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LES
SEIGNEURS DU CAHORS.
Comme nombre de vignobles, les vignes du bord du Lot connurent
le ravage du phylloxéra en 1877. Les vignerons locaux
contraints à l’arrachage, ne s’en sont
jamais remis.
Cette petite contrée du sud-ouest eut peine à
faire face car elle avait par ailleurs à souffrir
de la dissémination, au cours des deux guerres qui
suivirent, d’une partie de ses forces vives, puis
et surtout de la concurrence imposée par l’arrivée
massive des vins d’Algérie à partir
des années 30, puis encore du gel de 1956, etc...
La replantation n’était pas
heureuse, le cépage usité et utilisé
l’Auxerrois provoquait des coulures préjudiciables
au rendement. Bref, le paysage lotois semblait de plus en
plus abandonné, et la végétation arboricole
gagnait sur les arpents de vigne.
Fort heureusement une poignée de
vignerons se regroupèrent pour défier la malchance
locale et redonner à ce secteur la célébrité
qui lui échappait.
Cette ténacité fut récompensée
par la publication du décret du 15 avril 1971, offrant
aux vins locaux l’AOC « Cahors ».
L’Auxerrois a vaincu, il est devenu
le cépage local dans la proportion d’au moins
70%. Il peut être accompagné de la célèbre
« Dame Noire », que sont les cépages
Tanat, Merlot et Syrah, ce qui confère au Cahors
sa couleur sombre et son goût de tanin prononcé
à base de griottes noires.
Les vins du Lot sont aujourd’hui incontournables
et ce grâce à deux hommes passionnés
de vin qui ont cru à ce renouveau régional,
l’un PDG de la Maison Cartier : Alain Dominique Perrin
, l’autre journaliste : Patrick Dussert- Gerber surnommé
PDG . A l’initiative de A.D.Perrin , une association
pour la reconquête du Cahors s’est constituée
le 1er décembre 1987..
Ainsi sont nés les 10 Seigneurs du CAHORS
(163):
• Dominique Cavalie, Président
des Côtes d’Olt : Château les Bouysses
à Parnac, .
• La Famille royale du Danemark : Château de
Caïxe à Luzech.
• Marc Delgoulet : Château de Chambert à
Floressas.
• Georges Vigouroux, Président des Caves du
Roc : Château de Haute-Serre à Cieurac.
• Alain Dominique Perrin de la Maison Cartier: Château
Lagrezette à Caillac.
• Jean Baptiste de Montpezat frère du prince
Henrik du Danemark : Domaine de Léret- Montpezat
à Albas.
• Franck et Jacques Rigal : Prieuré de Cénac
à Saint-Didier-Parnac.
• Philippe Heibronner : Domaine de Quattre à
Bagat.
• Hervé de Portes : Domaine de Treilles à
Bagat.
• Jean Baldes : Château de Triguedina à
Puy-l’Evêque.
C’est dans un livre majestueux par
son contenu, écrit par Pierre Capdeville et magnifiquement
illustré grâce aux photos remarquables de Pierre
Lasvesne et Pierre Sourzat que les trois Pierre ont su faire
revivre l’ ancienne édition de 1983 intitulée
: « Le vin de Cahors des origines à nos jours
». (164)
Nous terminerons cette journée, sur les propos poétiques
de l’enfant de Cahors, Clément Marot :
« Bacchus aussi sa bonne
vigne y plante,
Par art subtil sur montagnes pierreuses,
Rendant liqueur forte et savoureuse. »
(L’enfer – de
sa prison 1540)
336/
2 Décembre
10ème
SALON DES CAVES PARTICULIERES.
C’était à l’été
1988, notre périple professionnel nous conduisait
en région parisienne.
Nos recherches d’ouvrages sur les vins allaient se
révéler prometteuses. L’automne arrivait
avec sa moisson de livres glanés sur les quais, aux
puces, chez les bouquinistes. C’était un enchantement
de voir que nous allions pendant quelques années
accumuler des livres qui chaque fois d’avantage excitaient
curiosité et désir de collection.
Pour les bouteilles, l’approche différait un
peu. Quelques achats rigoureusement conduits lors des déplacements,
permettait de garder précieusement quelques bonnes
bouteilles dans la cave d’une connaissance qui habitait
le 12ème. Il bénéficiait d’une
belle cave voûtée dont la température
convenait à la conservation des vins. Donc rien de
bien original, jusqu’à ce premier week-end
de décembre 1988, où nous découvrions
le 10ème salon national des caves particulières
à l’Espace Champerret, dans le 17ème.
Ainsi, à 300m du domicile, juste
après avoir traversé le boulevard périphérique,
on se retrouvait en plein milieu de toutes les régions
viticoles françaises, et ce le temps d’une
journée. Cette rencontre eu lieu le 2
décembre 1988.
Quelque 800 petits stands, arborant le nom
de la cave d‘origine, s’alignaient en rangées
serrées dans une ambiance surchauffée. Un
spectacle de foire souterraine, où une longue file
d’amateurs se pressait pour acquérir le guide
et le précieux verre, permettant ensuite de trouver
tant bien que mal le ou les vins de ses envies.
Tous les vignerons étaient présents avec leur
conjoint pour accrocher le visiteur parti ou non à
leur recherche au milieu de cette multitude de stands. L’ordonnancement
de ceux-ci répondait à des choix aléatoires,
ce qui développait chez les visiteurs des comportements
d’êtres assoiffés, perdus dans un labyrinthe
embouteillé.
Les dégustateurs, verre à
la main, avaient le sentiment de partir à une véritable
conquête, et arboraient des allures de vainqueurs
une fois acquis les précieux cartons, qu’ils
devaient alors, avec habilité emporter jusqu’à
leur voiture. Celle-ci, était au mieux garée
dans l’aire adjacente, ou alors un peu plus loin dans
le quartier, lui-même encombré de camionnettes
venues de toutes les provinces viticoles.
Aller « Aux caves particulières
» c’était la rencontre des amateurs de
vin de la Capitale avec la France profonde des caves. Champerret
se transformait en une immense cave d’où l’on
pouvait remonter quelques précieux cartons en vue
des prochaines fêtes de fin d’année.
logos
1988 et 2000
Depuis, le succès aidant, le Salon a pris ses quartiers
à la Foire de Paris, et organise durant l’année
une tournée dans les grandes villes de Province (
Lyon, Lille, Bordeaux etc…).
La Confédération Nationale des Caves Particulières
( CNCP ) comprend plus de 30 000 vignerons. Qui évidemment
se bousculent pour participer aux divers salons. Cette gigantesque
opération de rapprochement de producteurs vers les
consommateurs, n’empêche nullement le rapprochement
de l’amateur de vin (consommateur) vers le vigneron
récoltant ( producteur ). Et dans ce dernier cas,
la démarche est sans doute plus poétique.
337/ 3
Décembre
SAINT-FRANCOIS-XAVIER FAIT DES VINS DANS LA DENTELLE.
C’est en contrebas des Dentelles de Montmirail, que
le Domaine Saint-François-Xavier a pris racine dans
les vignes que possédaient autrefois les Princes
d’Orange.
Le propriétaire André Gras
élève et vinifie des vins de l’appellation
Gigondas et des Côtes du Rhône AOC.
Toujours cette trilogie des cépages courants des
Côtes du Rhône,: Cinsault, Mourvèdre
et Syrah . On obtient des rouges sombres et odorants qui
se rapprochent des Châteauneuf.
Alors pourquoi le nom de Saint-François-Xavier
? Aucun rapport avec François Xavier, ce grand missionnaire
de l’Extrême Orient, décédé
à Goa, en Inde, le
3 décembre 1552, dans le dénuement
le plus total.
Le nom du Domaine a été donné en souvenir
du créateur de la propriété, Monsieur
Lambert, qui avait pour prénom François Xavier.
Et de là à sanctifier l’heureux créateur,
le pas était franchi.
André Gras est encore un vigneron
dont les principes de vinification ne font guère
appel aux techniques modernes,tout cela pour préserver
une qualité certaine.

Les Dentelles de Montmirail (Copyright : Russ Collins )
Gigondas demeure un village totalement dévoué
à la vigne. Sa situation en surplomb de l’Ouvèze,
et à l’abri des « Dentelles » offre
avec sa petite place ombragée de platanes, un lieu
de délassement où aiment se rencontrer les
visiteurs de caves. On ne quitte pas Gigondas sans avoir
emporté quelques précieux flacons en souvenir.
Et si possible, des flacons bénis au Saint François
Xavier.
338/ 4
Décembre
SAINTE
BARBE S’INVITE EN MÂCONNAIS.
Sainte
Barbe va nous faire découvrir les vins de Mâcon
et ses satellites qui répondent à l’appellation
« vins du Mâconnais ».
Au
début de notre vie active, nous habitions au centre
de Mulhouse et avions pour voisins un couple de plus de
dix ans nos aînés. Ils étaient originaires
du bassin du Creusot. Elle parlait avec cet accent qui roule
et charme la fois, lui, rappelait fréquemment qu’il
était fils de mineur et d’immigrant polonais
et que sa passion était de « boire des mâcons
».
Ce
cher voisin racontait comment cette communauté de
mineurs s’était appropriée la boisson
régionale des vins de Macon, considérée
comme un vin de soif et digne de fêter le 4
décembre leur patronne, Sainte Barbe.
C’est
en parcourant sur une cinquantaine de kilomètres
la région qui s’étend de Tournus jusqu’au
sud de Mâcon, tout le long des bords de la Sâone,
que défilent les vins rouges et blancs du mâconnais.
Mais c’est autour de Mâcon même, que des
appellations plus subtiles sont offertes aux connaisseurs.
Ce sont en général des vins blancs à
base de Chardonnay, dit Beaunois.
D’abord
les AOC Mâcon-villages au noms évocateurs comme:
Chaintré, Chardonnay, Chasselas, Fuissé, Milly-Lamartine
(lieu où a séjourné le poète),
la Roche-Vineuse, Solutré-Pouilly.
Puis les vins AOC de Pouilly-Fuissé, de Pouilly-Loché
et Pouilly-Vinzelles, et surtout Saint-Véran.
Mais
parmi ces vins connus du Mâconnais, il existe une
nouvelle appellation, encore peu répandue, le "Viré-Clessé"
qui semble plein d’avenir. Ce vin ressemble au Pouilly-Fuissé
grâce au Chardonnay sec et fruité. Sa faible
renommée le place sur des gammes de prix encore modestes,
ce qui assurément impose le détour. Mais ce
qui est encore plus original c’est de se rendre au
Domaine Sainte-Barbe à Viré (près de
Mâcon). Là, règne le maître des
lieux: Jean-Marie Chaland jeune viticulteur de talent qui
mérite sa renommée. Il propose des vins «
concentrés, équilibrés et fruités
" comme il aime à le souligner chaque fois que
s’opère la sympathique dégustation.
Il faut dire que ses vins sont issus de vignes vielles de
plus de 50 ans.
Viré-Clessé
« l’Epinet » par exemple est caractérisé
comme ayant:
« une belle robe jaune vif d’où s’échappent
des arômes d’aubépine, de citronnelle
et de fruits blancs. Alliant un côté beurré,
le palais est tout en rondeur, ample et équilibré.
»
Enfin, nous tenons à souligner que nous préférons
le pèlerinage intime et recueilli des villages en
contrebas de la Roche de Solutré plutôt que
celui plus anecdotique en haut, sur la Roche de Solutré
le dimanche de Pentecôte!
339/5
Décembre
LA
FIN DE LA PROHIBITION.
Comment
un pays comme les Etats- Unis, si puissant au lendemain
de la première guerre mondiale, put-il connaître
la période la plus sombre de son histoire par l’instauration
de la prohibition ? (165)
L’alcool
et le vin bannis des tables et des comptoirs allaient déclencher
le plus grand paradoxe historique.
Plus on interdisait l’alcool, plus la consommation
augmentait dans le pays, avec son lot de trafiquants, de
gangs, de détournements, d’hypocrisie généralisée.
Les
tenants de la Prohibition, inscrite dans la Constitution,
voulaient épurer le pays de sa dérive alcoolique.
C’est le contraire qui se produisit.
Il
fallait mettre un terme aux excès secrets qui, au
lieu de produire des vins, répandaient des produits
dérivés et impropres à la consommation.
Les Américains en combattant ce qui faisait le ferment
d’une civilisation ( la culture du vin prise dans
ses deux sens ), créaient leur propre perte.
Franklin Roosevelt dut se résoudre à modifier
la Constitution en faisant voter un 21ème amendement,
le 5 décembre 1933.
C’est ainsi qu’il fut mis un terme à
la prohibition. C’était la fin de l’interdiction
de boire du vin.
Il
fallut plusieurs décennies pour recréer des
entreprises viticoles, des vignobles, et des circuits de
distribution dignes d’un état civilisé.
Aujourd’hui,
avec la puissance de progrès qui caractérise
ce pays , se pose la question de l’impérialisme
vinicole américain. Mais là, nous revenons
au débat du vin et de la mondialisation
(Voir 4 novembre).


340/ 6
Décembre
SAINT-
NICOLAS, L‘ORGUEIL DU BOURGUEIL.
Avec
Saint Nicolas, commencent les préparatifs de Noël.
C’est la fête des enfants, et le monde du vin
ne les concerne pas assurément pas. Avec le monde
des enfants, et leurs rondes des cadeaux, se construit un
domaine totalement intime, réservé et encore
préservé. Un peu plus tard, seulement, ce
petit monde découvrira la dive boisson, mieux que
le jus de raisin, lorsqu’il aura atteint l’âge
dit de raison. Autrefois l’initiation se faisait à
l’entrée de l’adolescence, plus exactement
lors de la cérémonie de la communion solennelle
qui correspondait au rite païen de l’entrée
dans la communauté des adultes.
Avec
Saint Nicolas, ce sont les gâteaux, les pains d’épices,
les chocolats et les bonbons. Avec Saint-Nicolas-de-Bourgueil,
ce sont les vins rouges, les vins rosés, bref les
Cabernets francs.
La
commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil possède son
propre AOC. Elle est limitrophe de son frère aîné
le Bourgueil, et nous sommes ici entre Touraine et Anjou.
La
commanderie de la « Dive Bouteille de Bourgueil et
Saint-Nicolas » répète au rythme de
ses chapitres qu’elle doit son existence aux promoteurs
des vins locaux qu’étaient Pierre de Ronsard
et François Rabelais.
Ici les hottes des vignerons s’emplissent chaque année
des cadeaux que leur octroient les vignes tourangelles.
Et tels des enfants comblés, ils vont régulièrement
chanter le vin de Rabelais et l’amour de Ronsard.
Le
grand Chambellan de Saint-Nicolas adoube les futurs chevaliers
par son cep rituel, souvent fin novembre, pendant que Saint
Nicolas émerveille les enfants avec sa hotte remplie
de cadeaux tous les 6 décembre.
Extrait
« Confréries vineuses du Cœur de la France,
Sylvie Blanchet
Saluons au passage, la Maison
Nicolas qui présente à travers toutes les
villes françaises l’enseigne d’une cave
de renom.
341/ 7
Décembre
LA
LUNE DE MIEL SANS VIN.
Saint
Ambroise grand prédicateur, répandit la bonne
parole entre Milan et Arles, au IVème siècle.
Dans l’iconographie, on le représente souvent
avec une ruche. On dit que son éloquence avait la
douceur du miel des abeilles.
Il est le saint patron des apiculteurs. Et si l’on
sait qu’Ambroise signifie en grec « immortel
», on comprend mieux le lien avec le miel, dont est
issu l’hydromel, boisson qui pouvait conduire à
l’immortalité.
Avant
le vin, il y avait l’hydromel et avant l’hydromel,
le miel et le lait qui coulaient de toutes les pentes de
la terre promise. Les saintes écritures attestent
que la parole divine est du miel car il représente
bonté, vertu et justice. Le Coran confirme que «
le miel est le premier bienfait que Dieu a donné
à la Terre. » Le miel de la connaissance fonde
le bonheur de l’homme. D’où l‘importance
de la présence d’hydromel dans les manifestations
religieuses ou festives d’avant et du début
de notre ère. Cette boisson a d’ailleurs résisté
longtemps à l’invasion, puis à la suprématie
du vin. Mais par la suite, l’économie rurale
a vite reconnu comme une évidence que l’exploitation
de la vigne était plus accessible que ne pouvait-être
l’exploitation des ruchers.
Mais
qu’est-ce que l’hydromel? Les spécialistes
(www.hydromel.com) nous expliquent que :
« L’hydromel est une boisson faite uniquement
d'eau et de miel, fermentée à l'aide de levures
alcooliques soigneusement sélectionnées. Selon
la proportion de miel introduite au départ, le produit
obtenu sera sec, demi sec ou moelleux. »
Longtemps
les Celtes et les Gaulois consommèrent l’hydromel
avant de succomber au vin. Il nous fallait donc, à
l’occasion de la fête de Saint Ambroise, parler
de cette boisson, qui encore actuellement côtoie les
poirés et autres boissons alcoolisées dans
les textes législatifs français.
Dans certaines contrées, on recommande encore aux
jeunes gens qui viennent de se marier de boire de l’hydromel,
censé apporter à leur bonheur douceur et durée.
C’est cela la lune de miel!
Ce
7 décembre est aussi, notre manière d’associer
une région qui nous est chère et dépourvue
de vignes, la Bretagne, dont l’hydromel reste une
production locale appréciée.
342/ 8
Décembre
L’EUROPE DES RÉGIONS VITICOLES.

« L’Assemblée des Régions
Européennes Viticoles (AREV) est une association
de régions européennes productrices de vin,
sans but lucratif ou politique. L’AREV a pour objet
de promouvoir les intérêts communs des régions
viticoles, dans l’économie européenne
et mondiale, dans le cadre de la construction de l’Europe,
l’œuvre de rapprochement des peuples et le culte
commun du vin, fruit de la vigne et du travail des hommes.
Dans
la poursuite de ses objectifs, l’AREV incite au dialogue
de ses associés et des professionnels liés
à la vitiviniculture avec les institutions nationales,
européennes ou mondiales ayant des responsabilités
dans ce secteur par le biais d’actions de concertation
et de coopération. »
…./…
Fondée
le 8 décembre 1987, à Bourg-sur-Gironde, sous
l’impulsion d’Edgar Faure, alors premier Ministre
et Ministre de l'Agriculture français, la Conférence
Européenne des Régions Viticoles (CERV) est
une émanation de l’Assemblée des Régions
d’Europe (ARE). En 1994, elle a pris la forme de l’AREV
qui est dépositaire de tout le patrimoine associatif,
moral et organisationnel de la CERV.
L’AREV
a son siège statutaire à Strasbourg (Alsace)
et son siège administratif à Bordeaux (Aquitaine)
et elle est constituée actuellement d’environ
50 régions de l’Union Européenne et
de l’Europe Centrale et Orientale.
L’AREV
se compose d’un "Collège des Régions"
et d’un "Collège Professionnel".
Le premier est constitué de représentants
politiques ou administratifs des régions membres
et le second, le CEPV (Conseil Européen Professionnel
du Vin) de représentants des organismes professionnels
du secteur vitivinicole des régions adhérentes.
Voir
site: www.arev.org
343/ 9
Décembre
LES
CAVES À VIN A L’ABRI DU FEU
A
partir d’octobre 1944, après de rudes combats
dans les Vosges entre Allemands et Américains,
L’Alsace était peu à peu libérée.
Les récits de l’époque disent comment
les villages de la route des vins ont connu, peu avant la
délivrance, les atrocités de la guerre. Fin
1944, par un hiver glacial, une tête de pont allemande
se formait autour de la capitale haut-rhinoise, que l’on
nomma « la poche de Colmar » dans laquelle la
colline de Sigolsheim allait jouer un grand rôle.
Parmi les témoignages recueillis dans les archives
communales, beaucoup soulignent la façon dont s’organisait
la survie dans les caves bien remplies de vin, et qui allaient
en outre abriter tous les habitants encore en vie. A la
surface en revanche, l’habitat vigneron allait totalement
disparaître sous les bombardements.
Le
9 décembre 1944, Sigolsheim était libérée
une première fois par les Américains. Ils
occupaient le village et avaient établi leur quartier
général dans la maison d‘un vigneron
renommé. Ils avaient fait quelques prisonniers allemands
qu’ils avaient enfermés dans la cave, en leur
évitant l’accès aux rayons de vins.
Tous les jours, les hommes présents et valides, vignerons
de leur métier, devaient éteindre des feux
provoqués par les obus incendiaires. Comme la majorité
des conduites d’eau étaient inutilisables,
on se servit parfois de vin pour éteindre l’incendie.
Un habitant réussit à combattre le feu avec
du Traminer de 1943. Un tonneau de 12hl disparu ainsi en
pure perte !
Certains érigeaient dans un coin de la cave, un petit
lieu de prière, confectionné d’un tonneau
recouvert d’une planche, sur lequel brûlait
des cierges jour et nuit. Le recueillement permettait de
faire face à la situation. Et un des vignerons de
raconter que le crucifix tomba un jour dans le vin au moment
où la maison brûlait. Ce crucifix fut sauvé
du vin et est devenu une précieuse relique.
Ainsi, durant de longues semaines, les habitants de Sigolsheim,
comme ceux des villages voisins, prenaient leur quartier
d’hiver forcé, inconfortablement installés
sur les tonneaux recouverts de planches.
L’incendie
faisait rage autour du couvent de Sigolsheim. Pour sauver
les maisons d’habitation, les villageois utilisaient
bien sûr des seaux et même aussi des pulvérisateurs
pour vignes.
Les comptes rendus de l’époque précisent
que les Capucins avaient mis tout leur vin à la disposition
des réfugiés. Il s’agissait de deux
grands tonneaux, le premier d’une contenance de 5000
litres et l’autre de 2500 litres. Alors que les réfugiés
commençaient à consommer le vin du petit tonneau,
ils constatèrent que le vin avait un défaut
de goût. Ils burent d’abord le vin du grand
tonneau. Quand le grand tonneau fut vide, ils burent celui
du petit tonneau, malgré le petit défaut.
Les villageois réfugiés dans les caves du
couvent ont largement exprimé leur reconnaissance
envers les Capucins pour cette action désaltérante.
Le
24 décembre 1944, le clocher de l’église
brûla à son tour. Mais il fallut attendre fin
janvier 1945 pour enfin pouvoir fêter la joie de la
libération définitive et le retour à
la France.
Depuis
cette tragique période, le village a été
reconstruit entièrement et est fier de sa cave coopérative,
centre de l’activité première de la
commune. Sur les hauteurs, en arrière des pentes
couvertes de vignes, se dresse la nécropole de Sigolsheim
où reposent les sacrifiés de la libération
pour le souvenir des générations à
venir.

Les vignobles de Sigolsheim
344/
10 Décembre
LE
TONNEAU, L’HABIT NEUF DU VIN.
On
utilise communément le terme de tonneau pour désigner
en réalité la barrique. C’est ce que
révèle la découverte de la tonnellerie
qui est un monde en soi, dans le monde du vin. (166)
Il
existe différents registres dans le métier
de la tonnellerie, qui ont connu comme d’autres des
évolutions, avec cependant une constance technique
due à la spécificité du produit issu
du bois de chêne.
Il
y a les modes de fabrication des tonneaux, des barriques
et des futailles,
Il y a le type de matériau en liaison avec la forêt
d’origine,
Il y a les métiers de la tonnellerie: du doleur,
du broquier au fûtainier…
Il y a tout ce qui a trait à la forme et à
la capacité des contenants et leurs unités
de mesure,
(Exemple l’ordonnance du 10
décembre 1744 de Jean Lenain, baron
d’Asfeld réglementant le jaugeage des futailles)
Il y enfin et surtout le vocabulaire de la tonnellerie qui
représente un lexique fort imposant.
Il
y a surtout trois questions fondamentales qui intéressent
le bon usage de la barrique:
? d’abord celle du choix du chêne (à
l’exclusion d’autres essences) et son lieu d’origine
parmi les forêts françaises;
? puis celle de l’utilisation annuelle ou pluri -annuelle
des tonneaux neufs eu égard au goût boisé
à donner au vin selon le souhait du consommateur;
? et enfin, celle du bon choix du tonnelier et du fabriquant
de merrains par le vigneron .
Tout
commence par le choix du bois de chêne,
qui s’effectue entre les forêts du Limousin
et de l’Allier (Tronçais) et celles de le Nièvre
(Bertranges). 600 000 barriques sont produites en France
dont 1/3 à peine pour les caves françaises.
Selon les régions viticoles et les types de vins
(de garde, rouges ou blancs) le choix des meilleurs bois
est le privilège des grandes maisons comme par exemple:
Taransaud (Cognac), François (Bourgogne) (voir 24
janvier) ou Jean Luc Sylvain (Bordeaux).
La
fabrication même des barriques demeure un
art et un spectacle où survivent les métiers
ancestraux de la vigne. L’impressionnante gamme d’outillages
relève des musées ethnologiques avec des noms
qui chantent la forêt et sentent le bois brûlé.
Attention, les douelles qui forment la barrique sont fendues
et non sciées. Puis elles sont assemblées
à l’aide de cercles de fer parfaitement ajustés
pour assurer l’étanchéité. Après
c’est le cerclage, le brûlage puis le centrage
et enfin le montage des fonds.
Formes,
contenances, la gamme est large. Elles varient
d’une région à l’autre et aussi
selon le type de vinification, d’élevage et
de vieillissement des vins.
Des pages entières seraient nécessaires pour
expliquer toutes ces particularités. Fort heureusement
pour les amateurs, il existe de bons ouvrages très
didactiques, et pour les experts des colloques et des symposiums,
qui examinent les façons d’accorder les essences
des barriques et les différents vins, en vue de satisfaire
le goût des consommateurs.
Mais
attention, si sous le vocable « vieilli en fût
de chêne » , il y a parfois de bon vins boisés
qui garde leur typicité de terroir, il y a aussi
des vins moins respectables, car dans certains cas, c’est
l’arbre qui cache la forêt, ou plus simplement
c’est le bois du tonneau qui masque le goût
du vin.
345 / 11
Décembre
L’UNIVERSITE CONFIRME L’UNIVERSALITE DU VIN.
« Si la Civilisation du
Vin mérite d’être chantée et célébrée,
encore faut-il transmettre les connaissances qui la constituent
à travers de multiples disciplines. Telle est l’ambition
de l’Université du Vin. »
Cette
ambition, nous la partageons, au point que chaque fois qu’il
nous est donné de rouler sur l’autoroute du
soleil, nous n’hésitons pas à faire
un crochet pour se rendre à Suze-la-Rousse, où
se dresse le château qui abrite la plus prestigieuse
université dédiée au vin.
Ce
fut le cas le samedi 11 décembre 1999, par une journée
fraîche, et un ciel d’un bleu vif épuré
de toute trace de nuage. Les chênes arboraient leur
feuillage de saison, desséché, d’un
brun ocre.
A notre arrivée devant l’imposante bâtisse,
le parking désert nous invitait à une visite
solitaire et favorable au ressourcement.
L’Université
existe depuis 1978, et doit sa réalisation à
diverses associations, syndicats et comités professionnels
de la filière « Vin ». Les principales
activités tournent autour de l’enseignement
qui octroie des diplômes en viticulture ou œnologie,
de la formation continue, des sessions et des conférences
techniques. A cela s’ajoute un centre de documentation
exceptionnel. On trouve également un centre de dégustation
et une collection ampélographique.
Le
fonds documentaire est pour moi le lieu où chaque
fois je me laisse attirer par les nouvelles publications
ou pour replonger dans des documents que je ne peux posséder.
On y trouve :
* plus de 6000 ouvrages, dont un fonds d’ouvrages
anciens,
* des collections de périodiques, comme par exemple
:
* la collection complète de la Journée Vinicole
ou du Moniteur Vinicole
* et aussi, la possibilité de consulter plus d’une
centaine de périodiques.
L’université
de Suze-la-Rousse c’est le temple moderne de la culture
vinique.
L’importance
de ce haut lieu, c’est aussi sa situation géographique
(en plein cœur de la Drôme provençale
et des Côtes du Rhône), son château du
XIIe siècle, son enseignement et ses richesses documentaires.
Enfin, des expositions programmées régulièrement
sont mises en valeur par l’architecture des salles
médiévales.
NB:
attention, la bibliothèque et le centre de documentation
ne sont pas ouverts le samedi.
346/ 12
Décembre
DES
REVUES DE VINS TRES SPECIALES
Nous
ne voudrions pas atteindre la fin de l’année
sans avoir évoqué les revues, hebdomadaires
ou mensuels qui ont consacré un numéro spécial
aux vins. Comme nous sommes arrivés au 12ème
mois, et au 12ème jour de décembre, nous avons
voulu faire une sélection de numéros de revues
qui ont marqué les 80 dernières années.
Nous les avons retenus pour leur originalité rédactionnelle
et surtout pour leur richesse documentaire.
Notre
choix ne s’est pas fait parmi la quantité impressionnante
de revues spécialisées qui traitent du monde
des vins et de leurs à-côtés, ni parmi
les hebdomadaires ou mensuels qui publient régulièrement
un numéro spécial annuel sur le vin (comme
par exemple : Le Point, le Figaro Magazine, le Nouvel Observateur,
VSD, Challenges, l’Express etc…..). Nous avons
préféré retenir des revues plus extérieures
au monde des vins.
Voici
les 12 revues de notre sélection, avec leur numéro
spécial et par ordre d’apparition:
1°
1924 ( avril)
L’Illustré de la Province et des Colonies :
« A la gloire des vins de France ». On a noté
que les vins d’Alsace et d’Algérie ont
une place privilégiée.
2°
1931 (août)
Le Crapouillot : « Les vins de France ». Avec
un texte original sur « le vin sans nom »
3°
1937 (juillet)
La Revue des Agriculteurs de France . « La vigne et
le vin ». Beaucoup de grandes signatures accompagnées
d’une iconographie exceptionnelle.
4°
1949 (29°année) L’amour
de l’Art : « Bacchus » . Une véritable
anthologie historique.
5°
1966 (juillet)
Le Particulier: « Vins et Caves »; Un manuel
synthétique à l’usage des amateurs.
6°
1977 (septembre)
L’Histoire : « La France des vignobles ».
Un regard culturel pour comprendre cette spécifié
française.
7°
1986 ( septembre)
50 millions de consommateurs : « Spécial vin
». Une publication didactique et sobre, mais où
persiste l’humour.
8°
1987 (décembre)
Que choisir: « Spécial vin ». Un an plus
tard, la revue concurrente se lance dans un remake. A noter
la série remarquable des dessins humoristiques de
Brizemur.
9°
1991 (avril)
Le Canard Enchaîné: dossier intitulé
« l’archipel du goulot ». C’est
un numéro de collection dont la totalité des
titres mérite d’être citée. Richement
illustré, ce numéro est exceptionnel.
10°
1995 (septembre)
GEO: « la France des vignobles ». Richement
documenté avec de magnifiques photos.
11°
1999 (octobre/novembre)
Sciences et Avenir : « le Guide du Vin ». L’approche
est naturellement plus scientifique, mais n’en demeure
pas moins originale et passionnante.
12°
2003 ( septembre/octobre)
Senso, magazine des sens et des mots: « Ivresses »
Approche originale, avec un zeste d’érotisme.
Il
existe sans doute beaucoup d’autres revues intéressantes
qui ont pu nous échapper. Il est vrai que le nombre
de publications est imposant. Mais seules quelques revues
spéciales, en nombre limité, sont dignes de
faire partie de la bibliothèque de l’oenophile.
347/
13 Décembre
SAINTE
LUCE OU LE DÉBUT DU CYCLE DE NOËL.
Sainte
Luce dont le nom signifie « lumière »
( lux), trouve sa place le 13 décembre à l’opposé
zodiacal du 6 juillet où l’on fête Sainte
Lucie. Il y aurait donc lieu de distinguer les deux prénoms.
Pourtant la plupart des calendriers les confondent.
Le dicton connu dit:
« Pour Sainte Luce,
Les jours allongent d’un pas de puce »
En effet, commence l’allongement des jours, et comme
nous sommes curieusement à 13 jours de Noël,
Sainte Luce ouvre le cycle de Noël.
Depuis
la période des vendanges, le vigneron est resté
dans l’ombre de sa cave, pour effectuer tous les travaux
de mise en fût du vin. Il va progressivement retrouver
la lumière et regagner ses vignes. Malgré
la faible amplitude du jour, il commence les longs travaux
de taille de la vigne qui vont durer jusqu’à
la fin février, début mars.
Il
existe des communes qui portent le nom de Sainte-Lucie ou
Sainte-Luce, dans des contrées très ensoleillées
( toujours la lumière ), comme les Caraïbes
ou l’Afrique du Sud par exemple, avec quelques productions
de vins. Mais cela reste anecdotique.

Sainte Lucie, 1473 de Francesco del Cossa, National Galerie
Washington
Par
allusion à son martyre, Sainte Lucie est souvent
représentée avec ses yeux posés sur
un plat
348/ 14 Décembre
SAINTE
ODILE PATRONNE DU VIN.
Sainte
Odile est la plus populaire parmi tous les saints d’Alsace.
Du fameux Mont Sainte-Odile, sa statue domine toute la plaine
d’Alsace.
Juste à ses pieds apparaît les vignes du célèbre
Clos Sainte-Odile.
Isabelle Blanquis, déjà plusieurs fois citée
(167) nous apporte quelques précisions historiques
sur la légende de Sainte Odile.
Odile était fondatrice et abbesse du couvent de Hohenbourg.
Un jour le vin qui avait été distribué
aux pauvres et aux pèlerins, manqua.
« Quand la sommelière se plaignit du manque
de vin, la sainte lui dit: « Ne vous affligez pas
ma fille, ayez confiance, car celui qui avec cinq pains
et deux poissons a nourri des milliers d’hommes, pourra,
s’il le veut bien augmenter la petite mesure de vin
qu’il daigna nous laisser ». Là- dessus,
la sœur lui demanda sa bénédiction, s’en
alla et trouva le fût rempli de vin ».
Ainsi,
le 14 décembre est consacré à célébrer
la fête de la patronne d’Alsace, et par ailleurs,
il est coutume de voir associer la figure de la sainte à
quelques produits de la vigne.

349/ 15 Décembre
LE CHAMPAGNE N’ÉTAIT PAS AU PARFUM.

Flacon YSL « Champagne » 50 cl
Même
en l’absence de protection par un titre de propriété
industrielle ( PI), les agissements dits
« parasitaires » constituent une faute dont
la victime peut obtenir une réparation si elle a
subi un préjudice, par exemple une baisse de son
activité. C’est ainsi que l’on estimé
les producteurs de Champagne qui ont demandé à
Yves Saint Laurent de retirer le nom « Champagne »
à un de ses parfums. Après une bataille juridique
de plusieurs mois, la Cour d’Appel de Paris en date
du 15 décembre 1993 a condamné pour parasitisme
la société Yves Saint-Laurent Parfums, qui
avait lancé le parfum « Champagne » début
1993. « En adoptant le nom Champagne pour le lancement
d'un nouveau parfum, dans un flacon en forme de bouchon
et en utilisant dans la publicité l'image de joie
et de fête qu'il évoque, la société
Yves Saint-Laurent a voulu créer un effet attractif
emprunté au prestige de l'appellation Champagne ;
... de ce seul fait, elle a, par un procédé
d'agissements parasitaires, détourné la notoriété
dont seuls les acteurs et négociants en Champagne
peuvent se prévaloir pour le vin ayant droit à
cette appellation ».
Nous
pensions pour notre part que le fait qu’un parfum
puisse s’appeler Champagne était faire vraiment
honneur au Champagne. Concilier un parfum français
avec la marque des vins de Champagne, c’était
en effet positionner le Champagne comme un produit exceptionnel,
surtout avec la signature YSL.
Pourquoi alors accepte-t-on par ailleurs qu’une grande
Maison de couture et de parfum ( par exemple LVMH ) puisse
être propriétaire d’un très grand
vin ?
A
notre avis, Yves Saint Laurent, avec son nom sacro-saint,
a eu une idée pleine de goût, mais a manqué
d’un peu de nez.
Dommage, nous aurions bien apprécié cette
association des vins et des parfums. Tout est fait pour
que ces deux produits se découvrent mutuellement,
car ils sont l’essence même de notre stimulation
sensorielle. Dans les deux cas, on a besoin d’un flacon,
dans les deux cas, nous sommes en présence d’un
précieux liquide. Mais si, pour développer
ses vertus, le parfum s’adresse limitativement au
nez, le vin demande en outre à être bu.
350/ 16 Decembre
LES VINS TRÈS SAINS D’ADELAÏDE
Sainte
Adélaïde nous fait quitter, pour un jour, les
contrées viticoles françaises pour nous faire
évader à l’autre bout du monde, en Australie
Adélaïde
se situe en Australie méridionale et bénéficie
d’un climat très favorable à la viticulture.
Ce sont les Anglais (Commonwealth oblige) qui entreprirent
les premières plantations de vigne au sud d’Adélaïde
vers les années 1836. Puis les caves se multiplièrent
aux alentours. Hugh Johnson (165) nous rapporte qu’un
médecin du Sussex arrivé à Adélaïde
constata les bienfaits du vin local sur ses patients. Il
décida de planter des vignes, qui aujourd’hui
sont les plus renommées du pays.
On
cite tout particulièrement le
« Grange Hermitage » issu des vignes de Penfold,
comme étant l’un des plus grands vins d’Australie;
Cette évocation lointaine pour nous rappeler que
la vigne et surtout les vins ont toujours attiré
les Anglais. L’histoire est là pour nous rappeler
les grands moments viticoles de la couronne britannique,
depuis le temps où les anglais envahirent l’Aquitaine
jusqu’aux conquêtes coloniales et le déploiement
des grands vignobles d’Australie et d’Afrique
du Sud entre autres.
La
littérature témoigne d’aventures innombrables
qui ont conduit de nombreux Anglais à s’implanter
comme des « ceps conquérants et amoureux »
au plus profond des terroirs français.
351/
17
Décembre
LES
MARCHES DE NOÊL ET LE MARCHE DES GRANDS CRUS D’ALSACE.
Noël approche et on ne sait quels marchés de
Noël visiter en Alsace. Ils sont si nombreux et si
beaux.
Il en est de même des vins d’Alsace Grand cru.
Ils sont si variés et si bons. L’AOC en a dénombré
50, dont l’énumération oblige à
quelques exercices phonétiques et dégustatifs.
(168)
L’originalité de ces appellations, c’est
la conciliation entre un cépage et un terroir. Ceci
n’existe qu’en Alsace.
Quatre cépages sont autorisés pour les vins
dits: « Alsace Grand Cru »: Riesling, Tokay
Pinot Gris, Muscat et Gewurztraminer.
Il y eut un décret qui le 23 novembre 1983 a désigné
25 Grands Crus. Un deuxième décret a doublé
la mise, en nommant 25 autres Grands Crus en date du 17
décembre 1992. Cette dernière réglementation
a abrogé le fameux décret de novembre 1875
!
Ci-dessous la liste complète des 50 vins d’Alsace
Grand Cru. Depuis 2006, l'Alsace compte un 51°: le Kaefferkopf
d'Ammerschwihr

Extrait guide des grands crus d’Alsace
352/
18 décembre
VIGNES
ET HÔPITAUX FONT BON MÉNAGE.
Avec
les Hospices de Beaune, nous avons quelle sorte de lien
peut s’établir entre un établissement
de santé et ses besoins de gestion. Parce que la
vigne est une bonne source de revenus, il était courant
de voir que grâce aux donations viticoles les hôpitaux
survivaient aux malades.
Nous
avons découvert un petit ouvrage qui s’est
hasardé à faire un inventaire de ces hôpitaux
viticoles, ceux-là mêmes qui tout en soignant
les malades, veillent à la santé de leurs
propres vignobles.(169)
On en dénombre 18. Le 18 décembre nous semblait
constituer une date très appropriée pour signaler,
comme nous le voulions, cette originalité patrimoniale.
Ces
18 demeures hospitalières se répartissent
aux abords des principaux fleuves et cours d’eau français,
là où sont censés se développer
nos célèbres vignobles. Tour de France de
ces vignobles hospitaliers dans le sens contraire des aiguilles
d‘une montre:
La
Seine et ses affluents l‘Yonne et de l’Amangon:
- La
Maison de retraite Renaudin à Sceaux et son Clos
Renaudin qui comprend une dizaine de pieds justifiant
le cru des centenaires (retraités obligent).
- Centre
hospitalier spécialisé d’Auxerre et
le très célèbre « Clos de la
Chaînette » qui a obtenu une AOC spéciale.
- L’Hôpital
Notre-Dame-de-Fontenille au centre de Tonnerre possède
1ha de vigne que tenait en son temps Marguerite de Bourgogne
fondatrice du Prieuré. Le vin commercialisé
est un Chardonnay (type Chablis) issu des caves d’Epineuil.
La Loire
- les
Hôpitaux de Nantes dont le Centre de La Placelière
qui avec ses 20 ha peut espérer commercialiser
100 à 500 hl de Cabernet.
- les
Hospices de Saumur et son Clos de Champigny légué
par Antoine Cristal, qui produit 10ha de Saumur Champigny
exporté par la cave de Saint-Cyr-du-Bourg (voir
aussi 16 juin)
La Garonne
- Le
CHU de Bordeaux et son domaine de Cholet à Talence.
L’exploitation se fait par le Château Haut
Brion. Rien que pour l’année 1997, la récolte
a rapporté au CHU, 1,2 millions F (180 000€)!
- Le
Centre Hospitalier de Cadillac-sur-Garonne et ses 24 ha
de Bordeaux rouge 1ères Côtes, Bordeaux blanc
et Cadillac
Le Rhône
- Maison
de retraite-Résidence Gaston Brunel connue pour
sa Cuvée des Hospices à Château-neuf
-du-Pape.
La Saône
- Les
Hospices civils de Lyon qui possèdent un vignoble
en Beaujolais à Perréon (7ha)
- L’Hôtel-Dieu
de Villefranche-sur-Saône et son Domaine du Mont
Verrier en Beaujolais Villages (11ha)
-
L’Hôtel-Dieu de Belleville avec 4 ha de Brouilly,
2ha de Morgon et 6ha de Fleurie
- L’Hôpital
de l’Arbresle comprend 139 lits et 5 ha de Beaujolais
jouxtant la maternité
- Les
Hospices de Beaujeu sont immergés dans 80 ha de
vignes et s’illustrent par le magnifique cuvage
de Grange-Charton.
- Les
Hospices de Beaune (voir 18 novembre)
- Les
Hospices de Nuits-Saint-Georges organisent leur vente
aux enchères fin mars avec la célèbre
cuvée du Dr Fagon et la fameuse « pièce
de la charité »
- Le
domaine viticole des Hospices de Dijon dont les enchères
se rapportent aux marques protégées «
Hospices de Dijon » et « Chenove-Hermitage
».
Le
Rhin
-
Le Vignoble des Hospices civils de Colmar (3ha) en cépages
nobles et sa cave de l’Hôpital Louis Pasteur
(800hl), et le vignoble du Centre Départemental
de repos et de soins de Colmar géré par
la cave viticole
d’Ingersheim.
- L’Hôpital
civil de Strasbourg qui ne possède plus de vignes,
mais assure la garde des vins moyennant un loyer au profit
de l’hôpital dans sa célèbre
Cave Historique des Hospices de Strasbourg. (à
visiter absolument).
353/19
Décembre
URBAIN II ET URBAIN V, DES PASSIONNÉS DE VINS.
Urbain II, le 159ème Pape, est fêté
le 25 mai comme protecteur des vignes contre les gelées.
Nous sommes dans la période des saints de glace.
Il était originaire de Champagne et est devenu évêque
de Langres. Il est aussi à l’origine de la
première croisade.
Une immense statue d’Urbain II surplombe le vignoble
d’Aÿ.
Il est aussi le saint protecteur des vignerons du pays de
Vaud en Suisse.
L’image
de Saint Urbain est attachée à la Confrérie
des Vignerons de Vevey en Suisse et celle moins connu des
vignerons de Dambach-la-Ville (67).

Saint Urbain Vevey Suisse Saint Urbain Dambach-la-Ville
Chapelle Saint -Sébastien
Et un clos « le Saint Urbain » lui est entièrement
consacré en Alsace, dans le grand cru du Rangen à
Thann.
Chaque année à Turckheim, le 19 décembre
et non le 25 mai une procession est organisée par
la paroisse afin de rappeler son rôle de protecteur
des vignes contre les intempéries et des hommes contre
les abus d’alcool.
L’histoire du Pape Urbain V (Guillaume de Grimoard)
que l’on commémore le 19 décembre va
être hasardeusement liée par nos soins à
son itinéraire religieux et aux contrées viticoles
correspondantes.
1310
né à Grisac en Lozère, il quitte ensuite
la région dépourvue de vigne…
1352 Abbé de Saint-Germain à Auxerre, découvre
les vignes du nord de la Bourgogne
1361 Abbé de la Basilique Saint-Victor à Marseille
à côté des vins de Cassis
1362 Il est nommé Souverain Pontife (200ème
?) en Avignon et contribue à la renommée des
vignobles de la papauté à Château Neuf
1364 Il fonde le monastère Saint-Benoît à
Montpellier au cœur du vignoble languedocien.
1365 Urbain V reçoit l’empereur Charles IV
et offre en son honneur un banquet où auraient été
servis tous les meilleurs vins de la chrétienté
1370 Forcé de venir à Rome (7ème pape
d‘Avignon), il ne put supporter cet exil et revint
en France en Avignon pour y mourir le 19 décembre.
354/
20 Décembre
DU
CAVEAU MODERNE AU ROCHER DE CANCALE.
C’est
le 20 décembre 1805 que naquit sous la houlette de
Pierre Capelle, le Caveau Moderne qui se voulait être
une société épicurienne. (170)
Dans
l’esprit du Caveau, société bachique
et chantante, le Caveau Moderne voulait renouveler un peu
le style selon les propos mêmes de Pierre Capelle:
«
Nos réunions, dont je devais faire tous les frais
de table et de publication, en recevant en échange
de chaque membre de a Société un article en
prose ou une chanson à tous les dîners, nos
réunions épicuriennes furent organisées.
Un engagement fut fait et signé le 20 décembre
1805. On y décida que les séances, ou pour
mieux dire les dîners, auraient lieu tous les mois,
le 20 du mois au Rocher de Cancale, qui n’était
alors qu’un modeste cabaret où l’on ne
mangeait guère que des huîtres, mais ce cabaret
était tenu par un honnête homme, appelé
Balaine, dont la cave et les fourneaux furent bientôt
mise en renom par les savants gastronomes et les joyeux
chansonniers de cette Société vraiment française.
»
Balaine,
devenu le « Maître d’hôtel du Caveau
» donnait souvent l’occasion de chanter en son
honneur :
« Inaccessible à tout buveur d’eau claire
Ce rocher toujours fut l’écueil du chagrin,
Jamais ses flancs qui bravent le tonnerre
Ne sont battus que par des flots de vin. »
Donc
le 20 du mois, les vingt membres ( nombre maxi) célébraient
le vin (vingt) sous le portrait de Pannard, grand chansonnier
devant l’éternelle bouteille.
Cette
aventure épicurienne s’arrêta au lendemain
des fameux « cent jours ». Les dernières
séances de 1815 jettent le trouble, entre les partisans
à thèmes politiques et les apolitiques.
Loin les chansons bachiques, joyeuses et paillardes, le
Lys et la royauté font leur entrée. C’en
est fini du Caveau Moderne, il aura vécu 10 ans.
On
peut toujours se rendre en pèlerinage dans ce fameux
restaurant situé vers la rue Montorgueil à
côté des Halles.

Au Rocher de Cancale Paris 2°
355/ 21
décembre
MOTS
CROISES DU VIN, DE LA VIGNE ET DES VENDANGES.
L’hiver
s’installe, c’est la journée la plus
courte, et la nuit la plus longue. Nous sommes quarante
jours après la Saint Martin. La fête de Noël
s’annonce heureuse. Pourquoi ne pas meubler un peu
de temps libre avec un exercice de mots croisés ?
Nous avons reproduit intégralement la grille de 21
X 21 (21 décembre) trouvée par hasard dans
une revue intitulée « Voilà !».
Il n’y aura pas de solutions communiquées,
pour laisser le privilège à l’auteur
inconnu. Qu’il en soit félicité et remercié.

356/ 22
Décembre
AUTOUR
DE LA ROUE ZODIACALE.
Notre
calendrier arrive bientôt à son terme, il ne
reste plus que 10 jours pour boucler le tour complet de
l’année. On a pu au fil des journées
constater la prédominance du calendrier dans l’histoire
de la vigne et du vin et donc de la vie des hommes. Quelle
que soit l’approche, religieuse, historique, culturelle
ou agraire, les saisons se révèlent déterminantes
et l’interprétation des signes du zodiaque
participe à la compréhension des évènements
viniques de l’antiquité aux temps modernes.
Le livre d’ Edmond Outin (171) fait partie des ouvrages
fondamentaux de cette aventure et c’est pourquoi en
ce jour de solstice d’hiver fixé au 22 décembre,
nous avons reproduit la roue zodiacale de Edmond .Outin,
en y intégrant nos principaux éléments
calendaires des « Saints et des Vins ».

357/ 23 Décembre
SAINTE VICTOIRE ILLUMINE LES VIGNES.
La lumière dominera les ténèbres expliquent
les Saintes Ecritures. C’est la Victoire de la Lumière.
Le Christ va naître.
A partir de ce jour calendaire, la nuit diminue d’une
minute par jour. Le jour va progressivement vaincre la nuit.
La fête de Sainte Victoire placée en ce 23
décembre prend le nom de la vierge martyr pour annoncer
l’anniversaire du grand événement religieux.
Mais
pour rester fidèle à notre passion du vin
et à sa célébration quotidienne, nous
nous dirigeons sans hésiter vers cette prestigieuse
colline que Cézanne a maintes fois célébrée.
C’est la fameuse « Montagne Sainte Victoire
» vaste façade blanche et lumineuse dont les
pieds côté sud plongent dans de vastes lignées
de vignes.
Un
domaine se distingue par son nom : le château Coussin
Sainte Victoire situé à proximité d‘Aix.
Leurs Côtes de Provence issus des vignes abritées
par la montagne sainte, donnent entre autres des rosés
qui à la dégustation « sont comme le
petit Jésus en caleçon de velours ».

La Sainte Victoire par Paul Cézanne (collection Barnes)
358/ 24 Décembre
LA PROCESSION DE BRANCION.
C’est toujours un moment d’effervescence dans
chaque foyer lorsqu’on prépare la fête
familiale selon les coutumes régionales, les croyances
exprimées ou non, les habitudes de réception
familiale, avec faste ou de façon très modeste.
Il y a toujours ce moment de grâce gastronomique,
où l’on prépare le dîner exceptionnellement
festif.
Et selon les moyens et l’identité des convives,
le maître de séance se sera procuré
les vins de fête qui accompagneront ce temps de célébration.
La veillée de Noël
et le 25 décembre sont deux moments
de fêtes conviviaux autour de l’arbre de vie
exprimé par le sapin, qui illuminé, symbolise
la lumière renaissante. Voilà pour le côté
païen. Et la participation à la messe de minuit,
ainsi que l’exposition dans chaque foyer de la crèche,
représentation du lieu de la naissance de Jésus.
Voilà pour le côté religieux.

Eglise Saint-Pierre de Brancion : La Nativité
Une fête de la Nativité a lieu chaque année,
le 24 décembre dans le village de Brancion (Saône
et Loire), avec procession animée par la confrérie
des vignerons de Saint Vincent qui tard dans la soirée
vont fêter « le Noël des vins » à
la messe de minuit au centre des magnifiques peintures murales
de la Chapelle romane Saint-Pierre, dont celle de la Nativité.
Cette
soirée originale appelée réveillon
nous vient d’Espagne, où la tradition voulait
qu’on jetât au feu une bûche bénie
aspergée de vin. C’est la fameuse bûche
de Noël qui s’est transform&e |