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91/1er
Avril
POISSON D’AVRIL OU POISSON AU VIN AIGRE.
«
Quand en avril il tonne
Apprêtez
cercle et tonne. »
Aujourd’hui,
1er avril, c’est la symbolique du poisson qui prédomine.
Avec
le printemps les éléments aquatiques se révèlent
et nous entrons dans le signe du poisson.
Des
traditions anciennes subsistent, dont celle de se raconter
des histoires invraisemblables se terminant par «
c’est un poisson d’avril ! ! »
Revenons
en Alsace pour faire un lien gastronomique entre le poisson
et le vinaigre. Un ouvrage ancien de Buchinger intitulé
« Koch-Buch » (50) ( livre de cuisine) nous
donne quelques recettes aigrelettes à base de poisson
et de vin :
Les
harengs grillés surmontant des choux verts relevés
d’une forte sauce aigre aux oignons hachés.
Les
anguilles au vin aigre agrémentées de bettes
ou d’épinards.
Les
quenelles de carpes cuites au vin puis grillées avec
des pommes ou des poires…
En
général, les poissons étaient présentés
avec plusieurs saucières dont des vinaigres rosat
( Rosen Essig ), du vinaigre surard ou de sureau ( Holder
Essig ) ou vinaigre violet ( Violen Essig ).
Dans
la religion chrétienne c’est la période
du jeûne. La consommation de viande est limitée,
d‘où le recours aux plats de poissons.
Poisson
et vinaigre ont une symbolique particulière qui nous
renvoie au Vendredi Saint 13 avril.
Dessin
de Avoine,
92/
2 avril
TOUS
LES CHEMINS DE VIGNE MENENT EN CORSE.
Sans
nul doute les vins de Corse sont les plus méconnus
de France. Et pourtant, auprès des œnologues,
ils jouissent sur place d’une réputation digne
des grands vins de la métropole.
C’est
seulement le 2 avril 1976 que l’Institut National
des Appellations contrôlées fit publier le
décret donnant enfin les lettres de noblesse aux
vins de Corse. Les principales appellation locales sont
: Calvi, Sartène ,Cap Corse, Porto Vecchio, Figari,
les deux AOC spécifiques sont : Ajaccio et Patrimonio
et les deux régionaux dit « Vin de Corse »
celui de la côte orientale et celui du sillon central.
On
retiendra de par leur originalité, leur spécificité
et leur qualité intrinsèque les trois principaux
cépages de l’île :
Le
Nielluccio qui caractérise les vins de Patrimonio,
et donne d’excellents vins rouges racés aux
arômes de fruits à noyau.
Le
Vermentino, un cépage blanc au parfum de camomille
ou de pomme, caractérisant les vins méditerrannéens.
Le
Sciacarello, un cépage fait pour les cultures en
coteaux élevés. C’est le cépage
noir par excellence produit sur des sols cristallins et
donnant un vin de garde laissant à la dégustation,
une longueur en bouche qui en fait l’un des meilleurs
vins rouges de l’Ile de Beauté.
Seulement
5% de la production de l’Ile peut se commercialiser
en AOC, aussi la fameuse restructuration du vignoble corse,
a-t-elle réduit les surfaces de production de 27
200 ha en 1976 à 9500 ha en 1990.
Enfin
autre originalité locale : il n’existe pas
de droit de régie en Corse suite au décret
Miot de 1811 qui remonte à Napoléon favorisant
le système de libre échange sur la totalité
de l’Ile.
Aujourd’hui
après bien des avatars au cours de ces deux derniers
siècles, la Corse grâce au décret du
2 avril, peut rivaliser avec l’ensemble des pays et
contrées producteurs de vins et offrir, surtout sur
place, des moments de dégustation hors du commun.
93/3
avril
LES
DEUX RICHARD DANS LEUR DOMAINE RESPECTIF.
Ils
s’appellent tous les deux RICHARD et ont tous les
deux le même prénom, Pierre, et tous les deux
se passionnent pour le vin. L’un s’est installé
au centre des Corbières dans le sud de la France
et l’autre dans les Côtes du Jura .
Le
premier est venu sur le tard, cherchant sans doute un dérivatif
à sa vie d’homme public et d’artiste
de cinéma. Il a voulu par cette retraite ensoleillée
et goûteuse plonger dans les odeurs de terre et les
arômes de fruits. Depuis plus de 10 ans, il met en
barrique toutes les richesses que lui confie cette terre
généreuse produisant des vins capiteux et
aromatiques. Sa passion est sérieuse et le distrait
de l’autre activité où tout aussi sérieusement
il joue au distrait. Pierre Richard reste un vigneron modeste
mais fier de ses 20 ha de Corbières et de ses 80
000 bouteilles an.
Le
Domaine se nomme: Château Bel Évêque
, Domaine de l’Evêque à Gruissan., mais
pour porter le bonnet ( d’Evêque ) il fait appel
à Véronique Gillet.
Le
deuxième est un descendant d’une longue lignée
de Richard. Aujourd’hui à la tête d’un
vignoble de plusieurs hectares, Pierre s’enorgueillit
de pouvoir offrir toute la gamme des vins du Jura, du Crémant
au Vin Jaune.
Plusieurs
fois médaillé, Pierre Richard s’est
tout particulièrement distingué avec sa cuvée
20ème anniversaire en 1992.
Contrairement
à son homonyme, il se donne peu en spectacle à
l’exception des remises de prix.
Situé
dans le Vermont du nord, le Domaine Pierre Richard (tout
simplement) demeure au Vernois à quelques encablures
de la célèbre cave viticole de Voiteur .
Nous
citerons enfin juste pour mémoire, les Domaines RICHARD
( connus aussi pour la commercialisation des cafés
) qui s’étendent en plusieurs propriétés
viticoles, dans le Bordelais, le Beaujolais, le Châteauneuf-
du- Pape, et Côtes du Rhône Villages. (htpp://www.richard.fr).
94/4
avril/ mercredi saint
LE
PRESSOIR MYSTIQUE.
En
ce saint mercredi, le culte catholique nous invite à
aborder le rite de la passion du Christ et de sa crucifixion.
La
liturgie chrétienne évoque en ce jour une
prophétie d’Isaïe ( 63,1-7 ) qui relate
l’histoire d’un guerrier tout sanglant victorieux
de ses ennemis :
«
Quel est donc cet homme aux vêtements écarlates,
qui arrive d’Edom, de Bosra ? » et lui de répondre
:
«
Je proclame la justice, et j’interviens pour sauver
»
A
la question de savoir pourquoi ce rouge sur ces vêtements
comparables aux habits du fouleur au pressoir, il répond
par ces mots :
«
A la cuve j’ai foulé solitaire et de mon peuple
personne n’était avec moi. Alors, je les ai
foulés dans ma colère, je les ai piétinés
dans ma fureur. Leur jus a giclé sur mes habits.
J’ai regardé, personne ne m’a aidé,
j’ai été abattu : personne pour me soutenir.
Alors mon bras m’a sauvé….j’ai
écrasé les peuples dans ma colère…J’ai
fait couler à terre leur jus. »
Cette
prophétie annonciatrice de la mort et de la résurrection
du Christ, s’appuie sur la symbolique constante des
fruits de la vigne, en l’occurrence pressurés
pour donner le jus salvateur. Dans la parabole des vignerons
homicides, les évangélistes font le parallèle
entre le vin et le sang du Christ . A l’instar de
l’histoire du guerrier d’Isaïe, le rachat
des péchés est représenté par
le foulage de la vendange, au cours duquel les grappes coupables
( l’ennemi ) sont anéanties mais produisent
le sang régénérateur .
Le
pressoir mystique (Pinaigrier) Eglise Saint-Etienne du Mont-Paris
Photo:
Emmanuel Nicot - Jean-Claude Loty. Ville de Paris- S.O.A.E.
La
symbolisation du pressoir mystique empruntée des
Saintes Ecritures, nous démontre que Jésus-Christ
est représenté par la grappe de raisin, dont
le pressurage constitue un sacrifice volontaire, et dont
le jus devient le sang rédempteur.
95/5avril/
jeudi saint
LA
CÈNE OU LE DERNIER REPAS.
Nous
sommes le Jeudi-Saint dans la liturgie catholique.
Après
que les apôtres eurent préparé le repas
pascal selon les instructions de Jésus, l’évangile
de Luc nous relate ce qu’a été la dernière
pâque juive de Jésus en compagnie de ses douze
disciples.
….
» et ayant reçu une coupe, rendu grâce
, Il dit : « prenez ceci et partagez entre vous, car
je vous dis que je ne boirai plus désormais du produit
de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu
soit venu »
et
ayant pris du pain ……
Et
il prit la coupe…en disant : « Cette coupe est
la nouvelle Alliance en mon sang, qui est répandu
pour vous. »
Luc
ch. 22, 17-20
95/6
avril/ vendredi saint
«
J’AI SOIF… »
Semaine
Sainte oblige, la Passion du Christ est à son paroxysme.
«
Après cela, Jésus sachant que tout est consommé,
afin que l’Ecriture fût accomplie, dit encore
: J’ai soif. Il y avait là un vase plein de
vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge et,
la fixant à un rameau d’hysope l’approchèrent
de sa bouche.
Quand
Jésus eût pris le vinaigre, il dit : Tout est
consommé et inclinant la tête, il rendit l’esprit
»
Dick
Ket 1932, Stedelijk Museum, Amsterdam (*)
(*)
La cuvette blanche évoque l’auréole
au dessus de la tête de la Vierge, et la bouteille
de vin, le calvaire et la mort du Christ
L’association
du vinaigre au Vendredi Saint était autrefois, en
Alsace, liée au fait que le partage de la «
mère » qui consiste en un dépôt
de saletés issu de la fabrication du vinaigre, se
faisait à cette date, marquant ainsi la fin du cycle
de l'évolution du vin.
Cette
tradition de la fabrication du vin aigre, puis de son soutirage
le vendredi saint était assurée par les femmes
( femme-cuisine ) alors que les hommes assuraient la fabrication
du vin ( homme-cave).
Le
vendredi saint est également le jour de tous les
interdits, religieux pour la plupart . Il s’agit entre
autres de faire maigre ( on mange du poisson et non de la
viande .)
96/7
avril
CES
ORGANISMES PROFESSIONNELS AU SERVICE DU VIN
L’ANIVIT
(Association Nationale Interprofessionnelle des Vins de
table et de pays ) a été créée
par décret le 7 avril 1976 par le ministre de l’Agriculture
Jacques Chirac, et regroupe trois familles professionnelles
: le CNVF ( Comité National des Vins de France ),la
FNPVIT ( Fédération Nationale des Producteurs
de Vin de table et de pays) et la CNCVI (Confédération
Nationale des Coopératives Viticoles). Figure à
l’actif de ce regroupement moyennant agrément
des pouvoirs publics, la promotion et la défense
des vins français.
L’ONIVINS
(Office National Interprofessionnel des Vins ) a été
créé le 18 mars 1983. Cet organisme a pour
but de préparer et d’exécuter les décisions
européennes relatives aux vins et aux produits issus
de la vigne et plus particulièrement tout ce qui
touche à l’amélioration de la qualité
et des rendements des productions viticoles.
L’INAO
( Institut National des Appellations d’Origine des
vins et eaux de vie ) qui vit le jour en 1935.
Cet
organisme est en charge de la délimitation des aires
de production AOC ( Appellation Origine Contrôlée
).
Il
organise également la défense des appellations
et la lutte contre la fraude.
L’ITV
( Institut Technique de la Vigne et du Vin) est né
en 1948.
Cet
organisme s’occupe tout particulièrement de
recherches, d’études ainsi que des analyses
sur les références techniques du vin.
La
CNAOC ( Confédération Nationale des producteurs
de vins et eaux de vie de vin à Appellation d’Origine
Contrôlée ). Ce groupement est constitué
du syndicat des producteurs de crus et d’appellation.
Il a pour mission de défendre les intérêts
de la profession auprès de Bruxelles.
La
CNCP ( Confédération Nationale des Producteurs
des Caves particulières ) Elle compte plus de
20
000 adhérents originaires de toutes les régions
viticoles de France. Cette association organise annuellement
des foires permettant la vente directe aux particuliers
( Paris, Lille et Lyon ) ( voir aussi 2 décembre)
La
CNCV ( Confédération Nationale des Coopératives
Viticoles ) et qui regroupe toutes les fédérations
régionales et départementales, soit plus de
1200 coopératives pour environ 250 000 adhérents.
L’OIV
Photo
Marc Heimermann
97/8
avril/ Pâques
DU
RITUEL PASCAL AU RITUEL DES VINS.
.Le
tombeau est vide, mais la cave est pleine.
C’est
le jour de la Lumière, celui de la résurrection
du Seigneur.
Après
que la vigne ( Le Seigneur ) a donné tout son vin
( son Sang ) . Après le repos, dans les ténèbres,
la Vie renaît et donc la fête peut être
consommée.
La
dernière opération du vigneron dans sa cave
est celle dite du « collage ». Cette opération
est destinée à clarifier le vin (meilleure
transparence) et donc à lui assurer une meilleure
limpidité. Pour cela, on utilise des œufs (de
Pâques !) battus en blanc que l’on verse dans
les tonneaux de vin rouge.
Commence
ensuite la mise en bouteille (qui est une forme de mise
en bière) jusqu’au jour de la résurrection
du vin par extraction du bouchon.
Le
rituel de la cave, c’est le culte du vin, car tout
est à l’image de la cérémonie
pascale.
On
part des fonds baptismaux (partie sombre de l’église),
pour accéder sur l’autel, à la lumière
festive (illumination du cierge pascal).
L’initié
de la dive bouteille, après avoir, à l’aide
d’une bougie scintillante, sélectionné
celle qui sera l’heureuse élue d’un instant,
quittera les fraîches profondeurs du cellier pour
présenter à la lumière et ainsi «
chambrer » le précieux liquide.
Le
rituel du vin et de sa dégustation, consistera à
ouvrir la bouteille pour laisser s’épanouir
le nectar. Puis le maître de maison s’assurera
qu’il est dépouillé de toutes impuretés
odorantes (odeur de bouchon) avant de le verser dans le
cristal, et de tourner inlassablement son verre pour en
dégager les subtils arômes. C’est alors
dans un moment de recueillement sacré qu’intervient
le rite de la communion par absorption du vin.
Là
la bouche effectue des mouvements de mastication dans un
instant de concentration intime, pour voir ensuite s’illuminer
le regard du converti.
La
fête Pascale alliant le Sang ( le vin ) et la Lumière
( le feu ), donne toute sa dimension pour le passage de
l’événement mystique au rituel du vin
mythique.
La
révélation divine consacre les différents
rituels autour du vin.
Les
rituels festifs : Tout en levant son verre, on chante en
chœur et à l’unisson . C’est la
communion dans le vin, à l’occasion d’une
fête familiale, d’un départ en retraite,
ou d’une cérémonie officielle.
Les
rituels commémoratifs : Inaugurations, anniversaires,
temps forts du calendrier, sont autant d’occasions
de boire la coupe, de trinquer, de transmettre le vœu
de « bonne santé ».
Enfin
les rituels de fraternité et de convivialité,
formes de contemplation et de recueillement communautaires,
s’expriment dans des lieux consacrés à
la seule boisson divine. C’est le pot de l’amitié,
c’est la tournée du patron, c’est le
coude sur le zinc, c’est la taste dans le caveau,
c’est la fête qui commence….
Le
rituel des vins confirme bien le rituel pascal et donc la
fête par excellence.
99/9
avril
GAUTIER,
L’HISTORIEN JURISTE DU VIN.
Jean
François Gautier, docteur en droit, est chef du service
juridique de l’OIV et membre fondateur de l’association
des juristes pour le droit de la vigne et du vin.
Professeur
aux universités de Paris et de Tours, il est l’auteur
de nombreux ouvrages historiques et juridiques sur la vigne
et le vin.
Ses
écrits demeurent une référence, au
point qu’il a su démontrer que le vin n’est
pas seulement un agréable produit de consommation,
mais reste aussi un breuvage civilisateur.
Le
vin est une composante de notre identité. C’est
ce qu’il a merveilleusement démontré
dans son ouvrage :
«
Le vin à travers les âges, de la mythologie
à l’œnologie. » (55)
Pour
lui le vin a connu plusieurs âges et donc plusieurs
périodes de l’histoire :
-
L’âge mythique c’est le vin mythique
-
L’âge mystique c’est le vin mystique
-
L’âge historique c’est le vin historique
-
L’âge d’or c’est le vin contemporain
Dans
son « Histoire du vin » (56), on découvre
le vin comme vecteur de la civilisation, support de la religion,
partenaire des Saints, référence pour les
fêtes, produit de consommation, lien pour l’Europe.
Il
est pour notre présent ouvrage une référence.
Qu‘il en soit remercié en ce jour de la Saint
Gautier.

C’est
pourquoi nous lui offrons un breuvage issu des vignobles
de l’ouest de la France qui une fois distillé
et longuement conservé en fût donne ce produit
aux alcools subtils qu’est le cognac.( voir aussi
1er mai)
Merci
d’accepter ce remarquable cognac issu de la Maison
Gautier Frères.
100/10
avril
LES
CENT PREMIERS JOURS, LES CENT PREMIERS VINS
En
ce mois d’avril , le dixième jour du mois,
mais aussi le centième jour de l’année,
notre dévotion dominicale fêtera les cent jours
en l’honneur de 100 vins de légende.
Un
ouvrage écrit par Sylvie Girard-Lagorce révélait
le prestige des cent premiers vins mondiaux.(57)
Nous
devons cette sélection à la Famille Vrinat
et aux sommeliers du restaurant et des caves Taillevent.
101/11
avril (Isidore ex 4 avril)
LA
BITURICA D’ISIDORE ET LES VINS DU BERRY.
Dans
la lignée des Columelle et Pline, éminents
spécialistes d’agronomie, nous pouvons en ce
jour de la Saint Isidore, évoquer Isidore de Séville,
illustre savant espagnol qui mourut dans la plénitude
religieuse dans sa cathédrale le 4 avril 636.
Ce
grand érudit écrivait sur quasiment tous les
domaines, ce qui faisait de lui un véritable encyclopédiste.
On retiendra entre autres son « Etymologies »
ouvrage entièrement consacré à la botanique
et celui, intitulé : « Origines » qui
traite plus particulièrement des différents
types de vigne.
C’est
ainsi que 500 ans après Pline et Columelle, Isidore
de Séville, parlant de la vigne biturige donne à
celle-ci son « rapport géographique. »
Enumérant les différentes espèces de
vigne, il dit au chapitre V du Livre XVII :
«
La biturica tire son nom du pays qui la produit »
signalant par ailleurs que le plant en question brave facilement
les intempéries, les pluies et les chaleurs, et ne
dégénère pas dans un sol maigre.(51)
Aujourd’hui,
parler des vins du Berry, c’est évoquer les
plus célèbres que sont ceux du Sancerrois
ou du Pouilly ou du Ménétou.
Mais
dans le Berry profond on garde le souvenir des vignes du
passé en maintenant la tradition des récits
et dictons telle cette devise que fait sienne la société
vigneronne de l’arrondissement d’Issoudun fondée
le 14 avril 1864 à savoir : « Amour et bon
vin chassent le chagrin ». (52)
Comme
quoi, c’est bien en faisant appel à la tradition
que l’on atteint la qualité d’un vin
102/12
avril (ex 5avril)
LE
SOMMELIER AU SOMMET DES MÉTIERS DU VIN.
Il
y a plus de vingt ans , au gré de mes incursions
chez les bouquinistes, je tombai sur un petit ouvrage quasi
neuf parmi les vieux livres, dont la couverture jaune pâle
pouvait faire penser à la couleur des blancs d’Alsace.
Son
titre réducteur attira ma curiosité : «
Sommelier » ; Il s’agissait là d’une
simple réédition de 1985 d’un ouvrage
vieux de 160 ans intitulé : « Nouveau manuel
complet du Sommelier et du marchand de vins contenant des
notions succinctes sur les vins rouges, blancs et mousseux.
» par W.Maigne, un des nombreux ouvrages de la longue
série des manuels Roret.
Or
deux ans plus tôt en 1983, fut désigné
le premier « Meilleur Sommelier du monde »,
à savoir le plus connu des sommeliers français
: Jean Luc Pouteau.
Deux
ans après la parution de cet ouvrage, j’ai
retenu les conclusions d’une dégustation mémorable
organisée par Pierre Coste (grand dégustateur).
C’était un 5 avril 1987. un vin exceptionnel
fut promu: le Gewürtztraminer Hengst 1979 de chez Josmeyer
à Wintzenheim. « de couleur jaune pâle
….. »
La
boucle dorée est bouclée. Un ouvrage ( le
manuel Roret ), un métier ( le sommelier ), un vin
(le Gewürtztraminer ) étaient à cette
période les symboles qui m’encouragèrent
à m’intéresser au monde du vin et à
rassembler le plus d’écrits sur cet univers
fantastique et riche d’enseignements sans fin.
Je
suis d’ailleurs en admiration sur la culture impressionnante
que peut déployer un sommelier.
Preuve
en est , les questions aux réponses presque impossibles
( voir plus loin ).

Insigne
du sommelier
Etre
sommelier c’est endosser l’habit de la noblesse
vigneronne. Ils sont nombreux ceux qui se présentent
aux plus prestigieux concours/
·
Concours mondial des Sommeliers pour le titre du «
Meilleur Sommelier du monde »
1983
Jean Luc Pouteau ( France ) …….
1992
Philippe Faure Brac ( France )
1995
Shinya Tasaki ( Japon )
1998
Markus Del Monego ( Allemagne )
2000
Olivier Poussier ( France )
Après
son échec de 1998, Olivier redonne le blason à
la France
·
Grand prix Sopexa du sommelier ou concours international
de sommellerie en vins et spiritueux de France
·
Trophée Ruinart du meilleur jeune sommelier de France
·
Grand prix Michel Chapoutier ou concours du meilleur étudiant
sommelier en vins et spiritueux de France
·
Concours du meilleur ouvrier de France
·
Prix Marie Stuart etc….
Qu’en
cette journée du 5 avril, journée que nous
dévouons à la dégustation des vins,
cinq éminent (e)s sommeliers soient honorés
au nom de toute la confrérie des sommeliers français
qui exercent tous dans les plus prestigieux restaurants
. La liste serait très longue. Retenons symboliquement
:
·
Le père d’entres tous, et le plus ancien :
Jean Luc Pouteau, meilleur sommelier du Monde 1983
·
Le plus brillant des lauréats mondiaux : Olivier
Poussier meilleur sommelier du Monde 2000
·
Le plus représentatif des sommeliers : ( président
de l’association )
·
La plus ravissante des sommelières : Nathalie Guiltat
reine des sommelières 1999
·
La plus féminine dans les métiers du vin :
Céline Viany « meilleur ouvrier de France 1999
»
Terminons
cet hommage, en vous soumettant deux questions issues du
concours mondial 2000 :
A)
Sur une étiquette de vin autrichien, quel est le
mot qui indique une parcelle unique de production de ce
vin ?
B)
A partir de quel cépage croate sont élaborés
le Dingac et le Postub, et quelle en est la couleur ?
REPONSES
:
A)
Ried
B)
Plavac-mali, rouge
103/13
avril( Marcelin ex 6avril)
MARCELIN,
L’APÔTRE DE LA VITICULTURE.
Tout
a commencé au début de l’année
1903, lorsque la loi sur les fraudes laissait encore l’avantage
aux producteurs de sucre du Nord et aux fabricants de verjus
du Centre, provoquant ainsi la crise des viticulteurs du
Sud incapables de produire les quantités de vins
nécessaires à leur survie. (53)

Photo
Sallis-Bouscarle
En
mars 1907, Marcelin ALBERT adresse à Georges Clemenceau
une missive qui exprime tout le désarroi d’un
peuple :
«
Midi se meurt. Au nom de tous, ouvriers, commerçants,
viticulteurs, maris sans espoir, mères prêtes
au déshonneur, enfants sans pain, pitié !
Pitié
encore pour nobles défenseurs républicains
du Midi qui vont s’entredéchirer dans combat
sanglant.
Preuve
fraude est faite.
La
loi du 28 janvier 1903 la favorise. Abroger cette loi, voilà
l’honnêteté, car nul ne doit avoir droit
falsifier produits alimentaires.
Devoir gouvernement empêcher choc.
S’il
se produit, les clés qui ouvriront portes prison
ne pourront jamais rouvrir tombeaux. »
P
.ordre Marcelin Albert
Le
ton est donné, et le 5 mai comme l’a promis
Marcelin Albert 100 000 hommes défilent à
Narbonne.
250
000 le 26 mai à Carcassonne et de 600 000 à
800 000 à Montpellier le 9 juin 1907( voir 9 juin
).
Tout
ce monde uni acclame l’apôtre de la viticulture…
Puis
c’est l’engrenage infernal, la répression,
les folles nuits de Narbonne et de Montpellier, les démissions
des municipalités, l’attaque du 17° régiment
d’infanterie, puis sa mutinerie, puis les morts…
Ce
n’est que le 29 juin qu’une loi nouvelle promulgue
la prévenance du mouillage des vins et les abus du
sucrage.
Le calme général ne reviendra qu’une
fois les prisonniers libérés, et paru d’un
nouveau décret sur l’administration publique
des vins et spiritueux.
Devant
des tiraillements politiques incessants entre leaders syndicaux,
élus, députés, gouvernement, Marcelin
Albert se voit contesté par ses propres « troupes
».
Une
fois libéré, il retrouve glorification à
Alger où il débarque le 7 novembre 1910 pour
défendre la cause des vignerons locaux.
Il
meurt le 12 décembre 1920 au milieu de quelques fidèles
qui l’accompagnent jusqu’à son ultime
demeure et ce peu avant son rival de la cause paysanne,
le maire de Narbonne Ernest FERROUL à qui la ville
rendit un hommage sans pareil par des funérailles
grandioses.
Marcelin
le modeste, à la gloire déchue peut rester
dans la mémoire de tous ces gueux du midi, car il
leur ressemblait . En témoignent les paroles de cette
chanson :
HOMMAGE
A MARCELIN ALBERT ( air : le champ du départ )
La
victoire viendra Refrain
Pour
la viticulture Vignerons, nous aimons la vigne
Grâce
à toi Marcelin Albert Pour elle , nous saurons mourir
Hélas
!depuis six ans Marcelin ? nous serons toujours dignes (bis)
La
misère était dure L’aider voilà
notre désir.
A
ces maux,
Ton
cœur grand s’est ouvert
Prenant
pitié de nos souffrances
Tu
te dresses comme un géant.
Vigneron
de toute la France,
Nous
te suivons petits et grands
104/14avril
VIN
UNIQUE, BOUTEILLE UNIQUE.
Le
vin jaune du Jura trouve refuge dans un flacon de 62 cl.
Cette bouteille est une modification de la bouteille dite
« anglaise ». Elle était fabriquée
dès les années 1850 aux verreries de la Vielle-Loye.
Par la suite, la production se fit rare. Et dans un ouvrage
célèbre intitulé « Gamay noir
et Savagnin » , Daniel Bienmuller nous indique l’origine
du mot « clavelin », nom donné à
cette forme de bouteille trapue rehaussée d’un
cachet gravé et dont l’utilisation est exclusivement
destinée au Vin Jaune (voir 31 mai ).(58)
On
nous relate qu’un certain Paul Clavelin , résidant
31 rue des prés à Saint-Claude réitère
une commande datée du 14 avril 1914 , jour de la
Saint Maxime. Il avait deux ans plus tôt exigé
que l’on mentionnât son nom sur le cachet des
deux cent bouteilles commandées.
Depuis,
la bouteille de Vin Jaune s’appelle le Clavelin, et
pour être précis sa contenance correspond à
la quantité restante d’un litre de vin après
six ans d’élevage en fût.
Evolution
des bouteilles de vin jaune ( Clavelin de collection de
Robert Aviet)
Une
variété unique de vins, une variété
unique de flacons,
En
effet, le Jura peut se targuer d’avoir des produits
originaux qui peuvent accompagner tous les plats d’un
menu pantagruélique ;
Outre
le vin jaune issu du cépage Savagnin au goût
de noix, noisette et amande verte et récolté
après la Toussaint , on trouve le vin de
paille, vin liquoreux conditionné dans des
bouteilles de 37,5 cl et issu de 4 à 5 ans de conservation
en petits tonneaux de chêne. Il peut se conserver
plus de 30 ans ( une génération ! )
Le
Château-Chalon , les blancs
secs, les vins rosés poulsard, les vins rouges trousseau,
les mousseux ou crémants sont autant de
produits différents moyennant une palette aux couleurs
automnales.
Si
on ajoute la bouteille de macvin qui contient
un mélange de moût de raisin et de marc du
Jura, et la bouteille de marc du Jura,
on aura l’ensemble de la collection prestigieuse des
9 bouteilles du Jura.
Nulle
autre région ne peut présenter une pareille
variété qui transforme les caves des vignerons
locaux en véritables cavernes d’Ali Baba.
105/15
avril( Constance ex 8avril)
DE
LA DISPARITION DE CONSTANCE A SA RÉSURRECTION.
Le
8 avril on célèbre ou Constance ou Julie selon
l’origine du calendrier.
Malgré
l’existence d’un Château Julie en Bordeaux
Supérieur sur la commune de Virsac, nous avons préféré
quitter exceptionnellement la terre de France pour parler
d’un vin extraordinaire et exceptionnel, appelé
Constance ou Constancia.
Pour
cela, il nous faut nous rendre dans l’hémisphère
sud, en Afrique du sud.
Célébré
par Alexandre Dumas et Beaudelaire, Constance trôna
sur les tables de Napoléon à Sainte Hélène,
de Georges IV à Londres ou sur celles des familles
royales des Pays Bas ou du Danemark.
Vers
1685, un hollandais du nom de van Riebeck établit
un domaine du nom de Constantia. Le domaine passa au gré
des successions et rachats entre des mains anglaises, autrichiennes
pour se terminer par une vente aux enchères vers
la fin des années 1800.
Constance
serait un vin liquoreux à base de Muscat d’Alexandrie
associé à de multiples cépages originaires
de France, d’Allemagne, de Perse, d’Arménie
ou autres contrées éloignées.
L’occasion
fut donnée à Hugh Johnson ( célèbre
œnologue anglais ) en 1970 de goûter un Constance
de 1830 qu’il trouva : « couleur d’ambre
pâle, avec des senteurs d’orange fumée
et de résines balsamiques ».
C’était
en effet un vin proche des malagas, décrit comme
fantomatique. En existe-t-il encore quelques exemplaires
au plus profond des caves de quelques richissimes collectionneurs
?
Depuis
1982, ce secteur est à nouveau réhabilité
moyennant un nouvel encépagement à l’instar
des contrées limitrophes. Mais l’importation
du cépage Muscat de Frontignan devrait , sous la
houlette du nouveau maître des lieux, faire rêver
au Constance.
Robert
de Goulaine dans son ouvrage « Vins rares ou disparus
», nous dit avoir dégusté un «
Klein Constantia 1990 » prétendument «
superbe au nez , mais à qui manque en bouche l’harmonieux
fondu que seul le temps sera capable de lui donner. »
(54)
Avec
un peu de constance et avec la bénédiction
de Julie, patientons quelques années pour voir ressusciter
le saint nectar .

Photo
Philippe Hurli
106/16
avril
SAINT
FRUCTUEUX SOUS UNE PLUIE DE DICTONS.
Le
mois d’avril, en général propice aux
pluies, offre une longue série de dictons qui font
et la pluie et le beau temps.
On
invoque d’ailleurs le 16 avril, la Saint Fructueux
, évêque espagnol du III ème siècle,
tout particulièrement pour qu’il éloigne
la pluie.
Dans
notre langage courant, « fructueux » signifie
« qui produit des fruits ». Ainsi, en est-il
de la vigne comme toute plante devant produire des fruits.
Le souci du vigneron est assurément de voir ses ceps
de vigne porter des rameaux fructueux, pour donner suffisamment
de fruits pour la vendange.
Voici
à titre d’exemples quelques dictons populaires
:
Pluies
d’avril
Remplissent
caves et barils.
Quand
en avril il tonne
Apprêtez
cercles et tonnes.
Quand
il pleut en avril
Tu
peux réparer le fond du tonneau.
Bourgeon
qui pousse en avril,
Met
peu de vin en baril.
Quand
en avril partout il gèle
Le
vigneron est en cervelle
C’est
à dire qu’il est fou de joie.
En
avril, prépare tes barils,
En
mai prépare ton grenier.
Quand
il tonne en avril
Le
vigneron se réjouit
Et
le laboureur aussi.
.
Photo
Marc Heimermann
On
commémore également le 16 avril, Saint Benoît
Joseph Labre, un ermite originaire du Nord de la France
qui choisit au milieu des années 1700 , de sillonner
toute l’Europe pieds nus. Il termina son périple
à Rome pour mourir à l’âge de
33 ans.
Pour
lui ce dicton :
«
A la saint Benoît
De
chanter le coucou a droit
A
moins qu’il ne soit mort de froid. »
107/17
avril
LA
GRANDE FÊTE DES VINS DE BRIGNOLES.
Le
17 avril, soit la mi avril, Brignoles, située dans
les Coteaux Varois, organise le dimanche, une grande foire
exposition à la gloire du vin. Cette manifestation
unique dans la région permet de déguster tous
les produits du terroir et bien entendu tous les vins produits
dans ce secteur.
Ces
vins ont d’ailleurs leur propre sanctuaire situé
à quelques kilomètres de Brignoles, plus précisément
à La Celle. C’est dans un monastère
( le plus ancien monastère féminin de la région
fermé définitivement par Mazarin ) entièrement
restauré à la gloire du vin que sont rassemblées
les riches collections vinicoles.
Sur
une des parcelles de terre de l’abbaye Royale de La
Celle ont peut découvrir les 88 cépages qui
ont marqué le sol de la région.
A
partir de ce centre vinique, on peut sillonner toute la
région et découvrir ainsi les différents
AOC des Coteaux Varois.
Centre
minier pour l’extraction de la bauxite, aujourd’hui
épuisé, Brignoles se donne dorénavant
une image agraire orientée vers la viticulture et
se positionne comme le haut lieu du Haut Var !
On
peut poursuivre ses dévotions bachiques vers d’autres
saints lieux tels que le massif de la Sainte- Baume et son
pèlerinage à la basilique Royale de Saint-
Maximin.
Grenache
et Syrah pour les rouges, Rolle pour les blancs, font des
vins du Cellier de la Sainte- Baume au centre de Saint-
Maximin un lieu d’achat privilégié.
A
signaler enfin la Cave de Saint -André à Seillon-Sources-d‘Argence,
où le vin ne provient pas de la source mais est vinifié
dans les cuveaux de cette agréable domaine au cœur
des plantes aromatiques de la Provence intérieure.
Brignoles
mérite le détour. Pour cela, il faut quitter
l’Autoroute A7, car au moment de la fête des
vins, outre les nombreux vins venus d’ailleurs, il
vous sera proposé des AOC Coteaux Varois provenant
des 28 communes environnantes, des 15 caves coopératives
et des 65 caves particulières pour une production
annuelle de 70 000 hl issus des 1750 hectares de vignes
.
108/18
avril
LE
CLASSEMENT DES VINS DE BORDEAUX.
C’est
pour la première exposition universelle organisée
à Paris sous Napoléon III, que fut établi
le premier classement officiel des grands vins de Bordeaux,
soit le 18 avril 1855.L’initiative en revient à
la Chambre de Commerce de Bordeaux qui confectionna la liste
officielle des vins, ceux là mêmes qui allaient
représenter la production locale à la Foire
exposition mondiale de 1855.
Ernst
Lami de Nozan, détail de la vue panoramique
de
l’exposition universelle de Bordeaux. Archives Explorer
Vouloir
classer ou hiérarchiser, « c’est par
nature susciter la polémique » affirmait J.P
Kaufmann en introduisant le numéro spécial
de la revue des vins de Bordeaux de juin 1993 consacrée
« aux classements et à leur remise en cause
».
Dès
qu’un classement est dressé, il suscite la
controverse.
D’ailleurs
pour nous limiter à la classification des vins de
Bordeaux, le premier classement remonte au 27 octobre 1647,
établi par la Jurade de Bordeaux. Arrivaient en tête,
les Graves et les Médoc. (59)
C’est
bien celui du 18 avril 1855 qui restera la référence
plaçant en tête de tous les grands vins le
célèbre quatuor du Médoc : Lafite ,
Latour, Margaux, et Haut-Brion.
Les
57 vins rouges sont divisés en cinq classes du 1er
au 5° cru et les blancs en trois niveaux : un seul premier
cru supérieur : Yquem, puis les 9 premiers crus et
les 11 deuxièmes crus.
Ce
classement restera quasi immuable, malgré des contestations
fréquentes ;
La
plus célèbre des contestations, porte sur
l’absence de Mouton- Rotschild qui valut des démarches
incessante de la part de la famille Rotschild. Leur ténacité
trouva une issue grâce au jeune ministre de l’agriculture,
Jacques Chirac, qui en 1973, décréta par voie
réglementaire la promotion de Mouton Rotschild, au
rang de premier cru.
Il
existe bien d’autres classements.
A
côté du classement des vins du Médoc,
il y a eu ceux des vins de Graves, celui d’Alexis
Lichine qui tenta de classer la totalité des vins
de Bordeaux en 1959.
Le
classement des Vins de Saint-Emilion, qui est revu tous
les dix ans et ce depuis 1954. La tête d’affiche
immuable étant Cheval Blanc.
Les
vins de Pomerol, quant à eux refusent tout classement.
Ils tiennent à faire corps derrière leur vénérable
et intouchable Pétrus.
Même
si depuis 1932, il existait un classement des crus dits
« bourgeois », il n’ y a pas aujourd’hui
de classement officiel, cependant nous pouvons nous appuyer
sur un référencement de près de 400
noms.
Il
existe également des classements dans d’autres
régions viticoles.
Ces
classements s’appuient soit sur des références
de prix ( Champagne ), soit des terroirs ( Bourgogne ),
soit des lieux dits ( Alsace) , soit des sélections
de domaines ( Côtes de Provence ).
Le
18 avril 2005, les Bordelais et tous les amateurs de Bordeaux
ont fêté le cent cinquantenaire du premier
classement officiel des vins en évoquant le saint
du jour Saint Parfait.
Cela
manifeste une belle constance dans la célèbre
hiérarchie des vins français, même si
quelques grandes figures mondiales de la dégustation
tentent régulièrement avec un fond de provocation,
de s’assurer de la fiabilité de cette hiérarchie.
Comme
quoi rien ne pourra jamais être parfait en ce bas
monde, même si nous devons rechercher la perfection.
109/19
avril
SAINT
VERNIER PROTEGE LES VINS DE FRANCHE-COMTÉ.
L’histoire
ancienne situe les origines de Saint Vernier( Werner ) Outre-
Rhin où l’on aurait trouvé son cadavre
en 1287. Après avoir tenté sa canonisation
, Claude Royer, ethnologue franc-comtois, nous informe que
ses reliques furent apportées dans la Collégiale
Sainte Madeleine de Besançon en 1548.
Saint
Vernier devient alors le saint protecteur des vignerons
locaux.
Célébré
le 19 avril, des contrées de l’Ain méridional
jusqu’aux limites du Doubs supérieur. On ne
compte plus les évocations figuratives : statues,
peintures, vitraux, étendards, sculptures dont bon
nombre sont classés monuments historiques..
Généralement
Saint Vernier est représenté tenant un rameau
de vigne portant des grappes de raisins alors que son condisciple
Saint Vincent tient une grappe. ( voir 22 janvier )
C’est
dans les contrées au sud de la Franche-Comté
que se situent les plus belles représentations. A
signaler plus particulièrement :
·
une statue en bois polychrome dans l’église
de Verantois à côté de Lons-le-Saulnier
·
un des plus beaux vitraux en l’église de Montigny-les-Azures
·
une statuette en bois originaire de la chapelle Notre Dame
Libératrice de Salins conservée au musée.
·
Bois polychrome du XVIème siècle au musée
du vin de Beaune (voir photo ci dessous)
Aujourd’hui
Saint Vernier plagie Saint Vincent au profit des communes
de la vallée de la Loue . Il est dorénavant
organisé chaque année à la Saint Vincent,
la célébration de la « Saint Vernier
tournante » dans les communes de Lods, Vuillafans,
Mouthier, Ornans, Scey, Maisières.
Gustave
Courbet a même écrit un « Choeurs des
vignerons d’Ornans » :
«
Pourquoi nos vignerons pur sang
Ont-ils
pour patron, pour compère,
Le
glorieux martyr Vincent ?
La
raison en est toute claire :
C’est
qu’avant d’être ce bon vin
Que
dans nos verres l’on voit luire,
Il
a fallu que le raisin
Du
pressoir subît le martyre.
Donc,
célébrons la Saint Vincent
Et
le cep toujours renaissant,
La
sève qui dort sous le givre
Au
premier soleil va revivre (bis)
La
vallée de la Loue (affluent du Doubs) compte comme
tous les grands vignobles sa confrérie, celle de
Saint Vernier à l’instar de celle de Château-Châlon,
(voir 31 Mai) qui chaque année, depuis 1982 organise
une procession.
110/20
avril
NAPOLÉON
SOUS L’EMPIRE DES VINS.
Le
20 avril 1814 à Fontainebleau, Napoléon fit
ses adieux à sa garde impériale , avant de
partir définitivement en déportation. Le même
jour, mais six ans plus tôt, naissait aux Tuileries,
le petit Louis Napoléon Bonaparte, fils de Louis,
frère de Bonaparte.
Que
cette journée des souvenirs napoléoniens nous
donne l’occasion sans doute risquée d’associer
l’Aigle au monde des vins et pourtant….
Le
vin a poursuivi Napoléon, à sa façon.
Originaire
de Corse, Bonaparte était déjà marqué
par l’histoire des vins corses, qui le lui ont bien
rendu. Pour preuve les noms et effigies de certains flacons
insulaires.
Lorsqu’il
séjourna à l’île d’Elbe
( Italie ), il choisit une noble demeure située sur
les hauteurs entourées des fameux vignobles du
Val San Martino.
Etait-il
un fin amateur de vins ? En tant que personnage de prestige,
il pouvait se permettre de faire apporter sur ses tables
impériales, ou ses bivouacs de campagne nombre de
vins des plus communs aux plus sophistiqués. Mais
Napoléon, contrairement aux grands Rois qui l’ont
précédé ne peut s’enorgueillir
d’être un grand amateur de vins. On dit même
qu’il ajoutait sans vergogne de l’eau dans ses
breuvages bourguignons.( voir aussi 18 août )
Cependant,
son nom reste aujourd’hui essentiellement associé
au Cognac.
L’histoire
a surtout cherché a utiliser son nom et son image
pour faciliter la commercialisation des vins et alcools
de par le monde et tout particulièrement et paradoxalement
à destination des îles Britanniques.
Le
monde du Cognac a su remarquablement exploiter l’image
impériale, surtout celle de Napoléon III,
celui là même qui est né ce 20 avril
1808.
Toutes
les grandes Maisons du Cognac ont reproduit soit le portrait
de Bonaparte ( « Bisquit 1890 » et son «
First Consul Brandy » ) soit l’ombre de la silhouette
de Napoléon ( Courvoisier ) qui obtint un succès
commercial extraordinaire.
Quelques
associations locales avec Napoléon font de certains
vins une référence à l’histoire
impériale.
·
Fixin en Bourgogne possède un climat appelé
« Les Cheusots » et qui a été
baptisé « Clos Napoléon » par
Noisot en l’honneur de l’Empereur . Noisot était
son grognard et commandant du bataillon des grenadiers de
l’île d'Elbe. Un parc et un musée sont
consacrés aux souvenirs napoléoniens, faisant
de cette commune viticole une référence impériale.
On y découvrira également une statue sculptée
par Rude qui porte l’inscription « Le réveil
de Napoléon ou Napoléon s’éveillant
à l’immortalité. » Une plaque
commémorative rappelle que ce lieu a été
inauguré le 13 août 1850 par Napoléon
III.
·
Bernouil dans l’Yonne, héberge « une
vigne de l’Empereur » plantée en 1736
et qui n’a jamais été arrachée.
C’est ce que nous confirme Henri Cannard, qui explique
que cette vigne est privilégiée et de par
son exposition excentrée et de par son sol sablonneux.
(60)
Dufouleur Père et fils, Chapuis 1919
111/21
avril
QUELQUES
VERS À PROPOS DE VERRES.
On
ne déguste le vin que s’il est dans un verre.
La
longue histoire des verres vient du début de notre
ère.
Quel
que soit le flacon dans le quel on vous sert,
Les
très précieux breuvages, de l’entrée
au dessert,
Pour
la dégustation, répondront à trois
critères :
Objet
pratique en complément du couvert,
Dont
la forme avec le décor ira de pair,
Pour
mettre en valeur le vin qui nous rendra fier.
Champagne
dans gobelet rend succès éphémère.
(1)
Les
verriers de Venise, si extraordinaires,
Comme
ceux de Bohême, de Silésie leur lointains frères,
Créent
les coupes qui donnent transparence et mystère.
Toutes
les formes actuelles, exaltent le caractère. (2)
Du
verre ballon qui remonte entre les deux guerres,
Au
verre tulipe, pour sa qualité première.
Que
nos lèvres puissent embrasser ces objets divers,
Comme
une dégustation avec un verre de Roemer, (3)
A
l’image du tableau du Faune buvant vin au verre. (4)
Heureuse
association du sable et de la terre.
Ainsi
Comtesse de Lalande, heureuse propriétaire,
Veille,
au Château Pichon, sur sa vitrine d’antiquaire.
(5)
M.H.
(4)
1.
Eric Glatre « Chronique des vins de Champagne en date
du 21 avril 1897
2.
André Champ « Art et Métiers du Vin
» De la coupe aux lèvres
3.
Verre allemand de la vallée du Rhin à pied
torsadé.
4.
Reproduction d’un tableau de l’ école
italienne du XVIIe siècle
5.
Exposition permanente d’une riche collection de verres
au Château Pichon-Longueville à Pauillac.
Nb
: essai versatile en Alexandrin (voir jour suivant) de 21
vers à déguster avec modération poétique.
112/22
avril
LES
VINS DE SAINT-ALEXANDRE.
Le
nom d’Alexandre évoque un grand nombre de personnages
historiques, depuis le grand Alexandre conquérant
infatigable de la civilisation macédonienne, en passant
par les célébrités religieuses jusqu’à
Alexandre 1er le Russe, celui qui défia Napoléon
1er jusqu’en terre champenoise.
Pour
nous Saint Alexandre, ancien martyr, nous conduit vers Pont-Saint-Esprit
, dans les Côtes du Rhône.
En
effet, il s’agit d’un modeste village viticole
que à partir de Pont-Saint-Esprit et en direction
de Saint-Gervais, on atteint par un chemin tortueux .
Comme
nous l’indique le célèbre oenophile
anglais, Hugh Johnson, seuls deux vignerons sauront attirer
dans ce village, les amateurs avertis de parfaits Côtes
du Rhône.(61)
On
citera donc le Domaine de Roquebrune et le Mas Claulian.
Si
vous deviez poursuivre votre itinéraire spirituel
en terre vigneronne, passez par le domaine Sainte- Anne
à Saint-Gervais, puis arrêtez vous à
la cave Saint-Victor-la-Coste( voir aussi 21 juillet ) pour
vous retirer le temps d’une nuit, à l’Hôtel
Saint-Jean-Baptiste sous la sainte protection du Bon (Pont
) Saint-Esprit.
113/23
avril
CHEVALIER
SAINT GEORGES A LA CONQUÊTE DES VINS
«
A la Saint Georges, coupes, sarclage, sciage doivent être
terminés"
Qu’est-ce
qui lie le nom de Saint Georges au vin ? Quasiment rien.
Patron des soldats, des scouts, de l’Angleterre, le
fait d’avoir terrassé le dragon, aucun lien
vinicole ne trouve sa source dans cette figure emblématique
exprimée aussi par une croix rouge sur fond blanc.
Et pourtant combien de villages viticoles ou de noms de
Domaines associent le nom de Georges au monde du vin. L’explication
serait- elle alors d’ordre zodiacale ?
A
titre d’illustration, on trouvera quelques noms de
communes reliés au prénom de Georges ( liste
non exhaustive) :
Barsac
Clos Saint- Georges Sauternes
Illats
Clos Saint- Georges Graves
Landiras
Clos Saint- Georges Graves
Saint-Emilion
Château Saint- Georges- Côte- Pavie Saint- Emilion
grand Cru
Saint-Georges
Château Saint- Georges Desbois Saint- Georges, Saint-
Emilion
Saint-Emilion
Château Moulin Saint- Georges Saint- Emilion
Saint-Georges-sur-Cher
(*) Touraine
Georges
( 44 ) Muscadet
Saint-Georges-sur-Layon(49)
Coteaux du Layon
Saint-Georges-sur-Loire
(49) AnjouSaint-Georges-des-sept-Voies
Anjou
Nuits-Saint-Georges
Côtes- de- Nuits, Bourgogne
Saint-Georges-de-Reineins
Beaujolais
Venejean
(30) Domaine Saint Georges Côtes- du- Rhône
Chusclan
Trouillas
(66) Clos Saint Georges Muscat de Rivesaltes
Les-Pieds-de-Saint-Georges
( allier)
Saint-Georges-d’Orgues
(34) Languedoc
Abeilhan(34)
Domaine Saint Georges d’Ibry Languedoc
Que
l’image de Georges survole tous ces lieux chevaleresques
comme autant de lieux confraternels dévoués
à la cause du vin.
C’est
sans aucun doute la renommée universelle de Nuits-
Saint- Georges , qui fait de Georges le prénom ,
associé au vin, le plus célèbre au
monde et même jusque sur la lune. En effet, ce grâce
à la mission Apollo XV qui aura enfoui une étiquette
de Nuit- Saint- Georges dans le sein d’un cratère
dorénavant surnommé : « Cratère
Saint- Georges ». ( voir aussi 5 novembre)
(*)
Confrérie des Maîtres de chais de Saint- Georges
: « Un peuple qui sait boire, un peuple qui sait vivre
»
114/24
avril
FIDÈLE
A DIEU, FIDÈLE A SA VIGNE.
En
1577 , naît à Sigmarinen, dans la Souabe profonde,
un dénommé Marc Rey, qui alla faire ses études
de droit à Colmar pour devenir avocat.
Le
fait d’être l’avocat des pauvres le conduit
à devenir prêtre capucin, en prenant le nom
de Fidèle. C’est à ce titre que, à
la demande du Saint- Siège, il alla en mission dans
les Grisons pour ramener la population au catholicisme et
rejeter ainsi le protestantisme.
Et
c’est à l’issue d’un prêche
dans la petite église d’un village du sud du
Liechtenstein, qu’il fut appréhendé
par une bande d’hérétiques qui lui demandèrent
de renoncer à sa Foi. Fidèle à son
nom, comme fidèle à Dieu, il ne renonça
point à sa mission et succomba sous l’assaut
cruel de ses ennemis le 24 avril 1622.
La
fidélité reste une des valeurs majeures qui
lie les acteurs du vin avec leur produit. Aussi, l’histoire
de Fidèle nous rapproche-t-elle d’un auteur
languedocien Jean Camp, qui tout juste après la guerre
écrivit :
«
Le serment de fidélité du vigneron à
sa terre natale »
Soit
! Je tiens ton serment et reçois ton offrande,
Pour
que vivent l’olive et l’amande et le vin,
Terre
de mon pays au magique levain,
Je
jure de garder aux fils de notre race,
Fidèle
au sol natal, comme un dépôt divin,
Les
rameaux frémissants qui peuplent ton espace !
Et
toi qui nous entends, Peuple de mon pays,
Ecoute
la leçon que de la terre nous donne
Sols
généreux comme elle, et comme elle, pardonne
A
ceux qui t’ont blessé, calomnié, trahi.
Sois
fier de ton terroir fécond aux routes blanches
Dans
la fauve douceur de ton superbe été
Qui
mûrit les raisins sous la courbe des branches
Et
de ton azur clair dans sa sérénité.
Que
tes yeux, loin de fuir l’éclat de la lumière,
Aiment
dévotement, au gré de la saison,
Contempler
de tes jours la trame coutumière
Et
qu’ils puissent toujours voir, de tes seuils de pierre
La
garrigue, la mer, la vigne, et la maison !

Vignoble
aux environs de Lagrasse (Aude) photo Marc Heimermann
115/25
avril
SAINT
MARC SE PLIE EN QUATRE POUR LE VIN.
Le
25ème jour du 4ème mois de l‘année,
on célèbre Saint Marc l’un des quatre
évangélistes (Saint Marc, Saint Jean, Saint
Luc et Saint Mathieu ) auquel on associe Saint Paul.
Quatre
régions ont choisi Saint Marc comme saint protecteur
pour leur vigne. Ainsi, en ce milieu de printemps sont organisées
des processions dans la vigne pour implorer la céleste
protection sur le vignoble comme à Nanteillet en
Charentes ou sur le ban des vignes pontifiantes de Châteauneuf-du-Pape.
Saint
Marc était également vénéré,
comme cela se pratiquait en Franche-Comté, pour éloigner
les pluies:
«
quand il pleut le jour de la Saint Marc »
«
dans les raisins se mettent les vârs »
En
Alsace, enfin, la procession marque la fin des travaux de
taille et de liage. Ainsi à Katzenthal comme à
Ammerschwihr la procession marque chaque fois un temps d’arrêt
aux quatre points cardinaux du ban des vignes. Il est ainsi
fait lecture à chaque arrêt d’un extrait
d’un des quatre évangiles.
Les
quatre points de l’espace, les quatre saisons, les
quatre phases de la lune, les quatre éléments,
les quatre bras de la croix autant de liens avec la quadrilogie
relative à la cérémonie ancestrale
des rogations.
Nous
avons aussi sélectionné quatre caves qui ont
choisi comme nom Saint Marc et dont les vins puissants et
rayonnants font la joie des acquéreurs avertis et
des consommateurs comblés.
La
cave coopérative Saint-Marc à Caromb ( Vaucluse
) qui propose des Côtes- du -Ventoux dont l’étiquette
représente le saint accompagné du lion. (
voir ci dessous )

Le
Château Saint-Marc à Soussans ( Gironde ) dont
le propriétaire M.Faure, Marc de son prénom,
produit un excellent Margaux . ( ne pas confondre avec Marco
! )
Le
clos Saint-Marc à Nuits-Saint-Georges ( Côte
d’or ) appartenant à Bouchard père et
fils distributeur exclusif d’excellents vins rouges
.
Le
Domaine Saint-Marc à Cogolin ( Var ) situé
sur les arrière collines de la baie de Saint -Tropez
offre des vins blancs, rouges et rosés.
Fier
de porter le prénom du jour, nous confions à
Saint Marc, notre saint protecteur la prière que
d’aucuns ont en leur temps récitée lors
d’une promenade pieuse au sein du vignoble:
«
O grand Saint Marc, que notre vigne nous donne d’abondants
raisins, que le soleil qui l’égratigne, l’échauffe
et nous donne le vin qui nous ravigote autant que le bon
pain de chaque jour.
Donc
Saint Marc, fais que la vigne comme le blé croisse
toujours sur ce terrain.
116/26
avril
SOUVENIR
D’UNE DÉGUSTATION.
Nos
activités professionnelles nous éloignaient
depuis quelques années des régions viticoles.
Cela obligeait en contrepartie et dès que l’occasion
se présentait, de satisfaire notre passion de la
découverte des manifestations viniques.
Grâce
à des amis d’origine bordelaise, lui issu d’une
descendance notariale à Pauillac, elle fille de propriétaire
d’un château médocain, nous nous sommes
vus offrir par leur fils, alors en stage d’œnologie
au Château Pétrus, une invitation pour une
dégustation organisée par l’union des
grands crus de Bordeaux.
Etaient
ainsi proposés à la dégustation en
ce 26 avril 1994 ( Au Pré Catelan du Bois de Boulogne
) quelques 115 Grands Crus du Millésime 1992 sous
la présidence de Antony Perrin.
Il
s’agissait là d’une séance extraordinaire,
hors du commun, pour un amateur comme nous.
Nous
référant aux notes prises à cette date,
nous avons pu ainsi, au cours de l’après midi
de ce mardi 26 avril déguster ,non sans jouer des
coudes devant un parterre de connaisseurs, une sélection
d’ une vingtaine de « châteaux ».
Ce
véritable parcours initiatique nous a fait visiter
les châteaux suivants :
Margaux
: Brane Cantenac, Giscours, Prieuré Lichine,
Saint-Julien
: Beychevelle et Léoville Barton
Saint-Emilion
: L’Angélus ( voir aussi le …….)
La Tour Figeac, Pavie
Haut-Médoc:
Camensac
Listrac:
Clarcke
Saint-Estèphe
: Montrose
Médoc
: La Tour de By
Moulis
: Chasse Spleen
Pauillac
: Lynch Bages, Pichon Longueville
Pomerol
: L’Evangile
Pessac-Léognan
: Bouscaut, La Louvière, Latour Martillac
Ayant
quitté les lieux en fin d’après midi,
et ayant pris la direction du jardin d’acclimatation
pour retrouver nos esprits et surtout tenter de mémoriser
les sensations qui avaient pu s‘éveiller en
nous. Des sensations résultant de l’utilisation
empirique de nos cinq sens.
Jamais
une occasion pareille ne pourra ainsi se renouveler, celle
de pouvoir découvrir en un seul lieu autant de célébrités
aux noms les plus prestigieux.
En
cette clémente soirée de printemps, les arbres
du Bois de Boulogne offraient des couleurs d’un vert
tendre tandis que l’air était balayé
d’un parfum de sous-bois. Cette sensation d’évasion
de légèreté contrastait terriblement
avec la chaleur ambiante de la salle de dégustation
où le ballet des vins rouge sombre exaltait la perception
d’effluves évanescents.
Vins
Dieux, quelle belle journée ! ! !
117/27
avril
GELÉES
D’AVRIL, VIGNES EN PÉRIL.
La
sagesse populaire rappelle qu’en avril, s’il
fait froid, il faut se procurer pain et vin. Cela signifie
que le déroulement climatique de ce mois peut être
gage soit d’une totale faveur pour la vigne, soit
la malchance d’une catastrophe naturelle.
C’est
ainsi que certains dictons s’associent aux gelées
d’avril comme des prémisses de futures belles
récoltes de raisin :
«
Si en Mars, gelée serre,
apprête
cuve et baril,
Mais
si elle serre en avril,
Cuve
et baril desserre »
Et
un autre de préciser :
«
Quand en avril partout il gèle
le
vigneron est en cervelle. »
ce
qui veut dire qu’il est fou de joie.
Alors
que d’autres annoncent le pire :
«
Bourgeon qui pousse en avril,
Met
peu de vin en baril. »
Ou
encore :
«
Gelée de Saint Fructueux
Rend
le vigneron malheureux »
L’histoire
météorologique en viticulture abonde de récits
sur les phénomènes climatiques d’avril.
Citons
plus particulièrement l’année 1873,
où ce 27 avril , la totalité du Beaujolais
a connu des gelées dévastatrices.
Plus
récemment, toujours en avril, signalons également
la fameuse gelée noire de 1991dans le Bordelais,
ou les gelées de 1995 ( 20 avril ) du vignoble de
Chablis.
D’où
ces paysages uniques de la contrée chablisienne,
où s’étendent entre les rangées
de vignes, les fameux « brûlots » qui
de leur petit foyer rouge laissent échapper les fumerolles
qui vont protéger d’ un fin voile gris les
bourgeons prêts à éclore.

Vignoble
du Chablis, Photo Michel Plassard
118/28
avril
LES
VINS DE LA VILLE DE LAUSANNE.
Le
Conseil des Deux Cents de la Ville de Lausanne, édicta
le 28 avril 1760 une règle sur la circulation des
vins afin de protéger la production locale de vin
;
«
Qu’il soit deffendu à tous Citoyens et Bourgeois
d’introduire dans la Ville et Messeillerie aucun Vin
crû hors de la dite Meseillerie, à moins qu’il
ne soit de son propre crû et portion sous l’amende
de cinquante florins par char et d’être contraint
à le faire ressortir » (62)
Ainsi,
cette cité viticole aux riches domaines n’accepta
l’arrivée des vins voisins ( Lavault, Genève,
Valais ) ou étrangers (Alsace, Jura, Savoie ) que
vers la fin du XVIII ème siècle.
Citons
les célèbres crus de Chardonay dont peut s’enorgueillir
la ville de Lausanne :
·
Château Rochefort Allaman
·
Abbaye de Mont-sur-Rolle
·
Domaine du Burignon Saint- Saphorin
·
Clos des Moines Dezaley ( étiquette ci dessous )
·
Clos des Abbayes Dezaley
Toutes
ces Maisons sont la propriété de la Ville
de Lausanne.
L’évocation
des vins de Lausanne et plus largement ceux du Pays de Vaud,
font ressortir que la Suisse est un pays où la vigne
tient une place de prédilection.
L’histoire,
la culture, les espaces géographiques, les cépages,
les productions méritent notre attention. Cette région
dont l’activité, en référence
au monde du vin, connaît son apogée au moment
de la très célèbre fête des Vignerons
de Vevey ( ville voisine de Lausanne ) qui se déroule
tous les quarts de siècle.
Vin
de la ville de Lausanne, et Fête des vignerons de
Vevey 1977, photos Marcel Imsand
Cette
fête somptueuse et extraordinaire est pour tout un
peuple régional l’occasion d’une célébration
unique des forces de la nature et des activités humaines
qui lui sont reliées, comme tout particulièrement
la vigne, le vin et les vignerons de ces bords du lac Léman.
Si
vous empruntez le bateau à Ouchy au pied de la ville
de Lausanne, vous traverserez le lac pour débarquer
à Evian.
Ville
d’eau par excellence. Mais comme ce produit local
n’est pas l’objet de nos convoitises, nous vous
proposons de poursuivre notre route, quelques kilomètres
plus loin pour atteindre les contreforts de la Savoie et
découvrir le Crépy, objet de l’illustration
de la journée suivante du 29 avril.
119/29
Avril
CRÉPY,
LA PERLE DU LÉMAN.
Du
fait de ses différents AOC ( 23 crus bénéficient
d’une appellation spécifique ) qui se situent
entre Chambery au Sud et Thonon au Nord, la complexité
du vignoble savoyard nous offre l’occasion en ce 29
avril ( date anniversaire de l’AOC Crépy, né
en 1948 ) de nous intéresser à ce petit vignoble
des rives du Léman. (63)
Ici,
aux abords du grand lac alpin , le jaune et le roux Chasselas
de Crépy rivalise d’originalité avec
ses voisins de Marin, de Ripaille, ou de Marignan.
Là,
entre d’un côté les eaux du Léman
et de l’autre les pentes morainiques de la barrière
jurassienne, moyennant un climat privilégié,
s’exprime un vin aux doux arômes d’aubépine.
Sec et fin, c’est une boisson qui vous laisse un goût
de pierre et de noisette. Pour se procurer cette «
goutte d’or », il faut se rendre chez Mercier
et Fils, propriétaire de la grande cave de Crépy.
Vous
accompagnerez alors la fameuse friture de tanches du lac,
d’un Crépy blanc ou d’un Crépy
pétillant.
Le
Crépy, c’est merveilleux, c’est une perle,
c’est une goutte d‘or….du Léman.
120/30
avril
LES
VINS DE SAINT- ROBERT
A
quelques encablures au sud de Bordeaux, un domaine situé
dans les Graves, se distingue par sa dénomination
: Château Saint-Robert.
Saviez
vous que Saint Robert, après avoir quitté
la communauté des moines bénédictins,
fonda un ordre plus orienté sur le dénuement
et la pauvreté. Ainsi Saint Robert s’installa
à Cîteaux pour créer l’ordre des
cisterciens. Communauté qui est aussi à l’origine
du développement de la vigne en Bourgogne.
Mais
ce n’est pas Cîteaux qui va nous retenir, mais
bien le château Saint-Robert en Bordelais.
Ce
château « était à l’origine
une seigneurie appelée « Maison noble ».
Les
premières traces officielles du domaine datent de
1686, mais ce n’est qu’au XIX siècle
qu’il deviendra un véritable château
viticole de grande renommée grâce au propriétaire
de l’époque, M.Poncet Deville, dont le nom
est aujourd’hui associé à une cuvée
spéciale.
Un
vignoble de 32 hectares dont les deux tiers sont consacrés
au Saint- Robert rouge.
Souple,
charpenté, au bouquet délicat, il vieillit
avec brio. Les dix hectares restants, produisent le Saint-
Robert blanc. Nerveux et bouqueté, il est agréable
dès sa prime jeunesse mais vieillit harmonieusement.
» (*)
Enfin,
a noter que ce château est aujourd’hui propriété
des domaines viticoles du Crédit Foncier.
(*)
Ce texte figure sur le dos de la fiche représentée
ci dessous

CHOIX
D'UN AUTRE
MOIS
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