, de l’Auxerrois, de Tonnerre, de Joigny et de Vézelay
- les vignobles de la Côte de Nuits, Hautes-Côtes de Nuits et du Châtillonnais
- les vignobles de la Côte de Beaune et des Hautes-Côtes de Beaune
- les vignobles de la Côte Chalonnaise et du Couchois et enfin,

- les vignobles du Mâconnais.

Citons Pierre Poupon qui, dans l’un de ses nombreux ouvrages, s’exprimait sur la Bourgogne en ces termes:

« Regarder la Bourgogne avec le plaisir qui comble déjà les yeux de l’amateur lorsqu’il mire son vin à la flamme d’une bougie.

Humer la Bourgogne avec le raffinement d’un connaisseur lorsqu’il veut analyser les senteurs d’un vin….

Goûter la Bourgogne avec la joyeuse ferveur d’un gourmet qui tourne et retourne sur sa langue et dans son palais une gorgée de vin, de ce vin dont la robe brasille …

Voici donc toute la Bourgogne, en chair et en os, en couleurs et en reliefs, en poésie et en prose… Voici toute la Bourgogne, en images, en odeurs et en saveurs, comme vue, sentie et goûtée à travers ces pages qui n’ont d’autre fonction que celle accordée à un tâte-vin par rapport à la cuvée de Bourgogne à juger: en recueillir quelques gouttes dans sa coupelle d’argent, en laisser quelques traces dans le creuset de vos mémoires » (116)



206/25 Juillet

VERS SAINT-JACQUES- DE- COMPOSTELLE PAR LES VIGNOBLES

Il y a trois jours, nous étions à Vézelay, départ d’un des célèbres chemins de pèlerinage vers Compostelle dédiée à Saint Jacques le Majeur, protecteur de toute l’Espagne.

Jacques symbolise dans toutes les religions, celui qui « poursuit (son chemin), le passeur », il est associé au pèlerin.

Muni du bâton et de la gourde (eau ou vin), le pèlerin va se diriger vers la sagesse, car Saint Jacques c’est le chemin de la Transfiguration. Ce long parcours initiatique est comme celui du vigneron qui de la vigne au vin va transformer le fruit en breuvage mythique ou mystique;

Il n’est donc pas incongru de développer l’image de l’association des chemins de prières aux chemins des vignes. Et le chemin le plus symbolique est celui qui part de la Bourgogne vers la Galice à travers les plus beaux vignobles de France.

Nous avons retenu quelques étapes viniques.

Après Vézelay, on entre dans les Côtes de Nuits et c’est l’hommage à un premier crû de Gevrey Chambertin « Le Clos Saint Jacques ». Il occupe aujourd’hui une place privilégiée en plein cœur de la côte Saint-Jacques, après quelques déboires au moment du classement des crûs en 1855, quand son propriétaire royaliste de l’époque n’accepta pas les règles républicaines.

Puis un peu plus au sud, une rapide étape à Chagny au « Clos Saint Jacques », avec un Rully du Domaine de la Folie. Ensuite arrêt en Beaujolais à Romanèche- Thorins au Château Saint-Jacques connu pour son Moulin à Vent.

Puis on poursuit vers le Grand Sud- Ouest, par la via Lemovicensis (Limousin), le chemin qui n’embrasse que les vignes sous le regard complaisant de Jacques.

Jacques apparaît ainsi dans de nombreuses églises et chapelles et ce dans tout le Berry et le Périgord, dont la place Saint-Jacques à La Souterraine, et à la Coquille ( saint Jacques!) . Ensuite c’est le Bergeracois avec l’église Saint-Jacques de Bergerac, puis le Béarn et les contreforts des Pyrénées.

L’ouvrage de Pierre Cazamayor (117) explique combien cette géographie agraire et mystique fait du produit de la vigne un réconfort terrestre pour un meilleur surpassement spirituel.

Arrivé à Saint-Jacques de Compostelle, le haut lieu espagnol du pèlerinage ( deuxième après Jérusalem ), le bonheur envahit enfin le marcheur. Il lui faudra respectueusement entre deux dévotions il devra avoir une pensée gourmande et respectueuse pour les vins espagnols de Ribeira Sacra ou autres Rioja.

Né un 25 juillet, et toujours épris des écrits (comme St Marc voir 25 avril) étais-je prédestiné à cette longue marche en quête des joies pédestres et des heureuses découvertes œnologiques ? La vie aujourd’hui me comble et c’est à votre santé et à la mienne que je me désaltère jour après jour dans ce voyage sans fin.

Photo Marc Heimermann


207/26 Juillet

LE VIN BIEN AIMÉ DE SAINTE ANNE

Quelques illustrations, en images, associant Sainte Anne au vin.

Château Sainte Anne Bandol

Champagne, vers Troyes : un ermite y entreposait son vin

Sion/Moligon, Valais Suisse, cave Ste Anne

Le baiser de saint Anne

Château Sainte Anne Pauillac


208/27 Juillet

LES VIGNES DE SAINT PANTALÉON

Le calendrier roman et religieux situe la fête de Saint Pantaléon au 27 juillet, et depuis quelques jours les saints évoqués nous cantonnent sur la partie est et sud-est de la France. Il est vrai que cette sainte et longue litanie égraine des lieux enchanteurs. C’est aussi le cas de Saint- Pantaléon- les- vignes en Vaucluse.

Son terroir est constitué de coteaux argilo-calcaires et de dépressions sablonneuses. Ils donnent des vins rares, à la fois généreux et très fins, légèrement taniques, aptes à vieillir.

Côtes du Rhône Villages Appellations communales:
"Saint- Pantaléon- les- Vignes et Rousset- les- Vignes"

D'une belle couleur rouge sombre, ces vins sont issus de cépages Grenache et Syrah. Ils ont des parfums de fruits rouges avec un corps bien structuré et des tanins souples présentant une bonne longueur en bouche. Très équilibrés, ils peuvent se garder de 5 et 8 ans. Ils accompagneront viandes rouges et gibier.

A citer aussi le village alsacien de Gueberschwir (Haut-Rhin) dont le clocher roman de l’église Saint- Pantaléon veille sur les coteaux du Golber.

Gueberschwihr, église Saint-Pantaléon photo Marc Heimermann

Saint Pantaléon confirme sa vocation religieuse de gardien des vins pour ces deux sites viticoles.



209/28 Juillet

UN LIVRE BLANC POUR LE VIN OU LA LOI EVIN SE MET AU BLANC

Le mercredi 28 juillet 2004, cinq parlementaires ont présenté au Premier ministre,J.P.Raffarin, un livre blanc sur le rôle et la place du vin dans la société française. Considérant que le vin est «injustement diabolisé», les auteurs proposent des actions d’information ciblées pour améliorer, dans le respect de la politique de santé publique, la connaissance des produits viticoles français. Les auteurs préconisent notamment que l’on fasse mieux connaître les valeurs que peuvent présenter «la consommation modérée et les apports bénéfiques du vin ».

La loi Évin de 1991 encadre strictement les publicités pour les boissons alcoolisées. Le livre blanc demande son assouplissement afin que les grandes régions productrices, telles que la Bourgogne et le Bordelais, puissent communiquer sur «les spécificités qualitatives» de leurs vins, concurrencés par des vins du «nouveau monde», et que soit développé le dispositif français de promotion sur les marchés extérieurs.

Concernant le vote de l’amendement, le journal la Voix du Nord titrait le 14 octobre 2004,, « La loi ( Evin ) met de l’eau dans son vin ! »

Suite à cet amendement, Evin vire au blanc, et ivres sont les imprudents.

Sachons garder raisins…

(Voir également la journée du 12 décembre. )



210/ 29 Juillet

L’HOSPITALITÉ DE SAINTE MARTHE.

D’après les Ecritures, Sainte Marthe aurait fréquenté le Christ pour ensuite se dévouer à la cause des plus démunis.

Largement vénérée dans le pays d’Avignon, elle est à l’origine de nombreuses congrégations à travers le monde, et, plus particulièrement à la communauté des sœurs de Sainte Marthe, une communauté qui pris possession des hospices de Beaune.

Puis depuis Beaune, elles rayonnèrent vers 70 km au nord de Dôle et 70 km au sud à Belleville en plein Beaujolais.

La caractéristique de ces communautés est de s’activer entre les soins des malades et les soins des vins.

D’ailleurs Sainte Marthe est chez les catholiques, la patronne des ménagères ( être toujours aux petits soins ), et des aubergistes ( offrir toujours ses petits vins ).

Dévouées et attentionnées, ces petites sœurs à cornettes, s’expriment le mieux près des autels et dans les hôtels si possible dédiés à Dieu.

Adeptes du voile en toutes circonstances, elles concilient à la fois et pour la foi les soins aux fourbus, fiévreux et faibles dans les hauts lieux de l’hospitalité, et les soins aux fûts, flasques et fioles dans les « fonds bas » de l’hôpital. De la cave au dortoir, nos petites nonettes s’épanouissent dans la dévotion spirituelle et terrestre comme a su nous l’illustrer de façon très humoristique, le film de Gérard Oury,

« La Grande Vadrouille ».

Sainte Marthe veillait sur ces dames voilées qui savaient déjouer l’occupant d’un territoire dont les ressources devaient profiter prioritairement aux malades et non aux envahisseurs guerriers .

A signaler par ailleurs l’existence d’une célèbre cantatrice des années 1900, qui s’appelait Chenal et se prénommait Marthe. Le 11 septembre 1909, à Bordeaux, comme il se doit, elle interpréta un poème lyrique, sur une musique de Camille Erlanger intitulé : « Bacchus triomphant ».

Comme quoi, la présence féminine ne se dérobe pas au monde du vin.

Marthe Chenal



211/30 Juillet

LA MAISON DU VIN DE BORDEAUX

Notez bien l’adresse :

Maison du Vin de Bordeaux,

Au N° 1/3

Du cours du 30 Juillet

33000 Bordeaux

C’est là que se trouve entre autres le siège du Comité Interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB ) dont on peut recommander le site internet . Il est utile de rappeler que Bernard Ginestet, grande figure du négoce bordelais, est à l’origine de cet organisme. On lui doit par ailleurs la rédaction de nombreux livres sur les vins de bordeaux dont la fameuse collection « les Grands Bernards ».

Si l’on compare avec le site du BIVB, ( voir 24 juillet ) on est frappé de la différence de style.

En effet, ces deux régions productrices des plus grands vins de France souffrent de la comparaison tant est flagrante la différence aux chapitres variés du goût, de la production, ou typicité, terroir, conservation, culture, géographie, art etc…

Bordeaux c’est la capitale mondiale des vins. C’est le berceau des plus grands vins, c’est la production de vins la plus diversifiée ( 57 AOC ) et la plus enviée.

Un nombre impressionnant d’ouvrages sur les vins de bordeaux ne permet pas de résumer en un seul feuillet et donc en une page de calendrier cette région, cette ville, ses produits et ses châteaux.

Le nom générique « bordeaux » possède plusieurs acceptions :

Un type de vin : le bordeaux

Un type de bouteille: la bordelaise

Une ville: Bordeaux

Une AOC: Bordeaux AOC

Une couleur: bordeaux etc…

Et n’a rien à voir avec « bord d’eau » le bord de l’eau !

Le moteur de recherche Google répertorie avec le mot bordeaux : 4 500 000 pages !!!

Affiche de Jean Dupas, 1937 (exposition universelle)

PS: on aura noté que l’ INAO a été crée le 30 juillet 1935.


212 /31 Juillet

ALBERT LEBRUN ET LE ROSE DE TAVEL.

Tavel est la seule appellation française à ne produire que des vins rosés.

Premier rosé de France, ce visage pâle est fait de Grenache, mais les assemblages que comporte ce vin des Côtes du Rhône font du Tavel un vin qui d’abord se regarde, et se déguste ensuite.

Le 31 juillet 1938, Albert Lebrun, Président de la République, se rend à la Cave coopérative des producteurs de Tavel pour inaugurer les bâtiments flambant neufs.


De pur style provençal, la Cave des Vignerons de Tavel (site Internet Tavel )

Tavel c’est sans aucun doute le vin rosé le plus coté, qui honore et qui enchante les grandes tables françaises et étrangères. Rien à voir avec les classiques rosés de Provence qui agrémentent les repas champêtres et les délassements sous les tonnelles de l’été.

Tavel un vin de découverte que l’on peut se procurer entre autres dans les caves qui ont retenu notre attention :

Une cave que l’on souhaiterait acquérir : le Château d’Aquéria

Découvrir un Tavel aux couleurs mordorées au Domaine de la Mordorée

Venir se recueillir au Prieuré de Montézargues

Et enfin vouloir trinquer au Château de Trinquevedel .

Tavel, un label pour dégustateur qui veut voir la vie en rose!


 

....Copyright © 2006 Marc HEIMERMANN .