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1/1er
Janvier
LA
NAISSANCE DU VIN OU FAUT-IL CROIRE AU PÈRE NOÉ?
Au
commencement est le vin. Après la terre, le feu et
l’eau, apparaît l’homme et après
l’homme, le vin.
C’est pourquoi le 1er janvier, premier jour de l’année
est réservé à la naissance du vin et
a son père légitime : Noé.
Noé emporta dans l’Arche l’unique pied
de vigne pour le sauver des eaux. Le vin ne sera pas noyé.
La plantation de la vigne est attribuée à
Noé. Cela s’est passé après le
déluge. Le livre de la Genèse nous compte
les exploits de cet heureux aventurier agraire : «
Noé cultivateur, planta la vigne. Ayant bu du vin,
il fut enivré « (Genèse 2,20-22)
Reportons-
nous aussi dans le livre des Psaumes. La route de l’humanité
est tracée. En effet le psaume de la création
nous révèle que Dieu le Créateur de
l’univers est à l’origine du vin. Il
veut que l’homme soit heureux. Il en prend donc les
moyens, et lui donne la vigne et donc le vin. Le vin c’est
la vie. « Quelle vie pour celui qui manque de vin
?»
La bible rappelle toute la symbolique humaine et divine
que représente le nectar.
Naissance
de la vie, naissance du vin, naissance de la joie , «
le vin réjouit le cœur de l’homme »
, naissance de la fécondité, essence même
de la naissance « ton épouse , une vigne fructueuse
. »
Tout au long de l’histoire religieuse l’expression
est constante sur les rapports de Dieu avec son peuple par
l’intermédiaire de la vigne elle- même
(fruits, sarments, bois, sève...)
Vitis
vinifera satira, nom prédestiné donné
au plant séculaire qui va donner vie au règne
viticole et ce dès les origines de la civilisation
indo-européenne
Toute notre destinée terrestre et son lien avec le
surnaturel vont être marqués pour toujours
par la découverte du breuvage le plus consommé
par l’humanité après l’eau.
En
France, car c’est là que va se situer durant
365 jours, notre campagne d’investigation. Chaque
jour qu’égraine notre calendrier, nous partirons
à la conquête des évocations, des célébrités,
des événements qui ont marqué l’aventure
historique de notre civilisation vinique.
Les
scientifiques situent l’apparition du vin (grâce
à la méthode de datation du carbone 14, vers
5400 ans avant Jésus Christ. (1)
On dit aussi que la découverte du fruit de la vigne
remonterait autour de 3000 ans avant JC dans la région
des Corbières (2) et c’est un siècle
avant JC que naît la Provincia romana, dont Narbonne,
la petite Rome, s’impose comme capitale viticole.
De retour de la guerre des Gaules, les romains se mettent
à planter la vigne sur tout le territoire du sud
de la France. Démarre alors les premières
vendanges, se construisent les premiers pressoirs, et ainsi,
se multiplient les premiers convois transportant les riches
amphores chargées de vin pour arroser toute la région
sud, d’est en ouest, jusqu’en Aquitaine.
C’est
ainsi que l’histoire du vin, du berceau jusqu’au
tonneau, reste inséparable de l’histoire de
l’humanité.
Le vin constitue la valeur fondamentale de notre civilisation
naissante. Il est la condition de notre développement
culturel et économique.
Nota
: c’est en l’an 1600, un premier janvier que
solennellement, le Roi René s’est vanté
de la qualité des vins français, car disait-il
: « ils sont bienfaisants (évoquant ceux d’île
de France et des environs de Paris), surtout parce qu’ils
ne remplissent pas la tête des vapeurs âcres
comme le font les vins d’Orléans. »
Le
vin est né, vive le vin.
Le nez dans le vin, vin divin,
le vin dans le nez, vin chagrin.

PS: Une étude américaine récente du
Musée de Pennsylvanie (2) nous apprend que des chercheurs
viennent de découvrir des traces de vin en Chine
datant de 7500 ans avant notre ère. Il s’agit
de traces d’une boisson fermentée sur des tessons
de poterie, dans le village de Jiu (Province de Hénan).
Plus on remonte dans le temps, plus il semble évident
de constater que l’on situe l’origine des vins
de plus en plus vers l’extrême orient. (Empire
romain, la Grèce, l’Egypte, la Perse ou l’Iran,
et maintenant la Chine…)
2/2
Janvier
LA
VIGNE DE L’ENFANT JÉSUS.
Grégoire
de Naziance célébré le 2 janvier dans
le rite de l’Eglise romaine fut un des premiers père
de l’Eglise grecque, surnommé « le divin
». Son enseignement doctoral révèle
une étrange similitude avec le monde du vin.
Lorsqu’il dit « ainsi est le nouveau mélange,
DIEU et Homme ? Une seule chose à partir de deux,
et par une seule chose deux » ou encore « l’approche
de Dieu révèle la faiblesse de l’âme,
pour les uns Il est Lumière, pour les autres, Il
est Feu, à chacun selon son être et sa vérité
».
Nous sommes bien devant cette dualité permanente
de Dieu et l’Homme, comme l’Homme et le Vin,
voire la Lumière et le Feu.
Le vin a toujours été lié au soleil
et au feu, symbole de la civilisation.
Jour de la circoncision de l’enfant divin, célébré
le 2 janvier. On lui donna le nom de « Jésus
» qui signifie le Sauveur « Jeshouha ».
Les Ecritures rapportent un nombre pléthorique de
citations, de paraboles, de miracles qui ont un rapport
avec le vin. (On dénombrerait dans les textes bibliques
plus de 450 références.)
Le vin est la trame permanente de la religion chrétienne
dans laquelle le Christ se compare à un cep de vigne,
portant des sarments qui représentent les chrétiens
recevant de Lui, la sève fécondante.
« Je suis la vraie vigne dit Jésus ; ceux
qui croient en moi en sont les branches et mon père
est le vigneron ».
(Saint Jean :XV, 1à 8)
Tout
au long de ce calendrier, nous égrainerons les jours
au rythme des anniversaires, des célébrations,
des fêtes religieuses, des évènements
vinicoles et viticoles, bref , laissons- nous nous emporter
dans l’aventure mystique et bachique dont notre civilisation
restera marquée à tout jamais.
3/3Janvier
LE
VIN DE LA MONTAGNE SAINTE- GENEVIÈVE.
A
15 ans, une banlieusarde très religieuse s’intéresse
aux pauvres de l’île de la Cité. A l’instar,
quelques années plus tard, de Jeanne d’Arc
boutant les anglais, Sainte Geneviève repousse l’envahisseur
Attila, et devient la sainte patronne et protectrice de
Paris.
La basilique Saint-Pierre et Saint- Paul deviendra Sainte-
Geneviève- du- Mont qui sera détruite lors
de la Révolution.
Sainte Geneviève a ainsi rayonné au dessus
de la célèbre colline parisienne recouverte
de vigne.
10 257 m2 de vignes se trouvent ainsi cultivées sur
le versant sud de la montagne entre le Panthéon et
la rue Descartes.
Ainsi au XI siècle, un vrais terroir de vigne domine
la capitale.
Le roy Henry Ier en fait son lieu de prédilection
dès 1033, et peut alors fournir les caves royales.
La population monastique et seigneuriale règne sur
le toit de Paris, elle rassemble les développeurs
du règne de la vigne et du vin.
Tout
est vin, tout est saint du clos de Sainte- Geneviève
aux vignes de Saint -Marcel et de Saint- Bernard jusqu’aux
vignes de Saint- Germain, des treilles du Palais Royal sur
la rive gauche.
On
notera enfin que durant toute la période du XIIe
siècle l’abbaye de Ste Geneviève effectuera
pour le compte de la seigneurie d’Auteuil, des échanges
lucratifs en vin, en vigne, et en terres.
Si
vous vous aventurez sur ce haut lieu parisien, ne manquez
pas de rendre visite à Jean- Baptiste Besse au 48,
rue de la Montagne Sainte- Geneviève, un repère
digne des meilleurs cavistes : « il vend du bon vin
et non du vent. »
4/4
Janvier
ALBERT
CAMUS ET LES VIGNES DE LOURMARIN.
Entre
Aix et Apt, le long de la voie romaine et non loin du renommé
pont Julien construit par les Romains, niché dans
une verdoyante combe, se dresse un charmant village nommé
Lourmarin.
Nous sommes dans le grand Lubéron, des vignes au
cépages typiques de la vallée du Rhône
agrémentent les pentes douces : Grenache noir, Carignan,
Cinsault, Syrah, et autres Mourvèdre offrent des
vins multicolores. Du rouge sombre au blanc doré.
C’est là, que le 4 janvier 1960, Albert Camus
a choisi de se reposer définitivement.
Quel
rapport avec ce prix Nobel que rien ne lie au le monde du
vin ? Simplement peut être que le fait de s’intéresser
au vin, c’est peut-être comme cherché
à découvrir la réalité humaine.
Nous
sommes dans la même réflexion personnelle qu’il
a lui- même exprimé dans ses deux œuvres
de son alpha et oméga à savoir : avec le vin
c’est un peu « l’exil » et la vigne
en est le « royaume » (Exil est Royaume 1960)
autrement dit, le vin n’est que « l’envers
» et la vigne « l’endroit » (L’envers
et l’endroit 1937).

Eglise de Lourmarin
5/5
Janvier
LE
FACTEUR ÉDOUARD, LE PERTURBATEUR VINICOLE.
Qui
est Edouard dont la prétention est de baisser le
taux d’alcool des vins ?
Un article de presse de 1993 précisait qu’il
pouvait s’agir d’un virus, voire d’une
bactérie, à moins d’une levure ou d’une
simple enzyme. Mystère !

Une fermentation de vin rouge
L’Institut
Technique du vin ( ITV ) de Nantes, a réussi à
observer le phénomène in vitro. Cette recherche
très confidentielle, pour cause de préservation
économique, pour ne pas effaroucher les clients étrangers
potentiels, a conduit à domestiquer, pense-t-on,
de sources sûres, un phénomène pour
le moins curieux.
Mais pourquoi ce nom d’Edouard ?
Si Saint Edouard existe, nous lui dédions le meilleur
des nectars.
6/6
Janvier
LE
VIN DE L’ÉTOILE OU L’ÉTOILE DI-
VINE.
La
fête de l’Epiphanie du 6 janvier, est toujours
célébrée le 1er dimanche de l’année.
Elle correspond dans le calendrier liturgique à la
fête de l’adoration de Jésus par les
Rois Mages qui venus de l’Orient ont suivi l’étoile
qui les conduisirent jusqu’à Bethléem.
L’étoile à cinq branches est aussi le
symbole du judaïsme.
« Où est le Roi des juifs qui vient de naître
? Car nous avons vu son étoile au Levant et nous
sommes venus nous prosterner devant lui »
A la vue de l’Etoile, ils se comblent d’une
très grande joie ! Mathieu (2.10)
Site
« Les vins de Franche Comté »
C’est
ainsi qu’à quelques encablures d’Arbois,
au cœur du Jura, on peut se laisser guider vers un
lieu magique ou se produit un vin d’or et adoré
: le vin de l’Etoile.
La petite commune au centre d’une étoile à
cinq branches est ainsi entourée de cinq collines
( Mont Muzard, Mont Geneset, Mont Morin, Mont Terreau, et
la Chaux ) et de cinq châteaux ( Château du
Pin, Château de Frontenay, Château d’Arlay,
Château de Beaurepaire, Château de Montmorot
) qui sans doute donnèrent naissance à ce
nom symbolique.
Il ne nous reste plus qu’à nous prosterner,
tels les Rois Mages devant ce merveilleux et scintillant
Chardonnay qui sur une surface de 79 ha produit bon an mal
an près de 3400 hl de précieux breuvage.
A
cette célébration nous associerons deux saints
noms.
L’un, Saint Corneille, qui tous les
deuxièmes week-ends de septembre donne l’occasion
de fêter le vin de l’Etoile.
L’autre, Saint-Véran qui se
situe plus au sud, sur les pentes du Mâconnais, autre
célèbre Chardonnay qui a obtenu ses lettres
de noblesses (décret AOC ) le jour de l’Epiphanie,
soit le 6 janvier 1971.
7/7
Janvier
RAYMOND
ET LE VIN
Hommage
à quatre RAYMOND que le vin illustra et réciproquement
!
L’écrivain
et le pamphlétaire :
RAYMOND QUENAUD a
abordé le thème du vin avec l’humour
dans la vie de tous les jours, ses « brèves
de comptoirs » lui font dire du vin :
« qu’il m’a foué,ça se boit
comme du petit lait » et d’affirmer qu’
« il faut boire bien plus qu’on ne peut
si on veut êt’ vraiment heureux…
si on n’aval’ qu’un p’tit verre
c’est pas ce qui vous désaltère….
»
Le
politique :
Peu enclin à la dégustation, RAYMOND
POINCARE, s’est fait par la plume
un ardent défenseur de la vigne et du vin et pour
ne citer que quelques extraits de son discours de mars 1922
au banquet de la semaine du vin :
« la vigne et le vin ne sont pas seulement pour la
France un patrimoine matériel, ils sont aussi quelque
chose de nos traditions…
Notre poésie perdrait, sans le vin et la vigne, n’airaient
pas le Ban des vendanges… »Et d’ajouter
« si le vin était nuisible, on le saurait.
On le saurait depuis les Latins, on le saurait depuis les
Grecs…) »
L’écrivain
oenophile :
RAYMOND DUMAY est
l’auteur de nombreux ouvrages sur le vin, il est à
l’origine du fameux « guide du vin » que
l’on trouve et redécouvre dans diverses éditions.
Il a dirigé une collection passionnante aux éditions
Montalba et demeure un grand spécialiste de la viticulture
bourguignonne.
Le
vinologue émérite :
RAYMOND BERNARD
ancien chef du centre régional de l’ONIV de
Dijon. Sa spécialisation est la recherche dans l’amélioration
continue de la qualité des vins par la sélection
des cépages, les méthodes nouvelles de vinification.
« Bordeaux et ses étiquettes de Caroline Lampre
»
8/8
Janvier
LA NAISSANCE DES UNIONS COOPERATIVES VITICOLES.
AVA
trois lettres pour désigner la première association
des vignerons d’Alsace qui est née le 8 janvier
1911 dans la région septentrionale de l’Allemagne,
regroupant deux associations de viticulteurs, celle de Strasbourg
et celle de Haute Alsace avec pour président le Dr
Hecker.
Ce baptême s’est déroulé dans
la célèbre salle des Catherinettes de Colmar.
Trois ans plus tard, la veille de la première guerre
mondiale qui allait rendre cette prestigieuse contrée
à la France, l’association comptait 4400 membres
et 43 syndicats communaux.
C’est plus spécifiquement à Ribeauvillé
(Haut-Rhin) qu’est née la première cave
coopérative de vignerons. Cette cave est née
en 1895 pour surmonter la crise viticole de l’époque
et répondre à la nécessaire action
de solidarité.

Notons par ailleurs, que ce même 8 janvier, mais cette
fois au lendemain de la deuxième guerre mondiale,
en 1947, la coïncidence voulu que naisse à 1000
km plus au sud, l’URCAM ( Union régionale des
coopératives agricoles du midi ) regroupant les caves
vinicoles du Languedoc, à savoir entre autres, 112
caves dans l’Aude et 142 caves pour l’Hérault.
Cette
journée du 8 Janvier, symbolisera la constitution
du système de production vinicole de masse que sont
les regroupements des caves coopératives.
9/9
Janvier
LES
NOCES DE CANA, LE SERVICE DIVIN AU
SERVICE
DU VIN

« Jésus change l’eau en vin »
«
Et le troisième jour, il y eut une noce à
Cana de Galilée, et la mère de Jésus
y était. Jésus aussi fût invité
à la noce, ainsi que ses disciples.
Et le vin venant à manquer, la mère de Jésus
lui dit « Ils n’ont plus de vin ». Et
Jésus lui dit « Que me veux- tu femme ? Mon
heure n’est pas encore arrivée ». Sa
mère dit aux servants « Faites tout ce qu’il
vous dira. »
Il y avait là six jarres de pierre destinées
aux purifications des juifs, et contenant chacune deux ou
trois mesures. Jésus dit aux servants : « Remplissez
d’eau ces jarres » Et ils les remplirent jusqu’au
bord. Et il leur dit « Puisez maintenant et portez-en
à l’intendant du festin. »
Ils en portèrent. Quand l’intendant eut goûté
l’eau devenue du vin…, l’intendant appelle
le marié et lui dit : « Tout le monde sert
d’abord le bon vin, et quand les gens sont ivres,
le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à
présent. »
Tel fut le premier des signes de Jésus ; il le fit
à Cana de Galilée. Et il manifesta sa gloire,
et ses disciples crûrent en lui."
Jean 2.1 –2.11
NB
: Dans le rythme dominical, la religion catholique cite
l’évangile de Saint Jean et les Noces de Cana
le dimanche qui suit l’Epiphanie. Nous avons souhaité
par commodité situer cette célébration
le 9 janvier.
10/10
Janvier
LES VIGNOBLES GUILLAUME AUX CONFINS DE
LA
HAUTE – SAÔNE.
Tout près de Gy, en Haute-Saône, au lieu dit
Charcenne, petit bourg d’un millier d’habitants,
se situe un vignoble fort peu commun.
En effet, des documents témoignent que depuis 1732,
des Guillaume ont fait de la vigne. Ainsi, aujourd’hui,
avec des Chardonnay et des Gamay, Xavier Guillaume, exploite
une quinzaine d’hectares.
C’est
dans un ouvrage consacré à « la vigne
et au vin en Haute- Saône » que Claire Odile
Vedot raconte, entre autres, l’épopée
viticole de Xavier Guillaume.
Un
adage raconte que ce « n’est pas pour rien,
si les archevêques de Besançon étaient
venus poser leurs vignes ici, c’est sûrement
parce qu’ils trouvaient qu’il y avait un coin
qui allait bien. »
Ici s’exprime l’art particulier de la vinification
et du vieillissement d’un vin qui paradoxalement pour
cette région peut se garder jusqu’à
10/15 ans.
On
notera enfin, que les pépinières Guillaume,
également implantées à Charcenne, font
aujourd’hui partie des 4 premières d’Europe
et produisent jusqu’à 5 millions de plants
de vignes par an. Cette entreprise réputée
dans la production de greffes en produit jusqu’à
6 millions, ce qui représente 2 millions de mètres
de porte-greffes.

La Pépinière Guillaume
Non
loin de Charcenne, on découvrira Champlite, haut
lieu viticole de la Haute- Saône qui connaît
une histoire mouvementée depuis le IIIe millénaire.
11/11 Janvier
LES
BOURGUIGNONS D’AMÉRIQUE, NOUVEAUX CHEVALIERS
DU TASTEVIN.
A
l’instar des grands ordres monastiques qui se sont
déployés de par le monde, la Confrérie
des Chevaliers du Tastevin a donné naissance, outre
Atlantique, à bon nombre de communautés vigneronnes.
En
témoigne, l’histoire impressionnante de la
Commanderie d’Amérique animée par le
Grand Pilier Honoraire.
De Washington à Chicago, les « Chapitres »
annuels se succèdent voyant défiler les noms
les plus célèbres du who’s who franco-américain.
Une façon unique d’exporter les prestigieux
vins de Bourgogne.
De cérémonies en souvenirs, de repas en parades,
de commémorations en rencontres, chaque Chapitre
se succèdent au rythme du calendrier des festivités.
C’est ainsi qu’au cours du 30° Chapitre
de New York fut intronisé Maurice Chevalier et c’est
donc le 11 Janvier 1966 au Waldorf Astoria De New York que
se produisit la chorale américaine des Cadets de
Bourgogne chantant devant un parterre de célébrités,
les bonnes vielles chansons du terroir bourguignon.
 
Standart Flischlight New York
12/12 Janvier
LES
VINS DE LA SAINTE FAMILLE.
An
centre du Médoc, au sud- ouest de Bordeaux, sur la
route menant à La Brède, au niveau de la commune
de Martillac, se situe un domaine solitaire appelé
Domaine de la Solitude qui voisine avec le célèbre
Haut- Nouchet.
La caractéristique de ce Domaine est d’appartenir
aux Sœurs de la Sainte Famille, congrégation
religieuse dont le monastère se cache au beau milieu
des vignes produisant l’appellation Pessac- Léognan.

C’est ainsi qu’Olivier Bernard, une des stars
montantes de la jeune génération des viticulteurs
bordelais, est entré au couvent pour diriger les
25 hectares de vigne.
Rappelons
que si la Sainte Famille est fêtée le 12 janvier,
c’est parce que cette date se situe sur le zodiaque
opposée à la Saint André (voir le 30
novembre). Deux fêtes symétriques par rapport
à l’axe du solstice d’hiver.
Si Saint André symbolise l’homme cosmique,
celui-ci ne peut engendrer que la famille….
Que
soit en ce jour, rendu hommage à toutes les familles
de vignerons qui consacrent leur talent au bien être
de tous les admirateurs que nous sommes !

Domaine de la Solitude: Photo: Michel Guillard, scope
13/13
Janvier
PORTE D’OR DE LA BOURGOGNE: LES VINS DE CHABLIS.
Le
premier roi chrétien Sigismond fonde un monastère
dédié à Saint Loup, en 510.
C’est de là que se développa grâce
aux religieux le vignoble chablisien qui donna naissance
à l’un des plus illustres vins blancs du monde
qui obtint sa consécration en AOC le 13 janvier 1938.
.Chablis
grandit à un point tel qu’ on érigea
successivement l’église Sainte- Marie ( détruite
à la Révolution ), puis l’église
Saint- Pierre, l’Hôtel- Dieu, l’église
Saint- Martin ( sur l’emplacement de l’ancien
édifice dédié à Saint Loup )
Saint- Côme, Saint -Sébastien. La dévotion
est à son comble ! !
Le
Dr Guyot 1868 s’exprimait ainsi :
« Les vins de Chablis occupent un des premiers
rangs parmi les vins blancs de France…Spiritueux sans
que l’esprit se fasse sentir, ils ont du corps et
de la finesse et un parfum charmant. Leur blancheur et leur
limpidité sont remarquables. Mais ils se distinguent
surtout par leur qualités hygiéniques et digestives
et par l’excitation vive, bienveillante et pleine
de lucidité qu’ils donnent à l’intelligence.
Malgré la grande réputation dont ils jouissent
à juste titre et depuis longtemps, leur valeur réelle
est, selon moi, plus haute que leur renommée »
(4)
Puis
la catastrophe phylloxérique du début du XXe
siècle obligea un redémarrage à zéro
du vignoble pour connaître la gloire avec la consécration
de l’appellation Chablis pour toutes les vignes situées
sur le kimmeridgien. (*)
« Chouchouter » les vignes de Chablis c’est
protéger les fragiles Chardonnay contre le froid
de cette contrée qui peut sévir jusqu’en
mai. D’où ce spectacle des chaufferettes utilisées
pour le réchauffement des vignes préalablement
aspergées d’eau, en vue de préserver
les bourgeons dans leur gangue de glace. Ceci a bien sûr
une conséquence sur les prix des précieux
flacons.
La
célèbre Confrérie des Piliers Chablisiens
veille à la prospérité de ce vignoble
situé aux portes de la Bourgogne face aux célèbres
vins d’Auxerre.
Les vins de Chablis sont les plus connus des vins de l’Yonne.
Parmi les Chablis Grands Crus, nous citerons entre autres
: les Grenouilles et le vignoble de la Moutonne, et pour
les Premiers Crus nous nous attarderons sur le Mont de Milieu,
là où sans aucun doute, on découvrira
les meilleurs Chardonnay.
Citons
en rond ces vignerons de renom qui ont le don du Mont et
qui ont pour nom :
BESSON, GAUTHERON, PHILIPPON, PINSON, POUPION, et SIMON
Ainsi font font font ces bourguignons qui vendront les bons
cruchons

les vins de l'Yonne, Daniel Mermet, affiche François
Brochet
(*) nom de la région anglaise dont la caractéristique
du sol est de contenir dans ses marnes calcaires «
l’Ostreia virgula » une huître fossile
qui nourrit le vin en oligo-éléments
14/14
janvier
LES
VINS DE SAINT- HILAIRE.
Les caprices des références calendaires situent
la fête de Saint Hilaire soit le 13, soit le 14 janvier.
Chablis oblige, nous avons choisi le 14, n’en déplaise
à Saint Séraphin.
Le
nom d’Hilaire est associé à la ville
de Poitiers dont il fut l’archevêque, et donc
rien ne prédispose à une association avec
le vin ou la vigne.
Cependant, Saint Hilaire apparaît
plusieurs fois dans des lieux viticoles divers.
En Loire-Atlantique sur le circuit du Gros
Plant, on trouve la commune de Saint- Hilaire- de- Chaléons,
qui n’enregistre aucun vigneron et la commune de Saint-
Hilaire -de- Clisson
( 86 ha )
En Vendée avec ses Muscadets à Saint- Hilaire-
de- Loulay ( 90 ha )
En Maine- et- Loire avec des vins d’Anjou
à Saint- Hilaire- du- Bois et surtout Saint- Hilaire
Saint- Florent et ses célèbres vins de Saumur.
dont la célèbre Maison Veuve Amiot commercialise
les bruts aux quatre coins du monde !
En Languedoc- Roussillon à Pézenas,
le Domaine Saint- Hilaire produit avec innovation des vins
blancs et des vins rouges du Pays d’Oc dont les vignobles
sont considérés pour la région comme
des vignobles pilotes.
En Medoc au Château Saint- Hilaire
sur la commune de Portets ainsi que le Château Saint-
Hilaire du Clos La Périchère à quelques
encablures.
Et
comment, du Centre vers le Sud- Est puis le Sud- Ouest,
se répandit la gloire de Saint Hilaire ?
La réponse reste ouverte…
«
A la Saint Hilaire « Soleil et chaleur à la
Saint Hilaire
Le vin gèle dans le verre N’indiquent pas la
fin de l’hiver »
Et oui, c’est l’hiver…. »

Abbaye de Saint Hilaire en pays cathare
15/15
Janvier
LE
TIRE-BOUCHON DE SAINT -REMY.
Même
si Saint Remi, 17ème évêque de Reims
n’eut point besoin de tire-bouchon pour offrir le
Champagne lors du baptême de Clovis, il n’en
demeure pas moins qu’en ce jour anniversaire du 15
janvier, nous voulons associer Remi(y) à la capitale
mondiale de la Mèche de Tire – Bouchon et donc
à la production riche et variée des tire-bouchons.
Saint- Rémy- sur- Durolle est située au cœur
de l’Auvergne non loin de Thiers, et c’est grâce
aux industries locales que cette fabrication très
spéciale et originale complète parfaitement
le répertoire des objets dédiés au
vin.
Que ne ferait-on, sans cette magique vrille, vis ou mèche
métallique pour ouvrir la bouteille de nos rêves.
Produit si magique qu’il ne connut vraiment un déploiement
qu’à partir du début du XVIIIe siècle,
époque où l’on commençait à
mettre le vin en bouteille.
Deux ouvrages originaux illustrent images à l’appui
les impressionnantes collections de ces instruments de délivrance.
(5et 6)
Outre les exemplaires que l’on imagine découvrir
à Sain- Remy- sur- Durolle, il existe de célèbres
musées du tire-bouchons et pour ne citer que les
plus importants en France:
Musée le Secq- de- Tournelles à Rouen
Musée français du tire-bouchon à Ménerbes.
Saint
Rémi, c’est aussi la naissance du vin de Champagne.
En effet l’évêque de Reims possédait
quelques arpents de vigne sur les bords de Marne, dont il
légua quelques pièces à son esclave.
Le Polyptique de Saint Rémi, a propos de l’abbaye
du même nom donne de nombreux détails sur la
culture de la vigne, son organisation et sur les obligations
des vignerons. Nous sommes en l’an 500 !
 
St Rémi remet à Clovis un baril de vin béni
(1531) Détail tapisserie « la vie de Saint
Rémi
16/16
Janvier
LES
VIGNERONS DE LA CAVE SAINT- MARCEL.
Petit village blotti au pied des Cévennes, Saint-
Marcel- de- Careiret apparaît au début des
limites occidentales de l’appellation Côtes-
du- Rhône.
Ici tout est lié à Saint Marcel en hommage
à Marcel 1er pape martyr célébré
le 16 janvier.
L’histoire religieuse locale nous donne à voir
dans l’église de Saint- Marcel, les reliques
de Saint Marcel tué sur le territoire de Châlon-
sur- Marne. La présence de vigne témoigne
des origines religieuses de cette bourgade, pour preuve
le nom de « La Vignasse » attribué à
un des quartiers.
Vitrail de l’église de Saint Marcel (Atelier
photo Avignon)
Les
vignerons locaux se sont regroupés au sein de l’union
des vignerons de Saint- Marcel- de- Careiret
et fondèrent à partir de 1928 la Cave des
Vignerons de Saint- Marcel- de- Careiret qui ne compte pas
moins d’une centaine de sociétaires pour une
surface d’environ 250 ha. Ils produisent le classique
vin rouge des Côtes -du -Rhône qui agrémente
allègrement la table quotidienne des connaisseurs.
Autre
Voisin, autre Saint. En effet on trouve le village de Saint-
André- d’Olérargues dont les vignerons
adhèrent aussi à la cave de Saint- Marcel.
Sait-on
que l’on invoque Saint Marcel pour emporter la décision
d’une femme à se marier !
Dans ce cas, est- ce que ce sont respectivement le thym,
ou le laurier ou l’olivier, peut être l’amandier
ou le figuier tous ces plants qui invoquèrent Saint
Marcel pour se marier à dame la Vigne et donner à
cette contrée ce paysage aux pures essences méridionales
?
Bienheureux
les exploitants et exploitantes de Saint-Marcel.
17/17
Janvier
LES ROSES DU CHÂTEAU DE SAINTE- ROSELINE.
Un
parcours initiatique au cœur de la Provence
L’histoire
raconte que vers la fin du XIIIe siècle, la fille
du marquis de Villeneuve prénommée Roseline
venait en aide aux pauvres paysans des alentours qui mourraient
de faim, en dérobant les réserves de victuailles
de la garnison de son noble père.
Elle fut appréhendée un jour par un garde
qui lui demandant de montrer ce qu’elle cachait sous
son tablier eut l’incroyable surprise de voir les
denrées se transformer en une brassée de belles
roses, ce qui lui évita tout châtiment.
Le
miracle réalisé, Roseline dès l’âge
de 19 ans se retira à la chartreuse de Bertaud pour
devenir ensuite la Prieure Supérieure jusqu’à
sa mort en 1329.
Le Prieuré était alors sous la protection
de l’évêque de Fréjus,le futur
Pape Jean XXII d’Avignon.
Celui ci créa autour de l’édifice les
premiers vignobles avant d’aller cultiver plus tard
ceux de Châteauneuf - du -Pape.
Cinq ans plus tard, son frère Hélion de retour
des croisades, la fit exhumer, découvrant son corps
intact aux milieux des squelettes des moines. Roseline fut
alors sanctifiée et la chartreuse devint l’abbaye
de Sainte- Roseline.
Le cloître de l’abbaye atteste des architectures
romane et gothique. Un gigantesque pied de Carignan parcourt
la façade. Dans la chapelle, que l’on peut
visiter repose le corps de Sainte Roseline recouverte des
habits sacerdotaux.
De grands artistes modernes l’ont célébrée
:
Marc Chagall
et sa mosaïque du repas des Anges
Jean Bazaine
et ses vitraux riches en couleurs
Diego Giacometti
et son bas relief de bronze
Aujourd’hui
le domaine de 53 hectares, après avoir été
occupé par diverses familles et cédé
vers 1993 par le baron Louis a été racheté
par un professionnel émérite Bernard Teillaud
qui en fait un des fleurons des grands vins provençaux.

Le Château de Sainte- Roseline propose aux fins gourmets
des rouges, composés essentiellement de Mourvèdre,
Cabernet et Sirah et des blancs issus des cépages
comme la Rolle, du Sémillon et de la Clairette et
enfin des rosés d’une qualité exceptionnelle
comprenant Grenache, Cinsault , Mourvèdre et Tibouren.
Autre
particularité de ce domaine légendaire, celui
d’héberger la confrérie de l’Ordre
Illustre des Chevaliers de Méduse créé
en 1951 par le baron Henri de Rasque de Laval père
du baron Louis. Cet ordre a le doux privilège d’avoir
compté dans ses rangs, Francis Blanche et Pierre
Dac. Le Château Sainte- Roseline commercialise enfin
ses nobles vins si généreux dans des bouteilles
dont la forme est un mix de la bouteille provençale
et de la bouteille d’Alsace appelée «
La lampe de Méduse » en l’honneur de
la devise de la confrérie :
«
Lampe en main, lampe allumée, portons- la à
la hauteur de nos yeux, et en invoquant Mère Méduse,
lampons » (7)
18/18
Janvier
DÉCOUVRIR
LES INSTRUMENTS D’ŒNOLOGIE.
Posséder
l’ouvrage de Jules Dujardin
« La notice sur les instruments de précision
appliqués à l’œnologie »,
c’est pénétrer dans le temple de la
connaissance de la fabrication des vins et des alcools.
En
1882, Salleron publiait une première notice de 80
pages
Une deuxième édition plus complète
parue en 1887 comprenait 180 pages ! !
Dujardin, élève de Salleron lui succéda
et créa à son tour le manuel des instruments
d’œnologie.
C’est
ainsi que parurent une troisième édition en
1900, une quatrième en 1905 et
la cinquième en janvier 1912 avec 1020 pages ! !
!
La
quatrième édition eut les honneurs de la Revue
de Viticulture du 18 Janvier 1906, dans son n°631 qui
s’exprime dans ces termes :
« Sous ce titre, M.J.Dujardin vient de publier,
dans la forme d’un élégant volume illustré,
enrichi de reproductions artistiques, de gravures anciennes,
la quatrième édition de sa Notice…..De
catalogue intéressant qu’était ce travail
à ses débuts, il est devenu un guide d’un
usage courant dont les chimistes viticoles ne savent plus
se passer. M.Dujardin compte parmi nos meilleurs constructeurs,
formés à l’école de Salleron,
il n’a cessé de perfectionner ses appareils
grâce à un labeur opiniâtre de seize
années et aux excellentes relations qu’il a
toujours entretenues avec le monde savant et le monde des
affaires. Le souci de ses intérêts commerciaux
n’est pas exclusif chez lui des préoccupations
d’ordre purement scientifique, il a le culte des études
qui se rapportent aux Vins et aux Eaux-de-Vie.
Son nouvel ouvrage sera surtout apprécié dans
les laboratoires, mais il est compris de manière
à ne rebuter personne. Nous ne doutons pas qu’il
ne contribue à développer le goût des
recherches œnologiques chez des viticulteurs instruits,
et qu’il n’aide effectivement au progrès
de la viticulture. »
A
signaler notamment dans cet ouvrage, entre autres
un chapitre sur l’enseignement de l’oenologie
dans les écoles primaires rurales « De l’art
de faire le vin »
Le raisin, sur sa constitution, son rendement en jus
Le régime douanier des vins de liqueurs
Le dosage sulfureux avec le dosimètre Salleron
Le fausset hydraulique Belicard
L’alambic Salleron
Tableau de correspondance des degrés centésimaux,
Cartier et Tessa
Mode d’emploi du nécessaire 114
Aphromètre mesure-mousse de Maumené
Salleron, une encyclopédie viticole, à coup
sûr !
19/19
Janvier
DIJON
ET LA NOUVELLE SORBONNE DU VIN.
C’est ainsi que Vincent Noce titrait son article du
19 janvier 1995 dans le journal Libération.
En
effet, toute la Bourgogne viticole et vinicole inaugurait
en ce mois de janvier son Institut de la Vigne et du Vin,
le troisième grand institut de France, après
celui de Montpellier, et surtout celui de Bordeaux , le
plus prestigieux dans le monde.
On découvrira ainsi, sur le ban de Dijon l’Institut
Universitaire de la vigne et du Vin Jules Guyot ( nom du
célèbre chercheur du XIXe siècle sur
les vignobles français).
Toutes les disciplines y sont enseignées et toujours
en liaison avec le vin : Sciences, Techniques, Histoire,
Droit, Littérature, Philosophie, Culture de la vigne,
Chimie du vin.
L’Institut se veut être le centre d’attraction
de tous les vignobles du Centre et de l’Est, voire
par un rayonnement jusque vers les voisins Suisses et Allemands.
Considéré comme La Mecque des cépages
Chardonnay et Pinot noir, l’Institut a pour ambition
d’ être le champion mondial du terroir, voulant
ainsi privilégier le sol au plant et donc le terroir
au cépage.
Pour Roger Bessis, directeur de ce prestigieux Institut,
le vin se constitue et trouve sa caractéristique
originale dans le sol plutôt que dans la cave. Jamais
la chimie ne peut remplacer la terre et le climat, c’est
ce qui fera la différence entre les vins originaires
de cette région de ceux qui s’élaborent
plus scientifiquement dans les chais étrangers.
Comme
le démontre dans son ouvrage un des enseignants émérites
de cette Sorbonne, Jack Rigaux : il faut donner «
la parole aux terroirs ». En se référant
en cela, au secteur de Gevrey- Chambertin.
20/20
janvier
LE MONT SAINT- SÉBASTIEN.
Ou
la colline du Bastberg
Extrait du dictionnaire étymologique et historique
des noms de lieux en Alsace de Michel Paul Urban. (8)
Colline
au dessus de Bouxwiller dans le Bas Rhin
« Le mont Saint Sébastien ». Précédé
du suffixe germanique -berg « montagne,sommet »,le
radical Bast- rappelle le prénom Sébastien….
Du nom de saint Sébastianus, martyr supplicié
à coup de flèches vers l’an 300.
« A la Saint Sébastien, même le plus
mauvais vigneron doit avoir taillé ses vignes »,
rappelle le dicton. Le Bastberg aurait été
couvert de vignes, et pour cette raison appelé aussi
Bacchusberg, Bacchus ( de Bacchus, dieu du vin et de la
fécondité dans le monde romain.)
Endroit réputé maudit, où toutes les
sorcières de Basse Alsace se réunissent pour
tenir leur sabbats, le Bastberg a dû être un
lieu de culte des adeptes de Bacchus et de ses rites de
fécondité (bacchanales),ce qui en explique
la christianisation.
(voir
par ailleurs 12 février.).
Colline
du Bastberg ou Saint Sébastien (Bas Rhin)
21/21
Janvier
AGNUS
DEI ET LE VIGNOBLE DE SAINTE AGNÈS
Jean
annonce dans l’Apocalypse qu’au terme de l’Humanité,
il y aura les noces de l’Agneau, c’est la rencontre
de l’agneau qui avait été immolé
et de la fiancée qui l’attend. Sachant que
la fiancée n’est autre que la cité sainte,
celle de la nouvelle Jérusalem.
300 ans plus tard, meurt sacrifiée telle un agneau,
à l’âge de 12 ans Agnès devenue
la première jeune martyre qui n’a pas voulu
renoncer à sa foi .C’est l’une des plus
célèbres saintes de Rome et aussi la patronne
de la chasteté.
Hommage,
en ce jour à un petit village franc-comtois situé
entre Lons- le- Saunier et Beaufort, sur les contreforts
jurassiques et qui a pour nom pieux : Sainte- Agnès.
Ici la viticulture remonte au XVIIIe siècle, où
le clergé paroissial assurait l’exploitation
dite « curiale » des vignes. Ainsi, la dîme
de vin représentait la principale ressource du clergé.
Sainte-
Agnès reste cependant un village très modeste
avec sa petite production d’AOC du Jura.
Et si Agnès la sainte a montré en son temps
tout son amour pour l’expression de sa foi, on peut
laisser courir notre imagination, en associant le village
de Sainte- Agnès au village de Saint -Amour situé
à une dizaine de kilomètres plus au sud !

Le
clocher de l’église de Sainte-Agnès,
forme typique des clochers du Jura
22/22
Janvier
LA
SAINT VINCENT TOURNANTE OU LE TOUR DE FRANCE DE SAINT VINCENT

Qu’est-
ce qui a conduit Saint Vincent dit le « Victorieux
» originaire de la région de Saragosse à
devenir le saint protecteur de tous les vignerons et à
être le personnage le plus célèbre et
le plus célébré dans la quasi totalité
des contrées viticoles françaises, laissant
cependant quelques concessions et protectorats mystiques
à quelques rares autres saints protecteurs ?
Déjà
porter un tel nom reste prémonitoire. Le vin assimilé
au sang ( Vin –Sang ), ou le vin sans eau ( O Vincent
O ) ou le vin qui sent ( Vin-sent) ou le vin qui vaut cent
( Vin-cent ). Peut être pour avoir été
diacre, Vincent offrant à Dieu le vin sur l’autel,
ou peut être pour avoir été l’un
des martyrs les plus suppliciés, comme écrasé
sous le pressoir et offrant son sang à Dieu. ?
Au cours de l’histoire, on trouva ses reliques dans
nombre de sites religieux. Depuis la conquête de Childebert
en Espagne, ses reliques furent déposées,
entre autre, à l’abbaye de Paris appelée
abbaye Saint -Vincent, devenu plus tard Saint- Germain.
L’église du Mans, de Dun- le- Roi en Berry,
Castres, Vitry- le- François, Macon, de Viviers-
en -Vivarais, à Metz, autant de sites où se
propageaient les premiers vignobles.
On ne compte aujourd’hui, en France, pas moins d’une
cinquantaine de villes ou villages portant le nom de Saint
Vincent.
Nombre
d’associations peuvent être évoquées
qui font de ce personnage, le symbole (Saint Bol) du règne
vinicole et viticole. Citons entre autres, les associations
suivantes :
Vincent
et le religieux
Saint Vincent est généralement représenté
en diacre endossé d’une chasuble. Sa renommée
conduit à une dévotion mystique en rapport
avec la puissance de sa victoire sur le mal et donc offrant
une garantie maximum de protection sur un produit aussi
précieux et fragile que peut être la vigne.
Des centaines de statues aussi riches et décorées
reposent dans nombre de lieux bénis de la Lorraine
au Bordelais en passant par la Bourgogne ou autre contrée
prestigieuse.
Vincent et les objets et emblèmes
On représente le saint homme affublé de divers
objets et signes tels que la grappe, l’écuelle
de bois, le pipot du tonnelier, la serpette, le bontemps,
la crosse, la bible, le rameau d’olivier, le tastevin,
la mitre, la chasuble etc…
Vincent et les fêtes vigneronnes
Elles sont nombreuses et égrènent le calendrier
des fêtes locales. La plus célèbre se
déroule, bien entendu le 22 janvier de chaque année
en Bourgogne, il s’agit de la Saint Vincent tournante.
Un certain nombre de villages entre Côtes de Nuits,
Côtes de Beaune et côtes Chalonnaises organise
par rotation une célébration digne des grands
évènements festifs sur la vigne et le vin.
Vincent et les confréries vineuses
Nous citerons que les plus célèbres et qui
expriment une dévotion des plus exceptionnelles,
telles les confréries suivantes :
Confrérie des Compagnons de
Saint Vincent et disciples de la chante flûte
(Mercurey)
Confrérie des Vignerons de
Saint Vincent de Bourgogne et de Mâcon
Collège des Chanoines de Tannay
Confrérie
de Saint Vincent des vignerons du Canton de Tannay
(Nièvre)
Confrérie des Chevaliers du
Tastevin
La Commanderie du Bontemps du Medoc
et des Graves
La Confrérie des Piliers Chablisiens
La Confrérie des Chevaliers du cep Henry IV
Vincent et les dictons populaires
Ils sont si nombreux que nous ne citerons que la litanie
restreinte d’une sélection régionale
, digne d’un tour de France :
Charente
: « Quand Saint Vincent est clair et beau / Il est
du vin comme de l’eau »
Loiret : « Si le jour de Saint Vincent
est trouble / Il met le vin au double »
Moselle : « Le jour de Saint Vincent
/ Si le soleil luit grand/ Comme un chapeau / On aura du
vin / plein le tonneau »
Vosges : « Quand il fait beau la
jour de la Saint Vincent / le vigneron s’en va chantant
»
Aube : « Saint Vincent clair, et
Saint Paul trouble / mettent le vin dans la gourde »
Côte d’or : « Prends
garde au jour de Saint Vincent/ car , si ce jour tu vois
et sens/ que le soleil et clair et beau/ nous aurons plus
de vin que d’eau »
Bouches-du- Rhône : « Aube
clair à la Saint Vincent / Beaucoup de fruit pour
tout le monde »
C’est
là sans doute, que Saint Vincent s’approprie
les plus nombreuses références avec un nombre
impressionnant de dictons faisant la pluie et le beau temps
sur l’ensemble des vignobles français ?
23/23
Janvier
LE VIN DE SANCERRE, OU COMMENT L’ON S’EN SERT.

On quitte la nationale 7 qui longe la Loire, après
Cosne- sur -Loire, à hauteur de Saint- Thibaut (
voir le 8 juillet ), peu avant Saint- Bouize pour se diriger
vers le coteau inspiré de Sancerre. Là tout
nous est « Cher », car c’est le début
du Berry, la France profonde où tous Sancerrois a
le vin dans son cœur. Passé l’abbaye de
Saint- Satur, dont les moines augustins développèrent
la vigne dès le XIIe siècle, ont pénètre
dans le vignoble de Sancerre riche de 1500 hectares de cépage
Sauvignon qui connurent leur lettre de noblesse par décret
dès le 14 novembre 1936.
Mais c’est seulement le 23 janvier 1959 que les rouges
et les rosés du Sancerrois purent obtenir l’appellation
AOC, complétant ainsi une gamme prestigieuse de vins
dignes des grandes tables.
Sur la même aire d’appellation, Sancerre s’enorgueillit
d’une autre appellation, celle du « crottin
de Chavignol » célèbre fromage de chèvre.
Le mariage gastronomique est consommé.
Au
total, le Sancerrois compte 2270 hectares de vignes, sur
14 communes grâce au travail de près de 400
vignerons.
Notre
coup de cœur, va vers ces vignerons qui par leur nom
évoquent une belle histoire de vins.
A Sancerre, arrêtons nous place Saint Père,
pour rencontrer le père des vignerons locaux Denis
VACHERON , vinificateur traditionnel qui produit
son vin blanc au goût de silex au plus profond de
sa grande cave voûtée de la ville haute.
A Chavignol c’est la découverte d’un
vrai crû bourgeois façonné par la grande
famille des BOURGEOIS qui règne
sur plus de 40 hectares de blancs superbes.
A Verdigny, il vous faut vous prosterner tel un prieur devant
les rouges des Monts Damnés qu’élabore
avec vénération Paul PRIEUR.
A Bué, faites absolument un crochet pour découvrir
« la croix du Roy » un rouge remarquable élaboré
par Lucien CROCHET. C’est sans doute
chez ce prestigieux vigneron que l’on découvre
aussi les meilleurs Sancerre blanc, au nez ample et avec
ce bouquet floral long en bouche.
Et pourquoi ne pas s’arrêter chez ce vigneron
au nom prédestiné : Vincent (patron des vignerons)
PINARD, il possède une gamme de
cuvées aussi variées que pleines de finesse.
Un régal !
Et
si cette contrée vous enchante , passez la nuit à
la Tour sur la Nouvelle Place de la Ville Haute, vous vous
endormirez après un coup de Sancerre, tout en vous
laissant glisser entre les rangs de vignes.
24/24
Janvier
DES
VIGNES DE SAINT FRANÇOIS AUX TONNEAUX DE FRANÇOIS
Né en 1567, au Château de Salles au milieu
des vignes près de Thorens en Savoie, François
après une incursion studieuse à Padoue, revient
dans le vignoble genevois pour y exercer la mission de prévôt
du Chapitre des Chanoines de Genève, puis est nommé
Prince évêque. Il mourra le 28 décembre
1622 non loin des Côteaux- du- Lyonnais.
«
Il faut soigner le corps pour que l’âme s’y
plaise » ,
Retenons cette citation de Saint François de Sales
dont la fête est célébrée le
24 janvier.
En effet, on peut aisément transposer ce principe
au monde viticole, si l’on compare le tonneau au corps
et le vin à l’âme.
Mariage nécessaire pour l’épanouissement
de l’esprit vinique.
D’ailleurs,
le hasard a fait que naturellement le nom de François
est associé à la tonnellerie. Pour preuve,
si l’on consulte les archives de la corporation des
tonneliers de Würzburg (Allemagne) dont la création
remonte à 1373, on apprendra que même si la
grande corporation des tonneliers qui comptait jusqu’à
plus de 680 membres en 1868 se plaçait sous la sainte
protection de Jean l’évangéliste, c’est
plus le lien à François qui prévaut.
Peut être, du fait que Würzburg se situe en Franconie
et que le saint patron est célébré
en l’église des Franciscains (Congrégation
de Saint François)
Lors de la célébration du 600° anniversaire,
ce sont les enfants de Saint François qui présentèrent
leur plus vives félicitations à cette noble
corporation, où à l’origine seuls les
enfants issus de couples légitimes pouvaient aspirer
à exercer ce métier.
On
trouvera en France des références originales,
comme :
La naissance de la grande tonnellerie alsacienne par François
Martin à Châlons-sur-Marne en 1863
Création de la tonnellerie Jean François à
Saint- Romain ( voir aussi 28 février ) en 1959.
Aujourd’hui l’entreprise François Frères
produit près de 45 000 fûts en Bourgogne, en
Bordelais et en Californie.

François Feuillat qui travaille à la création
d’une AOC pour les chênes à merrains
et ainsi garantir la provenance de Tronçais ou de
Bertanges ou de Darnay pour ne citer que les plus célèbres
forêts de chênes en France.
Et c’est en mars 2000, que Jérôme François
ouvre à Bordeaux le 5ème Colloque des Sciences
et Techniques de la Tonnellerie, il est alors Président
Directeur Général de la Tonnellerie Demptos
SA.
25/25
Janvier
SAINT
PAUL SUR LE CHEMIN DES VIGNES.
Jour
anniversaire de la conversion de Saint Paul, nous partons
à la conquête de plusieurs châteaux,
dont le non moins célèbre village de Saint
-Paul -les -Trois-Châteaux capitale du Tricastin.
C’est dans cette Provence septentrionale que les romains
fondèrent le haut lieu de la région nommé
Augusta Tricastinorum . Ici se dresse une cathédrale
romane immense et austère dominant un paysage qui
célèbre des vins rouges divins.
Un
peu plus au sud, à la limite des côtes du Roussillon,
nous citerons ce petit village viticole de Saint- Paul-de-Fenouillet,
ou se développe l’appellation Maury caractéristique
des vins des Corbières.
Puis
dans le Bordelais, une incursion au Château Saint-
Paul à Saint- Seurin- de- Cadourne dans le Haut-
Médoc révèle un Cabernet que son propriétaire
M.Boucher élève dans des fûts de chêne
offrant après deux années de vieillissement
un excellent bordeaux. Il en est de même dans le Saint-
Emilionnais, où à Montagne, on découvrira
le Château Saint -Paul non loin de son frère
apôtre Château Saint- Jacques.
On
ne peut enfin échapper aux éloges bachiques
de quelques grands écrivains dont le prénom
Paul ne peut que s’allier au vin
Pour
PAUL Scarron,
tout l’univers est imbibé de vin
« je ne sais pas ce que devint,
le jour, alors que la nuit vint
je crois pourtant qu’il alla boire …. »
Pour
PAUL Verlaine,
l’assidu des bistrots parisiens, voit dans le vin,
le sang, eau noire de la vie :
« Frère du sang de la vigne rose
Frère du sang de la veine noire
Ô vin ,ô sang, c’est l’apothéose
»
Pour
PAUL Eluard
le vin exprime la joie de vivre et l’invention :
« l’ignorance et la connaissance jette les au
vin.
Elles en ressortent sous les traits de l’ivresse et
de la sagesse »
Pour
PAUL Claudel
qui alterne entre le vin mystique et le vin mondain :
« Ô nectar dans nos veines, ô parfum de
la pensée, qui exhale jusqu’à nos joues
animées par le plaisir, un souffle impalpable »
(voir 23 février)
Pour
PAUL Valery
il y a communion dans l’ivresse poétique et
le « vin perdu »
« je bois le vin céleste, et je caresse
le grain mystérieux de l’extrême hauteur
»

Maître des épîtres Getty, Saint Paul
1520-1530. Paul Getty muséum, Los Angelès
26/26
Janvier
LA
PAULEE OU LA FIN DES VENDANGES A SAINTE- PAULE.
La tradition bourguignonne appelle « la paulée
», la célébration de la fin des vendanges.
Ainsi, à l’instigation des propriétaires
vignerons, s’organise à partir du vignoble
une procession des vendangeurs qui ayant décoré
plateaux, chariots et tracteurs s’en vont chantant
vers les demeures et les chais pour réserver la dernière
soirée à la fête bacchanale. Ainsi vignerons
et vendangeurs clôturent dans une ambiance frénétique
et arrosée de vins les lourdes journées de
travail de la noble récolte.
On célèbre, par ailleurs à une plus
grande échelle « la Paulée de Meursault
» le troisième jour des Trois glorieuses, soit
le lundi ( voir le 18 novembre).
Sainte
Paule est fêtée quatre jours après la
Saint Vincent, mais il est vrai sans lien direct avec le
vin. Pourtant le petit village de Sainte -Paule dans le
Beaujolais se consacre totalement à la vigne. Situé
sur le canton doré du Bois- d’Oingt, il participe
à la renommée des vins du Beaujolais. Ainsi
Sainte- Paule trône au milieu de ses saints frères
que sont Saint- Christophe- la -Montagne ( voir le 21 août),
Saint- Jean- des- Vignes (voir le 27 décembre ),Saint
-Mamert, protégés par une série de
chapelles qui bordent les routes sinueuses du Bas- Beaujolais
Saint- Roch, Saint -Clair, Sainte- Catherine à Jarnioux
, Saint- Ennemond à Cercié, Saint -Abraham
à Bancillon, Saint- Hyppolite à Theisé
( voir le 13 août ),Saint - Laurent- d’Oingt
( voir le 10 août ).
Bénis soient tous ces saints, bénissons le
vin de Sainte- Paule, car Sainte est la paulée.
27/27
Janvier
DE
SAINTE ANGÈLE AU CLOS DES URSULINES
C’est
au bord du lac de Garde que naquit Angèle en 1474.Orpheline
à 16 ans, et soucieuse de l’éducation
des jeunes filles, faisant allusion à celles qui
étaient soutenues par leurs parents, décida
de vouer sa vie aux jeunes filles isolées et démunies.
Sa conversion lui vint tardivement après un séjour
à Jérusalem. Recouvrant la vue , elle fonde
avec quelques compagnes une congrégation qu’elle
place sous le patronage de Sainte Ursuline. C’est
ainsi qu’apparut le premier ordre de moniales en charge
de l’enseignement : les Ursulines.
Comme
bons nombres de congrégations religieuses, elles
possédaient des vignes.
C’est
ainsi que Beaune représente une concentration exceptionnelle
d’ordres et de caves : les Caves des Visitandines,
le Couvent des Cordeliers , bien sûr le Clos des Ursulines,
la Cave des Batistines, le Couvent de la Visitation (maison
Patriarche ), le clos Vougeot avec les cisterciens.
Au point que la gestion de l’Hospice de Beaune prend
modèle sur ces ordres, alors même que le personnel
qui se consacrait aux malades n’avait pas de référence
religieuse.
Aujourd’hui,
le Clos des Ursulines est attribué au cloître
des Ursulines, lui même devenu l’hôtel
de ville de Beaune.
Les
Hospices de Beaune : la cour intérieure, illustration
de Jean Couty dans « la route du vin de Bourgogne
»
28/28 Janvier
CHARLEMAGNE
EMPEREUR DES VINS.
Charlemagne
demeure une des plus illustres figures médiévales
tant par son parcours royal, sa vie religieuse ou ses plaisirs
gustatifs. En ce jour anniversaire de sa mort (28 janvier
814), nous tenons à rappeler sa prédestinée
vinique ? N’est-il pas le fils de Pépin le
bref (pépin de raisin ) et de Berthe aux grands pieds
( pied de vigne ) ?
En effet, Charlemagne boit régulièrement beaucoup
de vin sans jamais s’enivrer. D’une corpulence
hors du commun, il a de quoi « absorber » et
c’est en riche propriétaire viticole qu’il
règne autant sur ses vignes que sur son royaume.
Ses nombreux domaines s’étendent dès
les années 750 du Val- de- Loire ( vins d’Anjou
) jusqu’à la vallée du Rhin ( les vins
de Johannisberg ) en passant par la Bourgogne ( les vins
de Corton ).
A
propos du coteau de Corton exploité à l’origine
par l’empereur romain Othon ( curtis othonis ), seul
un autre empereur, Charlemagne, pouvait en 775 offrir son
domaine d’Aloxe à la collégiale Saint-
Andoche de Saulieu.
C’est
ainsi que la légende raconte comment est né
le Corton Charlemagne, prestigieux domaine de vins blancs.
En effet, l’empereur lors de ses libations de vins
rouges en provenance du fameux coteau de Corton, laissait
s’écouler le vin sur sa belle barbe blanche.
Madame Charlemagne ne pouvait supporter ces taches vermeilles.
Aussi, devant les reproches incessants de son épouse
vis- à- vis de son penchant pour le Corton, l’Empereur
décida d’arracher cette vigne et de la replanter
en cépages blancs.
Le
Corton Charlemagne est sans doute l’un des plus grands
blancs au monde que commercialisent les Maisons de renom
: Drouin, Jadot, Latour et bien d’autres.

Charlemagne
qui s’est aussi rendu célèbre par l’école
dont il est le saint protecteur, par Ronceveaux symbole
de ses expéditions guerrières, orienta la
fin de son règne vers la béatitude. Louis
le « Pieux » lui succède (pieu de vigne)
; Il mourut le 28 janvier et fut enterré dans la
célèbre basilique d’Aix- la- Chapelle
proche des vignobles situés entre Rhin et Moselle.
29/29
Janvier
SAINT
SULPICE ET SAINT EMILION EN BONS VOISINS.
Nous sommes dans les communes de la juridiction de Saint-
Emilion, là où se regroupent les Saintes Communes,
voire les Communautés de Saints, comme Saint -Christophe-
des- Bardes( voir 21 août ), Saint- Laurent- des-
Combes ( voir 10 août ), Saint- Hippolyte ( voir 13
août ), Saint- Etienne- de-Lysse ( voir 26 décembre
), Saint-Pey-d’Armens, et plus particulièrement
pour cette journée du 29 janvier, Saint -Sulpice-
de- Faleyrens .

Eglise de Saint-Sulpice de Faleyrens XII° , photo Alain
Denis
Sur plus de 2000 hectares, les noms des Châteaux se
distinguent, entre autres, soit par rapport aux sols et
terroirs :
Gros
Caillou, Gravet, Bellegrave, Haut-Gros-Caillou, Haut-Montil,
du Gravillon, la Sablonnerie
Soit
sur les classiques connotations religieuses :
Saint-
Martial, Moine- Vieux, Prieuré- Lescours, La- Chapelle-
Lescours, Saint- Vincent, La Chapelle d’Espagnet,
Saint -Arnaud, Le Couvent, l’Hermitage- Lescours
Citons
deux ouvrages en lien avec le sacré qui démontrent
que l’écriture, la vigne et les saints sont
indissociables.
« Histoire du Sacré » écrit vers
l’an 400 par Saint Sulpice
« Les Grandes heures de Saint- Emilion, Magie de l’art
Sacré » écrit en 1991
30/30
Janvier
LES MOTS DU VIN OU LES MAUX DE L’IVRESSE.
Être
ivre à en perdre la tête, n’a rien à
voir avec la décapitation, et pourtant !
Si le 30 janvier, nous célébrons Sainte Martine,
vierge et martyre. Son dévouement au Christ lui fit
en effet trancher la tête en 226.
Quatre cents ans plus tard, le 30 janvier 1649, Charles
Ier, roi d’Angleterre meurt décapité,
jour de la célébration de Sainte Martine.
Paroxysme
de l’effet du mal, le martyre.
Paroxysme de l’effet de boire du vin, l’ivresse.
C’est
ainsi que le langage et l’usage des mots du vin illustrent
les effets de celui-ci sur le cerveau et donc dans notre
tête. (9)
Courtois de son prénom Martine répertorie
les expressions du style :
* le vin monte à la tête
*le vin tape à la tête, entête
*bon vin, mauvaise tête
*on a le vin dans la tête ( XVII ° siècle
)
En cas d’ivresse, c’est le châtiment :
*excommunication sous Charlemagne
*la prison, avec pain sec et eau, voire l’amputation
d’une oreille, sous François Ier
*le retrait du permis de conduire à notre époque.
Il
s’agit bien pour parodier le précepte biblique
de « séparer le bon vin de l’ivresse
». Mais « les bons crûs font aussi les
bonnes cuites »
Est
donc ivre, nous dit Georges Duhamel, « celui qui a
le cerveau troublé par un excès passionnel
», comme par exemple :
*pour quelqu’un, comme Sainte Martine pour Dieu, jusqu’à
en perdre la tête,
*pour quelques paroles, comme Martine Courtois pour les
mots du vin, jusqu’à en avoir plein la tête,
*pour quelques précieux nectars, comme le buveur
invétéré, jusqu’à voir
tourner la tête.
«
Sous ce cep de vigne qui t’aime,
Ô mon âme, ne crois- tu pas
Te retrouver enfin toi- même,
Malgré l’absence et le trépas »
(LA…MARTINE, « la vigne et la Maison »)
31/31
Janvier
LA PAIRIE DES VINS D’ARBOIS.
La
Pairie est l’une des plus anciennes Confréries
vineuses d’après guerre. Elle est née
le 31 janvier 1956. Comme toute Confrérie, elle a
pour mission de faire rayonner la renommée des vins
d’Arbois.
Il
faut aussi noter que le vin d’Arbois est le premier
vin français à avoir obtenu l’AOC. Ceci
a été confirmé au JO du 15 mi 1936.
Il est le premier cité avant Tavel, Cognac et Cassis….
S’appuyant
sur d’illustres noms qui ont jalonné l’histoire
de France, Arbois peut s’enorgueillir du concours
de Charles- Quint qui arrosa ainsi les Flandres de vin du
Jura, de François Ier qui rassasia la cour royale
et la papauté, Henry IV qui y trouvait une source
d’inspiration poétique, des Boileau, Racine,
J.J.Rousseau, Théophile Gautier, qui trempèrent
plus souvent leur plume dans le vin jaune que dans l’encre
noire, de Louis Pasteur qui en fit un domaine d’exploitation
agricole et biologique, jusqu’à Henri Maire
qui devint le plus grand promoteur commercial grâce
à son célèbre « vin fou ».
C’est
sous les couleurs rouge, jaune et vert, muni de la médaille
de la Pairie à l’effigie de « la nymphe
aux raisins » dessiné par Carpeaux, que l’on
est ainsi intronisé dans cette noble Confrérie
dont le siège se situe dans le cellier et la vaste
salle de Grange Grillard, situé à l’emplacement
de la célèbre abbaye bénédictine
de Balerne.
Nombreux
sont aujourd’hui les privilégiés qui
ont pu s’approprier la devise d’être :
« experts remarquablement aptes à décoiffer
et assécher les vieilles et jolies bouteilles de
vins d’Arbois. »
«
Vins d’Arbois
Plus on en boit
Plus on va droit »
Le Chateau d’Arbois, Photo Marc Heimermann
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