Accueil Projet Liens Contact
e

 

MOIS DE JANVIER

choisir un jour


 

CHOIX D'UN AUTRE MOIS

 


 

1/1er Janvier

LA NAISSANCE DU VIN OU FAUT-IL CROIRE AU PÈRE NOÉ?

Au commencement est le vin. Après la terre, le feu et l’eau, apparaît l’homme et après l’homme, le vin.
C’est pourquoi le 1er janvier, premier jour de l’année est réservé à la naissance du vin et a son père légitime : Noé.


Noé emporta dans l’Arche l’unique pied de vigne pour le sauver des eaux. Le vin ne sera pas noyé.
La plantation de la vigne est attribuée à Noé. Cela s’est passé après le déluge. Le livre de la Genèse nous compte les exploits de cet heureux aventurier agraire : « Noé cultivateur, planta la vigne. Ayant bu du vin, il fut enivré « (Genèse 2,20-22)

Reportons- nous aussi dans le livre des Psaumes. La route de l’humanité est tracée. En effet le psaume de la création nous révèle que Dieu le Créateur de l’univers est à l’origine du vin. Il veut que l’homme soit heureux. Il en prend donc les moyens, et lui donne la vigne et donc le vin. Le vin c’est la vie. « Quelle vie pour celui qui manque de vin ?»
La bible rappelle toute la symbolique humaine et divine que représente le nectar.

Naissance de la vie, naissance du vin, naissance de la joie , « le vin réjouit le cœur de l’homme » , naissance de la fécondité, essence même de la naissance « ton épouse , une vigne fructueuse . »
Tout au long de l’histoire religieuse l’expression est constante sur les rapports de Dieu avec son peuple par l’intermédiaire de la vigne elle- même (fruits, sarments, bois, sève...)

Vitis vinifera satira, nom prédestiné donné au plant séculaire qui va donner vie au règne viticole et ce dès les origines de la civilisation indo-européenne
Toute notre destinée terrestre et son lien avec le surnaturel vont être marqués pour toujours par la découverte du breuvage le plus consommé par l’humanité après l’eau.

En France, car c’est là que va se situer durant 365 jours, notre campagne d’investigation. Chaque jour qu’égraine notre calendrier, nous partirons à la conquête des évocations, des célébrités, des événements qui ont marqué l’aventure historique de notre civilisation vinique.

Les scientifiques situent l’apparition du vin (grâce à la méthode de datation du carbone 14, vers 5400 ans avant Jésus Christ. (1)
On dit aussi que la découverte du fruit de la vigne remonterait autour de 3000 ans avant JC dans la région des Corbières (2) et c’est un siècle avant JC que naît la Provincia romana, dont Narbonne, la petite Rome, s’impose comme capitale viticole.
De retour de la guerre des Gaules, les romains se mettent à planter la vigne sur tout le territoire du sud de la France. Démarre alors les premières vendanges, se construisent les premiers pressoirs, et ainsi, se multiplient les premiers convois transportant les riches amphores chargées de vin pour arroser toute la région sud, d’est en ouest, jusqu’en Aquitaine.

C’est ainsi que l’histoire du vin, du berceau jusqu’au tonneau, reste inséparable de l’histoire de l’humanité.
Le vin constitue la valeur fondamentale de notre civilisation naissante. Il est la condition de notre développement culturel et économique.

Nota : c’est en l’an 1600, un premier janvier que solennellement, le Roi René s’est vanté de la qualité des vins français, car disait-il : « ils sont bienfaisants (évoquant ceux d’île de France et des environs de Paris), surtout parce qu’ils ne remplissent pas la tête des vapeurs âcres comme le font les vins d’Orléans. »

Le vin est né, vive le vin.
Le nez dans le vin, vin divin,
le vin dans le nez, vin chagrin.

 


PS: Une étude américaine récente du Musée de Pennsylvanie (2) nous apprend que des chercheurs viennent de découvrir des traces de vin en Chine datant de 7500 ans avant notre ère. Il s’agit de traces d’une boisson fermentée sur des tessons de poterie, dans le village de Jiu (Province de Hénan). Plus on remonte dans le temps, plus il semble évident de constater que l’on situe l’origine des vins de plus en plus vers l’extrême orient. (Empire romain, la Grèce, l’Egypte, la Perse ou l’Iran, et maintenant la Chine…)


 

2/2 Janvier

LA VIGNE DE L’ENFANT JÉSUS.

Grégoire de Naziance célébré le 2 janvier dans le rite de l’Eglise romaine fut un des premiers père de l’Eglise grecque, surnommé « le divin ». Son enseignement doctoral révèle une étrange similitude avec le monde du vin.
Lorsqu’il dit « ainsi est le nouveau mélange, DIEU et Homme ? Une seule chose à partir de deux, et par une seule chose deux » ou encore « l’approche de Dieu révèle la faiblesse de l’âme, pour les uns Il est Lumière, pour les autres, Il est Feu, à chacun selon son être et sa vérité ».


Nous sommes bien devant cette dualité permanente de Dieu et l’Homme, comme l’Homme et le Vin, voire la Lumière et le Feu.
Le vin a toujours été lié au soleil et au feu, symbole de la civilisation.
Jour de la circoncision de l’enfant divin, célébré le 2 janvier. On lui donna le nom de « Jésus » qui signifie le Sauveur « Jeshouha ». Les Ecritures rapportent un nombre pléthorique de citations, de paraboles, de miracles qui ont un rapport avec le vin. (On dénombrerait dans les textes bibliques plus de 450 références.)
Le vin est la trame permanente de la religion chrétienne dans laquelle le Christ se compare à un cep de vigne, portant des sarments qui représentent les chrétiens recevant de Lui, la sève fécondante.


« Je suis la vraie vigne dit Jésus ; ceux qui croient en moi en sont les branches et mon père est le vigneron ».
(Saint Jean :XV, 1à 8)

Tout au long de ce calendrier, nous égrainerons les jours au rythme des anniversaires, des célébrations, des fêtes religieuses, des évènements vinicoles et viticoles, bref , laissons- nous nous emporter dans l’aventure mystique et bachique dont notre civilisation restera marquée à tout jamais.




3/3Janvier

LE VIN DE LA MONTAGNE SAINTE- GENEVIÈVE.

A 15 ans, une banlieusarde très religieuse s’intéresse aux pauvres de l’île de la Cité. A l’instar, quelques années plus tard, de Jeanne d’Arc boutant les anglais, Sainte Geneviève repousse l’envahisseur Attila, et devient la sainte patronne et protectrice de Paris.
La basilique Saint-Pierre et Saint- Paul deviendra Sainte- Geneviève- du- Mont qui sera détruite lors de la Révolution.
Sainte Geneviève a ainsi rayonné au dessus de la célèbre colline parisienne recouverte de vigne.


10 257 m2 de vignes se trouvent ainsi cultivées sur le versant sud de la montagne entre le Panthéon et la rue Descartes.
Ainsi au XI siècle, un vrais terroir de vigne domine la capitale.
Le roy Henry Ier en fait son lieu de prédilection dès 1033, et peut alors fournir les caves royales.
La population monastique et seigneuriale règne sur le toit de Paris, elle rassemble les développeurs du règne de la vigne et du vin.

Tout est vin, tout est saint du clos de Sainte- Geneviève aux vignes de Saint -Marcel et de Saint- Bernard jusqu’aux vignes de Saint- Germain, des treilles du Palais Royal sur la rive gauche.

On notera enfin que durant toute la période du XIIe siècle l’abbaye de Ste Geneviève effectuera pour le compte de la seigneurie d’Auteuil, des échanges lucratifs en vin, en vigne, et en terres.

Si vous vous aventurez sur ce haut lieu parisien, ne manquez pas de rendre visite à Jean- Baptiste Besse au 48, rue de la Montagne Sainte- Geneviève, un repère digne des meilleurs cavistes : « il vend du bon vin et non du vent. »



4/4 Janvier

ALBERT CAMUS ET LES VIGNES DE LOURMARIN.

Entre Aix et Apt, le long de la voie romaine et non loin du renommé pont Julien construit par les Romains, niché dans une verdoyante combe, se dresse un charmant village nommé Lourmarin.
Nous sommes dans le grand Lubéron, des vignes au cépages typiques de la vallée du Rhône agrémentent les pentes douces : Grenache noir, Carignan, Cinsault, Syrah, et autres Mourvèdre offrent des vins multicolores. Du rouge sombre au blanc doré.


C’est là, que le 4 janvier 1960, Albert Camus a choisi de se reposer définitivement.

Quel rapport avec ce prix Nobel que rien ne lie au le monde du vin ? Simplement peut être que le fait de s’intéresser au vin, c’est peut-être comme cherché à découvrir la réalité humaine.

Nous sommes dans la même réflexion personnelle qu’il a lui- même exprimé dans ses deux œuvres de son alpha et oméga à savoir : avec le vin c’est un peu « l’exil » et la vigne en est le « royaume » (Exil est Royaume 1960) autrement dit, le vin n’est que « l’envers » et la vigne « l’endroit » (L’envers et l’endroit 1937).



Eglise de Lourmarin

 


 


5/5 Janvier

LE FACTEUR ÉDOUARD, LE PERTURBATEUR VINICOLE.

Qui est Edouard dont la prétention est de baisser le taux d’alcool des vins ?
Un article de presse de 1993 précisait qu’il pouvait s’agir d’un virus, voire d’une bactérie, à moins d’une levure ou d’une simple enzyme. Mystère !



Une fermentation de vin rouge

L’Institut Technique du vin ( ITV ) de Nantes, a réussi à observer le phénomène in vitro. Cette recherche très confidentielle, pour cause de préservation économique, pour ne pas effaroucher les clients étrangers potentiels, a conduit à domestiquer, pense-t-on, de sources sûres, un phénomène pour le moins curieux.
Mais pourquoi ce nom d’Edouard ?


Si Saint Edouard existe, nous lui dédions le meilleur des nectars
.



6/6 Janvier

LE VIN DE L’ÉTOILE OU L’ÉTOILE DI- VINE.

La fête de l’Epiphanie du 6 janvier, est toujours célébrée le 1er dimanche de l’année. Elle correspond dans le calendrier liturgique à la fête de l’adoration de Jésus par les Rois Mages qui venus de l’Orient ont suivi l’étoile qui les conduisirent jusqu’à Bethléem.
L’étoile à cinq branches est aussi le symbole du judaïsme.
« Où est le Roi des juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile au Levant et nous sommes venus nous prosterner devant lui »
A la vue de l’Etoile, ils se comblent d’une très grande joie ! Mathieu (2.10)


Site « Les vins de Franche Comté »

C’est ainsi qu’à quelques encablures d’Arbois, au cœur du Jura, on peut se laisser guider vers un lieu magique ou se produit un vin d’or et adoré : le vin de l’Etoile.
La petite commune au centre d’une étoile à cinq branches est ainsi entourée de cinq collines ( Mont Muzard, Mont Geneset, Mont Morin, Mont Terreau, et la Chaux ) et de cinq châteaux ( Château du Pin, Château de Frontenay, Château d’Arlay, Château de Beaurepaire, Château de Montmorot ) qui sans doute donnèrent naissance à ce nom symbolique.
Il ne nous reste plus qu’à nous prosterner, tels les Rois Mages devant ce merveilleux et scintillant Chardonnay qui sur une surface de 79 ha produit bon an mal an près de 3400 hl de précieux breuvage.

A cette célébration nous associerons deux saints noms.
L’un, Saint Corneille, qui tous les deuxièmes week-ends de septembre donne l’occasion de fêter le vin de l’Etoile.
L’autre, Saint-Véran qui se situe plus au sud, sur les pentes du Mâconnais, autre célèbre Chardonnay qui a obtenu ses lettres de noblesses (décret AOC ) le jour de l’Epiphanie, soit le 6 janvier 1971.




7/7 Janvier

RAYMOND ET LE VIN

Hommage à quatre RAYMOND que le vin illustra et réciproquement !

L’écrivain et le pamphlétaire :


RAYMOND QUENAUD a abordé le thème du vin avec l’humour dans la vie de tous les jours, ses « brèves de comptoirs » lui font dire du vin :
« qu’il m’a foué,ça se boit comme du petit lait » et d’affirmer qu’
« il faut boire bien plus qu’on ne peut
si on veut êt’ vraiment heureux…
si on n’aval’ qu’un p’tit verre
c’est pas ce qui vous désaltère…. »

Le politique :


Peu enclin à la dégustation, RAYMOND POINCARE, s’est fait par la plume un ardent défenseur de la vigne et du vin et pour ne citer que quelques extraits de son discours de mars 1922 au banquet de la semaine du vin :
« la vigne et le vin ne sont pas seulement pour la France un patrimoine matériel, ils sont aussi quelque chose de nos traditions…
Notre poésie perdrait, sans le vin et la vigne, n’airaient pas le Ban des vendanges… »Et d’ajouter
« si le vin était nuisible, on le saurait. On le saurait depuis les Latins, on le saurait depuis les Grecs…) »

L’écrivain oenophile :


RAYMOND DUMAY est l’auteur de nombreux ouvrages sur le vin, il est à l’origine du fameux « guide du vin » que l’on trouve et redécouvre dans diverses éditions.
Il a dirigé une collection passionnante aux éditions Montalba et demeure un grand spécialiste de la viticulture bourguignonne.

Le vinologue émérite :


RAYMOND BERNARD ancien chef du centre régional de l’ONIV de Dijon. Sa spécialisation est la recherche dans l’amélioration continue de la qualité des vins par la sélection des cépages, les méthodes nouvelles de vinification.


« Bordeaux et ses étiquettes de Caroline Lampre »



8/8 Janvier


LA NAISSANCE DES UNIONS COOPERATIVES VITICOLES.

AVA trois lettres pour désigner la première association des vignerons d’Alsace qui est née le 8 janvier 1911 dans la région septentrionale de l’Allemagne, regroupant deux associations de viticulteurs, celle de Strasbourg et celle de Haute Alsace avec pour président le Dr Hecker.
Ce baptême s’est déroulé dans la célèbre salle des Catherinettes de Colmar. Trois ans plus tard, la veille de la première guerre mondiale qui allait rendre cette prestigieuse contrée à la France, l’association comptait 4400 membres et 43 syndicats communaux.
C’est plus spécifiquement à Ribeauvillé (Haut-Rhin) qu’est née la première cave coopérative de vignerons. Cette cave est née en 1895 pour surmonter la crise viticole de l’époque et répondre à la nécessaire action de solidarité.


Notons par ailleurs, que ce même 8 janvier, mais cette fois au lendemain de la deuxième guerre mondiale, en 1947, la coïncidence voulu que naisse à 1000 km plus au sud, l’URCAM ( Union régionale des coopératives agricoles du midi ) regroupant les caves vinicoles du Languedoc, à savoir entre autres, 112 caves dans l’Aude et 142 caves pour l’Hérault.

Cette journée du 8 Janvier, symbolisera la constitution du système de production vinicole de masse que sont les regroupements des caves coopératives.



9/9 Janvier

LES NOCES DE CANA, LE SERVICE DIVIN AU

SERVICE DU VIN


 


« Jésus change l’eau en vin »

« Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fût invité à la noce, ainsi que ses disciples.
Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit « Ils n’ont plus de vin ». Et Jésus lui dit « Que me veux- tu femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée ». Sa mère dit aux servants « Faites tout ce qu’il vous dira. »
Il y avait là six jarres de pierre destinées aux purifications des juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux servants : « Remplissez d’eau ces jarres » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Et il leur dit « Puisez maintenant et portez-en à l’intendant du festin. »
Ils en portèrent. Quand l’intendant eut goûté l’eau devenue du vin…, l’intendant appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. »
Tel fut le premier des signes de Jésus ; il le fit à Cana de Galilée. Et il manifesta sa gloire, et ses disciples crûrent en lui."

Jean 2.1 –2.11

NB : Dans le rythme dominical, la religion catholique cite l’évangile de Saint Jean et les Noces de Cana le dimanche qui suit l’Epiphanie. Nous avons souhaité par commodité situer cette célébration le 9 janvier.


 

10/10 Janvier


LES VIGNOBLES GUILLAUME AUX CONFINS DE

LA HAUTE – SAÔNE.


Tout près de Gy, en Haute-Saône, au lieu dit Charcenne, petit bourg d’un millier d’habitants, se situe un vignoble fort peu commun.
En effet, des documents témoignent que depuis 1732, des Guillaume ont fait de la vigne. Ainsi, aujourd’hui, avec des Chardonnay et des Gamay, Xavier Guillaume, exploite une quinzaine d’hectares.

C’est dans un ouvrage consacré à « la vigne et au vin en Haute- Saône » que Claire Odile Vedot raconte, entre autres, l’épopée viticole de Xavier Guillaume.

Un adage raconte que ce « n’est pas pour rien, si les archevêques de Besançon étaient venus poser leurs vignes ici, c’est sûrement parce qu’ils trouvaient qu’il y avait un coin qui allait bien. »
Ici s’exprime l’art particulier de la vinification et du vieillissement d’un vin qui paradoxalement pour cette région peut se garder jusqu’à 10/15 ans.

On notera enfin, que les pépinières Guillaume, également implantées à Charcenne, font aujourd’hui partie des 4 premières d’Europe et produisent jusqu’à 5 millions de plants de vignes par an. Cette entreprise réputée dans la production de greffes en produit jusqu’à 6 millions, ce qui représente 2 millions de mètres de porte-greffes.


La Pépinière Guillaume

Non loin de Charcenne, on découvrira Champlite, haut lieu viticole de la Haute- Saône qui connaît une histoire mouvementée depuis le IIIe millénaire.



11/11 Janvier

LES BOURGUIGNONS D’AMÉRIQUE, NOUVEAUX CHEVALIERS DU TASTEVIN.

A l’instar des grands ordres monastiques qui se sont déployés de par le monde, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin a donné naissance, outre Atlantique, à bon nombre de communautés vigneronnes.

En témoigne, l’histoire impressionnante de la Commanderie d’Amérique animée par le Grand Pilier Honoraire.
De Washington à Chicago, les « Chapitres » annuels se succèdent voyant défiler les noms les plus célèbres du who’s who franco-américain.
Une façon unique d’exporter les prestigieux vins de Bourgogne.
De cérémonies en souvenirs, de repas en parades, de commémorations en rencontres, chaque Chapitre se succèdent au rythme du calendrier des festivités. C’est ainsi qu’au cours du 30° Chapitre de New York fut intronisé Maurice Chevalier et c’est donc le 11 Janvier 1966 au Waldorf Astoria De New York que se produisit la chorale américaine des Cadets de Bourgogne chantant devant un parterre de célébrités, les bonnes vielles chansons du terroir bourguignon.


Standart Flischlight New York



12/12 Janvier

LES VINS DE LA SAINTE FAMILLE.

An centre du Médoc, au sud- ouest de Bordeaux, sur la route menant à La Brède, au niveau de la commune de Martillac, se situe un domaine solitaire appelé Domaine de la Solitude qui voisine avec le célèbre Haut- Nouchet.
La caractéristique de ce Domaine est d’appartenir aux Sœurs de la Sainte Famille, congrégation religieuse dont le monastère se cache au beau milieu des vignes produisant l’appellation Pessac- Léognan.



C’est ainsi qu’Olivier Bernard, une des stars montantes de la jeune génération des viticulteurs bordelais, est entré au couvent pour diriger les 25 hectares de vigne.

Rappelons que si la Sainte Famille est fêtée le 12 janvier, c’est parce que cette date se situe sur le zodiaque opposée à la Saint André (voir le 30 novembre). Deux fêtes symétriques par rapport à l’axe du solstice d’hiver.
Si Saint André symbolise l’homme cosmique, celui-ci ne peut engendrer que la famille….

Que soit en ce jour, rendu hommage à toutes les familles de vignerons qui consacrent leur talent au bien être de tous les admirateurs que nous sommes !


Domaine de la Solitude: Photo: Michel Guillard, scope



13/13 Janvier


PORTE D’OR DE LA BOURGOGNE: LES VINS DE CHABLIS.

Le premier roi chrétien Sigismond fonde un monastère dédié à Saint Loup, en 510.
C’est de là que se développa grâce aux religieux le vignoble chablisien qui donna naissance à l’un des plus illustres vins blancs du monde qui obtint sa consécration en AOC le 13 janvier 1938.

.Chablis grandit à un point tel qu’ on érigea successivement l’église Sainte- Marie ( détruite à la Révolution ), puis l’église Saint- Pierre, l’Hôtel- Dieu, l’église Saint- Martin ( sur l’emplacement de l’ancien édifice dédié à Saint Loup ) Saint- Côme, Saint -Sébastien. La dévotion est à son comble ! !

Le Dr Guyot 1868 s’exprimait ainsi :
« Les vins de Chablis occupent un des premiers rangs parmi les vins blancs de France…Spiritueux sans que l’esprit se fasse sentir, ils ont du corps et de la finesse et un parfum charmant. Leur blancheur et leur limpidité sont remarquables. Mais ils se distinguent surtout par leur qualités hygiéniques et digestives et par l’excitation vive, bienveillante et pleine de lucidité qu’ils donnent à l’intelligence. Malgré la grande réputation dont ils jouissent à juste titre et depuis longtemps, leur valeur réelle est, selon moi, plus haute que leur renommée » (4)

Puis la catastrophe phylloxérique du début du XXe siècle obligea un redémarrage à zéro du vignoble pour connaître la gloire avec la consécration de l’appellation Chablis pour toutes les vignes situées sur le kimmeridgien. (*)
« Chouchouter » les vignes de Chablis c’est protéger les fragiles Chardonnay contre le froid de cette contrée qui peut sévir jusqu’en mai. D’où ce spectacle des chaufferettes utilisées pour le réchauffement des vignes préalablement aspergées d’eau, en vue de préserver les bourgeons dans leur gangue de glace. Ceci a bien sûr une conséquence sur les prix des précieux flacons.

La célèbre Confrérie des Piliers Chablisiens veille à la prospérité de ce vignoble situé aux portes de la Bourgogne face aux célèbres vins d’Auxerre.
Les vins de Chablis sont les plus connus des vins de l’Yonne. Parmi les Chablis Grands Crus, nous citerons entre autres : les Grenouilles et le vignoble de la Moutonne, et pour les Premiers Crus nous nous attarderons sur le Mont de Milieu, là où sans aucun doute, on découvrira les meilleurs Chardonnay.

Citons en rond ces vignerons de renom qui ont le don du Mont et qui ont pour nom :
BESSON, GAUTHERON, PHILIPPON, PINSON, POUPION, et SIMON
Ainsi font font font ces bourguignons qui vendront les bons cruchons

 


les vins de l'Yonne, Daniel Mermet, affiche François Brochet


(*) nom de la région anglaise dont la caractéristique du sol est de contenir dans ses marnes calcaires « l’Ostreia virgula » une huître fossile qui nourrit le vin en oligo-éléments



14/14 janvier

LES VINS DE SAINT- HILAIRE.


Les caprices des références calendaires situent la fête de Saint Hilaire soit le 13, soit le 14 janvier.
Chablis oblige, nous avons choisi le 14, n’en déplaise à Saint Séraphin.

Le nom d’Hilaire est associé à la ville de Poitiers dont il fut l’archevêque, et donc rien ne prédispose à une association avec le vin ou la vigne.
Cependant, Saint Hilaire apparaît plusieurs fois dans des lieux viticoles divers.

En Loire-Atlantique sur le circuit du Gros Plant, on trouve la commune de Saint- Hilaire- de- Chaléons, qui n’enregistre aucun vigneron et la commune de Saint- Hilaire -de- Clisson
( 86 ha )
En Vendée avec ses Muscadets à Saint- Hilaire- de- Loulay ( 90 ha )

En Maine- et- Loire avec des vins d’Anjou à Saint- Hilaire- du- Bois et surtout Saint- Hilaire Saint- Florent et ses célèbres vins de Saumur. dont la célèbre Maison Veuve Amiot commercialise les bruts aux quatre coins du monde !

En Languedoc- Roussillon à Pézenas, le Domaine Saint- Hilaire produit avec innovation des vins blancs et des vins rouges du Pays d’Oc dont les vignobles sont considérés pour la région comme des vignobles pilotes.

En Medoc au Château Saint- Hilaire sur la commune de Portets ainsi que le Château Saint- Hilaire du Clos La Périchère à quelques encablures.

Et comment, du Centre vers le Sud- Est puis le Sud- Ouest, se répandit la gloire de Saint Hilaire ?
La réponse reste ouverte…

« A la Saint Hilaire « Soleil et chaleur à la Saint Hilaire
Le vin gèle dans le verre N’indiquent pas la fin de l’hiver »
Et oui, c’est l’hiver…. »



Abbaye de Saint Hilaire en pays cathare




15/15 Janvier

LE TIRE-BOUCHON DE SAINT -REMY.

Même si Saint Remi, 17ème évêque de Reims n’eut point besoin de tire-bouchon pour offrir le Champagne lors du baptême de Clovis, il n’en demeure pas moins qu’en ce jour anniversaire du 15 janvier, nous voulons associer Remi(y) à la capitale mondiale de la Mèche de Tire – Bouchon et donc à la production riche et variée des tire-bouchons.
Saint- Rémy- sur- Durolle est située au cœur de l’Auvergne non loin de Thiers, et c’est grâce aux industries locales que cette fabrication très spéciale et originale complète parfaitement le répertoire des objets dédiés au vin.


Que ne ferait-on, sans cette magique vrille, vis ou mèche métallique pour ouvrir la bouteille de nos rêves.
Produit si magique qu’il ne connut vraiment un déploiement qu’à partir du début du XVIIIe siècle, époque où l’on commençait à mettre le vin en bouteille.


Deux ouvrages originaux illustrent images à l’appui les impressionnantes collections de ces instruments de délivrance. (5et 6)
Outre les exemplaires que l’on imagine découvrir à Sain- Remy- sur- Durolle, il existe de célèbres musées du tire-bouchons et pour ne citer que les plus importants en France:
Musée le Secq- de- Tournelles à Rouen
Musée français du tire-bouchon à Ménerbes.

 

Saint Rémi, c’est aussi la naissance du vin de Champagne. En effet l’évêque de Reims possédait quelques arpents de vigne sur les bords de Marne, dont il légua quelques pièces à son esclave. Le Polyptique de Saint Rémi, a propos de l’abbaye du même nom donne de nombreux détails sur la culture de la vigne, son organisation et sur les obligations des vignerons. Nous sommes en l’an 500 !



St Rémi remet à Clovis un baril de vin béni (1531) Détail tapisserie « la vie de Saint Rémi


 


16/16 Janvier

LES VIGNERONS DE LA CAVE SAINT- MARCEL.


Petit village blotti au pied des Cévennes, Saint- Marcel- de- Careiret apparaît au début des limites occidentales de l’appellation Côtes- du- Rhône.
Ici tout est lié à Saint Marcel en hommage à Marcel 1er pape martyr célébré le 16 janvier.
L’histoire religieuse locale nous donne à voir dans l’église de Saint- Marcel, les reliques de Saint Marcel tué sur le territoire de Châlon- sur- Marne. La présence de vigne témoigne des origines religieuses de cette bourgade, pour preuve le nom de « La Vignasse » attribué à un des quartiers.


Vitrail de l’église de Saint Marcel (Atelier photo Avignon)

Les vignerons locaux se sont regroupés au sein de l’union des vignerons de Saint- Marcel- de- Careiret
et fondèrent à partir de 1928 la Cave des Vignerons de Saint- Marcel- de- Careiret qui ne compte pas moins d’une centaine de sociétaires pour une surface d’environ 250 ha. Ils produisent le classique vin rouge des Côtes -du -Rhône qui agrémente allègrement la table quotidienne des connaisseurs.

Autre Voisin, autre Saint. En effet on trouve le village de Saint- André- d’Olérargues dont les vignerons adhèrent aussi à la cave de Saint- Marcel.

Sait-on que l’on invoque Saint Marcel pour emporter la décision d’une femme à se marier !
Dans ce cas, est- ce que ce sont respectivement le thym, ou le laurier ou l’olivier, peut être l’amandier ou le figuier tous ces plants qui invoquèrent Saint Marcel pour se marier à dame la Vigne et donner à cette contrée ce paysage aux pures essences méridionales ?

Bienheureux les exploitants et exploitantes de Saint-Marcel.


17/17 Janvier


LES ROSES DU CHÂTEAU DE SAINTE- ROSELINE.

Un parcours initiatique au cœur de la Provence

L’histoire raconte que vers la fin du XIIIe siècle, la fille du marquis de Villeneuve prénommée Roseline venait en aide aux pauvres paysans des alentours qui mourraient de faim, en dérobant les réserves de victuailles de la garnison de son noble père.
Elle fut appréhendée un jour par un garde qui lui demandant de montrer ce qu’elle cachait sous son tablier eut l’incroyable surprise de voir les denrées se transformer en une brassée de belles roses, ce qui lui évita tout châtiment.

Le miracle réalisé, Roseline dès l’âge de 19 ans se retira à la chartreuse de Bertaud pour devenir ensuite la Prieure Supérieure jusqu’à sa mort en 1329.
Le Prieuré était alors sous la protection de l’évêque de Fréjus,le futur Pape Jean XXII d’Avignon.
Celui ci créa autour de l’édifice les premiers vignobles avant d’aller cultiver plus tard ceux de Châteauneuf - du -Pape.
Cinq ans plus tard, son frère Hélion de retour des croisades, la fit exhumer, découvrant son corps intact aux milieux des squelettes des moines. Roseline fut alors sanctifiée et la chartreuse devint l’abbaye de Sainte- Roseline.
Le cloître de l’abbaye atteste des architectures romane et gothique. Un gigantesque pied de Carignan parcourt la façade. Dans la chapelle, que l’on peut visiter repose le corps de Sainte Roseline recouverte des habits sacerdotaux.
De grands artistes modernes l’ont célébrée :


Marc Chagall et sa mosaïque du repas des Anges
Jean Bazaine et ses vitraux riches en couleurs
Diego Giacometti et son bas relief de bronze

Aujourd’hui le domaine de 53 hectares, après avoir été occupé par diverses familles et cédé vers 1993 par le baron Louis a été racheté par un professionnel émérite Bernard Teillaud qui en fait un des fleurons des grands vins provençaux.



Le Château de Sainte- Roseline propose aux fins gourmets des rouges, composés essentiellement de Mourvèdre, Cabernet et Sirah et des blancs issus des cépages comme la Rolle, du Sémillon et de la Clairette et enfin des rosés d’une qualité exceptionnelle comprenant Grenache, Cinsault , Mourvèdre et Tibouren.

Autre particularité de ce domaine légendaire, celui d’héberger la confrérie de l’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse créé en 1951 par le baron Henri de Rasque de Laval père du baron Louis. Cet ordre a le doux privilège d’avoir compté dans ses rangs, Francis Blanche et Pierre Dac. Le Château Sainte- Roseline commercialise enfin ses nobles vins si généreux dans des bouteilles dont la forme est un mix de la bouteille provençale et de la bouteille d’Alsace appelée « La lampe de Méduse » en l’honneur de la devise de la confrérie :

« Lampe en main, lampe allumée, portons- la à la hauteur de nos yeux, et en invoquant Mère Méduse, lampons » (7)



18/18 Janvier

DÉCOUVRIR LES INSTRUMENTS D’ŒNOLOGIE.

Posséder l’ouvrage de Jules Dujardin
« La notice sur les instruments de précision appliqués à l’œnologie », c’est pénétrer dans le temple de la connaissance de la fabrication des vins et des alcools.

En 1882, Salleron publiait une première notice de 80 pages
Une deuxième édition plus complète parue en 1887 comprenait 180 pages ! !
Dujardin, élève de Salleron lui succéda et créa à son tour le manuel des instruments d’œnologie.

C’est ainsi que parurent une troisième édition en 1900, une quatrième en 1905 et
la cinquième en janvier 1912 avec 1020 pages ! ! !

La quatrième édition eut les honneurs de la Revue de Viticulture du 18 Janvier 1906, dans son n°631 qui s’exprime dans ces termes :


« Sous ce titre, M.J.Dujardin vient de publier, dans la forme d’un élégant volume illustré, enrichi de reproductions artistiques, de gravures anciennes, la quatrième édition de sa Notice…..De catalogue intéressant qu’était ce travail à ses débuts, il est devenu un guide d’un usage courant dont les chimistes viticoles ne savent plus se passer. M.Dujardin compte parmi nos meilleurs constructeurs, formés à l’école de Salleron, il n’a cessé de perfectionner ses appareils grâce à un labeur opiniâtre de seize années et aux excellentes relations qu’il a toujours entretenues avec le monde savant et le monde des affaires. Le souci de ses intérêts commerciaux n’est pas exclusif chez lui des préoccupations d’ordre purement scientifique, il a le culte des études qui se rapportent aux Vins et aux Eaux-de-Vie.
Son nouvel ouvrage sera surtout apprécié dans les laboratoires, mais il est compris de manière à ne rebuter personne. Nous ne doutons pas qu’il ne contribue à développer le goût des recherches œnologiques chez des viticulteurs instruits, et qu’il n’aide effectivement au progrès de la viticulture. »

A signaler notamment dans cet ouvrage, entre autres
un chapitre sur l’enseignement de l’oenologie dans les écoles primaires rurales « De l’art de faire le vin »
Le raisin, sur sa constitution, son rendement en jus
Le régime douanier des vins de liqueurs
Le dosage sulfureux avec le dosimètre Salleron
Le fausset hydraulique Belicard
L’alambic Salleron
Tableau de correspondance des degrés centésimaux, Cartier et Tessa
Mode d’emploi du nécessaire 114
Aphromètre mesure-mousse de Maumené


Salleron, une encyclopédie viticole, à coup sûr !


19/19 Janvier

DIJON ET LA NOUVELLE SORBONNE DU VIN.


C’est ainsi que Vincent Noce titrait son article du 19 janvier 1995 dans le journal Libération.

En effet, toute la Bourgogne viticole et vinicole inaugurait en ce mois de janvier son Institut de la Vigne et du Vin, le troisième grand institut de France, après celui de Montpellier, et surtout celui de Bordeaux , le plus prestigieux dans le monde.


On découvrira ainsi, sur le ban de Dijon l’Institut Universitaire de la vigne et du Vin Jules Guyot ( nom du célèbre chercheur du XIXe siècle sur les vignobles français).
Toutes les disciplines y sont enseignées et toujours en liaison avec le vin : Sciences, Techniques, Histoire, Droit, Littérature, Philosophie, Culture de la vigne, Chimie du vin.


L’Institut se veut être le centre d’attraction de tous les vignobles du Centre et de l’Est, voire par un rayonnement jusque vers les voisins Suisses et Allemands.
Considéré comme La Mecque des cépages Chardonnay et Pinot noir, l’Institut a pour ambition d’ être le champion mondial du terroir, voulant ainsi privilégier le sol au plant et donc le terroir au cépage.
Pour Roger Bessis, directeur de ce prestigieux Institut, le vin se constitue et trouve sa caractéristique originale dans le sol plutôt que dans la cave. Jamais la chimie ne peut remplacer la terre et le climat, c’est ce qui fera la différence entre les vins originaires de cette région de ceux qui s’élaborent plus scientifiquement dans les chais étrangers.

Comme le démontre dans son ouvrage un des enseignants émérites de cette Sorbonne, Jack Rigaux : il faut donner « la parole aux terroirs ». En se référant en cela, au secteur de Gevrey- Chambertin.



20/20 janvier


LE MONT SAINT- SÉBASTIEN.

Ou la colline du Bastberg
Extrait du dictionnaire étymologique et historique des noms de lieux en Alsace de Michel Paul Urban. (8)

Colline au dessus de Bouxwiller dans le Bas Rhin
« Le mont Saint Sébastien ». Précédé du suffixe germanique -berg « montagne,sommet »,le radical Bast- rappelle le prénom Sébastien…. Du nom de saint Sébastianus, martyr supplicié à coup de flèches vers l’an 300.
« A la Saint Sébastien, même le plus mauvais vigneron doit avoir taillé ses vignes », rappelle le dicton. Le Bastberg aurait été couvert de vignes, et pour cette raison appelé aussi Bacchusberg, Bacchus ( de Bacchus, dieu du vin et de la fécondité dans le monde romain.)
Endroit réputé maudit, où toutes les sorcières de Basse Alsace se réunissent pour tenir leur sabbats, le Bastberg a dû être un lieu de culte des adeptes de Bacchus et de ses rites de fécondité (bacchanales),ce qui en explique la christianisation.

(voir par ailleurs 12 février.).


Colline du Bastberg ou Saint Sébastien (Bas Rhin)



21/21 Janvier

AGNUS DEI ET LE VIGNOBLE DE SAINTE AGNÈS

Jean annonce dans l’Apocalypse qu’au terme de l’Humanité, il y aura les noces de l’Agneau, c’est la rencontre de l’agneau qui avait été immolé et de la fiancée qui l’attend. Sachant que la fiancée n’est autre que la cité sainte, celle de la nouvelle Jérusalem.


300 ans plus tard, meurt sacrifiée telle un agneau, à l’âge de 12 ans Agnès devenue la première jeune martyre qui n’a pas voulu renoncer à sa foi .C’est l’une des plus célèbres saintes de Rome et aussi la patronne de la chasteté.

Hommage, en ce jour à un petit village franc-comtois situé entre Lons- le- Saunier et Beaufort, sur les contreforts jurassiques et qui a pour nom pieux : Sainte- Agnès. Ici la viticulture remonte au XVIIIe siècle, où le clergé paroissial assurait l’exploitation dite « curiale » des vignes. Ainsi, la dîme de vin représentait la principale ressource du clergé.

Sainte- Agnès reste cependant un village très modeste avec sa petite production d’AOC du Jura.
Et si Agnès la sainte a montré en son temps tout son amour pour l’expression de sa foi, on peut laisser courir notre imagination, en associant le village de Sainte- Agnès au village de Saint -Amour situé à une dizaine de kilomètres plus au sud !

Le clocher de l’église de Sainte-Agnès, forme typique des clochers du Jura



22/22 Janvier

LA SAINT VINCENT TOURNANTE OU LE TOUR DE FRANCE DE SAINT VINCENT

Qu’est- ce qui a conduit Saint Vincent dit le « Victorieux » originaire de la région de Saragosse à devenir le saint protecteur de tous les vignerons et à être le personnage le plus célèbre et le plus célébré dans la quasi totalité des contrées viticoles françaises, laissant cependant quelques concessions et protectorats mystiques à quelques rares autres saints protecteurs ?

Déjà porter un tel nom reste prémonitoire. Le vin assimilé au sang ( Vin –Sang ), ou le vin sans eau ( O Vincent O ) ou le vin qui sent ( Vin-sent) ou le vin qui vaut cent ( Vin-cent ). Peut être pour avoir été diacre, Vincent offrant à Dieu le vin sur l’autel, ou peut être pour avoir été l’un des martyrs les plus suppliciés, comme écrasé sous le pressoir et offrant son sang à Dieu. ?
Au cours de l’histoire, on trouva ses reliques dans nombre de sites religieux. Depuis la conquête de Childebert en Espagne, ses reliques furent déposées, entre autre, à l’abbaye de Paris appelée abbaye Saint -Vincent, devenu plus tard Saint- Germain. L’église du Mans, de Dun- le- Roi en Berry, Castres, Vitry- le- François, Macon, de Viviers- en -Vivarais, à Metz, autant de sites où se propageaient les premiers vignobles.
On ne compte aujourd’hui, en France, pas moins d’une cinquantaine de villes ou villages portant le nom de Saint Vincent.

Nombre d’associations peuvent être évoquées qui font de ce personnage, le symbole (Saint Bol) du règne vinicole et viticole. Citons entre autres, les associations suivantes :

Vincent et le religieux


Saint Vincent est généralement représenté en diacre endossé d’une chasuble. Sa renommée conduit à une dévotion mystique en rapport avec la puissance de sa victoire sur le mal et donc offrant une garantie maximum de protection sur un produit aussi précieux et fragile que peut être la vigne. Des centaines de statues aussi riches et décorées reposent dans nombre de lieux bénis de la Lorraine au Bordelais en passant par la Bourgogne ou autre contrée prestigieuse.


Vincent et les objets et emblèmes


On représente le saint homme affublé de divers objets et signes tels que la grappe, l’écuelle de bois, le pipot du tonnelier, la serpette, le bontemps, la crosse, la bible, le rameau d’olivier, le tastevin, la mitre, la chasuble etc…


Vincent et les fêtes vigneronnes


Elles sont nombreuses et égrènent le calendrier des fêtes locales. La plus célèbre se déroule, bien entendu le 22 janvier de chaque année en Bourgogne, il s’agit de la Saint Vincent tournante. Un certain nombre de villages entre Côtes de Nuits, Côtes de Beaune et côtes Chalonnaises organise par rotation une célébration digne des grands évènements festifs sur la vigne et le vin.

Vincent et les confréries vineuses

Nous citerons que les plus célèbres et qui expriment une dévotion des plus exceptionnelles, telles les confréries suivantes :
Confrérie des Compagnons de Saint Vincent et disciples de la chante flûte (Mercurey)
Confrérie des Vignerons de Saint Vincent de Bourgogne et de Mâcon
Collège des Chanoines de Tannay

Confrérie de Saint Vincent des vignerons du Canton de Tannay (Nièvre)
Confrérie des Chevaliers du Tastevin
La Commanderie du Bontemps du Medoc et des Graves
La Confrérie des Piliers Chablisiens
La Confrérie des Chevaliers du cep Henry IV


Vincent et les dictons populaires


Ils sont si nombreux que nous ne citerons que la litanie restreinte d’une sélection régionale , digne d’un tour de France :

Charente : « Quand Saint Vincent est clair et beau / Il est du vin comme de l’eau »
Loiret : « Si le jour de Saint Vincent est trouble / Il met le vin au double »
Moselle : « Le jour de Saint Vincent / Si le soleil luit grand/ Comme un chapeau / On aura du vin / plein le tonneau »
Vosges : « Quand il fait beau la jour de la Saint Vincent / le vigneron s’en va chantant »
Aube : « Saint Vincent clair, et Saint Paul trouble / mettent le vin dans la gourde »
Côte d’or : « Prends garde au jour de Saint Vincent/ car , si ce jour tu vois et sens/ que le soleil et clair et beau/ nous aurons plus de vin que d’eau »
Bouches-du- Rhône : « Aube clair à la Saint Vincent / Beaucoup de fruit pour tout le monde »

C’est là sans doute, que Saint Vincent s’approprie les plus nombreuses références avec un nombre impressionnant de dictons faisant la pluie et le beau temps sur l’ensemble des vignobles français ?


 


23/23 Janvier


LE VIN DE SANCERRE, OU COMMENT L’ON S’EN SERT.

 


On quitte la nationale 7 qui longe la Loire, après Cosne- sur -Loire, à hauteur de Saint- Thibaut ( voir le 8 juillet ), peu avant Saint- Bouize pour se diriger vers le coteau inspiré de Sancerre. Là tout nous est « Cher », car c’est le début du Berry, la France profonde où tous Sancerrois a le vin dans son cœur. Passé l’abbaye de Saint- Satur, dont les moines augustins développèrent la vigne dès le XIIe siècle, ont pénètre dans le vignoble de Sancerre riche de 1500 hectares de cépage Sauvignon qui connurent leur lettre de noblesse par décret dès le 14 novembre 1936.
Mais c’est seulement le 23 janvier 1959 que les rouges et les rosés du Sancerrois purent obtenir l’appellation AOC, complétant ainsi une gamme prestigieuse de vins dignes des grandes tables.
Sur la même aire d’appellation, Sancerre s’enorgueillit d’une autre appellation, celle du « crottin de Chavignol » célèbre fromage de chèvre. Le mariage gastronomique est consommé.

Au total, le Sancerrois compte 2270 hectares de vignes, sur 14 communes grâce au travail de près de 400 vignerons.

Notre coup de cœur, va vers ces vignerons qui par leur nom évoquent une belle histoire de vins.
A Sancerre, arrêtons nous place Saint Père, pour rencontrer le père des vignerons locaux Denis VACHERON , vinificateur traditionnel qui produit son vin blanc au goût de silex au plus profond de sa grande cave voûtée de la ville haute.


A Chavignol c’est la découverte d’un vrai crû bourgeois façonné par la grande famille des BOURGEOIS qui règne sur plus de 40 hectares de blancs superbes.


A Verdigny, il vous faut vous prosterner tel un prieur devant les rouges des Monts Damnés qu’élabore avec vénération Paul PRIEUR.


A Bué, faites absolument un crochet pour découvrir « la croix du Roy » un rouge remarquable élaboré par Lucien CROCHET. C’est sans doute chez ce prestigieux vigneron que l’on découvre aussi les meilleurs Sancerre blanc, au nez ample et avec ce bouquet floral long en bouche.
Et pourquoi ne pas s’arrêter chez ce vigneron au nom prédestiné : Vincent (patron des vignerons) PINARD, il possède une gamme de cuvées aussi variées que pleines de finesse. Un régal !

Et si cette contrée vous enchante , passez la nuit à la Tour sur la Nouvelle Place de la Ville Haute, vous vous endormirez après un coup de Sancerre, tout en vous laissant glisser entre les rangs de vignes.



24/24 Janvier

DES VIGNES DE SAINT FRANÇOIS AUX TONNEAUX DE FRANÇOIS


Né en 1567, au Château de Salles au milieu des vignes près de Thorens en Savoie, François après une incursion studieuse à Padoue, revient dans le vignoble genevois pour y exercer la mission de prévôt du Chapitre des Chanoines de Genève, puis est nommé Prince évêque. Il mourra le 28 décembre 1622 non loin des Côteaux- du- Lyonnais.

« Il faut soigner le corps pour que l’âme s’y plaise » ,
Retenons cette citation de Saint François de Sales dont la fête est célébrée le 24 janvier.


En effet, on peut aisément transposer ce principe au monde viticole, si l’on compare le tonneau au corps et le vin à l’âme.
Mariage nécessaire pour l’épanouissement de l’esprit vinique.

D’ailleurs, le hasard a fait que naturellement le nom de François est associé à la tonnellerie. Pour preuve, si l’on consulte les archives de la corporation des tonneliers de Würzburg (Allemagne) dont la création remonte à 1373, on apprendra que même si la grande corporation des tonneliers qui comptait jusqu’à plus de 680 membres en 1868 se plaçait sous la sainte protection de Jean l’évangéliste, c’est plus le lien à François qui prévaut.
Peut être, du fait que Würzburg se situe en Franconie et que le saint patron est célébré en l’église des Franciscains (Congrégation de Saint François)
Lors de la célébration du 600° anniversaire, ce sont les enfants de Saint François qui présentèrent leur plus vives félicitations à cette noble corporation, où à l’origine seuls les enfants issus de couples légitimes pouvaient aspirer à exercer ce métier.

On trouvera en France des références originales, comme :
La naissance de la grande tonnellerie alsacienne par François Martin à Châlons-sur-Marne en 1863
Création de la tonnellerie Jean François à Saint- Romain ( voir aussi 28 février ) en 1959. Aujourd’hui l’entreprise François Frères produit près de 45 000 fûts en Bourgogne, en Bordelais et en Californie.



François Feuillat qui travaille à la création d’une AOC pour les chênes à merrains et ainsi garantir la provenance de Tronçais ou de Bertanges ou de Darnay pour ne citer que les plus célèbres forêts de chênes en France.
Et c’est en mars 2000, que Jérôme François ouvre à Bordeaux le 5ème Colloque des Sciences et Techniques de la Tonnellerie, il est alors Président Directeur Général de la Tonnellerie Demptos SA.


 


25/25 Janvier

SAINT PAUL SUR LE CHEMIN DES VIGNES.

Jour anniversaire de la conversion de Saint Paul, nous partons à la conquête de plusieurs châteaux, dont le non moins célèbre village de Saint -Paul -les -Trois-Châteaux capitale du Tricastin.
C’est dans cette Provence septentrionale que les romains fondèrent le haut lieu de la région nommé Augusta Tricastinorum . Ici se dresse une cathédrale romane immense et austère dominant un paysage qui célèbre des vins rouges divins.

Un peu plus au sud, à la limite des côtes du Roussillon, nous citerons ce petit village viticole de Saint- Paul-de-Fenouillet, ou se développe l’appellation Maury caractéristique des vins des Corbières.

Puis dans le Bordelais, une incursion au Château Saint- Paul à Saint- Seurin- de- Cadourne dans le Haut- Médoc révèle un Cabernet que son propriétaire M.Boucher élève dans des fûts de chêne offrant après deux années de vieillissement un excellent bordeaux. Il en est de même dans le Saint- Emilionnais, où à Montagne, on découvrira le Château Saint -Paul non loin de son frère apôtre Château Saint- Jacques.

On ne peut enfin échapper aux éloges bachiques de quelques grands écrivains dont le prénom Paul ne peut que s’allier au vin

Pour PAUL Scarron, tout l’univers est imbibé de vin
« je ne sais pas ce que devint,
le jour, alors que la nuit vint
je crois pourtant qu’il alla boire …. »

Pour PAUL Verlaine, l’assidu des bistrots parisiens, voit dans le vin, le sang, eau noire de la vie :
« Frère du sang de la vigne rose
Frère du sang de la veine noire
Ô vin ,ô sang, c’est l’apothéose »

Pour PAUL Eluard le vin exprime la joie de vivre et l’invention :
« l’ignorance et la connaissance jette les au vin.
Elles en ressortent sous les traits de l’ivresse et de la sagesse »

Pour PAUL Claudel qui alterne entre le vin mystique et le vin mondain :
« Ô nectar dans nos veines, ô parfum de la pensée, qui exhale jusqu’à nos joues animées par le plaisir, un souffle impalpable » (voir 23 février)

Pour PAUL Valery il y a communion dans l’ivresse poétique et le « vin perdu »
« je bois le vin céleste, et je caresse
le grain mystérieux de l’extrême hauteur »


Maître des épîtres Getty, Saint Paul 1520-1530. Paul Getty muséum, Los Angelès


 


26/26 Janvier

LA PAULEE OU LA FIN DES VENDANGES A SAINTE- PAULE.

La tradition bourguignonne appelle « la paulée », la célébration de la fin des vendanges. Ainsi, à l’instigation des propriétaires vignerons, s’organise à partir du vignoble une procession des vendangeurs qui ayant décoré plateaux, chariots et tracteurs s’en vont chantant vers les demeures et les chais pour réserver la dernière soirée à la fête bacchanale. Ainsi vignerons et vendangeurs clôturent dans une ambiance frénétique et arrosée de vins les lourdes journées de travail de la noble récolte.
On célèbre, par ailleurs à une plus grande échelle « la Paulée de Meursault » le troisième jour des Trois glorieuses, soit le lundi ( voir le 18 novembre).

Sainte Paule est fêtée quatre jours après la Saint Vincent, mais il est vrai sans lien direct avec le vin. Pourtant le petit village de Sainte -Paule dans le Beaujolais se consacre totalement à la vigne. Situé sur le canton doré du Bois- d’Oingt, il participe à la renommée des vins du Beaujolais. Ainsi Sainte- Paule trône au milieu de ses saints frères que sont Saint- Christophe- la -Montagne ( voir le 21 août), Saint- Jean- des- Vignes (voir le 27 décembre ),Saint -Mamert, protégés par une série de chapelles qui bordent les routes sinueuses du Bas- Beaujolais Saint- Roch, Saint -Clair, Sainte- Catherine à Jarnioux , Saint- Ennemond à Cercié, Saint -Abraham à Bancillon, Saint- Hyppolite à Theisé ( voir le 13 août ),Saint - Laurent- d’Oingt ( voir le 10 août ).
Bénis soient tous ces saints, bénissons le vin de Sainte- Paule, car Sainte est la paulée.



27/27 Janvier

DE SAINTE ANGÈLE AU CLOS DES URSULINES

C’est au bord du lac de Garde que naquit Angèle en 1474.Orpheline à 16 ans, et soucieuse de l’éducation des jeunes filles, faisant allusion à celles qui étaient soutenues par leurs parents, décida de vouer sa vie aux jeunes filles isolées et démunies.
Sa conversion lui vint tardivement après un séjour à Jérusalem. Recouvrant la vue , elle fonde avec quelques compagnes une congrégation qu’elle place sous le patronage de Sainte Ursuline. C’est ainsi qu’apparut le premier ordre de moniales en charge de l’enseignement : les Ursulines.

Comme bons nombres de congrégations religieuses, elles possédaient des vignes.

C’est ainsi que Beaune représente une concentration exceptionnelle d’ordres et de caves : les Caves des Visitandines, le Couvent des Cordeliers , bien sûr le Clos des Ursulines, la Cave des Batistines, le Couvent de la Visitation (maison Patriarche ), le clos Vougeot avec les cisterciens.
Au point que la gestion de l’Hospice de Beaune prend modèle sur ces ordres, alors même que le personnel qui se consacrait aux malades n’avait pas de référence religieuse.

Aujourd’hui, le Clos des Ursulines est attribué au cloître des Ursulines, lui même devenu l’hôtel de ville de Beaune.

Les Hospices de Beaune : la cour intérieure, illustration de Jean Couty dans « la route du vin de Bourgogne »



28/28 Janvier

CHARLEMAGNE EMPEREUR DES VINS.

Charlemagne demeure une des plus illustres figures médiévales tant par son parcours royal, sa vie religieuse ou ses plaisirs gustatifs. En ce jour anniversaire de sa mort (28 janvier 814), nous tenons à rappeler sa prédestinée vinique ? N’est-il pas le fils de Pépin le bref (pépin de raisin ) et de Berthe aux grands pieds ( pied de vigne ) ?


En effet, Charlemagne boit régulièrement beaucoup de vin sans jamais s’enivrer. D’une corpulence hors du commun, il a de quoi « absorber » et c’est en riche propriétaire viticole qu’il règne autant sur ses vignes que sur son royaume. Ses nombreux domaines s’étendent dès les années 750 du Val- de- Loire ( vins d’Anjou ) jusqu’à la vallée du Rhin ( les vins de Johannisberg ) en passant par la Bourgogne ( les vins de Corton ).

A propos du coteau de Corton exploité à l’origine par l’empereur romain Othon ( curtis othonis ), seul un autre empereur, Charlemagne, pouvait en 775 offrir son domaine d’Aloxe à la collégiale Saint- Andoche de Saulieu.

C’est ainsi que la légende raconte comment est né le Corton Charlemagne, prestigieux domaine de vins blancs.
En effet, l’empereur lors de ses libations de vins rouges en provenance du fameux coteau de Corton, laissait s’écouler le vin sur sa belle barbe blanche. Madame Charlemagne ne pouvait supporter ces taches vermeilles.
Aussi, devant les reproches incessants de son épouse vis- à- vis de son penchant pour le Corton, l’Empereur décida d’arracher cette vigne et de la replanter en cépages blancs.

Le Corton Charlemagne est sans doute l’un des plus grands blancs au monde que commercialisent les Maisons de renom : Drouin, Jadot, Latour et bien d’autres.


Charlemagne qui s’est aussi rendu célèbre par l’école dont il est le saint protecteur, par Ronceveaux symbole de ses expéditions guerrières, orienta la fin de son règne vers la béatitude. Louis le « Pieux » lui succède (pieu de vigne) ; Il mourut le 28 janvier et fut enterré dans la célèbre basilique d’Aix- la- Chapelle proche des vignobles situés entre Rhin et Moselle.


29/29 Janvier

SAINT SULPICE ET SAINT EMILION EN BONS VOISINS.


Nous sommes dans les communes de la juridiction de Saint- Emilion, là où se regroupent les Saintes Communes, voire les Communautés de Saints, comme Saint -Christophe- des- Bardes( voir 21 août ), Saint- Laurent- des- Combes ( voir 10 août ), Saint- Hippolyte ( voir 13 août ), Saint- Etienne- de-Lysse ( voir 26 décembre ), Saint-Pey-d’Armens, et plus particulièrement pour cette journée du 29 janvier, Saint -Sulpice- de- Faleyrens .



Eglise de Saint-Sulpice de Faleyrens XII° , photo Alain Denis


Sur plus de 2000 hectares, les noms des Châteaux se distinguent, entre autres, soit par rapport aux sols et terroirs :

Gros Caillou, Gravet, Bellegrave, Haut-Gros-Caillou, Haut-Montil, du Gravillon, la Sablonnerie

Soit sur les classiques connotations religieuses :

Saint- Martial, Moine- Vieux, Prieuré- Lescours, La- Chapelle- Lescours, Saint- Vincent, La Chapelle d’Espagnet,
Saint -Arnaud, Le Couvent, l’Hermitage- Lescours

Citons deux ouvrages en lien avec le sacré qui démontrent que l’écriture, la vigne et les saints sont indissociables.
« Histoire du Sacré » écrit vers l’an 400 par Saint Sulpice
« Les Grandes heures de Saint- Emilion, Magie de l’art Sacré » écrit en 1991



30/30 Janvier


LES MOTS DU VIN OU LES MAUX DE L’IVRESSE.

Être ivre à en perdre la tête, n’a rien à voir avec la décapitation, et pourtant !
Si le 30 janvier, nous célébrons Sainte Martine, vierge et martyre. Son dévouement au Christ lui fit en effet trancher la tête en 226.
Quatre cents ans plus tard, le 30 janvier 1649, Charles Ier, roi d’Angleterre meurt décapité, jour de la célébration de Sainte Martine.

Paroxysme de l’effet du mal, le martyre.
Paroxysme de l’effet de boire du vin, l’ivresse.

C’est ainsi que le langage et l’usage des mots du vin illustrent les effets de celui-ci sur le cerveau et donc dans notre tête. (9)
Courtois de son prénom Martine répertorie les expressions du style :
* le vin monte à la tête
*le vin tape à la tête, entête
*bon vin, mauvaise tête
*on a le vin dans la tête ( XVII ° siècle )
En cas d’ivresse, c’est le châtiment :
*excommunication sous Charlemagne
*la prison, avec pain sec et eau, voire l’amputation d’une oreille, sous François Ier
*le retrait du permis de conduire à notre époque.

Il s’agit bien pour parodier le précepte biblique de « séparer le bon vin de l’ivresse ». Mais « les bons crûs font aussi les bonnes cuites »

Est donc ivre, nous dit Georges Duhamel, « celui qui a le cerveau troublé par un excès passionnel », comme par exemple :
*pour quelqu’un, comme Sainte Martine pour Dieu, jusqu’à en perdre la tête,
*pour quelques paroles, comme Martine Courtois pour les mots du vin, jusqu’à en avoir plein la tête,
*pour quelques précieux nectars, comme le buveur invétéré, jusqu’à voir tourner la tête.

« Sous ce cep de vigne qui t’aime,
Ô mon âme, ne crois- tu pas
Te retrouver enfin toi- même,
Malgré l’absence et le trépas » (LA…MARTINE, « la vigne et la Maison »)



31/31 Janvier


LA PAIRIE DES VINS D’ARBOIS.

La Pairie est l’une des plus anciennes Confréries vineuses d’après guerre. Elle est née le 31 janvier 1956. Comme toute Confrérie, elle a pour mission de faire rayonner la renommée des vins d’Arbois.

Il faut aussi noter que le vin d’Arbois est le premier vin français à avoir obtenu l’AOC. Ceci a été confirmé au JO du 15 mi 1936. Il est le premier cité avant Tavel, Cognac et Cassis….

S’appuyant sur d’illustres noms qui ont jalonné l’histoire de France, Arbois peut s’enorgueillir du concours de Charles- Quint qui arrosa ainsi les Flandres de vin du Jura, de François Ier qui rassasia la cour royale et la papauté, Henry IV qui y trouvait une source d’inspiration poétique, des Boileau, Racine, J.J.Rousseau, Théophile Gautier, qui trempèrent plus souvent leur plume dans le vin jaune que dans l’encre noire, de Louis Pasteur qui en fit un domaine d’exploitation agricole et biologique, jusqu’à Henri Maire qui devint le plus grand promoteur commercial grâce à son célèbre « vin fou ».

C’est sous les couleurs rouge, jaune et vert, muni de la médaille de la Pairie à l’effigie de « la nymphe aux raisins » dessiné par Carpeaux, que l’on est ainsi intronisé dans cette noble Confrérie dont le siège se situe dans le cellier et la vaste salle de Grange Grillard, situé à l’emplacement de la célèbre abbaye bénédictine de Balerne.

Nombreux sont aujourd’hui les privilégiés qui ont pu s’approprier la devise d’être : « experts remarquablement aptes à décoiffer et assécher les vieilles et jolies bouteilles de vins d’Arbois. »

« Vins d’Arbois
Plus on en boit
Plus on va droit »


Le Chateau d’Arbois, Photo Marc Heimermann


choix d'un autre mois

 
 

....Copyright © 2006 Marc HEIMERMANN .